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Auschwitz et la solution finale

ancien deporteLe 27 janvier 2015, fut commémoré la libération des camps d'Auschwitz Birkenau, en mémoire des millions de Juifs assassinés et massacrés au nom de l'idéologie raciste d'Hitler, selon laquelle, la race allemande présente une supériorité vis-à-vis d'autres races jugées inférieures. Sur la base de cette idéologie, a été perpétré la Shoah – La catastrophe en hébreu qui va coûter la vie à plus de cinq millions de Juifs, organisée de façon méthodique et froide.

 

Certains témoignages d'anciens déportés ont mentionné à plusieurs reprises, Primo Levi, écrivain italien, survivant de ce génocide dont les mots seuls peuvent rendre compte « du mal absolu » (Annette Wieviorka) ;

Peut-être pourrons-nous survivre aux maladies et échapper aux sélections, peut-être même résister au travail et à la faim qui nous consument ? (...). Nous avons voyagé jusqu'ici dans les wagons plombés, nous avons vu nos femmes et nos enfants partir pour le néant ; et nous, devenus esclaves, nous avons fait cent fois le parcours monotone de la bête au travail, morts à nous-mêmes avant de mourir à la vie, anonymement. Nous ne reviendrons pas. Personne ne sortira d'ici, qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans sa chair, la sinistre nouvelle de ce que l'homme à Auschwitz, a pu faire d'un autre homme. (Si c'est un homme, 1947).

La « Solution Finale »

Le projet Endlosung – Solution Finale -, conçu par les hauts dignitaires Nazis, tels que Himmler, Eichmann ou Heydrich, a été conçu dans l'optique d'exterminer la race juive comme le révèlent les propos d'Heinrich Himmler dans un discours prononcé le 4 octobre 1943 devant des généraux S.S ;

« Ce sujet doit être abordé entre nous, en toute franchise, mais nous n'en ferons jamais mention en public. Je veux parler de la liquidation des Juifs, de l'extermination de la race juive. C'est une question dont il faudrait pouvoir parler librement ; les Juifs doivent être exterminé. C'est notre programme et nous devons l'appliquer ».

auschwitz entreeL'objectif initial du IIIème Reich, a été d'exclure les populations juives qui étaient placées sous la domination du joug nazi, au fur et à mesure que s'opérait l'expansion territoriale de l'empire. Le plan mis en place prévoyait l'évacuation, là encore l'utilisation de certains termes dissimule une réalité bien plus brutale, « vers l'Est » autrement dit vers l'URSS. Lorsque le pacte germano-soviétique est rompu le 22 juin 1941, Hitler et ses affidés ambitionnent de conquérir la totalité des territoires à l'Est afin d'y envoyer la population juive. Mais, cette ambition va se fracasser aux portes de Moscou, lorsque, une fois passé la confusion et l'hébètement, les armées soviétiques menèrent une contre-offensive marquant l'amorce d'un reflux des troupes allemandes et d'une défaite militaire.

Dès lors, le projet d'extermination et d'élimination systématique du peuple juif commença. A travers ce projet, c'est le paroxysme de l'idéologie hitlérienne qui est atteinte, puisque l'extermination du peuple juif fait suite à la ghettoïsation et sa brutalité, marquée par la famine. La notion de survie dominant la vie quotidienne de ces populations stigmatisées. Les violences répétées et perpétrées par la Einsatzgruppe qui écumait les espaces sur lesquels l'armée nazie était passée, afin de débusquer les opposants politiques mais surtout les Juifs. Ils étaient chargés de les assassiner sans condition.

L'Allemagne mobilisa également ses « alliées » ou plutôt sa clientèle afin d'étendre la déportation des juifs à l'échelle du continent. La France y fut « invitée » comme le dénotent les propos du chef de la police du gouvernement de Vichy juste avant la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 :

« Ainsi que vous en avez été informé verbalement, les Autorités Allemandes ont décidé de transférer dans les territoires de l'Est, les Juifs résidant dans la région parisienne et appartenant aux catégories suivantes : apatrides allemands, Autrichiens, Tchécoslovaques, Polonais, Russes, réfugiés sarrois. Elles ont invité les Autorités Françaises à effectuer le rassemblement des Juifs appartenant à ces catégories dans des camps de la zone occupée d'où elles procèderont à leur transfèrement. »

Dans ces propos, le poids des mots mais surtout des silences vaut parfois plus encore. Cette note donne l'impression que la France de Vichy conserve une certaine souveraineté, parce qu'elle a été « invité ». En réalité, la France est placée sous contrôle étroit de l'Allemagne Nazi. Derrière le terme « invité », très diplomatique, il faut y voir le terme « ordonné ». Plus encore, cette note ne révèle pas la destination de ces Juifs dans un contexte où le processus d'extermination est déjà en cours. A travers, différents termes de ce message, c'est l'envoie à la mort qui est présentée.

