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Rommel et l'Afrikakorps

rommel voiture

14 février 1941, Tripoli, Libye. L’armée Italienne en Afrique du Nord est en pleine déroute. Les Britanniques ne sont plus qu’à 650km de Tripoli, rien ne semble pouvoir les arrêter. Cependant, ce général allemand, cet Erwin Rommel, juste arrivé d’Europe pense pouvoir renverser la situation. C’est avec confiance qu’il voit débarquer les premiers éléments de son « Afrikakorps ».  En effet 6 mois plus tard, Rommel sera sur le point d’envahir l’Egypte. Une légende va naitre… Mais au-delà du mythe du « Renard du désert » que peut-on dire d’Erwin Rommel et de l’Afrikakorps?

 

Erwin Rommel, le général du Führer

En février 1941, Rommel est un général de 49 ans emblématique d’un nouveau type d’officier mis en avant par le régime national socialiste.

A la différence de tant de grands noms de la Heer(Armée de terre allemande) il n’est ni d’origine aristocratique, ni prussienne. Né en 1891 en Souabe, il gardera toujours l’accent de sa région. Il est issu d’un milieu de classe moyenne relativement cultivée puisque son père est professeur de mathématiques dans le secondaire. Enfant rêveur et attiré par les grands espaces, il se passionne très tôt pour le ski et l’aviation. A 18 ans il intègre un régiment d’infanterie du Wurtemberg, poussé par son père qui désespérait jusque-là de lui  trouver une carrière convenable.

Rommel se révèle vite un excellent soldat. Il compense sa relative faiblesse physique (il est en effet petit et de constitution fragile) par une forte volonté, doublée d’une rare énergie. Zélé et courageux, le sous lieutenant Rommel peut espérer atteindre un jour le grade de Major. Personne ne pourrait entrevoir la formidable ascension qui le mènera au maréchalat.

C’est avec un enthousiasme non dissimulé que Rommel participe à la Grande Guerre. Dés les premières semaines du conflit il se distingue par un esprit d’initiative et une audace peu commune. Après s’être fait remarquer en France, il intègre fin 1915 le bataillon de montagne royal du Wurtemberg. Cette unité d’élite va bientôt s’illustrer dans les Carpates face aux troupes roumaines. A l’automne 1917 ce bataillon est affecté comme d’autres unités allemandes à l’Alpenkorps, corps expéditionnaire allemand envoyé en renfort des troupes autrichiennes face aux Italiens. C’est là dans le secteur de Caporetto, que Rommel le futur sauveur de la Lybie Italienne va commencer à écrire sa légende.

Déjà dévoré par l’ambition, l’officier Souabe est prêt à tout pour décrocher les plus prestigieuses décorations. Il y parvient, après de nombreux coups de main téméraires, le 18 décembre 1917 en se voyant décerner la médaille ‘Pour le Mérite’ , la plus célèbre décoration allemande. Une décoration amplement méritée, puisqu’il a un mois plus tôt fait prisonnier 8000 soldats italiens en ne perdant que 14 hommes. Lorsque les canons se turent en novembre 1918, Rommel était capitaine, un capitaine certes couvert de gloire mais totalement atterré par l’effondrement de son pays.

Comme beaucoup d’officiers allemands, Rommel n’a pas voulu ou n’a pas pu, comprendre les raisons de la défaite allemande. Il adhère totalement à l’idée du « coup de poignard dans le dos » et ne porte donc guère dans son cœur la République de Weimar. Se réfugiant dans le mythe commode d’une armée apolitique il n’en attend pas moins le jour où un sauveur viendra restaurer la grandeur du pays.

En 1933, le major Rommel ronge son frein depuis quelques années. Instructeur militaire dans une école d’infanterie de Saxe, il tente d’inculquer à ses élèves les valeurs et les tactiques qu’il a pu développer durant la Grande Guerre. Néanmoins sa carrière stagne…l’arrivée au pouvoir des nazis va alors lui donner un formidable coup d’accélérateur.

Chef dynamique d’un bataillon de chasseurs (infanterie alpine) en octobre 1933, Rommel rencontre Hitler le 30 septembre 1934, à l’occasion d’une cérémonie militaire. Le « coup de foudre » est réciproque et immédiat. Le jeune officier est déjà tout acquis au programme national socialiste et il est subjugué  par le charisme du dictateur. Quant à ce dernier, tout comme Goebbels lui aussi présent à cette occasion, il perçoit en ce fier et jeune officier couvert de médailles l’incarnation du nouveau héros germanique que veut promouvoir le IIIème Reich.

