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Les Mamelouks de la Grande Armée de Napoléon

Mamelouk_de_la_Garde_imprialeDe toutes les unités de la cavalerie napoléonienne, les Mamelouks sont certainement les plus connus, car les plus chamarrés, les plus exotiques, ils sont ceux qui ont le plus déchainé les passions des contemporains, pour leur gloire comme pour leur perte. Mais outre la Garde Impériale l’image du Mamelouk est aussi associée aux deux gardes du corps de Napoléon : Ali mais aussi et surtout Roustam, véritable témoignage vivant de la campagne d’Égypte que l’on retrouve au côté de l’Empereur dans toutes les campagnes et à la postérité sur une multitude de tableaux retraçant les grandes heures du Premier Empire.

 

Qui sont les Mamelouks?

Au XVIIIe siècle les Mamelouks restent très liés à l’image de la perte de la Terre Sainte par les croisés. Leur statut de « rois esclaves » parait aussi des plus originaux. En effet à cette époque l’autorité ottomane tend à s’effriter au profit des pouvoirs locaux, et notamment les Mamelouks dans le cas de l’Égypte. À la fin du siècle, le pays est dans les faits sous le contrôle des deux Mamelouks : Mourad Bey et Ibrahim Bey. Ce dernier se fait entourer d’une maison militaire de quelque 600 Mamelouks adultes. Les Mamelouks forment en Égypte une caste dirigeante qui exerce un pouvoir total sur la population locale. Un des signes extérieurs les plus évidents de cette supériorité était que seuls les mamelouks avaient le droit de monter à cheval (dans les faits quelques Bédouins insoumis gardèrent toujours leur monture). À elle seule la ville du Caire comptait 8.000 à 10.000 Mamelouks.

Il n’en reste pas moins que ces « rois du pays » demeuraient des esclaves. En effet le recrutement des cavaliers mamelouks se faisait essentiellement par l’achat d’esclaves d’origine géorgienne ou circassienne. On trouvait aussi des Kurdes, des Bosniaques, des Albanais, des Turcs d’Anatolie, des Arméniens voire même quelques Occidentaux convertis à l’Islam.
Mamluke

Guerriers indépendants, ou rattachés à une maison, le mamelouk est considéré comme un cavalier émérite. Son arme principale est le cimeterre turc dont on raconte qu’il est si tranchant qu’il peut couper un foulard de soie au vol. Le cimeterre est porté à l’orientale, c'est-à-dire dans un fourreau attaché par une corde passée au-dessus de l’épaule. Outre le cimeterre les mamelouks disposaient souvent de tout un arsenal assez hétéroclite : poignards, masses d’armes, haches de bataille, pistolets (certains en portaient trois paires !), carabines courtes, tromblons… Les mamelouks avaient en effet adoptés les armes à feu, bien que beaucoup d’entre eux ne sachent pas forcément s’en servir à bon escient, se contentaient de tirer au loin pour faire du bruit avant de charger à l’arme blanche. Ils montaient les meilleurs chevaux d’Arabie centrale, mais avec un harnachement passé d’âge composé d’une lourde selle avec une carcasse en bois, des étriers avec des bouts pointus à la place des éperons comme cela se faisait en Afrique du Nord et des mors brisés qui permettaient une obéissance immédiate du cheval, mais pouvaient également blesser ce dernier s’ils étaient utilisés brutalement. Lors de la bataille, les fontes des guerriers mamelouks sont généralement garnies de toutes leurs richesses, en or et en pierres précieuses. Ainsi faisant le guerrier avait tout à défendre en combattant avec acharnement.

