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Anne d'Autriche (1601-1666), reine de France

anne_d_autriche« Mon prix n’est pas dans ma couronne », telle était la devise d’Anne d’Autriche. En l’épousant, Louis XIII offrait à son peuple une Reine de très grand lignage, la paix, mais aussi et surtout sans le savoir une Régente à l’intelligence et à l’énergie surprenante. Perpétuelle « Espagnole » durant le règne de son époux, délaissée et méprisée, cette Habsbourg, pourtant madrilène jusqu’au bout des ongles, surprendra tout son monde lors de son arrivée au pouvoir suprême.


 

Comme beaucoup de Reines de France, Anne d’Autriche présente les mêmes caractéristiques : enfance dorée et heureuse, mariage gris, épouse délaissée et méprisée, reine sous contrôle…mais la seule différence notable est la régence. Elle n’est pas Catherine de Médicis et encore moins Marie de Médicis.  Par son intelligence, sa force de caractère et son goût du pouvoir, elle est à mettre au rang des régence de Blanche de Castille ou de Louise de Savoie qui consacrèrent leur vie à leurs fils respectifs, Saint Louis et François Ier… des Rois qui ont marqué la France.  Modèle et exemple politique, elle fera de Louis XIV un Roi d’exception.

Illusions et désillusions d’une jeune Infante

Anne d’Autriche naquit à Valladolid le 22 septembre 1601. Elle connaît une enfance heureuse et assez libre ce qui est assez rare pour l’époque. Elle est dotée d’une vivacité d’esprit qui étonne pour son jeune âge, mais aussi d’une piété intense. Par le Traité de Fontainebleau en 1611, elle devient officiellement la « fiancée » du Roi de France.

Ce traité vient mettre un point final à un projet qui datait de sa naissance. Il faudra attendre la mort d’Henri IV, qui faisait traîner les pourparlers, pour qu’enfin les choses aboutissent. Philippe III d’Espagne confie ce qu’il a de plus cher et octroie à sa fille une dote colossale. Mariée par procuration à Burgos, échangée sur la Bidassoa, le mariage avec Louis XIII à lieu a Bordeaux le 21 novembre 1615. Il est aussitôt consommé car la régente Marie de Médicis souhaite s’assurer que rien ne viendra remettre en cause l’union des 2 jeunes princes. Il va sans dire que cette première expérience sera désastreuse pour les 2 adolescents  inexpérimentés et terrifiés par ce qu’on leur impose.

Marie de Médicis ne veut pas laisser sa place et refuse de céder le pas à Anne. Elle ne souhaite pas trop voir sa bru prendre de l’ascendant sur louis XIII et agit pour continuellement la rabaisser et la compromettre aux yeux du Roi. Délaissée et méprisée, Anne reste une « espagnole » et une Habsbourg. Elle doit passer aux yeux du Roi pour une potentielle ennemie. Il faut attendre 1617 quand louis XIII, grâce à son favori le Duc de Luynes, mettra au pas sa mère et prendra en main le pouvoir qui lui revenait. Il fait aussi chasser la « cour espagnole » de son épouse l’isolant encore plus du reste de la cour. Faites de hauts et de bas,  les relations entre les époux ne trouveront un terme qu’en 1638 quand Anne d’Autriche mettra au monde son premier enfant le futur Roi soleil.

Une jeune reine insouciante et « frondeuse »

regente_anne-autricheAmoureuse, frivole et coquette, voici le portrait qu’Alexandre Dumas nous a laissé d’elle. Oui elle était délaissée de Louis XIII. Il ne lui pardonnait pas sa correspondance avec Philippe IV d’Espagne, ses fausses couches à répétition et son opposition à sa politique. Elle alla jusqu’à se compromettre dans des complots dont le plus néfaste était une tentative de renversement de Louis XIII au profit de son frère Gaston d’Orléans, ce dernier envisageant d’épouser Anne d’Autriche devenue veuve. Oui elle déteste Richelieu qui ordonne son contrôle et son espionnage quotidien et méthodique. C’est par réaction qu’elle se mêle aux Grands dans leurs luttes et cabales contre le ministre qui ne fait qu’appliquer que ce que lui ordonne Louis XIII. Oui Anne d’Autriche a fait des erreurs dont celle avec le Duc de Buckingham. Poussée dans ce « marivaudage sans conséquences » par la Duchesse de Chevreuse, elle se rend compte très vite qu’on essaie par tous les moyens de la compromettre et donc de nuire à la légitimité de ses enfants à naître. Insouciante et frondeuse, Anne d’Autriche assume ses fonctions et se rend compte de ses erreurs passées à la naissance tant attendue en 1638 de Louis Dieudonné, futur Louis XIV. Pour autant Louis XIII la tient toujours à distance et décide de limiter ses pouvoirs de Régente et de la placer sous l’autorité de conseillers, seuls garants à ses yeux de la politique qu’il a mené durant son règne. En 1643, Anne d’Autriche devient régente et, assistée de Séguier, fait casser le testament de Louis XIII et ses volontés. Les Grands accèdent au Conseil ce que ne voulait pas Louis XIII et elle fait appel à un certain Mazarin, « créature » de Richelieu qui a su gagner sa confiance…