6 mois plus tard, Rommel est lieutenant-colonel et bientôt instructeur principal à l’école de guerre de Postdam.  Extrêmement populaire, jouissant du soutien du régime, le colonel Rommel se fait remarquer comme un officier brillant, charismatique et novateur. Son manuel de tactique « L’Infanterie attaque » (Infanterie greift an) est un vrai succès de librairie (500 000 exemplaires) et un des ouvrages favoris du Führer.

L’ascension de Rommel continue de plus belle par la suite. Colonel en juillet 37, officier de liaison auprès du chef des Jeunesses Hitlériennes, il est choisi pour commander le bataillon de garde personnel d’Hitler durant la crise des Sudètes (septembre 1938)…c’est dire si la confiance que lui porte le dictateur. Dévoré d’ambition, l’officier souabe profite de sa proximité auprès du Führer pour faire avancer sa propre cause. Le 23 août 1939, il est nommé à la tête de quartier général personnel du chef nazi avec le grade de Major-Général.  C’est ensemble que les deux hommes vivront la campagne de Pologne, sans que Rommel n’émette aucune réserve quant au programme politique qui la sous tend.

Le jeune général a pu constater durant les combats l’efficacité des nouvelles divisions blindées (Panzer-Divisionen). Convaincu qu’elles sont l’avenir de l’armée il n’hésite pas à demander à son chef de prendre le commandement de l’une d’entre elles. Le 6 février 1940 c’est chose faite. Rommel, le photogénique spécialiste de l’infanterie légère, prend la tête de la 7éme division blindée. Il entend commander ses chars comme ses fantassins durant la grande guerre, en troupes d’assaut.

Après un entrainement intensif, la 7éme division blindée entre en Belgique le 10 mai 1940. Dès le premier jour de la campagne, Rommel souvent accompagné de photographes, impose un style de commandement d’un rare dynamisme. Toujours aux avants postes du front, que ce soit sur des chars spécialisés ou descendant de son Fieseler Storch (petit avion de reconnaissance qu’il pilote lui-même), il mène sa campagne à un rythme infernal. Le 13 mai après de durs combats contre les troupes françaises  il parvient à franchir la Meuse prés de Dinant. Sans appui aérien et sur un terrain plus difficile, il fait mieux que Guderian le grand spécialiste allemand des blindés…

Le 21 mai Rommel est à Arras et stoppe tant bien que mal une contre attaque de chars britanniques. Dévoré par l’ambition le général a exposé ses troupes à des conditions de combat souvent extrêmes et l’état de sa division s’en ressent. Elle est alors et de loin la Panzer-Division qui a subi le plus de pertes durant la campagne. Rommel, lui-même souvent à la pointe des combats, a bien failli se faire tuer plusieurs fois…mais peu lui importe l’audace paie, encore et toujours.

Durant la suite de la campagne, sa division avancera si vite, surgira si souvent sur les arrières des troupes adverses, qu’on lui donnera le nom de « Division fantôme ». A la signature de l’armistice franco-allemand, elle aura fait environ 100 000 prisonniers (sic.) et mis hors de combat plus de 400 véhicules blindés. Dans le panthéon de la Wehrmacht (forces armées allemandes), Rommel se distingue déjà, admirablement servi par la propagande de Goebbels.

Durant l’automne et l’hiver 1940, alors que Rommel se prépare à un exercer un commandement plus important, l’armée italienne  subit de graves revers en Afrique du Nord. Après une offensive timide elle est rapidement repoussée en Libye par les troupes du général O’Connor. Mussolini qui jusque là avait pensé pouvoir mener une guerre parallèle à celle de l’Allemagne face au Royaume-Uni, doit se résoudre à demander de l’aide à Berlin.

Le 9 janvier 41 Hitler finit par répondre à cette demande et accepte l’envoi d’un corps allemand fortement mécanisé en Afrique du Nord.  Contre les recommandations de l’Etat Major Général qui suggère d’en confier le commandement à Von Manstein, le führer ordonne de le mettre sous les ordres de Rommel.  A ses yeux il est le seul à pouvoir retourner une situation critique et à inspirer suffisamment d’énergie à ses troupes pour combattre dans le désert. Le 9 février il en informe Rommel qui racontera par la suite qu’Hitler avait choisi de nommer son unité « Afrikakorps » en souvenir de l’ « Alpenkorps ». Quoi qu’il en soit 3 jours plus tard le lieutenant- général Rommel débarque à Tripoli.

