Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Histoire Universelle Le Sénat sous la République de Rome

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Le Sénat sous la République de Rome

 

senatromainLe Sénat romain est l’une des institutions politiques les plus permanentes de la Rome antique, à défaut d’être l’une des plus stables. Il a probablement été fondé avant que le premier roi de Rome n’accède au trône (-753) et survit à tous les changements de régime (chute de la Monarchie romaine en -509 puis de la République romaine en -27 et enfin à celle de l’Empire en 476). Le Sénat n'a qu'un rôle marginal aux débuts de la République tandis que les magistrats de l’exécutif cumulent tous les pouvoirs.

 

Le passage d'une Monarchie absolue aux règles institutionnelles de la République est un lent processus et il faut plusieurs générations avant que le Sénat soit en capacité d’affirmer son pouvoir sur les magistrats.

Une assemblée de magistrats 

Les Sénateurs romains sont désignés par l’appellation pères conscrits (patres conscripti). Ils étaient en effet originellement formés des patres (les chefs des familles patriciennes) et des conscripti, « ceux qui ont été inscrits » c’est à dire les magistrats et les anciens magistrats.

A la création de l’institution, ce n’était qu’après avoir terminé sa questure qu’on entrait au Sénat, bien qu’à la fin de la République, les questeurs eux-mêmes entrent au Sénat. Le Sénat romain qui compte au départ 300 membres (les effectifs passant néanmoins assez rapidement à 600 membres), réunit ainsi essentiellement magistrats et anciens magistrats.

Les Sénateurs sont par ailleurs inscrits sur une liste qu’on nomme l’album sénatorial et qui est dressé par les censeurs tous les cinq ans. Y sont exclus ceux qui ont eu un comportement indigne de rentrer au sénat. Cette liste est rédigée par ordre hiérarchique, les Sénateurs les plus importants étant les anciens Consuls. La hiérarchie au Sénat entend reproduire la hiérarchie des magistratures. La prise de parole dépend précisément de cette hiérarchie.

Une autorité charismatique

Sous la République, le Sénat est en principe compétent dans tous les domaines. Plus précisément, il est chargé de veiller aux affaires de l’Etat romain en exerçant un certain contrôle sur l’action des magistrats. La continuité du Sénat (on est sénateur à vie) compense le caractère annuel des magistratures. Le Sénat peut tant superviser la conduite d’opérations militaires, que les finances de la cité, ou encore veiller au respect des lois et des traditions.

Le Sénat n’a cependant pas de véritable pouvoir législatif. Les Sénateurs votent des senatus consulte qui n’ont pas le rang de loi mais sont de simples avis. Mais de fait, eu égard au prestige des Sénateurs, il est rare qu’un senatus consulte ne soit pas suivi par les magistrats voire par l’ensemble des citoyens. L’institution sénatoriale romaine ne se caractérise ainsi pas par l’imperium des magistrats mais plutôt pas l’autorita, cette forme anachronique d’autorité charismatique wébérienne que le Sénat tire de sa composition.

« Au Sénat, on vote avec ses pieds »

Comme dit plus haut, les Sénateurs les plus anciens dont le grade est le plus élevé sont ceux qui prennent les premiers la parole. Pour se déterminer, les Sénateurs les plus récents se contentent de se déplacer à l’intérieur de la curie (là où se réunit le Sénat) pour suivre le Sénateur dont ils partagent l’avis, ne prenant ainsi jamais la parole. C’est d’ailleurs de là qu’est tiré l’adage « Au Sénat, on vote avec ses pieds ».

Bibliographie

- Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Flammarion, 1998.

- Ambrose Tighe, The Development of the Roman Constitution, D. Apple & Co., 1886.

- Andrew Lintott, The Constitution of the Roman Republic, Oxford University Press, 1999

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire