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Louis XIV, le Grand (roi de France, 1643-1715) - Biographie 2/3

louis xiv en 1661 par lebrun

Le retour triomphal de Louis XIV dans sa capitale en 1652 ne doit cependant pas faire oublier le fait, que la politique du pays reste pour une bonne part celle pensée par le Mazarin. Entre 1653 et 1660 ce dernier va s’attacher (de concert avec le roi et sa mère) à étouffer peu à peu les ferments de contestation du pouvoir royal qui pouvaient encore subsister. Néanmoins là où Richelieu aurait usé de la manière forte, son successeur préfère faire usage de manœuvres tortueuses.

 

Ainsi le cardinal Italien en fin connaisseur des relations publiques utilise à merveille le talent de Louis pour la représentation. Le Roi, dont la prestance impressionne, est fréquemment montré au peuple, aux armées, aux ambassadeurs, le tout selon un plan savamment pensé. Louis dont on connait le caractère autoritaire, comprend qu’en politique il est encore l’élève de son prestigieux ministre et s’adonne de bonne grâce à cette ‘campagne de communication’ (pour verser dans l’anachronisme) réglée à grands coups de ballets et d’entrées triomphales.

Le triomphe de mazarin

 

Parallèlement à cette entreprise de séduction, Mazarin tend à renforcer l’emprise de la monarchie sur les provinces. Ainsi il généralise le système des intendances et soumet à un contrôle plus strict les titulaires d’office en province. C’est aussi durant ces années que le cardinal-ministre renforce sa propre clientèle, affaiblissant par la même celles des Grands.

 

Outre cette affirmation de l’autorité centrale face aux Provinces (ce qui n’allait pas sans résistances) Mazarin œuvre au redressement de la situation fiscale du royaume, mise à mal par la Fronde. Force est de constater que cela va de pair avec une politique d’enrichissement personnel sans précédent en Europe.  En ces temps, on ne distingue guère la fortune des dirigeants et les caisses de l’Etat et Mazarin abuse de cette confusion. Toujours à la merci d’une disgrâce, il fait preuve d’une véritable frénésie spéculative, accumulant une immense fortune. Dans cette entreprise, il est admirablement secondé par son intendant Jean Baptiste Colbert, promis à un brillant avenir.

 

colbertDernier défi auquel Mazarin se confronte, celui du Jansénisme : doctrine religieuse interrogeant profondément les relations entre la grâce divine et la liberté humaine. Sans rentrer plus avant dans les détails théologiques, on peut préciser que le Jansénisme connait un grand succès en France notamment au sein de diverses communautés monastiques, dont la fameuse abbaye de Port-Royal. Les Jansénistes par leur attachement  à la liberté de conscience et leur morale exigeante mettent insidieusement en cause l’obéissance aux pouvoirs établis. Pour cette raison ils doivent faire face tant à l’hostilité du Pape que de la Monarchie, ce qui leur vaudra de nombreux soutiens au sein de cercles à la fois Gallicans et opposés à  la monarchie absolue.

C’est durant ces années où Mazarin tente de s’imposer face aux éléments sociaux (Parlements, titulaires provinciaux d’offices, cercles jansénistes) qui freinent la marche de l’absolutisme royal que Louis XIV apprend réellement le métier de Roi. Ce jeune homme n’est pas d’une grande vivacité intellectuelle. Il fait plutôt  preuve d’un esprit lent et méthodique, qui s’explique notamment par son goût de la dissimulation. Louis reste le Roi des coups de théâtre ce qui vaut à son entourage de guetter anxieusement la moindre de ses réactions.

 

Sphinx énigmatique dont la réponse favorite est « Je verrais », il parle peu et agit souvent de manière pragmatique. Néanmoins on lui connait des emportements émotifs et une constante envie de plaire Au final grand timide comme son père, il se complait dans un rôle de monarque impassible parfois assez éloigné de sa personnalité privée.

 

Question qui nous amène naturellement à celle de ses amours. Louis est en permanence confronté à la tentation de par les caractéristiques de la société de cour et y cède parfois. Son premier grand émoi restera Marie Mancini, une nièce de Mazarin dont il fait la connaissance en 1658. La jeune italienne est une personnalité fascinante, cultivée et dotée d’un esprit vif. Passionnée d’art et de musique elle aura une nette influence sur Louis dans ces domaines.

