Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Histoire de France Napoléon Ier (empereur, 1805-1815) - Biographie

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Napoléon Ier (empereur, 1805-1815) - Biographie

napolon_1er

Né à Ajaccio en 1769, Napoléon Bonaparte, est le quatrième enfant d’une famille corse dont l’histoire remonte à la fin du XVIème siècle. Son règne qui a duré quinze ans et le mythe véhiculé autour de lui, contribuent à faire de Bonaparte, devenu Napoléon Ier en 1804, un personnage clef de l’Histoire et un précurseur de l’Union Européenne. Cependant, au-delà des nombreuses campagnes, quels sont les différents visages qui se cachent derrière Napoléon Ier ? Accompagnées d’extraits de lettres et de citations, plusieurs de ses facettes seront mises en exergue : l’enfant solitaire, l’élève brillant, le mari passionné, le stratège, le général victorieux et l’administrateur.

 

La jeunesse de Bonaparte : de l’élève studieux au général

Napoleone di Buonaparte, fils de Carlo Maria Buonaparte, avocat au conseil supérieur de Corse et de Maria Letizia Ramolino, est né à Ajaccio en 1769. Cette île a été cédée à la France par Gênes un an avant sa naissance. Bonaparte arrive à l’âge de 9 ans en France grâce au concour d’un ami de la famille : le comte Marbeuf, gouverneur de la Corse. Il reste cinq années à l’académie militaire de Brienne. Mal aimé de ses camarades de l’élite aristocratique en raison de ses origines et de son accent génois, le petit Bonaparte consacre la majeure de son temps libre à l'écriture, la lecture (tragédies de Corneille et Racine, ouvrages de droit et d’histoire militaire) et au jardinage. Il explique sa  situation dans une lettre d'avril 1781 destinée à son père,  pour lui demander de le retirer de l'école ou de lui accorder une allocation : « Mon père, si vous, ou mes protecteurs ne me donnent pas des moyens de me soutenir plus honorablement, rappelez-moi près de vous, je suis las d'afficher l'indigence et d'en voir sourire d'insolents écoliers, qui n'ont que leur fortune au-dessus de moi ».

Il passe avec succès des examens en octobre 1784 et est admis à l’âge de 15 ans à l’Ecole militaire de Paris où il choisit l’artillerie comme branche militaire. Il s’intéresse beaucoup à l’Histoire et aux Mathématiques, matière dans laquelle il excelle. Il obtient son diplôme en un an au lieu de deux et est nommé second lieutenant de l’artillerie générale. C’est en 1793 après s’être illustré dans la reprise de Toulon face aux britanniques qu’il est promu général de Brigade.

gnralll

A l’âge de 25 ans, Bonaparte se marie avec Joséphine de Beauharnais le 9 mars 1796, moins de 48 heures avant de partir pour la campagne d’Italie. Il rencontre Joséphine en 1795 à l’occasion d’un salon mondain. D’après une lettre qu’il rédige en décembre 1795 à sa future compagne, on comprend qu’il est déjà très amoureux « Je me réveille plein de toi. Ton portrait et le souvenir de l’enivrante soirée d’hier n’ont point laissé de repos à mes sens. Douce et incomparable Joséphine, quel effet bizarre faites-vous à mon cœur ? ». Néanmoins, celle-ci, de six ans son ainé, ne partage pas la même passion, se montrera infidèle et surtout froide d’après son époux : « Vous toi-même ! Ah mauvaise comment as-tu pu écrire cette lettre ! Qu’elle est froide ».

La campagne d’Italie contre le Piémont et l’Autriche est une victoire qui aboutit au traité de Campo Fornio en 1797. Sa tactique consistant à attaquer deux forces ennemies, l’une après l’autre s’est révélée gagnante. Amateur d'art et de culture, il fera acheminer vers la France des oeuvres italiennes. Les années suivantes, il ramènera de la campagne d’Egypte (1798-1799), la fameuse pierre de Rosette qui sera déchiffrée par Jean-François Champollion, égyptologue français, en 1822.

L’ascension de Napoléon : du Consul à l’Empereur victorieux…

sacre

Le coup d’état parlementaire du 18 et 19 brumaire (9-10 novembre 1799) organisé contre le Directoire par Sieyes et appuyé par Bonaparte, donne naissance au Consulat. Ce dernier est dirigé par Bonaparte, Sieyès et Ducos. Le 13 décembre, une nouvelle constitution est mise en place et stipule que Bonaparte domine l’exécutif et laisse peu de marge de manœuvre au deux chambres. Trois ans plus tard en 1802, il se fait nommer consul à vie en obtenant 3 500 000 voix contre 8 400.

Le 18 mai 1804, l’Empire est proclamé et le 2 décembre, Napoléon se fait sacrer Empereur par le pape Pie VII à Notre Dame de Paris. Le célèbre tableau représentant cette scène, intitulé « le sacre » a été peint par Jacques Louis David et se contemple actuellement au musée du Louvres. En 1805, Napoléon se retrouve également à la tête du royaume d’Italie, puisqu'il est couronné roi à Milan le 26 mai.

