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Les franc-maçons, d'hier à aujourd'hui

franc-macon5La franc-maçonnerie tire ses origines des corporations de maçons du moyen-âge, et s’inspire des traditions, légendes et symboles remontant au temple de Salomon, aux pyramides d’Egypte ou aux bâtisseurs de cathédrales. Dès la renaissance,  ces corporations se transforment en sociétés de bienfaisance et d’entraide, et s’ouvrent aux artisans et commerçants. Le siècle des lumières voit la naissance d’une franc-maçonnerie philosophique et ésotérique, dont les loges d’aujourd’hui sont les héritières.

 

La franc-maçonnerie en France

Comme dans le reste de l’Europe, la franc-maçonnerie s’implante en France, vers 1725, sous l’impulsion d’aristocrates anglais. En 1735, s’organise la première obédience française, la Grande Loge de France, qui se dote en 1738 d’un Grand Maître, le duc d’Antin. De nombreux membres, ou frères, cherchent à démocratiser l’institution en instaurant une élection des représentants. Cette scission engendre, en 1773, la création d’une obédience rivale — le Grand Orient de France (GODF) — présidée par le duc de Chartres, futur Philippe Égalité. Au XIXe siècle, les deux grandes obédiences sont le Grand Orient et le Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté, créé en 1804.

Lorsque, en 1877, le Grand Orient écarte de sa constitution l’observance religieuse et introduit l’idée de la liberté de conscience, la Grande Loge d’Angleterre l’exclut de l’ordre maçonnique pour avoir répudié ce principe fondamental. Alors que le Grand Orient se radicalise en poursuivant ses activités dans un esprit anticlérical, la Grande Loge de France (GLDF), fondée en 1894, se réfère symboliquement à un «Grand Architecte de l’Univers», émanation divine, et opte pour une tendance plus spiritualiste. En 1913, une franc-maçonnerie régulière se constitue sous le nom de «Grande Loge nationale indépendante et régulière» puis, à partir de 1948, sous celui de «Grande Loge nationale française (GLNF)»; elle est, en France, la seule obédience reconnue de la Grande Loge d’Angleterre.

Organisation, rites et principes

Le concept de hiérarchie n’existe pas en maçonnerie. Les maçons optent pour l’égalité absolue entre frères, et les différentes structures ne servent qu’à une coordination de la pensée maçonnique. Certes, pour la gestion administrative, il existe des fonctions à différents niveaux : un vénérable préside chaque loge, assisté d’un collège d’officiers (orateur, surveillants, secrétaire, trésorier, etc.). L’obédience, présidée par un grand maître, n’est en définitive qu’une fédération de loges, cellules de base en franc-maçonnerie qui réunissent les frères des trois premiers grades (apprentis, compagnons et maîtres). Cette franc-maçonnerie est communément appelée maçonnerie bleue. Il existe aussi des ateliers de perfectionnement qui sont réservés aux hauts grades, différents selon les rites, et nettement plus empreints d’ésotérisme.

franc_macon_1La franc-maçonnerie apparaît comme une société initiatique puisque, pour devenir membre d’une loge, un individu doit être préalablement accepté puis initié, dans l’observance des secrets, en conformité avec le mythe hiramique — personnage biblique, Hiram de Tyr, architecte, a été engagé par le roi Salomon sur le chantier du Temple et a résisté à la torture sans livrer ses secrets. Le mythe d’Hiram sert également de point de départ d’un calendrier maçonnique utilisant un système de datation de 4 000 ans antérieur au calendrier usuel.

Des symboles servent à la préparation des travaux de réflexion et comme signe de reconnaissance entre ses membres, la maçonnerie restant une société secrète ou discrète selon les périodes. Les outils des constructeurs de cathédrales (équerre, compas, niveau, truelle, etc.) constituent le premier support auquel viennent s’ajouter les formes (triangle, étoile), les nombres (trois, cinq, sept) et les lettres. Des objets sont aussi utilisés pour une reconnaissance interne : des vêtements tels que les tabliers graduels ou des objets comme le maillet, symbole d’autorité, utilisé lors de l’ouverture et de la fermeture des travaux.

