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Mitterrand, François (président de la République, 1981-1995), Biographie

Mitterrand-81Le 10 mai 2011, le Parti Socialiste et par extension une partie significative de la gauche française célébrent les 30 ans de l’élection à la présidence de la république de François Mitterrand. Au-delà de la commémoration de l’alternance, il sera rendu hommage à un homme politique hors norme, figure tutélaire de son camp. En près d’un demi-siècle de carrière, François Mitterrand, aura su incarner, tant par ses ambigüités que par son action, les mutations socioculturelles qui transformèrent en profondeur son pays dans la seconde moitié du XXe siècle.


 

Une jeunesse nationaliste

François Mitterrand nait le 26 octobre 1916 à Jarnac, dans le département de la Charente. Fils d’un ingénieur devenu industriel, il grandit au milieu de sa nombreuse fratrie (3 frères, dont l’un sera général d’armée et quatre sœurs), baigné dans un cadre confortable, pétri de valeurs catholiques et plutôt conservatrices. Il se révèle rapidement comme un enfant doté d’une intelligence aiguisée, excellent orateur il démontre un goût marqué pour l’histoire et la littérature.

Une fois son baccalauréat en poche, il entame des études brillantes à Paris, où se mêlent le droit, les lettres, mais surtout les sciences politiques dont il fait l’apprentissage au sein de la prestigieuse Ecole Libre des Sciences Politiques, le futur IEP Paris. Outre ses activités universitaires, le jeune Mitterrand, se distingue par un militantisme politique actif. Fidèle à ses origines, on le retrouve durant un temps dans les rangs des Volontaires Nationaux, émanation du célèbre et controversé mouvement Croix de Feu, du colonel de la Rocque.

Patriote ardent, à la recherche d’une 3e voie entre capitalisme et socialisme soviétique, Mitterrand est à l’image d’une jeunesse cultivée et ultra politisée, qui résume bien le désarroi de la société face à la crise économique et à l’éclatement des structures sociales traditionnelles. De ces années de militantisme turbulent, il gardera des amitiés controversées (de l’Action Française à la Cagoule) ainsi que le souvenir d’échanges intellectuels stimulants.

FM_jeuneLorsque la guerre éclate en septembre 1939, il n’a pas encore achevé ses études d’avocats et se retrouve mobilisé dans une unité de garnison de la Ligne Maginot, en Lorraine. Après de longs mois d’inaction, les combats le rattrapent en juin 1940. Blessé il est fait prisonnier par les allemands. C’est le début de 18 mois de captivité marqués par deux tentatives d’évasion, la troisième sera la bonne.

Entre Vichy et Londres

Revenu au sein de la zone libre, l’ex sergent Mitterrand, trouve à s’employer au sein de la Légion française des Combattants et des volontaires de la Révolution Nationale. A l’origine organisation censée encadrer les anciens combattants, elle se propose d’insuffler l’esprit de sacrifice propre à la génération du feu aux masses et de consolider le régime de Vichy. François Mitterrand s’en servira de tremplin, pour intégrer par la suite l’administration dévolue au reclassement des prisonniers de guerre. C’est là, dans le courant de 1942, qu’il s’arrime progressivement à des activités de résistance, dans un environnement complexe où l’allégeance au maréchal Pétain ne signifie pas forcément la volonté de collaborer avec à l’occupant.

Outre l’aide qu’il apporte à des prisonniers de guerre évadés, il prend contact avec les milieux gaullistes de Londres (avec qui ses relations resteront souvent tendues) mais aussi avec des résistants locaux. L’ambigüité de sa position politique est illustrée par sa rencontre avec le maréchal Pétain en octobre 1942 et par sa décoration de l’ordre de la Francisque au printemps suivant. Soulignons néanmoins que cette dernière, précède de peu son départ en clandestinité.