 

La passion qui unit Marie Mancini et Louis  contrarie cependant la politique européenne de Mazarin et d’Anne d’Autriche. N’oublions pas qu’alors la guerre contre l’Espagne continue et qu’il est grand temps d’y mettre fin. Avec la brillante victoire de Turenne à la bataille des Dunes (14 juin 1658) sur l’armée espagnole de Condé, les Flandres sont à la merci des troupes françaises. Mais voilà : une fois de plus l’argent manque et la rivalité avec l’Angleterre et les Provinces Unies (Pays-Bas) pointe déjà. La paix franco-espagnole, selon l’usage du temps, passe par un mariage dynastique entre Louis et l’infante d’Espagne : Marie-Thérèse.

 

maria_teresaAlors que les négociations de paix se poursuivent à Madrid à Paris Louis vit pleinement son idylle avec Marie qui fait dés lors preuve d’une ambition démesurée. L’Italienne se verrait bien reine et entre son amour pour elle et les nécessités du temps Louis hésite, cédant souvent aux caprices de sa bien-aimé. La raison et la pression de Mazarin et d’Anne d’Autriche finiront par l’emporter et le roi accepte d’épouser Marie-Thérèse.

 

Ce mariage et la fameuse des Paix des Pyrénées qui l’accompagne constituent à ne pas en douter le triomphe de Mazarin. La France en sort renforcée et y gagne le Roussillon, une partie de la Cerdagne et de l’Artois ; ainsi que diverses places fortes et des concessions de la part du Duc de Lorraine, dont le contrôle des états est d’une valeur stratégique pour le maintien de la présence française en Alsace.

 

Il ne faut cependant pas en conclure que cette paix devait être durable. Le mariage de Marie-Thérèse s’accompagnait du versement d’une dot de 500 000 écus d’or, que l’Espagne n’a pas les moyens de payer. Il y a là un Casus-Belli en devenir. Quoi qu’il en soit en ce mois d’août 1660, Paris accueille les époux royaux à l’occasion d’un triomphe qui marque la popularité du Louis et l’affermissement de l’autorité royale.

 

On ne peut pas dire que le Roi se soit entiché de sa femme, mais cette dernière est d’une fidélité sans failles et très éprise de son mari. Louis XIV a vécu douloureusement sa séparation avec Marie Mancini mais il en tire néanmoins une leçon politique essentielle : un roi ne saurait faire passer ses sentiments avant la raison d’état. On ne le reprendra plus à se montrer soumis aux caprices d’une femme, aussi fascinante soit-elle.

 

Colbert contre Fouquet

 

Le 9 mars 1661, le cardinal Mazarin au sommet de sa puissance, meurt des suites d’une longue maladie. L’opinion ne pleurera pas celui qui dans ses derniers mois se sera montré plus despotique et corrompu que jamais et ce malgré les immenses services qu’il aura rendu au royaume.

 

Louis XIV se voit privé de son mentor et confronté à un possible exercice solitaire du pouvoir. Beaucoup voulurent y voir le début de son « règne personnel »…Il est juste que le Roi innove en supprimant le poste de premier ministre (c’est même sa première décision) et en assurant officiellement la conduite des affaires, ce à la surprise générale.

 

Néanmoins il est encore relativement inexpérimenté et doit affirmer son autorité. Pour ce faire il est lui nécessaire de marquer symboliquement son début de règne par une rupture avec l’ère Mazarin, et comme souvent cette rupture réclame une victime : ce sera Nicolas Fouquet.

 

fouquetA 46 ans, ce rejeton d’une prestigieuse famille de robe (qui s’invente même un ancêtre Roi d’Ecosse…) était un homme incontournable dans le système politique français. Agent zélé de la monarchie durant la Fronde (il est alors Procureur général du Parlement),  il était devenu en 1653 le surintendant des finances de Mazarin. Il fut donc l’un des acteurs essentiels de politique fiscale et financière française entre 1653-1661. Bien introduit auprès des milieux des spéculateurs et des courtiers il parviendra à assurer la survie financière du royaume (un tour de force) au prix de manœuvres souvent douteuses.

