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Mai-juin 1940, de Sedan à Dunkerque (1/2)

guderian-en-ardennes-en-mai-1940Le 10 mai 1940 marque la fin de la drôle de guerre ; la veille, Rommel écrit à sa femme : « Chère Lu, nous plions bagages. Espérons que ce ne sera pas pour rien […] Tout ira bien ». En moins d’un mois, l’armée allemande va enfoncer le front, perçant à Sedan pour terminer aux portes de Dunkerque, là où les restes de l’armée alliée vont tenter de sauver ce qui peut l’être…

 

Les Ardennes infranchissables ?

Dès le petit matin du 10, les chars de Rommel passent le sud de la frontière belge, direction Dinant sur la Meuse. Le général Guderian, lui, vise la Manche en passant par Sedan ; il fait partie du groupe de panzers Kleist, chargé du gros de l’offensive sur la Meuse. Les Allemands, peu confiants (le plan Manstein est critiqué), n’ont pour seule ambition à ce moment que d’établir des têtes de ponts sur la rivière. Du côté allié, selon les plans de Gamelin, on répond à l’offensive ennemie en avançant en Belgique ; Sedan est la charnière entre les deux groupes principaux de l’armée alliée, française en particulier.

La « phalange géante » allemande (selon l’expression de Blumentritt, de l’état-major) ressemble à un gigantesque embouteillage quand elle passe la frontière ce 10 mai, mais elle est prête le soir même à rencontrer le 2è division de cavalerie française ; c’est la 10è division de panzers de Guderian qui s’en charge, avec succès : les Français doivent vite se replier sous les coups conjugués de Guderian et Rommel sur tout le front. Le 12, Guderian prend Bouillon et passe la frontière française, au nord de Sedan : les Ardennes sont franchies !

Guderian et Rommel passent la Meuse

L’après-midi même, les panzers de Guderian encerclent Sedan et, la nuit tombée, le front de la Meuse est contrôlé, de Dinant à la forteresse sedanaise. Les forces françaises ont toutes été repoussées sur la rive gauche de la rivière, sans pouvoir y faire grand-chose malgré la réussite de plusieurs attaques aériennes contre la Luftwaffe. Mais cette dernière n’a pas encore tout donné…En effet, l’état-major allemand décide, contre ses premières intentions, de ne pas attendre avant de reprendre l’offensive, et il a besoin du soutien de la Luftwaffe à cause d’un manque d’artillerie.10may-16may1940-fall_gelb

Guderian éprouve des difficultés à traverser la Meuse après la prise de Sedan, se heurtant à une ligne de fortifications françaises sur la rive gauche ; heureusement pour le général allemand, ce réseau défensif n’est pas terminé et mal disposé…C’est en fait plus la largeur de la Meuse qui le handicape, que l’opposition composée de troupes de réservistes peu entraînés. Le 13 mai, Guderian lance l’attaque, soutenu par les Stuka dont l’effet est autant « physique » (avec leurs bombes de 500 kilos) que psychologique ; les Messerschmitt confirment la maîtrise aérienne allemande, en protégeant leurs bombardiers contre une chasse française trop juste. Le bombardement aérien est bientôt rejoint par celui de l’artillerie, et les forces françaises sont assommées au moment où les troupes de Guderian commencent le franchissement de la Meuse…Le 13 au soir, les Allemands ont consolidé leurs positions et repoussé les Français de leurs deux lignes de défense.

Au nord, la 7è division panzer de Rommel a passé la Meuse en aval de Dinant, avec un peu plus de résistance, en particulier de l’artillerie française. Il faut attendre le 14 mai au soir pour que Rommel puisse consolider sa position, pas à l’abri d’une contre-attaque française qui ne viendra jamais.

La première bataille de blindés

Le point décisif de cette offensive, destinée à ouvrir les plaines françaises aux panzers, se situe toujours dans la zone de Guderian. Le général Grandsard ordonne une attaque sur la tête de pont de l’Allemand dès le 14 au matin, mais elle doit être retardée et, quand elle a finalement lieu, Guderian a les moyens d’y faire face ! La même journée, les Alliés tentent de stopper l’avancée ennemie par un intense bombardement aérien sur le pont de bateaux ; mais mal organisés, ces raids ne suffisent pas et Guderian peut entamer son mouvement tournant pour détruire la IXè armée alliée. D’autres occasions de contre-attaques se présentent pour les Français, mais comme à chaque fois elles ne sont pas saisies…Le 15 mai, les panzers peuvent déferler sur les plaines françaises ; les chars de Rommel écrasent la 1ère division cuirassée du général Bruneau, pour la première grande bataille de blindés, et ce malgré la destruction (selon les Français) d’une centaine de chars allemands (il n’en reste que dix-sept côté français). Guderian, de son côté, avance encore plus facilement en écartant la 3è division sans réelle difficulté. Ce n’est qu’au centre de ce front que les Allemands connaissent de réelles difficultés, mais le corps français est trop endommagé par l’aviation allemande, et doit finalement se replier, bientôt en déroute lui aussi…

