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Le grand-duché de Toscane des Médicis (XVIe-XVIIIe siècle)

FlorenceLa Toscane est une destination touristique très prisée des amateurs d'art. Berceau de la Renaissance, Florence attire chaque année plusieurs millions de visiteurs qui viennent découvrir les œuvres de Botticelli ou de Michel-Ange. Lorsqu'on évoque les Médicis, c'est le mécène Laurent le Magnifique qui vient immédiatement à l'esprit. Pourtant, Florence et la Toscane actuelles doivent beaucoup aux grands-ducs du XVIe-XVIIIe siècle. Loin d'être des descendants peu glorieux de Cosme l'Ancien et de Laurent le Magnifique, ils ont régné sur un duché qui eut une place particulière en Europe. S'intéresser à ce grand-duché, c'est s'intéresser au passage d'une république au principat à l'époque moderne et à la construction de l'État moderne.

L'accession au pouvoir des Médicis et la création politique et administrative du grand-duché

Le principat médicéen s'est construit progressivement au XVIe siècle. Les Médicis avaient déjà exercé le pouvoir auparavant mais ils l'avaient perdu en 1494 au bénéfice de Savonarole (1494-1498). Après l'échec de la théocratie savonarolienne, les oligarchies traditionnelles reviennent au pouvoir mais l'institution de gonfalonier à vie transforme radicalement la République et poursuit l'évolution de celle-ci vers une plus grande concentration du pouvoir. Mais la prise de la ville par les Espagnols met fin à celle-ci. Le pape impose le retour des Médicis à Florence en 1512. Le projet était de restaurer les institutions telles qu'elles étaient avant l'accession de Savonarole au pouvoir en 1494. Les circonstances conduisent à revoir rapidement le projet et les Médicis adoptent progressivement des attitudes princières plus marquées.

Après une brève éclipse, les Médicis reviennent définitivement à Florence : Alexandre de Médicis (1530-1537) devient par bulle impériale le « chef » de la république florentine en 1530. Sans supprimer les magistratures républicaines, la bulle reconnaît une autorité morale au prince sans pour autant lui accorder plus de pouvoir. Il faut attendre les Ordinazioni du 27 avril 1532 pour qu'une loi organique définisse la répartition des pouvoirs entre le Prince et les magistrats. L'idée étant de créer un système de monarchie mixte et tempérée qui a pour modèle la République Sérénissime de Venise. Le prince est duc de Florence comme le doge l'est à Venise. La Seigneurie est abolie et remplacée par le Magistrato Supremo formé de quatre sénateurs et du duc tandis que deux hautes assemblées sont créées (le Conseil des Deux-Cents et le conseil des Quarante-Huit). Mais il ne faut pas se tromper, le Prince et son conseil constituent la clé de voûte du nouveau régime. Cela ne va pas sans contestations. L'assassinat d'Alexandre par le courtisan et cousin Lorenzo di Pier Francesco Medici le montre bien. Le résultat ne fut pas cependant celui escompté. Pétri de culture classique, le tyrannicide pensait que son acte suffirait à ramener la liberté. Or la ville était beaucoup plus acquise au nouveau régime qu'il n'y paraissait.

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Placé sous la tutelle d'hommes expérimentés qui l'ont mené au pouvoir, Cosme Ier de Médicis (1537-1574) s'émancipe rapidement. Il écrase l'armée des exilés et durant son règne réprime sévèrement toutes les contestations. Il renforce son autorité grâce aux institutions léguées par son prédécesseur et met en place une administration de fonctionnaires dévoués qui lui permet d'avoir l'ascendant sur les reliquats républicains (la Pratica Segreta). La bureaucratie a cependant un autre intérêt que celui d'accroître le pouvoir du Prince : elle permet d'assurer la stabilité du pouvoir dans des villes où les magistrats sont renouvelés en permanence. La monarchie médicéenne devient de plus en plus autoritaire à mesure que l'administration croît. Pour autant, cet autoritarisme n'est pas mal perçu car celui-ci est contrebalancé par une politique conservatrice et paternaliste. Il ne cherche pas à supprimer les magistratures républicaines (bien qu'il réduise le rôle des différentes assemblées) et offre aux grandes familles des postes importants. Au XVIIe siècle, ses successeurs poursuivent cette politique conservatrice et permettent l'émergence d'une noblesse (la loi qui fixe les règles de la noblesse ne date cependant que de 1750).

