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Les beautés grandioses englouties du Titanic

Titanic_cabine_luxeLe célèbre paquebot Titanic sombre le 14 avril 1912 et emporte avec lui les merveilles et le symbole de l’art de vivre de la fin du XIX è siècle. Il devait être au sommet de la perfection et du luxe. La mode, à cette époque était de se promener, de paraitre, de voyager, d’aller vers le Nouveau Monde, et ces navires ont été conçus pour servir une clientèle privilégiée. Tout est fait pour qu’elle passe un moment inoubliable de détente...


 

Cabines de luxe et moment de détente

Sur le Titanic, sept des dix ponts étaient prévus pour loger les passagers. Et pour cette clientèle privilégiée, le paquebot proposait des cabines meublées style Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Renaissance italienne, Empire ou style géorgien dont les murs étaient recouverts de lambris de chêne, de noyer, d’acajou ou de citronnier et dont les lustres en cristal alimentés par l’électricité illuminaient l’ensemble. On pouvait y admirer des sculptures, des rechampis et des dorures. Les lits étaient à baldaquins recouverts de soie damassée. L’on marchait sur des sols moquettés ou des tapis moelleux. Pour ne pas avoir froid, le chauffage central était en fonction et les cheminées ronflaient. Ces cabines climatisées étaient pourvues de leur propre salle de bain où coulait l’eau chaude et munies de toilettes. Modulables, pouvant accueillir d’une à trois personnes et transformables en appartement, ces cabines étaient situées au centre du paquebot, là où le bateau bougeait le moins, pour le confort des passagers.

Pour leur détente, les clients se baignaient dans une piscine d’eau de mer avec plongeoir, y accédant par un escalier en marbre, et pouvaient se changer dans des cabines individuelles. Les hommes et les femmes passaient un moment dans les bains turcs payants, mais à des heures différentes. Ces bains étaient soigneusement décorés de lampes, de tables, de divans turcs et syriens, de plafonds à caissons. Certains préféraient un bon massage ; d’autres profitaient des leçons d’un professeur de gymnastique, dans une salle adéquate pourvue de rameurs, de vélos, d’appareils de musculation. Un court de squash était aussi à disposition, mais payant.

Titanic_cabine_luxePour se refaire une beauté, le Titanic proposait un salon coiffeur-barbier ainsi qu’une boutique de souvenirs vendant des jouets, des livres, des cartes postales, des papiers à lettres.

A la fin de la journée, les hommes se retrouvaient au fumoir, dont le style était Renaissance, décoré de boiserie en acajou et de vitraux aux hublots. Pendant ce temps, les dames (qui y étaient interdites) se rendaient au salon de lecture, équipé de canapés et de tables permettant d’y rédiger leur correspondance.

D’autres s’installaient dans les salons-réception situés au pied du grand escalier, dont les sols étaient recouverts de tapis-moquettes et les murs blancs et dorés. Admirant les colonnes, les moulures et la tapisserie d’Aubusson représentant « la chasse du duc de Guise » sur l’un des murs, ils savouraient le thé, installés dans des sièges tapissés de soie rouge, en écoutant jouer le quintette de 16h à 17h.

Salles de restaurant

Toujours dans le but de satisfaire les passagers et de servir une clientèle privilégiée, le Titanic proposait un restaurant particulier à la carte dénommé « le Ritz », un café « Parisien » et un autre « Véranda », qui rivalisaient de raffinement et de délicatesse, ces salles de restauration étant réservées aux Premières Classes.

Le « Ritz » était placé sous la quatrième cheminée « décorative », sur le pont B, à l’arrière du paquebot. Il était réservé aux passagers de Première Classe qui souhaitaient changer des menus traditionnels et pouvoir apprécier un service à la carte. Muni de baies vitrées et fenêtres à croisillons, drapé de rideaux de soie brun doré, de boiseries en noyer, de lustres et d’appliques en laiton doré ciselé, de colonnes de bois torsadées de rubans en bronze et de fauteuils recouverts de tapisserie d’Aubusson au motif Louis XVI de treillage de roses, il proposait quarante neuf petites tables accueillant cent trente sept passagers. Ces superbes tables étaient recouvertes de nappes blanches, agrémentées de bouquets composés de roses et de marguerites, pourvues d’une lumière d’ambiance réalisée à l’aide de lampes à pied de cristal surmonté d’abat-jour rose. Ce restaurant de grande classe disposait d’un service de table bleu de 190 pièces avec un fin liseré doré ressemblant au « Bleu de Sèvres » et d’un second service blanc, orné d’une bordure dorée et d’une guirlande verte style Louis XVI. Le reste était tout en argenterie et verrerie en cristal.