Au cours de l’année 1943, Mitterrand inscrit son activité résistante dans le cadre du Rassemblement National des Prisonniers de guerre, qui gravite autour de l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée.). A l’origine orientée sur la fourniture de faux papiers, elle se réoriente progressivement vers le travail de renseignement. Poursuivi par les autorités et l’occupant à partir de mi juillet 1943, François Mitterrand se voit contraint de se réfugier à Londres puis à Alger où sa première rencontre avec le général de Gaulle lui laisse un souvenir amer. Néanmoins le chef de la France Libre lui reconnait assez de qualités pour lui confier la direction d’un grand mouvement chapeautant tout les mouvements de résistance des prisonniers de guerre.

Revenu en France, et jouant un rôle actif au cours de la Libération de Paris, Mitterrand termine le conflit comme une figure remarquée de la résistance. La guerre à été aussi l’occasion pour lui de rencontrer sa femme, Danielle Gouze, une résistante originaire de Verdun, issue d’un milieu socialiste. Profondément marqué par son expérience de et en faveur des prisonniers, François Mitterrand amorce un lent glissement vers la gauche.

L’entrée en politique

Dès février 1946, François Mitterrand, qui ne dissimule plus ses ambitions politiques, s’engage au sein de l’UDSR (Union Démocratique Socialiste de la Résistance), formation à l’origine plutôt centriste, qu’il orientera décisivement à gauche lors de présidence entre 1953 et 1965. Il trouve son fief électoral dans la Nièvre dont il sera un des représentants parlementaires les plus emblématiques pendant plus de 30 ans. Socialiste proclamé mais hostile aux communistes, il obtient son premier poste ministériel (les Anciens Combattants) en 1947, dans le gouvernement de Paul Ramadier.

C’est là le début d’une carrière brillante mais chaotique, rythmée par le ballet incessant des gouvernements de la IVe République. Le jeune et ambitieux François Mitterrand sera ainsi tour à tour, ministre de la France Outre-Mer (poste au combien stratégique à une époque où la décolonisation s’amorce), ministre d’Etat sans portefeuille, ministre d’Etat délégué au Conseil de l’Europe etc. De son action au sein de ses ministères (entre 1950 et 1953) on note un glissement de ses positions à gauche, mais aussi vers un soutien (encore mesuré) à l’émancipation progressive des colonies.

Il aborde l’année 1954, en chef de gouvernement potentiel, un statut que marque bien sa nomination comme Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Pierre Mendés France. Croyant encore à la possibilité de maintenir l’Algérie dans le cadre de la République, il n’en souffre pas moins de l’hostilité des partisans de l’Algérie Française. Il faut dire que parallèlement, il mène en concertation avec Mendès France, les négociations qui aboutissent à l’indépendance de la Tunisie et du Maroc.

Garde des Sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet (entre 1956 et 1957), le représentant de la Nièvre et incontournable président de l’UDSR se retrouve dans une situation délicate en raison du conflit algérien. S’il critique en privé les méthodes de la guerre révolutionnaire, il n’en avalise pas moins des mesures d’exception, notamment pendant la bataille d’Alger. A cet égard, il est une fois de plus, emblématique des hésitations et des ambigüités d’une classe politique française prise au dépourvu par les changements drastiques qui s’imposent à la France et à son Empire.

L’Eternel Opposant

FM_1959A bien des égards, le retour au pouvoir du général de Gaulle constitue une épreuve pour François Mitterrand. Celui qui jusque là faisait figure d’étoile montante du centre gauche, va connaitre de sérieuses difficultés politiques. D’emblée, le président de l’UDSR s’oppose au retour du général, qu’il assimile à un coup de force. Fidèle à cette position, il appelle à voter non au référendum sur la constitution de la Ve République, ensemble institutionnel qu’il estime devoir aboutir à un pouvoir personnel potentiellement dictatorial. Face au raz de marée gaulliste, les doutes et questionnements de Mitterrand sont de peu de poids, ce qui lui vaut d’être battu aux élections législatives de novembre 1958.