Après la conquête de Sienne en 1555, la réunion des États de Florence et de Sienne officialisée et ratifiée par Philippe II d'Espagne en 1557 double presque le territoire sous domination florentine. La contrepartie de cette union a été la concession de certaines anciennes possessions siennoises (Elbe et Ortobello entre autres) au roi espagnol réunis sous l'appellation de l'État des Présides royaux. Ce territoire administré par la vice-royauté de Naples avait une importance stratégique et militaire considérable et permettait à l'Espagne de surveiller le nouveau duché trop vite agrandi. L'État médicéen est composé d'un stato vecchio (Florence et ses possessions dont Pise) et d'un stato nuovo (Sienne et son territoire) qui conserve une certaine autonomie. En province, Cosme se contente d'une tutelle par l'intermédiaire de magistrats chargés de l'informer et de réprimer des abus (Nove Conservatori della Giurisdizione e del Dominio di Firenze). Les Médicis donnent à tous leurs sujets les droits et les devoirs florentins. Leur action économique a pour champ d'action l'ensemble du grand-duché (en particulier dans le domaine agricole). On peut aussi noter le développement de Livourne voulu et soutenu par les Médicis qui ont concédé à la ville à la fin du XVIe et au XVIIe des lois facilitant le grand commerce en Méditerranée, la liberté de culte (Les Livornine) et des dispositions fiscales avantageuses. Livourne est la création par excellence des grands-ducs dans laquelle ces derniers ont pu exprimer la gloire de leur famille ainsi que les bienfaits et la rationalité de leur gouvernement. Cette ambition méditerranéenne est complétée par la création de l'Ordre sacré et militaire de Saint-Étienne, pape et martyr avec l'approbation qui mène des opérations militaires en Méditerranée contre les Ottomans et les pirates barbaresques. Ainsi les structures de l'État médicéen sont mises en place mais celui-ci doit encore exister et résister aux menaces multiples.

Exister et perdurer dans une péninsule instable

ferdinand i de mediciCosme Ier avait de grandes ambitions pour son duché comme nous l'avons vu précédemment. Il met tout en œuvre pour obtenir un titre royal, d'archiduc puis de grand-duc. Les choix diplomatiques sont faits dans l'unique but d'atteindre cet objectif et en particulier envers les Habsbourg et la papauté qui eux seuls pouvaient lui conférer légalement ce titre. Les bénéfices d'un tel titre pour la pérennité du régime sont importants pour la stabilité du royaume tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il sanctionnait le prestige et le rang du nouvel État dans une Italie morcelée (et en particulier permettait d'avoir une dignité supérieure aux Este). Le veto des Habsbourg d'Espagne et d'Autriche montre que ce nouvel État est toléré mais pas encore totalement accepté. C'est Pie V qui lui accorde le titre en 1569 puis le couronne en 1570. Il faut attendre 1576 pour que l'empereur accepte ce titre. Ferdinand (1587-1609) poursuit la politique d'émancipation à l'égard des Habsbourg initié par Cosme Ier et tente de nouer une alliance avec la France. Il épouse Christine de Lorraine, nièce du roi Henri III de France et petite-fille de la reine de France Catherine de Médicis. Il soutient Henri IV dans sa lutte pour le pouvoir et lui prête de l'argent et lui donne sa nièce Marie en mariage. Son rôle n'est pas négligeable dans la conversion d'Henri IV. Ce retournement diplomatique et la rupture avec l'unilatéralisme précédent a pour but d'affaiblir l'Espagne et réduire son influence en Toscane. Mais lorsque les problèmes diplomatiques commencent à s'amplifier, ce renversement se révèle infructueux. Le grand-duc s'en détourne très vite et renoue des relations avec les Habsbourg d'Autriche. Ses successeurs ont une politique de neutralité qui permet à la Toscane d'être relativement épargnée par les grands conflits du XVIIe siècle. Ils ne s'engagent dans aucun camp. Mieux, ils sont parfois des médiateurs pour les Habsbourg. Les grands-ducs contribuent donc à maintenir la paix dans leur royaume qui était essentielle pour leur maintien au pouvoir sans réussir à s'émanciper de la tutelle habsbourgeoise.