Les camps d'extermination

Les camps d'extermination, Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka et Auschwitz Birkenau, ont constitué l'application du projet de la solution finale. Durant cinq années, ce processus d'assassinat systématique va se perpétrer sur le continent Européen, les nazis tentant de garder secrètes les horreurs commises à l'intérieur de cet archipel concentrationnaire.

La localisation géographique des exterminations a été minutieusement pensée, par le choix de la Pologne dans ses frontières d'avant 1939. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix parmi lesquelles, la Pologne comme pivot géopolitique de la campagne de l'Est et surtout, la Pologne comme lieu d'implantation des plus importantes communautés juives, le tout facilité par la présence d'axes de communications, marqués par la forte densité des axes ferroviaires. Les conditions géographiques, représentées par les denses couvertures forestières et les nombreuses régions quasiment inhabitées ont favorisé la préservation du secret.

Auschwitz fut officiellement choisi par les hauts dignitaires nazis pour constituer le centre d'anéantissement massif des juifs d'Europe, sur décision d'Himmler notamment. Après le trajet des convois ferroviaires jusqu'à ces camps, les Juifs, ignorant ce qui les attendait, étaient pour la plupart gazés (Zyklon B) dès leur arrivée. Une « sélection » était opérée entre les Juifs aptes à travailler et les non aptes. Pour ces derniers, la mort était immédiate. Pour les autres, ce ne fut qu'un sursis de très courte durée, quelques semaines, peut-être quelques mois. Abraham Bomba, un survivant de Treblinka laisse un témoignage sans équivoque :

« Nous étions pétrifiés.
Qu'est t-il arrivé à la femme, à l'enfant ?
Quelle femme ? Quel enfant ? Il n'y a plus personne.
Plus personne ! Mais comment ont-ils tué, comment ont-ils gazés tant de gens à la fois ?
Mais ils avaient leur méthode... »

auschwitz photoA la fin de la guerre, pris de panique face à l'arrivée de l'armée rouge, les nazis entreprirent les destructions systématiques des preuves que constituaient ces camps d'extermination. Ils n'y parvinrent pas, mais nombres de structures furent détruites. Les troupes britanniques et américaines manifestèrent un « mélange détonant d'horreur, de colère, de honte, de culpabilité et de peur » selon leur dire, devant de telles atrocités avec la découverte des charniers humains et de la réalité de ce qui s'est réellement déroulé durant ces cinq années de guerre de 1940 à 1945.

« Dans le silence du monde, les deux tiers des Juifs d'Europe, hommes, femmes et enfants ont été assassinés par les nazis, en fonction d'un plan délibéré d'extermination ». Leur faute ? Etre coupables du « crime d'être nés » (Anne Grynberg). Ce fut bel et bien un génocide commis contre les Juifs et une catastrophe pour l'humanité.

A travers les commémorations de ce 27 janvier 2015, Mémoire et Histoire se sont mêlés par le biais de témoignages, d'analyses d'historiens, afin de se souvenir de cet évènement qui a traumatisé pour les sociétés européennes. 70 ans nous séparent de ce génocide, les témoignages des survivants nous parviennent encore aujourd'hui, mais force est de constater que dans une dizaine années, la mémoire direct, tirée de la réalité des évènements vécue par les survivants, aura disparu. Seul subsistera, la littérature, l'écrit comme source unique de ce sombre passé pour permettre d'appliquer ce vœu si souvent exprimé, celui du « plus jamais ça ».

Bibliographie

- La Shoah, l'impossible oubli, d'AnneGrynberg, découverte Gallimard, 1995.

1945, la découverte, d'Annette Wieviorka. Seuil, janvier 2015.

Le commandant d'Auschwitz parle, de Rudolf Hoess. La Découverte poche, 2005.

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