 

Tout comme Mazarin, il ne néglige pas de profiter de son statut pour s’enrichir et verse rapidement dans la corruption (qui soulignons le est généralisée à l’époque). Esprit brillant, Fouquet est un mécène cultivé qui n’hésite pas à parrainer les plus grands artistes (Scarron, Molière, La Fontaine, Le Vaux, Le Brun et Le Nôtre pour les plus connus) et surtout à afficher sa réussite. Une réussite tout aussi insolente que son magnifique château de Vaux…une réussite qui lui vaut bien des jalousies.

 

En effet Fouquet agace par ses nombreuses conquêtes et son train de vie ostentatoire (qui est aussi une nécessité de sa fonction) et compte bien vite de nombreux ennemis dont au premier plan : Jean Baptiste Colbert.

 

On a souvent dressé de l’homme de confiance de Mazarin un portrait aux antipodes de celui de Fouquet. A l’exubérance et la prodigalité du surintendant on a opposé la sobriété et la rigueur de cet « homme de marbre », le « Nord » comme le surnommait Mme de Sévigné. Ce serait pourtant oublier que tout comme son rival, Colbert est un représentant typique du système mis en place par Mazarin. Contrairement à l’image que voulurent donner de lui les historiens radicaux de la IIIème République, il n’est pas réellement un exemple de probité.

 

Mais Colbert a pour lui de maitriser mieux que personne les rouages des montages financiers de l’ère Mazarin. Il dispose d’une connaissance très étendue des diverses manœuvres de son rival, qui a eu la grande maladresse de faire armer plusieurs places fortes par excès de prudence. Enfin Colbert en technocrate zélé et fidèle a su obtenir l’attention et l’estime du Roi.

 

Dans son testament Mazarin avait mis en garde Louis XIV contre le surintendant, qui bien que compétent lui semblait trop ambitieux. Le Roi en pris bonne note et chargea Colbert, nommé intendant des Finances, de se pencher sur les affaires de Fouquet.

 

Au-delà de la rivalité de personnes, on notera que les deux ministres s’opposaient sur la méthode à employer quant à la conduite des affaires. Colbert en esprit méthodique penchait pour une rationalisation du fonctionnement de l’état, ce qui était du goût du Roi inquiété par les expédients dont Fouquet était coutumier.

 

Des investigations de Colbert résulteront une cabale, faite de sombres manœuvres politiques et juridiques qui aboutiront à la chute du flamboyant surintendant. Au terme de nombreuses péripéties et d’un procès politique truqué de 3 ans, Fouquet sera reconnu coupable de péculat (détournement de fonds publics) et condamné au bannissement en  décembre 1664. Il sera conduit au donjon de Pignerol où il mourra quinze ans plus tard.

 

Avec la chute de Fouquet et de son clan, Louis XIV a mis à bas de manière publique et retentissante l’un des symboles du système politico-financier mis en place sous Mazarin. Cette rupture radicale a pour effet de lui donner les coudées franches pour réformer le fonctionnement de l’état monarchique. C’est là un « coup de majesté » qui a valeur de symbole et ce malgré les oppositions qu’il put soulever dans le pays.

 

Fouquet déchu, Colbert nommé Contrôleur général des Finances semble à priori triompher. Il est ainsi chargé du développement économique de la France et possède une grande marge de manœuvre pour mettre en place sa politique. Sa clientèle et son clan occupent des une place importante à tous les niveaux du royaume.

 

Néanmoins Louis XIV prend bien garde de ne pas lui laisser trop de pouvoir. Voulant rompre avec la domination d’un seul ministre initiée par Richelieu, il favorise l’émergence d’un clan rival de celui de Colbert : Les Tellier-Louvois. Cette famille sera au cœur du développement militaire français de l’époque, Colbert se réservant l’expansion navale et coloniale. Le Roi Soleil avait fait sienne cette maxime : « Diviser pour mieux régner ».

