Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Histoire de France Henri IV (roi de France, 1589-1610) - Biographie

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Henri IV (roi de France, 1589-1610) - Biographie

17s_henri4Le 14 mai 1610, Henri IV est victime d’un régicide qui a pour nom Ravaillac. Roi de Navarre avant de devenir dès 1589 roi de France, Henri IV est resté dans l’imaginaire collectif le « vert galant », l’ardent créateur de la poule au pot, le Roi « humain », proche de ses sujets et de leur misère,... Dans l’imagerie d’Epinal, il est en tête du panthéon des rois justes et bons. Cependant que se cache t’il véritablement derrière la légende dorée et auréolée de gloire éternelle ?

 

L’enfant roi de Navarre et rival des Valois

De son temps, Henri de Navarre était en quelque sorte un parvenu, un « paysan des Pyrénées », un « béarnais »… un Roi d’opérette pris en tenaille entre l’Espagne et la France. Pourtant, il était aussi premier prince de sang, accessible en ligne directe au trône de France car il est descendait de Saint Louis par son père Antoine de Bourbon. Dès son enfance, après une éducation au bon air du Béarn, il est l’objet de tractations et envoyé à la Cour de France des Valois. Il devient un gage politique d’alliance entre les deux royaumes et un otage.

En cette fin de XVI° siècle, nul n’aurait parier sur l’extinction de la race régnante des Valois. Henri II, fils de François Ier, avait eu une nombreuse descendance de son union avec Catherine de Médicis. Cette nouvelle génération va cependant disparaître et jeter la couronne dans un sombre jeu et une bataille dynastique dont la France se relèvera exsangue.

Héritier d’un état qui rompt avec la papauté, chef tout désigné par les Huguenots, Henri III (car c’est son titre en Navarre) devient en 1572 à la mort de sa mère le gardien et le protecteur de cet héritage politique mais surtout spirituel.

Marié politiquement avec Marguerite de Valois, la « Reine Margot », il devient plus que jamais otage des Valois et héritier « parpaillot » du très Chrétien Royaume de France. Ses noces se finissent dans le sang de la Saint Barthélemy dans la nuit du 23 au 24 août 1572. Commence pour lui près de quatre ans de prison dorée mais forcée qui seront l’achèvement de sa formation politique. La mort d’Henri III sans descendance fera de lui le Roi de France.

Le Roi de la Guerre, des Amours et de la versatilité

03mediciHenri a passé plus de temps sur le cuir de sa selle que sur les velours d’un trône. La formation militaire assez spartiate de son enfance lui sera profitable. Chef des Huguenots dès 1569 lors de l’assemblée de La Rochelle, c’est à ce titre qu’il mène une guerre ouverte contre le Roi de France. Pourtant, sans héritiers et menacé par la montée en puissance de la Maison de Lorraine et des Guises, Henri III décide un rapprochement avec Henri. Henri III a tout juste le temps de faire assassiner le Duc de Guise qu’il succombe au poignard du Moine Jacques Clément. Héritier désigné, Henri IV devra s’armer de patience pour reconquérir le trône de France à partir de 1589. Rusé et stratège, ces qualités feront de lui un chef de guerre craint et respecté. Seule Paris lui vaudra un véritable camouflet car la ville fanatisée par les moines et la Ligue ne rendra les armes qu’une fois qu’il sera converti et le reconnaît pour Roi en 1594.

Une versatilité religieuse qui est assimilable à un certain opportunisme politique. Enfant, sa mère Jeanne d’Albret l’initie au calvinisme. Cependant Henri IV ne sera jamais Saint louis et aura pour la religion un certain détachement lui permettant une grande tolérance. On ne compte plus ses abjurations, son va et vient entre la foi catholique et protestante. Battant l’étendard des huguenots ces derniers prendront assez mal sa conversion dans le but de ceindre la couronne des Lys. Tolérant, il proclame l’Edit de Nantes en 1598 et parvient ainsi à régler, du moins pour un temps, la question des guerres de religion.

A cette versatilité s’ajoute celle des femmes. Marié politiquement à Marguerite de Valois, Henri IV est prisonnier de ses sens et ne peut s’empêcher de promettre tout et n’importe quoi, y compris le mariage… il signe des contrats s’engageant à faire reine de France telle ou telle de ses aventures au rang desquelles Gabrielle d’Estrées par exemple. Henri est cependant marié et va entamer une longue procédure de séparation d’avec Margot. Recluse dans sa captivité, l’héritière des Valois refuse de laisser la place à des intrigantes et aventurières et fait tout pour faire traîner la procédure. Elle acceptera de s’incliner devant Marie de Médicis, la « banquière ».

Henri IV, le Roi au panache blanc

A son arrivée aux affaires, Henri IV décide en premier lieu le rattachement de la Navarre à la France, entités qui fusionneront lors de la Révolution. Entouré de bons ministres tel Sully, Henri IV réorganise le Royaume de France. L’économie, les finances sont redressées. De cette époque va naître la légende dorée du Roi qui fleurira lors de la restauration en 1814. L’agriculture, le commerce, tout est entrepris pour faire de la France une riche puissance. A cette réussite s’ajoute aussi un climat de paix qui aide à la réussite des entreprises et des mesures. En prospérité le royaume renoue avec une recherche artistique, culturelle et urbaine.

Cependant, la poule au pot n’est pas tous les dimanches dans les assiettes des français et malgré son bon sens et sa simplicité Henri IV est loin d’être fédérateur et bien aimé.

Un coup de couteau et la légende naquit

assassinat_henriIV Le 14 mai 1610, Henri IV a rendez vous avec la légende. Ravaillac a commis le crime suprême d’assassiner un Roi sacré et oint du Seigneur. Si son châtiment a fait l’objet de nombreuses correspondances, la mort d’Henri IV est accueilli avec un certain calme en France. Il faut dire qu’en 1610 beaucoup de français avaient à se plaindre du Roi… ne disait on pas qu’il retournait à son ancienne religion en s’alliant avec les puissances protestantes ? n’allait-il pas faire une guerre contre l’Espagne sous prétexte que le Prince de Condé s’était enfui dans les Pays Bas autrichiens avec son épouse, Charlotte de Montmorency, qu’il convoitait avec envie ? Ces rumeurs relayées trouvaient échos auprès des catholiques, des courtisans et membres imminents de la Cour. Elles trouvaient échos auprès des prêches des Jésuites qui justifiaient le régicide à l’égard d’un tyran… ainsi en 1610 Henri IV était un tyran aux yeux de beaucoup…

Le coup de couteau rue de la Ferronnerie à Paris, juste après le sacre de Marie de Médicis qui devait exercer la régence, le roi devant partir en guerre, clôt une époque mais ouvre la légende. Une légende dorée au service de la restauration des Bourbons en 1814. La légende d’un preux guerrier, tolérant et amoureux de la vie et des femmes… mais n’oublions pas que toute légende est sujette à caution. En 1793 lors des profanations des tombeaux royaux à la basilique Saint Denis, si un soldat coupera la moustache d’Henri IV en guise de talisman et de protection, une femme n’hésitera pas à gifler le cadavre…

Bibliographie non exhaustive :

Henri IV - L’enfant roi de Navarre, de Michel Peyramaure, éditions Robert Laffont, 1999

- Henri IV le passionné de André Castelot. Perrin, 2005.

- Henri IV de Jean-Pierre Babelon. Fayard, 2009.

Pour aller plus loin :

Henri IV sur le site du ministère de la culture.

- Le site officiel de la Société Henri IV

- Le site du Château de Pau

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire