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Accueil Histoire de France Bontemps, valet et confident du Roi Soleil

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Bontemps, valet et confident du Roi Soleil

louisxiv_versaillesParmi les quatre Premiers Valets de Chambre du Roi Soleil, Alexandre Bontemps est resté dans l’Histoire de France pour avoir été le plus renommé, le plus courtois, le plus aimé du roi, mais le plus craint des ministres. Saint Simon, qui n’était pas tendre, a eu ces mots : « homme rare de son espèce, homme du secret domestique, qui sait tout du Roi, de ses habitudes, de sa vie privée, et fait rarissime, ne médit ni ne colporte aucun ragot ».

 

La vie de Bontemps

Alexandre Bontemps est né en juin 1626 à Paris. Baptisé en juillet 1628 dans l’hôtel de Vendôme, dépendant de la paroisse Saint Roch, ses parrain et marraine furent César de Bourbon, duc de Vendôme (1594-1665) père de François de Vendôme duc de Beaufort et Elisabeth de Bourbon (1614-1664).

Son père, Jean Baptiste Bontemps originaire d’Aix en Provence, est chirurgien et entre au service de Louis XIII. Barbier chirurgien, Jean Baptiste a si bien saigné Louis XIII qu’il reçut la charge de Premier Chirurgien du Roi par le cardinal Richelieu. Le roi le garda donc précieusement auprès de lui.

A 16 ans, Alexandre avait été nommé abbé commendataire d’Hyverneaux ayant reçu une très bonne éducation dans les lettres. Il ne resta à la tête de cette abbaye que jusqu’en 1655, mais ses descendants s’y succédèrent jusqu’en 1702. Grâce à son père, il reçut la survivance de la charge de Premier Valet de Chambre à partir de 1652 et en fut titulaire en 1659.

Le 6 mars 1667, Alexandre épousait Claude Marguerite Bosc. Ils eurent 4 enfants, dont Louis Alexandre en mars 1669. Il se remariait en mars 1674 (suite au décès de sa femme) avec la demi-sœur de sa 1ère femme, mais secrètement. Saint Simon dira : « c’est la Maintenon de Bontemps …Tel maître, tel valet ! »

Après 50 ans de service à la monarchie, le complice du Roi s’éteindra le 17 janvier 1701, à Versailles, il avait 74 ans. Inhumé le 19 janvier 1701 à Paris en l’église Saint Louis en l’île, son cœur est au couvent des Feuillants de la rue Saint Honoré. Ses entrailles sont transportées dans l’église de Marly.

A sa mort, l’inventaire de ses biens en 1701 se montait à 368 152 livres qui seront partagés entre ses 2 fils. Il gagnait 28 245 livres par an + les gratifications diverses, ce qui donne un total de 61 245 livres par an.

Les diverses fonctions de Bontemps

Le fait d’être présent au mariage du Roi et de Françoise d’Aubigné suffit à le faire passer à la postérité comme le seul représentant des Valets de Chambre du Roi. Devenu en quelque sorte un modèle, on ne retient que son nom parmi les serviteurs de Louis XIV, bien qu’ils étaient 4 à se partager le travail, chacun des Valets servant 3 mois par an.

Homme bon et dévoué corps et âme à son Roi, il était parfois craint par les ministres et les hommes publics. Homme de confiance du roi, il fut le témoin de son mariage avec Madame de Maintenon. Qualifié « d’avant main » du Roi, Bontemps était le confident du roi, l’exécuteur de ses ordres les plus intimes, le détenteur de ses secrets, l’ordonnateur de sa vie privée.

Il avait les fonctions de :

- Premier valet de chambre du Roi de 1659 à 1701 (en survivance à son père)

- Conseiller du Roi

- Gouverneur de Rennes dont il revendit le gouvernement en 1698 en restant héréditaire.

- Intendant (Gouverneur) des terres, parcs et château de Versailles de 1665 à 1701

- Intendant (Gouverneur) des terres, parcs et château de Marly de 1665 à 1701

- Surintendant de la Maison de la Dauphine en 1679

- Secrétaire Général des Suisses et Grisons (c’est lui qui commandait réellement les Suisses et Grisons, cette charge étant normale compte tenu de sa charge de Gouverneur de Versailles, il devait garantir la sécurité du château ainsi que celle du roi)

- Chevalier de l’ordre de Saint Lazare et de Notre Dame du Mont Carmel

- Vicaire de l’ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel

louisxiv_versaillesParmi les prérogatives de Bontemps, ce Premier Valet de Chambre assurait les déplacements du Roi et ordonnançait le séjour tout entier. Il dressait la liste des invités autorisés à Marly, avait sous sa responsabilité l’organisation et le bon fonctionnement des soirées Appartements où il assistait quand il le souhaitait. Il était également chargé de l’attribution des appartements à Versailles (pas une mince affaire). Colbert remettait des sommes en main propre à Bontemps, à charge de distribuer selon les désirs du Roi. Le Premier Valet de Chambre avait tant de pouvoir que Colbert passait parfois après lui, et il écrivait alors dans Ses Mémoires : « faire les ouvrages demandés par M. Bontemps, à la chapelle et la sacristie ».

Bontemps quémandait souvent au roi …pour satisfaire les autres, jamais pour lui ni pour sa famille. Tellement aimé du roi,  que Louis XIV lui offrit un jour pour son fils ce qu’il demandait pour les autres ! En contrepartie de sa charge et de la confiance que le roi lui accordait, il reçut certains avantages. Bontemps disposait de 2 appartements dans le château de Versailles dont l’un situé dans l’aile des princes, appartement de 5 pièces dans la continuité de celui de Mme de Montespan. Plus tard, cet appartement accueillera le Cabinet des Curiosités de Louis XIV, puis le Salon des Jeux de Louis XVI. Il avait également un appartement au Château de Saint Germain, un appartement aux Tuileries, il a pu acquérir en 1687 les fiefs de Saulloy et Champmorin (comté de Sancerre), un hôtel rue Saint Louis en l’Ile, une maison à Fontainebleau et une autre à Saint Germain.

Parmi les autres privilèges, il y a ceux concernant le baptême de Louis Alexandre (son 1er fils) qui fut fait en grande pompe : le parrain étant Louis XIV lui-même et la marraine La Grande Mademoiselle. Lors du mariage de Louis Alexandre, le roi fut témoin et participait financièrement à la réception. Louis Alexandre reçut du roi une croix et son épouse un coulant de diamant.

Louis XIV ayant anobli son Valet de Chambre préféré, l’armorial général des Bontemps inscrit au registre de Versailles était composé « d’or a un arbre de sinople, et un chef de gueule chargé d’un lyon passant dor, accolé d’azur a une face dor accompagné de trois testes d’aigles attachées d’argent posées deux en chef et une en pointe » en 1696.

Les hommages à Bontemps

Sa mort laissa un grand vide à la Cour, aucun valet de chambre n’étant à sa hauteur. Les hommages fusèrent comme celui de Dangeau « c’est un homme en bénédiction à la cour, qui n’a jamais fait mal à qui que ce soit et qui a fait beaucoup de bien ». Sourches mentionne : « le soir, Bontemps mourut universellement regretté des grands et des petits, et le Roi lui donna cette louange si belle et si rare qu’il ne lui avait jamais dit du mal de personne et qu’il n’avait jamais passé un jour sans lui dire du bien de quelqu’un ». De Bellocq, le poète fit même un poème.

Le journal Mercure fit un article de 7 pages en louant son caractère : « la Cour vient de perdre un homme d’un caractère de bonté si rare qu’à peine un siècle en produit-il un semblable, et je ne sais même si jamais on en a vu un pareil. Il passoit sa vie à rendre service. Il faisoit faire du bien aux uns et détournoit le mal que l’on pouvoit faire aux autres… Il n’a jamais dit de mal de personne et n’ouvroit la bouche que pour dire du bien de ceux dont il entendoit parler. Il est impossible de servir le roi avec plus d’exactitude qu’il a fait. Il y étoit uniquement appliqué, et avoit la même ardeur pour les moindres choses lorsqu’il s’agissoit de son service que pour les plus importantes. Enfin, il étoit moins né pour lui que pour son maître et pour tous ceux qui imploroient son secours et même qui en avoient besoin sans qu’ils implorassent…M. Bontemps est mort à l’âge de soixante dix sept ans, regretté, estimé, chéri de toute la cour et même de ceux qui avoient ouï parler de lui sans le connoître ».

Un auteur contemporain, Olivier Seigneur, lui a également rendu hommage, dans ses quatre romans policiers.

 

Sources

« Les valets de chambre de Louis XIV » de Mathieu Da Vinha. Tempus, 2009.

Olivier Seigneur « La Licorne Assassinée, Les Dieux Outragés, Le Sang du Trianon, Le Vestibule du Crime ».

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