Titanic_caf_VrandaLes « café Parisien et Café Véranda » étaient des lieux moins guindés et plus conviviaux où l’on croisait beaucoup de jeunes passagers adeptes de ces endroits. Les murs étaient couverts de treillages (lierre et autres grimpantes), le sol en damier noir et blanc, le mobilier en rotin laqué blanc, les grandes baies vitrées permettant de voir la mer, ces endroits accueillant maximum 68 personnes.

Un peu moins jolie, la salle à manger des Premières Classes était la plus vaste jamais construite sur un bateau. Ses 1 000 m2 pouvaient recevoir jusqu’à 550 passagers. Le sol était carrelé de linoléum bleu aux motifs rouges et jaunes, la vaisselle blanche au contour festonné vert et brun.

Quant aux cuisines, elles étaient grandioses et disposaient entre autre de deux fourneaux équipés de 19 fours chacun, de grils, de rôtissoires, de bain-marie…

Ventre du Titanic

En ce sinistre jour du 14 avril 1912, pour servir au mieux ces quelques 2 200 passagers, il ne fallait pas moins de 885 membres d’équipages. Emportant avec lui les 5 892 tonnes de charbon, le « ventre » du Titanic comportait aussi des citernes d’eau prévues pour distribuer 64 000 litres par jour et 170 tonnes de courrier. En effet, outre le transport de passagers, le transport du courrier était l’une des missions majeures du paquebot. Le total du fret divers et des bagages s’élevait à 900 tonnes. Il faut rappeler que les passagers transportaient souvent de nombreuses malles de vêtements et de produits de toilette comme Mme Charlotte Drake et ses 14 malles, 4 valises et 3 caisses : cela n’avait rien d’exceptionnel !

Pour servir les passagers, 21 000 pièces de couverts, plus de 3 000 plats et soupières, 10 000 pièces de batterie de cuisine, 6 500 torchons de service, 45 000 serviettes de table, 40 000 œufs frais, 1 000 ris de veau et autres viandes totalisant 50 tonnes, 70 marques de champagne, 54 crus de Bordeaux, 850 bouteilles d’alcool étaient nécessaires. Et ce ne sont là que quelques petits exemples…

Dernier repas au Ritz le 14 avril 1912

Titanic_grand_escalierSous l’influence française (les maîtres d’hôtels étant français ou ayant suivi une formation en France) et sous la houlette d’Auguste Escoffier et de César Ritz, le Titanic offrait ce qu’il y a de meilleur dans les meilleurs restaurants de Paris, Londres, New York. Ce n’était que des mets délicats avec notamment caviar, homards, cailles d’Egypte, œufs de vanneau, dans un menu présenté en onze services pour les Premières Classes.

« La dernière nuit, nous dînâmes au Ritz. C’était le summum du luxe. Les tables étaient joyeusement décorées de roses et de marguerites, les violons de l’orchestre jouaient Puccini et Tchaïkovski ; le dîner fut somptueux : caviar, homards, cailles d’Egypte, œufs de vanneau, raisin de serre et pêches fraiches » c’est ainsi que s’exprimait Mme Walter Douglas, une rescapée de Première Classe.

Les femmes avaient revêtu leurs ravissantes robes de satin et de soie, certaines portaient leur collier de perles à double rang (assuré pour 600 000 dollars de l’époque), les hommes impeccablement habillés, tirés à quatre épingles.

Le menu fut présenté en onze services, avec huitres, consommé Olga, saumon poché, filet mignon Lili… selle de chevreuil, bécasse… un punch au sixième service, un foie gras au neuvième, les cafés et cigares après ce repas gargantuesque représentant la quintessence du luxe …

Curiosités insolites déclarées

Des listes de marchandises ont été établies (pour les remboursements et les assurances), des déclarations de pertes, des assurances prises avant le départ. On découvre ainsi des objets très hétéroclites, montrant bien la richesse des voyageurs privilégiés… allant des caisses de sardines ou de noix décortiquées, des tonneaux de thé, en passant par des ballots de gutta-percha (gomme tirée de l’hévéa servant d’isolant) ou des caisses de peau de lapin ou de plumes d’autruche jusqu’à celles transportant de l’opium, des caisses de dispositifs d’alarme et une caisse automobile contenant la Renault 1912 ; une machine à marmelade, des caisses d’œuvres d’art égyptiennes, une sacoche de diamants valant 300 millions de dollars, une cornemuse, un costume arabe et un bouledogue français champion de concours ainsi qu’une momie…

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