 

De la Guerre de Dévolution à la Guerre de Hollande

 

On aurait pu penser que le royaume désormais mûr pour des réformes politiques de grande ampleur, Louis se serait contenté du statu quo sur le plan européen. C’était sous estimer le désir ardent de s’illustrer du jeune Roi.

 

De plus si Louis XIV, ne recherche pas à mettre en place une monarchie universelle (le thème solaire qui lui est associé, ayant plus vocation de propagande interne) il n’en est pas moins conscient de la fragilité de la situation géopolitique de la France. Cette dernière est toujours à la merci d’invasions (notamment au nord et à l’est) il est donc essentiel d’obtenir des frontières plus aisément défendables (le fameux pré carré). De telles prétentions couplées à l’imprévisibilité du Roi effraient l’Europe. Face à une Espagne déclinante et à un Saint-Empire plus divisé que jamais, la France première puissance démographique d’Europe fait figure d’ogre.

 

A la mort de Philippe IV d’Espagne en septembre 1665, Louis XIV réclame à Madrid au nom de son épouse divers places de l’actuelle Belgique ainsi que la Franche-Comté. Il s’agit là de territoires censés compenser la dot qui ne fut jamais versée après son mariage avec l’Infante Marie-Thérèse. Le Roi de France habilla ses revendications d’un principe juridique (douteux) dit « droit de dévolution. » Lorsque les exigences françaises furent rejetées par l’Espagne en mai 1667, Louis XIV se mit immédiatement en campagne.

 

On constatera que cette guerre fut habilement préparée par Le Tellier (assisté de son jeune fils, le marquis de Louvois). La France qui profite alors des premières retombées économiques du volontarisme économique Colbertien, peut consentir un grand effort financier pour sa préparation militaire. En plus d’aligner des armées nombreuses et bien pourvues, elle dispose d’excellents chefs tels que Turenne et Condé. Avec la marine renaissant sous l’impulsion de Colbert, le royaume possède le premier et meilleur outil militaire d’Europe.

 

Cette guerre sera pour l’époque une guerre éclair. Commencée en mai 1667 elle s’achève à peine un an plus tard au traité d’Aix la Chapelle. Louis XIV qui a participé personnellement aux campagnes (et mis plusieurs fois sa vie en danger au point d’excéder Turenne) n’a cependant pas obtenu la victoire qu’il souhaitait. Certes il parvient à annexer de nombreuses places  au nord (bientôt fortifiées par Vauban), mais la frontière en résultant est encore difficilement défendable.

 

louis_xiv_maastrichtLe Roi de France a été opté pour la modération notamment parce qu’il estime  que l’effondrement final de l’Espagne n’est plus qu’une question d’années. En effet l’héritier de Philippe IV : Charles II est un être chétif et maladif, affligé d’un nombre impressionnant de tares congénitales. On pense sa mort prochaine et Louis XIV, comme l’empereur Léopold à Vienne, se prépare à se partager son héritage. Enfin l’ambitieux roi de France projette déjà sa prochaine guerre, celle qui le verra envahir les Provinces-Unies (Pays-Bas actuels)…

 

La Guerre de Dévolution a achevé de convaincre de nombreuses cours européennes que le Royaume de France possédait des visées hégémoniques sur le continent. Ainsi en janvier 1668, la Suède, les Provinces-Unies et l’Angleterre se sont alliées pour freiner l’expansion française aux Pays-Bas espagnols. Louis XIV sait que cette coalition tient pour beaucoup à l’activisme des néerlandais (et surtout à celui du futur stathouder Guillaume d’Orange). Les marchands hollandais (les Pays-Bas sont à l’époque la première puissance commerciale d’Europe) redoutent la présence française au sud de leurs frontières et prennent ombrage des prétentions coloniales et navales de Colbert.

 

guillaume dorange
Néanmoins ce dernier est opposé à tout conflit avec les Provinces-Unies, estimant qu’il faudrait d’abord renforcer l’économie nationale. D’autres ministres du Roi-Soleil pensent eux qu’une guerre en Hollande ne cadre pas avec le grand projet géopolitique d’alors : à savoir le démembrement de l’empire Espagnol.