Les années qui suivent, sont celles de la reconstitution de ses bases politiques, qu’il s’agisse du renouveau de son ancrage local (notamment en gagnant la mairie de Château Chinon qu’il gardera jusqu’en 1981) ou de la constante rénovation de l’UDSR et des formations de la gauche parlementaire. Ces années sont aussi celles de deux affaires qui entacheront durablement sa réputation, l’affaire dite de l’attentat de l’Observatoire et le procès du général Salan en 1962.

La parution de son brulot anti gaulliste, Le Coup d’Etat Permanent en 1964, ainsi que sa prise de position contre l’élection du président de la république au suffrage universel, font de lui un des opposants les plus en vue au général. Orateur de talent et redoutable manœuvrier, il parvient à se faire désigner comme le candidat unique de la gauche aux élections présidentielles de 1965. Cette première campagne présidentielle, d’un François Mitterrand alors perçu comme un homme neuf, ou tout du moins jeune, constitue un relatif succès puisque contrairement à ses attentes, De Gaulle se voit imposer un second tour.

A partir de là, Mitterrand s’impose comme le centre de gravité de la gauche non communiste qu’il fédère au sein de la Fédération de la gauche démocratique et socialiste. Cette fusion de groupes parlementaires, au destin relativement malheureux, lui permet cependant d’avancer ses pions à l’intérieur de la SFIO, enjeu déterminant des rivalités propres à la gauche française.

Quelque peu marginalisé par les évènements de mai 68, absent des présidentielles de l’année suivante, il tire cependant profit de l’échec de la gauche à passer le second tour de celles-ci (puisqu’elles opposeront le centre droit à la droite). A l’orée des années 70, François Mitterrand détient alors toutes les cartes qui vont faire de lui la figure emblématique du Parti Socialiste.

Du Congrès d’Epinay à l’Elysée

C’est en juin 1971, que Mitterrand, lors du Congrès d’Epinay met finalement la main sur le grand appareil politique, seul susceptible dans le contexte de la Ve République de lui permettre d’accéder à la fonction suprême. Durant ce rassemblement, s’affrontent au sein du nouveau parti socialiste (issu de la défunte et vénérable SFIO) plusieurs courants, que le député de la Nièvre manie avec habileté. Elu premier secrétaire de la nouvelle structure avec l’appui de l’aile gauche du PS, il s’attelle par la suite à sa grande œuvre, le rassemblement des gauches en vue des élections législatives de 1973 et présidentielles de 1974.

Programme_communUsant d’une rhétorique faisant la part belle au précédent mythifié du Front Populaire, Mitterrand est l’artisan principal du Programme Commun de 1972, vaste et ambitieux plan de réformes sociopolitiques (semaine de 35 heures, renonciation à l’arme nucléaire, fin des gardes à vue…) , porté par une alliance entre Socialistes, Communistes et Radicaux de Gauche. Avec une habileté et une rouerie consommée, le premier secrétaire du PS, entame le long processus d’érosion du poids électoral du PC au profit de sa propre formation (tout en marginalisant la gauche autogestionnaire rocardienne).

C’est ainsi qu’aux élections de 1973 et pour la première fois depuis la libération, le Parti Socialiste obtient plus de voix que le PCF (au second tour). Malgré un nouvel échec aux Présidentielles de 1974, face au centriste Giscard d’Estaing, Mitterrand n’en continue pas moins à fédérer la gauche derrière son PS, face à un partenaire réticent communiste réticent. Cette stratégie provoque l’éclatement de l’Union de la Gauche en 1977, qui se traduit par une défaite aux législatives de 1978 et une année de crise au sein du PS. Le premier secrétaire doit affronter les critiques de certains socialistes ralliés derrière la figure de Michel Rocard, qu’il parvient tout de même à défaire au congrès de Metz (avril 1979).

Ayant surmonté cette dernière épreuve, son leadership considérablement renforcé, François Mitterrand aborde l’élection présidentielle de 1981 fort d’une expérience politique sans équivalent chez ses adversaires. Cette avant dernière campagne présidentielle, s’accompagne pour lui d’un puissant mouvement dans l’opinion, qui lassée par 23 ans de pouvoir de droite ou de centre droit, place de grands espoirs dans ses 110 propositions. Le candidat socialiste, bénéficie d’autre part des scandales qui entachent la réputation du candidat sortant, ainsi que du jeu trouble de Jacques Chirac et de son RPR. Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République par 51,76 % des suffrages exprimés.

