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Mai-juin 1940, de Sedan à Dunkerque (2/2)

british_troops_retreat_dunkerqueMai 1940. La réussite inespérée de la percée vers la Manche ne signifie pas encore la victoire pour l’armée allemande. Il faut encore se débarrasser des Britanniques et de la Ière armée française disposés au nord du « corridor des panzers ». Une fois cette mission accomplie, la France tombera comme un fruit mûr.

 

Les hésitations allemandes

Les Alliés décident cette fois de ne pas rester inactifs : dès le 21 mai, les Britanniques lancent une contre-offensive pour tenter de percer la fameux « corridor » dans la région d’Arras ; Rommel doit s’employer, mais il parvient à la repousser. Pourtant, du côté allemand, la joie fait place à l’inquiétude : où aller à présent, ne sont-ils pas trop à découvert ? Il leur faut attendre deux jours pour savoir enfin quels sont les ordres, laps de temps que Guderian considérera comme décisif, en faveur des Alliés !

Le 22 mai, les Allemands prennent la direction du nord et la 2è division de panzers atteint les faubourgs de Boulogne, où elle se heurte à une forte résistance. Grâce au soutien des Stuka, la ville tombe tout de même le 25. Guderian lance la 10è division de panzers sur Calais, pendant que la 1ère est chargée de prendre Dunkerque. La résistance britannique est acharnée et parvient même à Guines à repousser l’aile gauche allemande qui se dirigeait sur Calais ! La ville est toutefois encerclée le 24 mai ; Guderian lui-même lance plusieurs attaques, qui échouent plusieurs fois, avant que finalement Calais tombe à son tour le 26 en fin d’après-midi.

L’avancée parallèle sur Dunkerque par Gravelines est plus lente, d’abord à cause de la résistance alliée, puis à cause des ordres de l’état-major allemand qui veut laisser Dunkerque à la Luftwaffe ! Guderian commence à s’inquiéter de cette nouvelle perte de temps quand il voit le nombre de navires alliés se diriger vers la ville ; il comprend vite que si les Allemands n’agissent pas, les Alliés vont pouvoir évacuer le gros de leurs troupes vers la Grande-Bretagne…

Il semblerait que le ralentissement de l’offensive allemande ait été dû à l’inquiétude d’Hitler. Celui-ci se rend le 24 mai au quartier général de l’armée de von Rundstedt, à Charleville, et il est très nerveux. Il est en partie influencé par Rundstedt, qui ne croit pas vraiment à l’insolente réussite des panzers de Kleist et Guderian. Mais le führer estime aussi encore possible une paix avec la France et une entente avec l’Angleterre, dont il respecte l’Empire. Il ne faut pas non plus oublier la responsabilité de Goering, son influence auprès d’Hitler, et sa volonté de mettre en avant la Luftwaffe, rivale de la Wehrmacht.

Opération Dynamo

21may-4june1940-fall_gelbLes Alliés profitent de ces hésitations allemandes pour se réorganiser. Dès le 20 mai 1940, lors d’une réunion à Douvres, le vice-amiral Ramsay fait état d’un plan d’évacuation possible par la Manche, mais avec des difficultés logistiques qui risquent d’être très importantes à cause du nombre d’hommes à évacuer, et de la topographie des côtes françaises à cet endroit, qui interdit l’emploi de gros navires. Ce plan, bientôt appelé « Opération Dynamo », prévoit donc l’utilisation de trois ports ; le problème est que Boulogne, puis Calais tombent sous les coups allemands…Pire, le 25, Hitler autorise la reprise de l’offensive dans cette zone Tournai-Cassel-Dunkerque ! Le 26, l’état-major britannique autorise lord Gort, qui commande le corps expéditionnaire (CEB), à utiliser les plages et ports à l’est de Gravelines pour évacuer les troupes ; il promet l’appui de la marine évidemment, mais aussi de la RAF. Mais l’offensive allemande, très violente, met à mal le plan allié et le flanc gauche est vite enfoncé après la capitulation belge ; bientôt la tenaille se referme sur les Alliés, malgré des tentatives au sud comme une fois encore celle de de Gaulle vers Abbeville le 28.

Heureusement, les Alliés ont réussi à s’organiser autour de Dunkerque et, parallèlement, une résistance farouche coince Rommel dans la région de Lille (qui tombera le 31). Le 29 mai 1940 au soir, alors que des combats très violents ont lieu de toutes parts, le CEB et la moitié de la Ière armée française ont réussi à se regrouper dans la poche de résistance, dos à la mer dans la zone de Dunkerque. La ville est soumise à un bombardement effroyable par l’artillerie et l’aviation allemandes, et l’évacuation qui a débuté depuis quelques jours est un véritable enfer ! Il devient presque impossible de mouiller des navires dans le port ravagé, et il faut bientôt employer les plages et deux môles inadaptés. La traversée du Pas-de-Calais n’est pas non plus une sinécure, puisqu’il faut déminer, protéger des bombardements, chasser les sous-marins ennemis,…Dans ces conditions dantesques, l’évacuation se prolonge pendant plusieurs jours, avec des pertes terribles et une menace pour la marine britannique, dont les destroyers paient un lourd tribut ; il en va de même pour la RAF, durement éprouvée par la Luftwaffe. Le 31 mai, lord Gort quitte le continent pour rentrer en Angleterre ; le 1er juin, les Allemands lancent leur dernière offensive sur l’ultime tête de pont, et le 3 juin ils l’encerclent totalement. C’est le destroyer Shikari qui le dernier quitte Dunkerque à 3h40. Les Alliés laissent sur place 40000 hommes qui seront faits prisonniers ; mais plus de 300 000 ont été évacués pendant ces quelques jours, au prix de près de 70 000 morts, blessés ou prisonniers ! Sans parler des pertes matérielles, parmi lesquelles plus de 200 navires envoyés par le fond…Les deux camps revendiqueront la victoire, mais la réalité est double : si le sauvetage de tant d’hommes relève du miracle vues les circonstances, ce n’est pas pour autant que la Grande-Bretagne est prête à résister à une invasion. Sa flotte est toujours puissante, mais pas à l’abri de l’aviation ennemie comme l’ont montré les opérations en Norvège. Heureusement, elle peut compter sur sa chasse, à la veille de ce qu’on va appeler la bataille d’Angleterre…

Bibliographie non exhaustive

- La Seconde guerre mondiale au jour le jour, 1988.

- La Deuxième Guerre Mondiale, éditions Jules Tallandier, 7 tomes, 1966.

- H. MICHEL, La seconde guerre mondiale, PUF, 1972.

Pour aller plus loin

Mai-juin 1940 : Défaite française, victoire allemagne, sous l'oeil des historiens étrangers de Maurice Vaïsse. Autrement, 2010.

Ils se sont battus mai-juin 1940 de Christophe Dutrône. Toucan, 2010.

La bataille de France jour après jour : Mai-juin 1940 de Dominique Lormier. Le cherche midi, 2010.

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