Le Renard du Désert, d’El Agheila à Tobruk

campagne af nordOfficiellement placé sous les ordres du commandement italien (Commando Supremo), Rommel ne montre que peu d’estime pour ses collègues. Malgré la faiblesse des moyens qui lui sont confiés (la 5éme Division légère bientôt transformée en division blindée et la 15éme Division blindée) le général allemand entend non seulement sauver la Tripolitaine (l’ouest de la Lybie), mais aussi repousser les britanniques jusqu’en Egypte.

Prenant délibérément ses distances avec son supérieur le général Gariboldi, il fait réaliser à ses troupes encore réduites (quelques bataillons) des opérations destinées à tester la résistance des unités adverses. Ces dernières amputées de leurs meilleurs éléments envoyés en Grèce semblent fragiles. D’autre part les Britanniques, faisant les frais de manœuvres de désinformation allemandes (et dont Rommel est passé maitre) n’attendent pas d’offensive ennemie avant de longs mois.

Résultat lorsque le 24 mars la 5éme division légère passe à l’offensive dans le secteur d’El Agheila, les troupes adverses entament un repli affolé. Rommel a outrepassé non seulement les ordres de Gariboldi, mais aussi ceux d’Hitler. Alors que le Fürher tout à la préparation de la guerre contre l’URSS n’entend que mener une bataille défensive en Afrique du Nord, Rommel se voit déjà en Egypte. Et il faut dire qu’il s’en rapproche très rapidement.

La campagne de Cyrénaïque est un véritable triomphe pour l’Afrikakorps. Lançant des raids d’une rare audace, les troupes de Rommel désorganisent la résistance ennemie, capturant plusieurs généraux (dont O’Connor). A la mi avril, les troupes de l’Axe assiègent Tobruk le seul port d’une réelle capacité logistique dans la région.

Le siège de Tobruk dont la garnison comptera jusqu’à 40 000 hommes bien équipés, est un véritable casse tête pour Rommel qui doit composer avec la faiblesse des ses approvisionnements. Néanmoins renforcé par une nouvelle division allemande (la 90éme division légère d’Afrique) l’Afrikakorps et les troupes italiennes, maintiennent le siège tout en repoussant plusieurs offensives britanniques venues d’Egypte. Les combats de la passe d’Halfaya seront même un véritable désastre pour les chars alliés, souvent anéantis au cours de traquenards, par les batteries de canons de 88mm allemands. La capacité d’adaptation, le sens de l’initiative et la ruse de Rommel lui valent le surnom de « Renard du Désert ». Un surnom bientôt connu de toute l’Allemagne grâce à la propagande de Goebbels…

Néanmoins malgré la combativité des troupes germano-italiennes, le « Renard du Désert » doit concéder à la fin de 1941 que la supériorité matérielle de la nouvelle VIIIème armée Britannique (qui engagera plus de 700 chars pour l’opération « Crusader ») expose ses troupes à un probable encerclement. Le 9 décembre les unités germano-italiennes se retirent et lèvent le siège de Tobruk le 16, à Noël la VIIIème armée entre dans Benghazi. Rommel aura sauvé son armée et détruit plus de 800 chars ennemis, pourtant le voilà revenu sur ses lignes de départ.

Il n’en reste pas moins confiant. L’année 1942 sera celle de son triomphe. Outre son optimisme débordant, cette confiance s’explique par la situation des troupes Britanniques. Celles-ci  sont désormais loin de leurs bases logistiques et la faiblesse de leurs approvisionnements ne leur permet plus d’exprimer tout leur potentiel. Rommel qui a du affronter la même situation à l’automne 41, entend bien en profiter.

C’est ainsi que le 21 janvier 1942, il repart à l’offensive et anéantit en quelques jours la 1ère Division blindée britannique. Le 29 l’Afrikakorps entre une fois de plus dans Benghazi. Les troupes germano-italiennes et leur commandant sont au sommet de leur art, face à des unités anglo-saxonnes en plein désarroi. C’est une période sombre pour l’Empire Britannique menacé de toute part, que ce soit en Afrique du Nord, dans l’Atlantique et en Asie face aux Japonais.

a korps

Rommel promu colonel-général par un Hitler qui confesse publiquement son admiration pour lui (il faut dire que le Reich a grand besoin de héros victorieux après le catastrophique hiver 1941-42) outrepasse complètement les réticences des Etats-Majors allemands et Italiens. Faisant fi de difficultés logistiques croissantes (renforcées par l’action de la RAF et de la Royal Navy contre les convois de l’Axe) il envisage une fois de plus d’envahir l’Egypte. Après la reconquête de la Cyrénaïque en février 1942 il organise l’offensive qui doit le mener jusqu’au canal de Suez.