Quand Bonaparte débarque à Alexandrie en 1798, les chefs mamelouks sont persuadés qu’ils vont facilement fouler aux pieds ce corps expéditionnaire avec leur redoutable cavalerie. Mais ils se retrouvent face à une armée bien équipée, en fusils, baïonnettes et canons qui sait mieux qu’eux tirer partis des armes à feu. Qui plus est le corps expéditionnaire français est formé de vétérans des armées d’Allemagne et d’Italie, des soldats qui n’en sont pas à leur première charge de cavalerie et qui ne sont pas près de prendre les jambes à leur coup à la simple vue de l’ennemi comme l’espéraient les mamelouks. Un premier choc frontal à lieu à Chebreis où Mourad Bey se positionne avec 4.000 cavaliers et charge les Français qui se sont formés en carrés. Mourad Bey est repoussé, il perd 300 cavaliers, 400 à 500 fantassins, 9 canons et toute sa flottille. Il se replie sur Le Caire où s’est retranché Ibrahim Bey. Ce prélude ne sert pas de leçon aux mamelouks qui se font décimer devant Le Caire lors de la fameuse bataille des Pyramides. S’élançant tête baissée sur des divisions françaises formées en carré, la fine fleure de la cavalerie orientale subie sa plus lourde défaite. Le soir du 21 juillet 1798 les Français ont perdu 300 hommes morts ou blessés. De leur côté, les mamelouks déplorent 1.500 à 2.000 tués et blessés. Par la suite les mamelouks adapteront leur tactique, notamment durant la traque de Mourad Bey par le général Desaix. Les mamelouks comprennent qu’une bonne utilisation de l’artillerie peut être complémentaire à leur excellence en cavalerie : si les Français se forment en carrés ils sont une cible facile pour l’artillerie, s’ils ne se forment pas en carré ils sont à la merci de la cavalerie. Cette prise de conscience est cependant trop tardive et n’empêche pas la défaite finale. En 1800 Mourad Bey signe la paix avec le général Kléber.

Les gardes du corps de Napoléon
Raza_Roustam

Impressionné par la valeur guerrière des mamelouks, et soucieux de s’attacher un élément d’exotisme, Bonaparte prit parmi eux un garde du corps : Roustam.

Raza Roustam (1782 – 1845) est un fils de négociant né en Géorgie enlevé à 13 ans et acheté par le bey du Caire qui le fit entrer dans le corps de ses mamelouks. À la mort de son maitre, il passa au service du cheikh El-Becri qui en fit cadeau à Bonaparte. Ce dernier fit de lui son garde du corps, le suivant dans ses différents déplacements et dormant en travers de sa porte. Il suivit Napoléon en France avec un autre mamelouk, Ali, mais ce dernier fut renvoyé parce qu’il était trop violent. Pour Bonaparte, Roustam était un témoignage vivant de sa campagne orientale. Roustam fut attaché à la maison Bonaparte, chargé de divers soins de la toilette et dormant sur un lit de sangle devant la porte de Napoléon. Sa proximité avec Napoléon sera la cause de bien des rumeurs venant des détracteurs de son maitre, on raconta à qui voulait l’entendre qu’il était l’amant de Joséphine comme de Napoléon, et qu’il était aussi l’homme à tout faire, meurtrier de Villeneuve et de Pichegru… Fantasmes d’un orient sensuel et sanguinaire reporté sur son ambassadeur. D'un autre côté, la mode parisienne s’inspire de sa tenue. Au final, Roustan n’aura, sous le Consulat comme sous l’Empire, guère plus qu’un rôle d’apparat. Il sera de toutes les campagnes, suivant toujours l’Empereur, s’occupant de la table et des lunettes. En 1806 il se maria avec Alexandrine Douville selon les rites catholiques. En 1814, Napoléon n’ayant réussi à s’empoisonner demande à Roustam ses pistolets. Ce dernier refuse et s’enfuit. Sous la Restauration il est surveillé par la police et lors des Cent Jours il demande en vain à Napoléon de le reprendre. Il mène sous la Seconde Restauration une vie parisienne entrecoupée de séjours londoniens financés par sa rente et le travail de sa femme.

Ali

Le second mamelouk de Napoléon n’a rien d’Oriental. Ali, de son vrai nom Louis-Etienne Saint-Denis est issu d’une famille de domestiques de Versailles où il naquit en 1788. Il fut petit-clerc de notaire avant de devenir maitre de manège grâce aux connaissances de son père. Entré aux équipages de la Maison de l’Empereur il suivit ce dernier en Espagne et en Allemagne jusqu’à 1811, année où il devient second mamelouk de Napoléon. Il effectua le même service que Roustam mais resta fidèle en 1814, allant jusqu’à suivre Napoléon sur l’île d’Elbe, durant les Cent Jours et jusqu’à Sainte-Hélène où il se marie. Sur cette dernière île, il prend en charge les fonctions de copiste et de bibliothécaire. De retour en France après la mort de l’Empereur exilé, et bénéficiant des legs de ce dernier, Ali entretien une riche correspondance avec ceux qui écrivent la légende dorée de l’Empire. Il publie d’ailleurs ses propres mémoires en 1826. Fréquentant toujours les milieux bonapartistes, il est fait chevalier de la Légion d’honneur par Napoléon III.