Mitterrand président de la République.

Mitterrand-81A ne pas en douter le 10 mai 1981 et l’euphorie qui s’en est suivie, constitue un des moments forts de l’histoire politique française du XXe siècle. François Mitterrand en accédant à la fonction suprême incarne tous les espoirs d’une gauche, frustrée par une génération de pouvoir gaullien ou post gaullien. Un lyrisme que la France n’avait plus connue depuis 1936 s’exprime dans les déclarations tant du peuple que des hommes de gauche. Néanmoins, le contexte économique dans lequel le nouveau président arrive au pouvoir laisse entrevoir des difficultés prochaines.

Mitterrand qui peut compter la forte majorité parlementaire socialiste-communiste issue de la vague rose de juin 1981, nomme Premier Ministre Pierre Mauroy, figure historique de la fédération socialiste du Nord. A la charge du maire de Lille de mettre en application un programme très ambitieux. Ainsi qu’il s’agisse de la semaine de 39 heures, du renforcement des administrations, de la cinquième semaine de congés payés, des nationalisations ou de l’impôt sur la fortune, de la progressive libéralisation de l’audiovisuel, de l’abolition de la peine de mort, le président fait mettre en place une politique volontariste, très marquée à gauche.

Initialement populaire, parce que généreuse et répondant à des aspirations profondes de l’opinion en phase avec l’évolution de la société, cette politique pêche cependant par sa déconnexion avec le contexte économique global. Les économies occidentales sont alors frappées de plein fouet par les conséquences des chocs pétroliers et la croissance s’efface au profit de tendances inflationnistes. Dans un contexte ultra concurrentiel, les entreprises françaises peinent à soutenir le choc. A l’inflation galopante finira par se conjuguer un chômage massif.

Autrefois critique inébranlable de la République Gaullienne et des institutions, François Mitterrand n’en reste pas moins, une fois élu, un chef d’état de la Ve République aux méthodes de gouvernement orthodoxes. Prenant acte de la nocivité d’une politique de relance, réduite à l’espace français (et devant l’impossibilité d’un accord sur une relance à l’échelle des économies occidentales, par trop contraire aux théories néolibérales alors en vogue à Washington et Londres), il contraint ses gouvernement successifs à adopter le tournant des politiques de rigueur, n’hésitant pas à changer de Premier Ministre en 1984 (Pierre Mauroy cède sa place au jeune Laurent Fabius), se privant par la même de la participation des communistes au gouvernement.

Mitterrand_KohlSur le plan international, Mitterrand s’inscrit là aussi dans une certaine continuité par rapport à ses prédécesseurs. Soutien critique des Etats Unis, il conforte la France dans sa position de puissance intermédiaire et ne renonce pas à l’arme nucléaire qui en est la garantie ultime. Il ne renonce pas plus au maintien de l’influence française en Afrique, qui se traduit par une intervention contre les menées du colonel Kadhafi au Tchad. Enfin il s’inscrit pleinement dans le processus de renforcement des institutions européennes et dans la consolidation de l’Axe franco-allemand, au côté du chancelier Kohl.

Rattrapé par l’usure du pouvoir et par la persistance des difficultés économiques, le président Mitterrand est confronté à la situation inédite de la cohabitation après les élections législatives de 1986. Les Français voient se mettre en place un couple exécutif inédit entre le vieux ténor socialiste et le leader de la droite post gaulliste Jacques Chirac. Cette épreuve politique se révèle cependant bénéfique pour le Président, qui dégagé de la gestion quotidienne des affaires, s’ingénie à se placer en arbitre de la scène politique française.