A 20h30 le 26 mai 1942 celle-ci est lancée. Rommel dispose de 10 000 véhicules, du XXème corps motorisé italien (l’élite de l’armée italienne avec 225 chars), de l’Afrikakorps (340 chars) et deux corps d’infanterie italiens (XXI et Xème), le tout regroupé en une « Armée Blindée d’Afrique » (Panzerarmee Afrika). Face à lui le général britannique Ritchie est convaincu que le gros de l’effort ennemi se portera sur la route côtière en direction de Tobrouk. En réalité Rommel, ne se contente que d’une démonstration dans ce secteur et engage le meilleur de ses forces au sud, là où le dispositif allié est le plus faible. Ce sont deux divisions et trois brigades (dont la 1ére Brigade FFL du général Koenig) qui vont recevoir le choc blindé de plein fouet.

Le plan de Rommel est un succès. Malgré la résistance des unités alliées (comme à Bir Hakeim), les troupes de l’Axe bien appuyées par la Luftwaffe avancent rapidement. Le 21 juin l’Afrikakorps s’empare de Tobruk capturant un énorme butin, le lendemain Rommel est promu Maréchal.

Il est alors au sommet de sa gloire. Les photographes et les cameramen du Reich, immortalisent l’officier de blindés triomphant, toujours au plus prés de l’action et partageant le rude quotidien de ses hommes. La presse et la radio allemandes sont dithyrambiques, Goebbels estime que le maréchal est : « devenu dans l’esprit de notre population la personnification du soldat allemand qui a du succès ». Il remarque aussi que Rommel « comprend mieux qu’aucun autre général le rôle de la propagande. Il est un général moderne au sens strict du terme. »

D’El Alamein à Kasserine, la fin de l’Afrikakorps

A 50 ans, le plus jeune maréchal de l’armée allemande entrevoit l’avenir avec un optimisme sans faille. La prise de Tobruk lui permet, pense t-il, de disposer de la base logistique nécessaire pour envahir  l’Egypte. Convaincu d’avoir mis l’ennemi en déroute il donne de sa propre initiative de nouvelles directives pour relancer son offensive.

Ce qu’il ne sait pas c’est que la VIIIème armée loin d’être à genoux s’est reconstituée et est fort bien renseignée sur ses nouveaux plans (les messages radios allemands sont décryptés par le renseignement allié). Le général Auchinleck entend attirer Rommel dans une bataille de position qu’il sait pouvoir emporter. Les Britanniques jouissent de réserves plus importantes et combattent prés de leurs bases. Les troupes de l’Axe elles ont vu leur potentiel offensif fondre et ne peuvent plus jouir du « parapluie » offert par la Luftwaffe qui manque de bases dans la région.

Auchinleck a décidé d’arrêter la progression de Rommel dans la région d’El Alamein. Située à une centaine de kilomètres d’Alexandrie, cette position (à l’origine une gare insignifiante) à l’avantage de ne pas pouvoir être débordée par l’ennemi. Au nord elle est bordée par la mer, au sud par la dépression de Kattara constitué de marais salants asséchés et tout à fait infranchissables.

La 1ère bataille d’El Alamein va durer presque tout le mois de juillet. Face aux unités germano-italiennes souvent épuisées par leur longue course dans le désert les troupes alliées offrent une résistance acharnée. Néanmoins la contre-offensive menée par Auchinleck le 21 juillet échoue. Une fois de plus le « Renard du Désert » a sauvé une situation désespérée…

Début aout le maréchal est encore optimiste. Il pense disposer de suffisamment de temps avant la prochaine offensive de la VIIIème armée pour renforcer ses troupes et défaire les britanniques. Même si il reçoit alors des renforts substantiels (dont des unités d’élite de parachutistes) il s’illusionne gravement. Victime d’hypertension et de surmenage, sa santé déclinante ne lui permet plus d’avoir la lucidité nécessaire pour juger correctement de la situation.

Il va devoir affronter un nouvel adversaire, le général Montgomery. Ce dernier tout autant obsédé par Rommel que Churchill compte vaincre le « Renard du Désert » quelqu’un en soit le prix. A bien des égards il ressemble au maréchal allemand. Solitaire, autoritaire et arrogant il est doté d’un grand sens de la communication et des relations publiques. Il jouit de plus de la confiance du Premier Ministre britannique.

montyPour vaincre Rommel, Montgomery qui n’a certes pas ses qualités de tacticien mais qui est un planificateur obstiné, va jouir de moyens considérables. Le 30 août lorsque les troupes de l’Axe repartent à l’assaut, la VIIIème armée peut déjà leur opposer 767 chars et une artillerie conséquente. Le résultat est prévisible, l’Afrikakorps qui perd deux généraux dés le premier jour s’écrase sur les lignes de Montgomrey, bien renseigné sur les plans de Rommel. Le 4 septembre le « Renard du Désert » rentre à son quartier général, vaincu.

