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Juin 1940 : la France vaincue

bundesarchiv_bild_183-m1112-500_waffenstillstand_von_compigne_hitler_gringJuin 1940. Le bilan pour la France après l’évacuation de Dunkerque est terrible : plus de vingt divisions perdues, un commandement désorganisé et des alliés qui ont dû rentrer en Angleterre, et que beaucoup de Français considèrent à ce moment comme des déserteurs. Nouveau chef des armées françaises, le général Weygand ne se fait alors guère d’illusions…


 

Pour Weygand : résister

Le nouveau généralissime compte le 25 mai, soit avant le fin de l’évacuation de Dunkerque, environ soixante divisions face aux 130 allemandes, avec parmi elles une dizaine de blindées (les Français n’en ont plus qu’une). Weygand estime qu’il lui faut jusqu’au 15 juin pour se réorganiser, tout en se doutant bien que les Allemands ne lui en laisseront pas le temps. Il ne compte que sur la défense d’une ligne Somme-Aisne.

Du côté allemand, certains généraux regrettent que l’élan se soit arrêté plutôt que de continuer vers l’Angleterre ; Keitel lui-même estimera que ce fut une des « plus colossales erreurs de l’histoire ». C’est Hitler qui décide, dès le 29 mai, de se préparer à attaquer au sud.

Le 5 juin 1940, c’est la Luftwaffe qui ouvre les hostilités, suivie des panzers qui attaquent depuis Amiens et Péronne. Mais le moral français semble avoir été en partie revigoré par l’arrivée de Weygand, et les Allemands témoignent d’une plus grande résistance que les troupes françaises : c’est bientôt un massacre de panzers dans les plaines de Somme ! Le lendemain, les « hérissons » tiennent encore, sauf à l’ouest où Rommel parvient à passer pour atteindre Abbeville, d’où la dernière division britannique présente sur le continent doit se retirer. Un peu plus tard, c’est à l’est que les défenses françaises finissent par tranchee-1940
céder, dans la région du Chemin des Dames.

Les Allemands foncent sur Paris

Malgré le bon comportement des troupes françaises, l’espoir demeure mince car l’état-major ne peut pas s’appuyer sur des réserves conséquentes pour lancer les contre-offensives nécessaires. Surtout, après une réunion des principaux généraux, Weygand cède à l’idée du général Besson qui conseille une manœuvre de retraite, décision difficilement compréhensible de la part du généralissime puisqu’elle va à l’inverse de sa stratégie de départ ! Pendant ce temps, les Allemands ont appris à réagir contre la défense française, et Rommel décide d’éviter les points d’appui pour foncer en terrain libre ; le 7, il n’est plus qu’à 40 km de Rouen ! A Paris, c’est la panique et le « gouvernement militaire » est transformé en « armée de Paris ».

Les Allemands ont franchi la Somme, puis l’Aisne à Soissons. Les Français se replient sur la Marne. Rommel, lui, continue sa marche en avant en atteignant la Seine. Rien ne semble plus pouvoir arrêter les Allemands ! Pourtant, Weygand semble croire encore à un miracle, en particulier au sud de l’Aisne ; c’est dans cette zone que doit attaquer Guderian pour s’offrir la Champagne. Le général allemand subit la pression de son supérieur List, et il finit par faire passer deux divisions de panzers après une résistance acharnée des Français, où Guderian lui-même est mis en danger dans une bataille de chars ! Mais bientôt les faubourgs nord de Reims sont en vue des divisions allemandes…

Un peu plus à l’ouest, les Allemands franchissent l’Ourcq, et de l’autre côté de Paris la basse Seine ; le gouvernement quitte alors la capitale pour Tours, le quartier général est envoyé à Briare. Au même moment, on apprend que l’Italie va attaquer…Le 11 juin, Reims tombe et Paris est abandonnée, déclaré « ville ouverte » ; c’est le début de la grande débâcle !

La retraite des troupes françaises se mêle à l’exode des civils, dans un chaos de plus en plus grand. A Briare, le général Weygand tente de trouver des solutions pour limiter les dégâts ; au château du Muguet, une grande réunion se tient en la présence du généralissime, de Pétain, de Gaulle, Churchill, Eden et des généraux britanniques Ismay et Spears. Malgré les promesses du Premier ministre britannique de continuer à se battre et l’arrivée de renforts, le tableau de la situation n’est guère reluisant. En effet, alors que les Alliés discutent, les Allemands continuent leur avancée : c’est surtout Guderian qui continue de foncer, en prenant Châlons, puis le 13 les Allemands prennent Evreux ; enfin, le 14 ils entrent dans Paris !

« La bataille de France est perdue »

Pour Weygand, « la bataille de France est perdue », et il faut à présent trouver une solution pour un armistice acceptable, en évitant l’encerclement général des armées françaises. C’est le politique qui prend ensuite le relais : dans la nuit du 16 au 17 juin 1940, le cabinet Reynaud est remplacé par Pétain, et le 17 celui-ci lance son fameux appel pour l’arrêt des combats. Les Allemands ne s’arrêtent pas pour autant, eux, et Hitler ordonne la prise de Brest et de Cherbourg, qui tombent dès le 19 juin. Le même jour, les divisions allemandes passent la Loire à la Charité et à Briare (le QG français s’est replié à Vichy), puis atteint Lyon le 20. Parallèlement, les Italiens moins en réussite, se heurtent à l’armée des Alpes qui résiste malgré la faiblesse de ses effectifs.

Le 21 juin, une délégation française rencontre Hitler à Rethondes dans le wagon où avait été signé l’armistice de 1918. Les Français signent la convention d’armistice le lendemain, puis dès le 24 une autre, avec l’Italie cette fois.

Bibliographie non exhaustive

- La Seconde guerre mondiale au jour le jour, 1988.

- La Deuxième Guerre Mondiale, éditions Jules Tallandier, 7 tomes, 1966.

- H. MICHEL, La seconde guerre mondiale, PUF, 1972.

Pour aller plus loin

- Mai-juin 1940 : Défaite française, victoire allemagne, sous l'oeil des historiens étrangers de Maurice Vaïsse. Autrement, 2010.

- Ils se sont battus mai-juin 1940 de Christophe Dutrône. Toucan, 2010.

- La bataille de France jour après jour : Mai-juin 1940 de Dominique Lormier. Le cherche midi, 2010.

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