L'édifice politique, bureaucratique et administratif est peu modifié et n'est pas bouleversé au XVIIe siècle. Les institutions sont conservées et les limites au pouvoir médicéen, bien réelles, ne sont pas abolies. La curialisation se renforce ainsi que la liturgisation des cérémonies. Les Médicis consolident l'œuvre de Cosme Ier tout en ayant une pratique du pouvoir plus ou moins différente. Le règne de Ferdinand est essentiel dans la stabilisation du régime qui trouve un point d'équilibre politique, social et territorial qui perdurera jusqu'à la fin de la dynastie. Certains historiens soulignent les initiatives limitées de Cosme III (1670-1723) durant une partie de son règne. Celui-ci met en place dans le même temps une politique dévote favorisant les Jésuites et l'Inquisition que son successeur Jean-Gaston de Médicis (1723-1737) ne poursuivra pas. Il faut dire que la principale préoccupation des derniers Médicis est la succession du grand-duché. Un projet de restauration de la République à la mort des derniers Médicis fut même conçu par Cosme III. Celui-ci n'aboutit pas. L'histoire du duché au XVIIe siècle est ternie par les difficultés économiques et le déclin démographique. Ce déclin est lié au basculement vers l'ouest de l'économie mondiale et à la relégation au second plan de la Méditerranée au profit de l'Atlantique. Pour autant l'histoire du grand-duché n'est pas immobile et depuis quelques années les historiens s'intéressent à nouveau au XVIIe siècle italien comme un siècle où émergent certaines innovations importantes. Dans les sciences également, les Médicis s'illustrent également. Outre la protection de Galilée et de Torricelli bien connue, Ferdinand II (1621-1670) crée avec son frère le prince et cardinal Léopold de Médicis en 1657 l'Accademia del Cimento, la première académie scientifique qui a pour but de promouvoir les nouvelles méthodes scientifiques. Bien qu'éphémère (elle ne dura que dix ans), elle est l'auteur d'un livre Saggi di naturali esperienze fatte nell Accademia del Cimento qui fut un manuel scientifique important à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle. Ainsi, bien qu'en déclin, les Médicis ont réussi à maintenir une place singulière dans l'Europe tout au long du XVIIe siècle.

Créer un territoire, une culture et une histoire

granducatoCosme Ier souhaite harmoniser dans les esprits si ce n'est dans les faits le territoire sous sa domination et faire en sorte que les vaincus soient partie intégrante du nouveau territoire et acteurs de celui-ci et plus seulement dominés. Les forteresses médicéennes ont eu un rôle important dans le contrôle et la formation de ce territoire. Alexandre puis Cosme Ier font construire de nombreuses forteresses et affirment ainsi leur pouvoir dans l'espace toscan. Cependant, ces réalisations militaires sont là pour inspirer la domination et la crainte et non l'adhésion. D'autres formes plus subtiles sont utilisées par les grands-ducs pour montrer la puissance de la nouvelle famille régnante. Les arts sont très tôt utilisés par les Médicis pour affirmer leur dominio sur la Toscane comme l'a bien démontré Philippe Morel. Dès 1538, le jardin de la villa Médicis de Castello mis en scène par Tribolo est une représentation symbolique du territoire du grand-duché : le terrain avait été aménagé topographiquement d'une manière analogue à celui du territoire toscan. Des statues et des fontaines allégoriques complétaient la composition. En 1539, le défilé conçu pour le mariage d'Éléonore de Tolède et de Cosme Ier est une autre représentation symbolique du nouvel État. Les divinités des cités, des montagnes et des fleuves se succèdent et s'inclinent devant le couple princier. Ces allégories parsèment également le palais de la Seigneurie et le grand-duc sert toujours de lien entre ces différentes représentations. Ce thème iconographique bien que délaissé par la suite persistent tout au long du règne des Médicis. Pour compléter la création symbolique du territoire toscan, le grand-duc Ferdinand Ier (1587-1609) commande au vénitien Cristoforo Sorte de nombreuses cartes de la Toscane pour mieux connaître le territoire. Entre 1589 et 1591, le cartographe réaliste cinq cartes détaillées qui ne sont pas exposées pour des raisons militaires évidentes et une carte plus générale destinée à être exposée : la carte précède le territoire. Le langage scientifique supplante la langue allégorique. Progressivement, le territoire prend forme et devient homogène malgré sa diversité. Pour autant cela ne suffit pas et les Médicis vont s'attacher à la promotion d'une culture proprement toscane.