Une Régente « espagnole » plus française que les français

La politique de Louis XIII menée par le Cardinal de Richelieu a fait beaucoup de mécontents. Le mépris de la Reine pour Richelieu leur paraît propice à un revirement du pouvoir royal. Pourtant, cette belle revanche n’est pas à l’ordre du jour car Anne d’Autriche va poursuivre le mouvement absolutiste initié par Louis XIII. Anne d’Autriche est l’exemple parfait de la transfiguration que provoque le pouvoir suprême sur certaines personnes.

Anne_dAutriche_et_Louis_XIVLa France à cette époque connaît une situation financière désastreuse et ce sera l’occasion pour le Parlement de Paris de mettre le feu au poudre en s’opposant aux mesures royales. Le Parlement refuse en 1648 d’enregistrer des édits royaux. La Régente décide de faire arrêter les « rebelles » ce qui soulève l’indignation des parisiens qui ripostent par la « journée des barricades » et enchaînent mazarinades sur mazarinades. La famille royale fuit Paris de nuit le 6 janvier, le jour des Rois, pour Saint Germain d’où elle apprend l’exécution par le parlement anglais Charles 1er. Assiégée par l’armée royale, la ville de Paris capitule et son Parlement fait soumission en avril 1649. A cette crise s’enchaîne celle des Princes qui s’étend a l’ensemble du royaume et ruine le pays. Les princes rebelles font appel aux espagnols. Paris se soulève une nouvelle fois et si Mazarin parvient à quitter le pays pour trouver des forces et une armée pour le roi de France, Anne d’Autriche doit faire face à la populace. Avec sang froid, elle retourne l’opinion à son avantage en montrant de nuit le jeune roi dormant dans son lit, affirmant qu’elle ne souhaite pas fuir. Rassuré par la régente, le peuple qui voulait la mettre au cachot l’acclame. Anne d’Autriche joue avec le temps et entretient les dissensions entre les Grands et rebelles. Ne faut il pas diviser pour mieux régner ? Mazarin organise l’armée avec à sa tête Turenne et met fin à la Fronde.

Le modèle femme de Louis XIV

Reine douairière, Elle achève son œuvre, le Val de Grâce, et soutient Saint Vincent de Paul. Elle prêche la raison d’état à Louis XIV qui souhaite épouser Laura mancini. Il doit épouser Marie Thérèse d’Espagne qui n’a ni le caractère ni la force d’Anne. Louis XIV cherchera en vain celle qui égalera sa mère. Atteinte d’un cancer du sein, elle décède en 1666 à la suite d’un traitement curatif inhumain et d’une agonie dans la souffrance. Vêtue de la bure franciscaine pour dernier luxe, Anne d’Autriche justifie sa devise : son prix n’était pas dans sa couronne mais dans sa force et son intelligence.

Bibliographie non exhaustive

- Les reines de France au temps des Bourbons – Les deux régentes, de Simone BERTIERE, éditions de Fallois, 1996.

- Histoire des Reines de France – Anne d’Autriche, de Philippe DELORME, éditions Pygmalion / Gérard WATELET, 1999.

- Anne d'Autriche, mère de Louis XIV de Claude Dulong. Folio, 1985.

Pour l'amour de l'enfant roi : Anne d'Autriche-Jules Mazarin de Alain-Gilles Minella. Perrin, 2008.

Pour aller plus loin, un film…

-  Louis Enfant Roi, de Roger PLANCHON. DVD, Universal, 2000.

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