Il s’illustre par la suite dans une bataille mettant fin à une troisième guerre contre la coalition. Il s’agit de victoire la plus connue de Napoléon : la bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805. Cette dernière qui confirmera ses talents de stratège militaire, est aussi surnommée la Bataille des trois empereurs :  entre Napoléon, le Tsar et l’empereur d’Autriche. Les français sont  en infériorité numérique mais en provoquant l’offensive ennemie et en dissimulant une partie de ses troupes,  Napoléon en ressort victorieux.  Le lendemain de la victoire, l'Empereur déclare à ses troupes« Soldats, je suis content de vous. Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de 100,000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée [...] Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France; là vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire: "J'étais à la bataille d'Austerlitz, pour que l'on réponde : Voilà un brave ! ».

… et à l’administrateur : les réformes et le rôle de la famille

Napoléon est l’auteur de plusieurs réformes. En qualité de premier Consul, il centralise l’administration et met à la tête de chaque département des préfets. Il crée en 1800, la banque de France, la légion d’honneur deux ans plus tard et le franc germinal en 1803 qui gardera sa valeur jusqu’en 1814.

Il rédige le code civil en 1804 qui simplifie l’application des lois car ces dernières étaient différentes selon les contrées françaises. Ce code civil réalisé en quatre ans, se compose de 36 lois et de  2 281 articles. Il aboli l'ordre féodale, prône la liberté individuelle et lacarte_empire_napolon laicisation de la société. Ce code régit également les relations entre les époux et les enfants en plaçant la femme sous l’autorité du mari : « Art.213 : le mari doit protection à sa femme, la femme doit obéissance à son mari ». Par la suite, Napoléon fonde en 1808 l’université impériale contrôlant l’enseignement donné dans les facultés et lycées et crée la même année le baccalauréat.

La mainmise sur l’Europe est une affaire de famille. En 1810, l’Empire se compose de 130 départements et d’un royaume d’Italie soit un territoire total de 2,1 millions de km2, partagé entre Napoléon et ses frères et sœurs. Du côté des frères, Joseph devient Roi de Naples puis Roi d’Espagne, Lucien ambassadeur en Espagne, Louis ancien aide de camp obtient le Royaume de Hollande et Jérôme celui de Westphalie. Quant aux sœurs, Elisa est Duchesse de Toscane, Pauline Princesse d’Italie et Caroline Reine de Naples. Il entretien notamment une correspondance régulière avec son frère Joseph pour lui communiquer ses ordres. En témoigne l'extrait de la lettre du 6 septembre 1807:  «A Joseph Napoléon, roi de Naples. Mon Frère, je reçois votre lettre du 23 août. Je ne crois pas que M. Nardon puisse remplir les fonctions de préfet de police à Naples, parce qu'il faudrait pour cette place un homme qui eût travaillé plusieurs mois dans la préfecture; que le métier de préfet de police ne s'apprend qu'en exerçant [...]».

Désireux de fonder à son tour une famille et surtout d’avoir un successeur légitime, Napoléon 1er décide de divorcer de Joséphine le 15 décembre 1909 en raison de son infertilité. Deux jours plus tard, il lui écrit une lettre et lui exprime ses sentiments inchangés : « Tu ne peux pas mettre en doute ma constante et tendre amitié, et tu ne connaîtrais bien mal tous les sentiments que je te porte, si tu supposais que je puis être heureux si tu n'es pas heureuse, et content si tu ne te tranquillises. Adieu, mon amie; dors bien; songe que je le veux ». Il épouse le 2 avril 1810, la fille de l’Empereur François II d’Autriche : Marie-Louise. Celle-ci donne naissance le 20 mars 1811 à Napoléon François Joseph Charles Bonaparte dit l’Aiglon.

Vers la fin du règne

waterloo

En l’espace de cinq années, le règne de Napoléon évolue de l’apogée à la chute. Les campagnes sont très lourdes en pertes humaines et les victoires d’antant ne sont plus. En 1810, la Russie décide de renverser les alliances et se place du côté de l’Autriche. En décembre, le Tsar taxe les importations françaises et ouvre ses ports aux vaisseaux anglais. A l’été 1822, Napoléon décide d’attaquer la Russie en emmenant avec lui plus de 600 000 hommes : fruit d’une coalition de vingt nations. Lorsqu’il arrive à Moscou, en septembre il ne rencontre pas d’armée à combattre et se retrouve confronter à l’incendie volontaire de la ville ordonnée par le gouverneur de Moscou puis plus tard à l’hiver russe. Seuls quelques milliers d’hommes réussiront à quitter le territoire.