Les académies ont une place de choix dans ce programme : en 1540, Cosme Ier fonde l'Accademia Fiorentina qui a pour but la promotion d'une langue vulgaire toscane et de la littérature florentine dans laquelle il place de nombreux hommes de son gouvernement. Cette académie contribue au projet politique du grand-duc de création du nouvel État. Elle soutient par exemple un ouvrage de Pier Francesco Giambullari (II Celio) publié en 1546 qui promeut les origines étrusques de la Toscane. Ces origines sont un moyen pour les Médicis de permettre à la Toscane d'avoir un passé aussi illustre que ceux des grandes puissances européennes (pour le royaume de France, les origines troyennes jouaient ce rôle). Les fouilles archéologiques menées par les grands-ducs renforcent l'étruscomanie médicéenne et contribuent à la création du territoire toscan. Pie V qualifie Cosme Ier dans un bref de grand-duc de la province d'Étrurie. Cosme devient le premier Dux Magnus Hetruscus. Des ouvrages comme le De Etruria regionis de Guillaume Postel (1551) ou les Etruria Regali de Thomas Dempster composé sur ordre de Cosme II de Médicis (1609-1621) parachèvent cette construction. Cet ensemble composite ne crée pas pour autant une véritable culture de référence unifiée. La fondation de l'Accademia della Crusca en 1583 a pour objectif de purifier et de définir une langue italienne. Elle aboutit en 1612 à la publication du Vocabolario degli Accademici della Crusca. Cette culture ne peut pas cependant être détachée d'une histoire que les Médicis vont tenter de forger.

loggia dei lanzi 1Au XVIe siècle, Cosme Ier et ses premiers successeurs cherchent à concilier de dessiner une continuité entre la république florentine et le nouveau régime. Le réaménagement du palais de la Seigneurie par Vasari est emblématique de ce point de vue : le palais communal est devenu progressivement un palais princier avant que ce dernier ne soit relégué au second plan. La transformation de la Loggia des Lanzi en musée en plein air contribue à dépolitiser ce lieu qui servait aux assemblées du peuple et aux cérémonies républicaines. Cosme Ier, comme les autres souverains européens, commande un grand récit historique à Scipione Ammirato (Istorie Fiorentine) dans le but d'affirmer les liens entre la république et le principat et ainsi exalter la liberté de son État et donc sa supériorité en Italie. Cependant cette politique de conciliation de deux histoires en partie concurrente et contradictoire cesse à partir du début du XVIIe siècle. Les grands-ducs ne commandent plus de récits historiques et pratiquent une censure importante pour éviter les rappels à leur origine roturière ou à l'histoire communale. Seules les peintures et les cérémonies contribuent dorénavant au récit légitimant le pouvoir des souverains. Mais lorsque la fin de la dynastie est imminente, on assiste à un retour de l'historiographie républicaine laissant supposer et espérer qu'un retour à la République est possible. Malgré leurs efforts, les Médicis n'ont pas réussi à éradiquer cette mémoire. La politique historiographique des grands-ducs illustre toutes les limites du contrôle culturel et de la propagande médicéenne.

Promouvoir la nouveauté et sa propre gloire

Cosme Ier reprend la tradition familiale du mécénat mais sous une nouvelle forme. Les académies artistiques permettent aux souverains de mieux encadrer les arts tout en promouvant une nouvelle liberté pour les artistes qui ne sont plus soumis aux contraintes économiques. La première académie artistique l'Accademia e Compagnia dell'Arte del Disegno est une création médicéenne par le duc et Vasari en 1563 qui prenait modèle sur l'Accademia fiorentina déjà mentionné plus haut. Elle a pour objectif l'enseignement, la création des œuvres et la conservation d'une partie des œuvres. Cette académie est présentée par Vasari comme l'héritière des Jardins de Saint Marc de Laurent le Magnifique or il semble que, selon André Chastel dans son livre Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique, Études sur la Renaissance et l'humanisme platonicien, ce jardin ne soit en réalité qu'une invention de Vasari pour plaire à Cosme Ier.