La maçonnerie est, avant tout, une société qui vise à enseigner une philosophie morale à ses membres. En cela, malgré l’observance du secret, le franc-maçon doit subordonner ses obligations fraternelles à ses devoirs envers Dieu (pour les maçonneries se référant au Grand Architecte de l’Univers), à son pays, à sa famille et à l’humanité.

Dans la plupart des pays, le caractère charitable et le principe de fraternité se traduisent par la création de foyers maçonniques pour les maçons âgés ou pour leurs veuves, ainsi que des orphelinats et écoles pour les enfants des membres de l’ordre. Cette fraternité diffère toutefois radicalement d’autres sociétés de bienfaisance privées, car l’aide ou la charité entre membres reste purement volontaire : aucun contrat ou autre forme d’accord ne stipule l’obligation de soutenir financièrement et matériellement un frère dans la détresse. La franc-maçonnerie s’investit aussi dans des causes humanitaires et n’hésite pas à collecter des fonds à l’occasion de grandes catastrophes, comme celle de la mine de Courrières, en 1906.

Mais le travail véritable en loge est une réflexion progressiste, tant pour le maçon lui-même que pour la société dans laquelle il évolue. C’est ainsi que les maçons français ont œuvré, entre autres, pour la laïcisation de l’enseignement, la séparation de l’Église et de l’État (sous le ministère d’Émile Combes), l’extension du vote aux femmes ou l’interruption volontaire de grossesse.

Influence de la franc-maçonnerie en France

L’influence de la franc-maçonnerie s’étend considérablement après la Révolution française : bourgeoise et libérale, elle s’accommode de la succession des régimes. Son rôle politique s’accroît sous la IIIe République, et les francs-maçons œuvrent grandement à l’affermissement du régime républicain : l’évocation des noms d’Émile Littré et de Jules Ferry suffit à démontrer les liens établis entre républicains et francs-maçons, notamment dans le combat que représente la laïcité. D’ailleurs, n’a-t-on pas parlé de la maçonnerie de cette période comme de la «République à couvert»?

Au cours du XXe siècle, la franc-maçonnerie, en tant qu’institution, perd beaucoup de son autorité sur le pouvoir politique. Les grands scandales — comme l’affaire des fiches maçonniques (en 1904, est révélée l’existence de fichiers renseignant sur l’opinion politique et religieuse des militaires français, fichiers constitués par les frères du Grand Orient en collaboration avec le ministère de la guerre), ou l’affaire Stavisky impliquant des politiciens maçons — sont pour beaucoup dans le discrédit de l’ordre.

Aujourd’hui, la franc-maçonnerie s’est fortement éloignée des passions politiques pour se préoccuper de son action citoyenne et humanitaire : elle se manifeste par diverses prises de position publiques sur des questions de société ou d’éthique comme l’Appel à la fraternité lancé en 1985 avec des associations humanitaires et des représentants de diverses religions, revendiquant le droit à la justice, à la liberté et à l’égalité pour les immigrés. Régulièrement suspectée de favoritisme, de conflits d’intérêts et de pratiques douteuses, la franc-maçonnerie est devenue un vaste réseau social, oscillant entre humanisme et affairisme.

Bibliographie

- La Saga des francs maçons de Frédéric Lenoir. Robert Laffont, 2009.

- Alain Bauer et Edouard Boeglin, Le Grand-Orient de France, PUF, coll. « Que sais-je? », 2006

- Roger Dachez, Histoire de la Franc-maçonnerie Française, PUF, coll. « Que sais-je? », 2009

- Collectif, Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de Poche, 2008

Liens externes

- Portail de la franc-maçonnerie

- Le site du Grand orient de France

- Le musée de la franc-maçonnerie

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