 

Mais Louis XIV, frustré par le résultat mitigé de la guerre de Dévolution et conforté par l’optimisme de Turenne et Louvois finit par se décider pour l’épreuve de force. Il faut dire qu’il a alors remporté un beau succès diplomatique en retournant le roi d’Angleterre Charles II contre les Hollandais, ce à grand renfort de subsides.

 

Le 22 mars 1672 la flotte anglaise attaque un convoi hollandais au large de l’Ile de White, le 6 avril suivant la France déclare la guerre aux Provinces-Unies. L’offensive qui aurait du être un jeu d’enfant, se révèle bien vite un casse tête pour les Français. Certes les places ennemies tombent les unes après les autres, mais le 20 juin les néerlandais rompent leurs écluses et provoquent l’inondation du pays.

 

Les troupes françaises s’embourbent dans une campagne harassante, faisant face à une résistance acharnée menée par Guillaume d’Orange, le nouveau stathouder. Peu après l’empereur Habsbourg décide de se joindre au combat contre les Français et entraine à sa suite le Brandebourg. Les troupes françaises sont alors contraintes de reculer et d’adopter une posture plus défensive. L’année suivante l’Espagne se rallie à la Grande Alliance de La Haye. De locale, la guerre est devenue européenne…elle va durer encore 5 longues années.

 

Face à une coalition d’ampleur inédite, les forces françaises vont offrir une prestation plus qu’honorable et ce sur tous les fronts, à terre comme en mer. Le conflit est acharné, cruel même et les troupes françaises commettront de nombreuses exactions en Hollande mais aussi au Palatinat.

 

Sur le pan intérieur, la situation se dégrade peu à peu. Les excédents financiers du début du règne ne sont plus possibles et Colbert se voit contraint de recourir à des acrobaties financières que n’aurait pas renié Fouquet…La pression fiscale qui en résulte conjuguée à la hausse du coût des produits de première nécessité vont provoquer plusieurs révoltes populaires principalement en 1674-1675.

 

Louis XIV malgré sa volonté d’obtenir un terme favorable à cette guerre accepte des pourparlers lorsque l’Angleterre finit par se rapprocher des Hollandais. Ces négociations initiées dés 1677 seront d’une grande complexité au vu du nombre de belligérants impliqués. Elles sont de plus menées en parallèle avec les offensives françaises du début de 1678, à l’occasion desquelles les Pays-Bas espagnols sont partiellement conquis.  Avec les troupes françaises devant Anvers, les Provinces-Unies sont à la merci de Louis XIV. Ce dernier entame donc la phase finale des négociations en position de force.

 

Le traité de Nimègue (août 1678) qui en résulte vaudra au Roi de Force son surnom de « Louis le Grand ». Il peut en effet apparaitre alors comme le grand vainqueur de cette guerre, une manière d’arbitre de l’Europe. La France qui a su défaire une coalition imposante obtient des Provinces-Unies qu’elles autorisent le culte catholique et de l’Espagne : la Franche-Comté, le Cambrésis, une partie du Hainaut et la partie de l’Artois qui lui manquait. De l’empereur et duc de Lorraine, Paris obtient des concessions et quelques places fortes stratégiques. Les frontières françaises atteignent désormais le Rhin, l‘encerclement du royaume par les Habsbourg est brisé.

 

Ce triomphe (inespéré au vu de la situation en 1674) ne doit cependant pas masquer les faiblesses de la position française. Le royaume a lourdement souffert du fardeau de la guerre, les finances sont au plus mal. Le conflit a d’autre part condamné à l’échec les tentatives d’expansion commerciale et coloniale voulues par Colbert, tout comme il a empêché la modernisation économique du royaume. Les conséquences à long terme en seront dramatiques.

 

De plus il faut souligner que les Provinces-Unies ont sauvegardé leur territoire. Guillaume d’Orange dispose toujours d’un redoutable pouvoir de nuisance. Enfin le comportement des troupes françaises a retourné l’opinion de nombreux états allemands contre Louis XIV, désormais décrié comme un despote sanguinaire.

 

Quoi qu’il en soit, en 1678 le Roi Soleil est au zénith d’une gloire pour jamais associée à Versailles…

(Lire la suite : Louix XIV le Grand, 3eme partie.)

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