statue-equestre-de-cosmeLes grands-ducs contribuent à promouvoir de nouvelles formes artistiques qui se diffusent ensuite en Europe. La cour des Médicis et son mécénat étaient parmi les plus brillants d'Europe. Les Médicis ont notamment commandé à Jean de Bologne une statue équestre représentant Cosme Ier. La statue eut tellement de succès que d'autres statues équestres similaires lui furent commandées et envoyées en cadeau par le grand-duc Ferdinand Ier à certains souverains étrangers : la statue équestre d'Henri IV installée sur la place Dauphine et désirée par Marie de Médicis et celle de Philippe III en Espagne installée sur la Plaza Mayor de Madrid. Les alliances matrimoniales contribuèrent aussi à la diffusion des modèles florentins. Les reines de France Catherine et Marie de Médicis en particulier ont contribué de manière décisive à l'édification de monuments inspirés par des constructions florentines comme les Offices ou le palais Pitti que l'on retrouve aux Tuileries, à l'Hôtel de la Reine, à la galerie au bord de l'eau du Louvre ou encore au palais du Luxembourg. Cette influence perdure encore après elles. À Versailles, le Grand Appartement a été conçu à partir du modèle de l'appartement des planètes du palais Pitti. On peut cependant reprocher aux Médicis d'avoir très tôt muséifié Florence et de l'avoir figé dans un état qui n'a que peu changé depuis (pour le bonheur des touristes). Pour autant, l'innovation promue par les Médicis ne touche pas seulement les arts plastiques et architecturaux. Les Médicis ont beaucoup contribué au développement de nouvelles formes musicales comme les madrigaux mais ils sont surtout à l'origine de l'opéra. L'opéra est un art total qui ravissait les cours européennes. Chaque œuvre nécessitait des chorégraphies, des costumes, des décors éphémères différents et demandait énormément de travail. L'opéra est l'union de tous les arts car il ne négligeait pas l'aspect littéraire de l'œuvre. La première représentation d'un opéra, l'Euridice de Jacopo Peri, a eu lieu au palais Pitti le 6 octobre 1600. Cette œuvre a été commandée à l'occasion du mariage de Marie de Médicis et d'Henri IV. Ce mécénat n'était pas désintéressé : il permettait aux Médicis de renforcer leur prestige dans les cours étrangères.

 

« Que les Médicis dorment en paix dans leurs tombeaux de marbre et porphyre ils ont fait plus pour la gloire du monde que n'avaient jamais fait avant eux et que ne feront jamais depuis, ni princes, ni rois, ni empereurs. » Cette citation d'Alexandre Dumas montre que les Médicis ont tenu une place singulière dans l'histoire et l'historiographie dès le XIXe siècle. A la mort de Jean-Gaston de Médicis, il ne restait qu'une héritière Anna Maria Luisa de Médicis. Malgré les volontés du défunt, celle-ci ne put accéder au trône et une autre famille pris le pouvoir (les Habsbourg-Lorraine). À sa mort en 1743, elle lègue toutes les œuvres amassées par sa famille tout au long de son histoire en spécifiant que cette collection ne pouvait être divisée, devait être visible de tous et ne pouvait quitter Florence. En 1765, la galerie des Offices ouvrait ses portes au public.

Bibliographie indicative

La plupart des articles mentionnés sont disponibles en ligne. Il suffit de cliquer sur le titre de l'article (en rouge) pour y accéder.

- BOUTIER Jean ; LANDI Sandro, ROUCHON Olivier, Florence et la Toscane XIVe-XIXe. Les dynamiques d'un État italien, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2004.

- ACTON Harold, The Last Medici, Macmillan, London, 1980.

- CALLARD Caroline, « Les ancêtres rêvés des Médicis » In: L'Histoire, N°370, Décembre 2011, pp. 56-59.

- CAMEROTA Filippo, MARA Miniati, I Medici e le scienze. Strumenti e macchine nelle collezioni granducali, Giunti, Florence, 2008.

- CHAUVINEAU Hélène, « Ce que nommer veut dire. », Revue historique, 1/2002 (n° 621), p. 31-49.

- GUT Philippe, L'Italie de la Renaissance à l'Unité, Hachette, Paris, 2001.

- MAURO Cristofani, Sugli inizi dell'«Etruscheria». In: Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, T. 90, N°2. 1978. pp. 577-625.

- MERIEUX Véronique, « De la République au Duché. Les enjeux idéologiques de la représentation des batailles toscanes dans le Salon des Cinq-Cents du Palais de la Seigneurie (1505-1565) », In: Cahiers de la Méditerranée, N°83, 2011, 101-109.

- MOREL Philippe, « L'État médicéen au XVIe siècle : de l'allégorie à la cartographie. » In: Mélanges de l'École française de Rome. Italie et Méditerranée, T. 105, N°1. 1993. pp. 93-131.

Pour plus d'informations sur les institutions, vous pouvez également consulter le site des archives de Florence (en anglais ou en italien mais la partie italienne est plus complète).

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