La timide contre-attaque française

bundesarchiv_bild_101i-127-0369-21_im_westen_zerstrter_franzsischer_panzer_char_b1Après cinq jours d’offensive et plus de 70 km de percée, l’armée allemande reçoit ordre de stopper sa progression, au désarroi de Guderian, qui parvient tout de même à obtenir l’accord d’avancer vingt-quatre heures de plus. Les troupes allemandes sont épuisées, mais comprennent que la victoire est proche. Du côté français, c’est le début de la débâcle et Rommel témoigne de la présence de troupes et de civils sur les bords des routes, complètement désorganisés…Guderian en profite pour rouler à toute vitesse jusqu’au 17, mais il reçoit soudain un ordre de Kleist lui enjoignant de stopper ; « Heinz le rapide » est furieux et demande même d’être relevé de son commandement, il faut l’intervention du général List pour le calmer ! En fait, la réussite allemande inquiète à l’état-major d’Hitler, celui-ci craignant même d’être tombé dans un piège français. Après d’intenses discussions, Guderian –qui étant sur le terrain comprend mieux la situation- obtient de pouvoir engager une « reconnaissance en force »…Les craintes allemandes sont peu justifiées ; ils pensent que les Français ont gardé en réserve leurs blindés, mais il n’en est rien l’essentiel (1ère et 3è divisions cuirassées) ayant été détruit les jours précédents face à Rommel puis Guderian. Seule reste la 2è division cuirassée, complètement désorganisée par la percée de Guderian. L’armée française ne dispose en fait plus que d’une seule unité plus ou moins cuirassée, formée de divers détachements ; elle est commandée depuis le 11 mai par le colonel de Gaulle. Celui-ci, encouragé par le général Georges, contre-attaque le 17 mai dans la région de Laon ; mais il ne dispose à ce moment que de trois bataillons, et Guderian le repousse facilement.

L’état-major français aux abois

Au quartier général français, c’est la panique : après une incompréhension totale de ce qui se passe sur le terrain depuis le début de l’offensive, puis des retards à répétition dans la transmission d’ordres de toute façon inefficaces, Gamelin décide le repli des forces françaises de Belgique le 16 (la Hollande a capitulé) et Reynaud télégraphie à Churchill que « la route de Paris est ouverte » ; il décide toute de même d’appeler Weygand et Pétain pour tenter de redresser la situation. Une conférence se déroule au Quai d’Orsay, en présence de Gamelin, Reynaud, Daladier, Churchill et Sir John Dill où la situation est jugée désespérée par manque de réserves…

Guderian atteint la Manche

Le 17 mai, les Allemands passent Laon et se trouvent bientôt à moins de 100 km de Paris à vol d’oiseau. Le 18, Guderian prend Saint-Quentin et Péronne pendant que Rommel atteint Cambrai. Le 19, Guderian toujours traverse le célèbre champ de bataille de la Somme, mais il est menacé par une nouvelle contre-attaque de de Gaulle, une nouvelle fois mis en échec par les Stuka. Cela donne tout de même des idées aux forces alliées du Nord qui inquiètent l’état-major allemand, obligeant Rommel à stopper et à consolider sa position entre Cambrai et Arras.

L’état-major français semble avoir compris que l’objectif ennemi n’est pas Paris, mais de couper les forces alliées en deux en fonçant sur la Manche. Il est malheureusement trop tard pour organiser une contre-attaque décisive et profiter de l’étirement des forces allemandes, et de toute façon Gamelin est remplacé par Weygand, ajoutant à la perte de temps ! Les Allemands profitent des atermoiements français pour se réorganiser durant toute la journée du 19 mai. Le lendemain, Rommel reprend un temps sa progression mais c’est surtout Guderian qui passe à l’action, de façon décisive : il fonce sur Amiens, en profite pour visiter la cathédrale, puis se jette sur Abbeville ; en début de soirée, l’un de ses bataillons atteint la Manche à Noyelles ! L’armée allemande a effectué une percée de plus de 300 km en dix jours, et détruit l’essentiel des forces françaises, les coupant des Britanniques ; un tel succès est inattendu pour la plupart des généraux allemands. Reste à terminer le travail.

Bibliographie dans la deuxième partie.

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