C’est sûr de sa force qu’il aborde les élections présidentielles de 1988, ou il présente avec une grande habileté, l’image d’un rassembleur à la mesure d’un pays complexe, dont il incarne si bien les ambigüités. Réélu avec une confortable avance face à Jacques Chirac, il nomme premier ministre son vieux rival socialiste Michel Rocard. Les deux hommes dont les rapports ne sont pas toujours faciles, vont devoir gérer un contexte international aux évolutions dramatiques. Outre la poursuite de la construction européenne (Schengen, préparation du futur traité de Maastricht), il leur faudra affronter les conséquences de l’effondrement du bloc de l’est (et au premier chef la réunification allemande) ainsi que la 2e guerre du Golfe.

Si François Mitterrand est le premier président de la cinquième république à nommer un premier ministre de sexe féminin avec Edith Cresson en mai 1991 (Rocard ambitionnant alors de prendre la tête du PS) l’expérience se révèle peu concluante en raison de maladresses de communication…Le gouvernement Bérégovoy ( 1992-1993) qui s’en suit, révèle les failles d’un système politique essoufflé et miné autant par diverses affaires que par l’usure du pouvoir. Le début des années 90, voient en effet éclater plusieurs polémiques au sujet du président, qu’il s’agisse de la révélation de son cancer (caché depuis 1981), de sa fille cachée, mais surtout de ses activités et de ses amitiés durant les années 30 et sous Vichy.

Symbole de cette érosion de la figure présidentielle, le oui très timide des français au référendum sur le traité de Maastricht (51,05 %), résultat partiellement explicable par le mécontentement de l’opinion face au leader Socialiste aux engagements européens jamais démentis. L’impopularité du président et du gouvernement Bérégovoy se traduiront de manière encore plus significative aux élections législatives de 1993, qui voient le triomphe de la droite.

Malade, affaibli par le suicide controversé de Pierre Bérégovoy, Mitterrand nomme premier ministre, Edouard Balladur, ancien ministre de l’économie sous la première cohabitation. C’est avec un relatif détachement que le président de la République, observe son premier ministre, très populaire, s’ériger en rival de Jacques Chirac. Outre le génocide Rwandais, qui jette une ombre sinistre sur la politique de la France en Afrique, le président voit des figures emblématiques de ses précédents gouvernements discrédités à l’occasion de diverses affaires (Urba, Sang contaminé).

Retour sur un parcours hors normes

Mitterrand_passation_ChiracEn 1995 et pour la première fois depuis 1974, François Mitterrand n’est pas candidat à la présidence de la république. Après deux mandats et 14 ans de pouvoir, le symbole de la gauche, voire pour certains de toute une génération, se retire pour passer les quelques mois qui lui restent à vivre auprès de ses proches. Lorsqu’il s’éteint le 8 janvier 1996, outre l’émotion qui s’empare de nombreux français, c’est avant tout une page de l’histoire de France qui se tourne.

Au-delà de son bilan présidentiel contrasté où peuvent être mis en avant tant les réussites (une modernisation sociale et culturelle indéniable, les progrès de la construction européenne, la rénovation des systèmes de protection sociale) que les échecs (l’incapacité à redresser durablement la situation économique, la persistance de pratiques gouvernementales et de mœurs politiques controversées) , on retiendra du personnage son étonnante longévité politique.

Durant son cheminement, de la droite nationaliste à la gauche, François Mitterrand aura pris part aux grands bouleversements qui transformèrent la France au 20 e siècle. Sans jamais se départir de sa finesse d’esprit, fruit d’une vaste culture et d’une intelligence aiguisée, il aura su se réinventer sans cesse, poursuivant sans relâche son but d’accéder au pouvoir exécutif. Figure tutélaire de la gauche socialiste, il ne trouve finalement d’équivalent dans la mythologie politique française que dans son vieil adversaire le général de Gaulle, ayant nourri comme lui une « certaine idée de la France. »

 

Bibliographie

- François Mitterrand, une vie de Franz-Olivier Giesbert. Seuil, 2011.

- François mitterrand une histoire de français(t.1) de Jean Lacouture. Seuil, 1998.

- François mitterrand une histoire de français(t.2) de Jean Lacouture. Seuil, 1998.

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