En février 1813, Napoléon fait face à une nouvelle attaque de la coalition. Malgré les victoires menées à Lutzen, Bautzen et Wurschen, l’ultime bataille de Leipzig du 16 au 19 octobre 1813 est une défaite.  L’Empereur se replie sur Fontainebleau au  moment  même où le Sénat et le corps législatif votent sa déchéance. Il est contraint à l’exil sur l’île d’Elbe dans laquelle il devient souverain. Il reconstitue un gouvernement et une cour bien que la population ne se compose que de 13 000 paysans.

En février 1815, il s’embarque pour la France, c’est le début des cent jours. Il arrive le 1er mars 1815 au golf Juan, marche sur Paris sous les hourras des paysans et accompagné des troupes qui se rallient à lui. Il s’installe le 20 mars  dans la capitale et s’apprête à combattre une fois encore la coalition (Britanniques, Allemands et Néerlandais) qui se soldera par une défaite à Waterloo le 18 juin 1815.

Cette défaite le pousse à abdiquer et à se rendre aux anglais en espérant trouver exil en Angleterre. Considéré comme un prisonnier, il sera finalement exilé sur l’île de Sainte-Hélène où il sera gardé par 2000 soldats et 2 navires de guerre. Le 5 mai 1821, l’Empereur s’éteint sur cette même île à l’âge de 51ans d’une affection de la sphère hépato-gastrique.

La légende et la postérité de Napoléon Ier

Tombeau

La légende de Napoléon a été créée et entretenue par l’intéressé de son vivant grâce à la propagande. Il a tissé sa popularité autour de ses victoires militaires en s'aidant de la presse et de l'art. Il crée notamment des journaux : Le Courrier de l’armée d’Italie et La France vue de l’armée d’Italie. On peut y lire sur le dernier « Bonaparte vole comme l’éclaire et frappe comme la foudre ». Il invente les communiqués de guerre et à travers le Bulletin de la grande Armée, minimise les pertes humaines et exagère ses victoires. En 1810, il n’existe plus que quatre journaux officiels. A la presse, s’ajoute également les ouvrages et la peinture qui développent et entretiendront le mythe.

En 1823, paraît l’ouvrage écrit par Las Cases sous la dictée de Napoléon, intitulé « Le Mémorial de Sainte-Hélène », évoquant la gloire passée de la France. Il a été réédité 8 fois en vingt ans. L’Empereur reprend vie à travers de nombreux écrits  : mémorials, témoignages d’anciens grognards, œuvres d’écrivains et poètes : Balzac, Musset ou encore des philosophes comme Hegel. Plus de 300 000 ouvrages seront écrits à son sujet.

Le corps de l’Empereur repose actuellement aux Invalides, prés du Musée de l’armée dans l’Eglise du Dôme. Pour rappel, c’est en 1840,  que Louis Philippe, roi des Français, décide de transférer le corps, ramené par voie de mer à bord du navire « la Belle Poule ». Des funéraires nationales célèbrent le retour de l’Empereur transféré aux invalides le 15 décembre de la même année. Le tombeau sera réalisé plus tard par l’architecte Visconti. Le corps de Napoléon Ier est déposé dans l’eglise le 2 avril 1861. Celle-ci contient également les sépultures de deux de ses frères : Jérôme et Joseph et de son fils. La porte en bronze située devant l’escalier menant au tombeau contient l’inscription suivante, vœu de Napoléon : «Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé».

L’héritage de Napoléon se manifeste tant sur que le plan juridique, architectural qu’idéologique. Le code civil a été maintenu dans de nombreux pays. Nombre d’institutions ont été conservées : Cours des Comptes, préfectures, Cours de cassation, Conseil d’Etat. C’est à Napoléon que l’on doit la fondation de plusieurs bâtiments et infrastructures ; la Bourse de Paris, l'Obélisque ramenée d’Egypte et située place de la Concorde ou encore plusieurs ponts de paris. De nombreux sites touristiques célèbrent et présentent la vie de l’Empereur. La ville d’Ajaccio regorge de musées et de statues à son effigie. La maison natale fait l’objet de visites permettant de voir la pièce où Napoléon est né.  Ses grandes batailles sont présentées à travers des tableaux, des films mais aussi des reconstitutions en Musée.  Vous pouvez observer une reconstitution de la bataille d'Austerlitz, à travers une explication sur écran relative aux différentes stratégies en place, au Musée de l’Armée situé aux Invalides. L'établissement comprend aussi des souvenirs personnels de l'Empereur (bircorne, épée...) ainsi que des portraits.

 

Bibliographie non exhaustive :

- Tulard Jean, collectif, l'Abcdaire de Napoléon et l'Empire, Flammarion, Luçon, 1998

- Tulard Jean, Napoléon, ou, Le mythe du sauveur, Fayard, Paris, 1987

- Teyssier Arnaud, Le Premier Empire : 1804-1815, Pygmalion, 2000

- Englund Steven, Napoléon, Edition de Fallois, Paris, 2004

 

Pour aller plus loin :

- Site du Musée de l'Armée

- Site de la Fondation Napoléon

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire