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La civilisation aztèque

Pyramide_aztqueLa civilisation Aztèque (ou Mexicas, tribu nomade de chasseurs cueilleurs), a dominé le sud et le centre du Mexique du XIVème au XVIème siècle. Le terme « Aztèque » viendrait d’Aztlan, patrie mythique du Nord du Mexique signifiant en Nawatl «Terre blanche.» Ce terme a été popularisé par des historiens comme le jésuite Francisco Javier Clavijero dans son ouvrage La Historia Antigua de México publié en 1780. Les Aztèques ont fondé sur les îles du lac Texcoco la célèbre ville Mexico-Tenochtitlan qui dépasse en nombre d’habitants les capitales européennes. Ils ont surpris les européens par la beauté de leur ville mais surtout par la récurrence des sacrifices humains.

Des origines toltèques à la fondation de l’Empire aztèque

Les Aztèques ont hérité des Toltèques, artisans qui excellent dans l’art de la peinture, de la sculpture et de l’écriture pictographique. Ces derniers ont vécu dans les Hautes Terres du Mexique et ont fondé la ville de Tula en 980. L’univers toltèque est composé à la fois de nomades et de sédentaires, ainsi que de barbares. Ils vénèrent Quetzalcóatl, le dieu serpent à plumes et ont été dirigés par un prêtre du même nom jusqu’au 12ème siècle. Suite à une fracture interne et à des rivalités, ce prêtre s’enfuit pour se réfugier dans le Yucatan. L’empire finit par s’effondrer et les Toltèques se dispersent.

Une tribu provenant de la mystérieuse cité d’Azlan décide de migrer vers les steppes du nord jusqu’à l’accomplissement de la prophétie d’Huitzilopochtli, dieu de la guerre. Prophétie selon laquelle la migration du peuple prendrait fin lorsqu’il verrait sur un cactus un aigle dévorer un serpent. Elle finit par se réaliser en 1325 sur un îlot du lac Texcoco, emplacement assez inhospitalier car infesté de vipères.

La ville aztèque du nom de Mexico-Tenochtitlan est construite en 1370. Elle s’appelle ainsi en l’honneur du prêtre Tenoch, guide de l’expédition. En 1375 Acamapichtli est le premier chef aztèque, probablement d’origine toltèque, incarnant Quetzalcóatl. Soumis par une puissance régionale, l’Empire aztèque finit par se détacher de la tutelle d’Azcapotzalco, grâce à l’instauration de la Triple Alliance. Cette dernière, composée de Tenochtitlan et des deux alliées : Texcoco et Tlacopan, brise la puissance tépanèque en 1428. Plusieurs souverains se succèdent, mais c’est sous le règne de Moctezuma I dès1440 et Moctezuma II dès 1502 que l’Empire prend de l’ampleur. Ces souverains ont entrepris de nombreuses guerres dans le but d’étendre le territoire jusqu’aux provinces tropicales et de soumettre les contrées au tribut. C’est Moctezuma I qui instaure les guerres fleuries afin de pallier les mauvaises conditions climatiques en capturant des ennemis pour les sacrifier et calmer la colère des Dieux.

Une religion tournée vers le sacrifice humain

Aztques_sacrificeLes Aztèques sont polythéistes et se considèrent comme le peuple élu du Soleil. Selon le mythe, à l’origine le soleil n’existait pas. Ce sont les dieux qui, une fois réunis à Teotiwacan se sont sacrifiés pour éclairer le monde. Afin de régénérer le cosmos, les Aztèques renouvellent sans cesse le sacrifice divin pour empêcher le retour des Ténèbres. La cérémonie a lieu au sommet du grand temple sur la pierre sacrificielle où un prêtre ouvre la poitrine pour récupérer le cœur de la victime et le faire cuir dans une urne de pierre. Les victimes portent les vêtements et ornements du dieu choisi. Il peut s’agir de prisonniers capturés lors des guerres fleuries, d’esclaves ou d’aztèques censés incarner l’image du dieu.

Les sacrifices ont également des fonctions économiques et politiques. Ils doivent assurer le retour régulier de la pluie sur les cultures, et maintenir la domination aztèque en éliminant physiquement les ennemis. Aucune civilisation précolombienne n’a autant pratiqué les sacrifices que les Aztèques qui en ont fait une véritable institution. Ces rites ont horrifié les espagnols, qui en tant que catholiques ont interprété ces sacrifices comme une perversion démoniaque et non comme un acte sacré.

La civilisation aztèque : une société prospère et hiérarchisée

Mexico Tenochtitlan est une ville extrêmement peuplée, plus que Paris à l’époque car elle abrite entre 500 000 et 1 million d’habitants. Elle se compose d’îlots naturels et artificiels ainsi que d’un ensemble de temples, palais et jardins. De grands aqueducs alimentent la ville en eau potable. La culture intensive et l’assèchement des marécages ont permis d’obtenir de bons rendements et d’enrichir l’Empire. Marchands et artisans qui sont organisés en corporation, concentrent à travers les marchés toutes les richesses alimentaires essentielles : cacao, maïs, courgettes, tomates.

Chaque aztèque a un rang social défini mais temporaire, qu’il a le pouvoir de modifier. En effet, la société fonctionne selon le principe de méritocratie : la noblesse n’est pas héréditaire et se gagne au combat. Ramener des captifs dans l’Empire offre un rang et de la dignité. Cette société est divisée en une vingtaine de clans appelés Calpulli qui possèdent chacun un chef. Au sommet de la hiérarchie se situent Moctezuma et les membres du lignage royal, ensuite se placent les prêtres et les seigneurs qui gagnent leur noblesse au combat, après vient le peuple « l’homme commun » qui est imposable, et enfin les esclaves. Les parures et les vêtements permettent de déterminer l’appartenance sociale.

QuetzalcatlLes Aztèques ont dominé la plus grande partie du Mexique jusqu’à l’arrivée des espagnols en 1519. Fort des extensions successives du territoire, de la soumission des contrées et d’une prospérité grandissante, l’Empire était à son apogée. Cortés lui-même a été fasciné par la beauté de la capitale qu’il décrit comme la nouvelle Venise «Il y a dans cette grande ville des temples ou maisons d’idoles d’une fort belle architecture […] Parmi ces temples, il y en a un, le principal dont nulle langue humaine ne pourrait dire la grandeur et la beauté.» Toutefois, l’indignation provoquée par les sacrifices a servi de justification à la conquête espagnole et à l’évangélisation forcée.

De nos jours, au Mexique, les derniers Aztèques, qui vivent en minorité, se perdent dans la masse des populations métisses. Les descendants revendiquent la reconnaissance de leur peuple ainsi que la restitution de certaines pièces dont la couronne de plume présentée comme celle de Moctezuma et exposée au musée d’ethnologie de Vienne.

Bibliographie

- De Jacques Soustelle, Les Aztèques : A la veille de la conquête espagnole. Hachette, 2008.

- De Jacques Soustelle, Les Aztèques. PuF, 2003.

Aztèques et Incas : Grandeur et décadence de deux empires fabuleux de William-H Prescott. Pygmalion, 2007.

Pour aller plus loin

- DVD, Les peuples du soleil. Editons France 5 Education.

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