Les troupes germano-italiennes ne peuvent plus qu’attendre l’inexorable contre-offensive britannique. Rommel malade cède lui son commandement au général Stumme le 19 septembre. De retour en Allemagne, le maréchal dépité ne se prive pas d’attribuer les causes de son échec aux italiens qu’il a toujours méprisés.

Goebbels l’utilise comme outil de propagande lors de conférences de presse à grand spectacle. Revenu au cœur du pouvoir du IIIème Reich Erwin Rommel se voit déjà en futur chef de l’armée de terre. La déroute de son ancienne armée en Afrique du Nord va le ramener à la réalité.

Le 24 Octobre 1942 Hitler demande personnellement à un Rommel encore convalescent de reprendre la tête de l’Armée Blindée d’Afrique. Cette dernière a perdu son chef (Stumme mort dans une embuscade) et de nombreux hommes dans l’offensive déclenchée par Montgomery. Le maréchal malgré tout son génie, n’a plus grand-chose à lui opposer. La supériorité alliée est de deux contre un en termes de chars, de trois contre un en termes d’avions. Face au rouleau compresseur Britannique les troupes de l’axe ne peuvent que reculer.

el alameinLe 4 novembre alors qu’il ne reste plus que 32 chars aux allemands Rommel décide d’entamer une retraite. Si les divisions allemandes fortement motorisées peuvent encore se soustraire aux encerclements tentés par le trop prudent Montgomery, il n’en est rien pour les troupes italiennes mal équipées. Rommel n’hésite pas à sacrifier les meilleurs unités italiennes (comme les parachutistes de la division « Folgore ») pour ralentir les alliés. Il faut dire que le temps presse. Les forces de l’Axe doivent se replier en Tunisie, alors que les Britanniques et Américains débarquent au Maroc et en Algérie (Opération Torch, 8 novembre 1942).

Au cours d’une longue retraite où il fait encore preuve de grandes qualités Rommel parvient à sauver l’essentiel des ses troupes. Le 22 janvier 1943 ces dernières se replient sur la ligne Mareth (fortifications d’avant-guerre construites par les français), dans le sud de la Tunisie. Bien que malade et devant être remplacé, Rommel s’accroche à son commandement convaincu qu’il peut encore défendre les postions de l’axe. Il a décidé de prendre pour cible les unités américaines qu’il estime être de mauvaise qualité.

Il parvient ainsi à leur infliger plusieurs défaites comme à Kasserine et à reprendre l’initiative. Ses nouveaux succès lui valent même d’être nommé à la tête de toutes les troupes de l’Axe combattant en Afrique du Nord. Flatté il sait pourtant que la victoire n’est plus possible. La situation est totalement déséquilibrée en faveur des Alliés. Le rapport de forces est de 1 pour 7 en ce qui concerne les véhicules blindés, de 1 contre 20 pour les chars et de 1 contre 3 pour l'artillerie. Les quelques succès que peuvent encore remporter ses troupes ne pourront rien y changer.

Estimant que ses armées ne peuvent plus se permettre de tenir l’essentiel du territoire Tunisien, il préconise à Hitler un repli sur un périmètre défensif autour de Tunis. Le Führer estime alors que le maréchal n’est plus bon qu’à faire retraite et le soupçonne de défaitisme. Il rejette catégoriquement son plan, demandant à Rommel de repartir à l’offensive. C’en est trop pour le maréchal, qui gravement malade, cède son commandement au général Von Arnim. Le « Renard du Désert » quitte l’Afrique du Nord le 9 mars pour ne plus jamais y revenir.

Epilogue

Ses troupes vont quant à elles résister encore deux longs mois jusqu’aux 13 mai. Avec leur capitulation les alliés feront prés de 300 000 prisonniers, portant ainsi un coup mortel à l’armée Italienne et ouvrant le flanc sud de l’Axe à une invasion. Un désastre équivalent à Stalingrad…

Rommel qui a cru pouvoir retourner en Tunisie jusqu’au dernier moment aurait pu, (aurait du ?) réaliser la vanité de sa campagne nord-africaine et des ambitions de son Führer. Pourtant et ce jusqu’à sa mort, il lui restera fidèle (sa participation à d’éventuels complots contre Hitler étant loin d’être avérée), outil complaisant et naïf de la propagande national-socialiste… 

 

Bibliographie non exhaustive

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