Les Mamelouks de la Garde Impériale

Après le départ d’Égypte de Bonaparte, le général Kléber qui lui succède créé en septembre 1799 une compagnie montée de janissaires avec des Turcs qui avaient participé au siège de Saint-Jean-D’acre. En juillet il renforce cette unité avec des mamelouks ce qui permet de former trois compagnies de 100 cavaliers chacune. Le 26 octobre cette unité est baptisée « Mamelouks de la République ». Très compromise, cette unité suit l’armée française lors de l’évacuation de l’Égypte en 1801.

L’arrivée des mamelouks en France fait sensation, on admire ces hommes chamarrés qui furent les ennemis de Bonaparte, devenu Premier Consul, et qui sont à présent ralliés à la République. Cependant, le choc des cultures n’est pas sans poser quelques problèmes… Habitués à former une caste dominante ayant tous les droits sur la population locale le capitaine Ibrahim Bey abattit à coups de pistolets un badaud qui se moquait de sa tenue. Ibrahim plaida que c’était ainsi que les choses se passaient en Égypte, le rapide changement d’univers culturel fut considéré comme une circonstance atténuante et le mamelouk fut simplement mis en retraite à Marseille avec l’interdiction de porter des armes. Il reprit toutefois du service en 1814, mais fut blessé et fait prisonnier parce que son turban lui était tombé sur les yeux… Preuve s’il en est que la tenue des mamelouks est plus impressionnante que pratique.

Organisation

Le 13 octobre 1801 Napoléon ordonne à Jean Rapp de former un escadron opérationnel de 250 hommes, puis rectifie rapidement en le ramenant à 150 hommes. Au final au 21 avril 1802 on comptera 13 officiers et 155 hommes. Le 15 décembre 1803 les mamelouks forment une compagnie rattachée aux Chasseurs à cheval de la Garde. Cette compagnie se composait ainsi :
Mamelouk_2

 

- Un capitaine commandant français

- Un sous-lieutenant français

- Un chirurgien français

- Un vétérinaire français

- Un maitre sellier français

- Un maitre tailleur français

- Un maitre cordonnier français

- Un maitre armurier français

- Deux capitaines mamelouks

- Deux lieutenants mamelouks

- Deux sous-lieutenants mamelouks

- Un sergent d’état-major français

- Huit sergents (six mamelouks et deux français)

- Un quartier maitre français

- Dix caporaux (huit mamelouks et deux français)

- Deux trompettes

- Deux sergents maréchaux-ferrants

- Quatre-vingts mamelouks

Soit 9 officiers et 114 hommes.

Sous l’Empire, le 15 avril 1806, un nouveau décret impose 13 officiers et 114 hommes, dont un porte-étendard et un joueur de bugle. En 1813 le besoin de plus d’hommes pour repousser la contre-attaque des coalisés fait augmenter les effectifs à 250 hommes en janvier. Le 6 mars l’unité est affectée au 10e escadron des Chasseurs à cheval de la Garde. La question que vous vous posez certainement est : comment Napoléon fait-il pour augmenter ainsi son unité de mamelouks alors même qu’il n’avait qu’un petit nombre de mamelouks venus d’Égypte ? Et bien tout simplement en recrutant des Occidentaux qui n’ont de mamelouks que la tenue. Ainsi, si de 1809 (date où l’entrée de non-Orientaux est autorisée) à 1812 les étrangers forment les trois quarts de l’unité, en 1813 et 1814 l’unité sera largement composée de Français. Au final, sur les 583 hommes qui figurent sur le registre matricule de l’unité, 209 étaient étrangers et 374 français.

Uniformes

Mamelouk_3

En ce qui concerne l’habillement les mamelouks gardent le style oriental qui fait tout leur intérêt. Car cette unité est certes une unité combattante, mais c’est aussi et avant tout une unité de prestige. Style oriental donc, mais uniformisé tout de même. Ils portaient le cahouk rouge (coiffe) entouré d’un turban blanc, une « yaleck » chemise à manches décorées d’un galon et d’un passepoil et à col droit à l’européenne, gilet de cuir, une large ceinture arabe, un saroual et des bottes de cuir (jaune, rouge ou fauve). Détail important, la coiffure devait être verte, couleur du prophète Mahomet, pour prouver leur nouvelle allégeance à la France. Sur leur coiffe ils portaient la cocarde et/ou une plaque en laiton représentant une étoile et un croissant de lune. Ce point de détail fait encore débat. Les grades étaient ceux de l’armée française. En ce qui concerne l’équipement ils portaient la cartouchière et le baudrier en maroquin rouge ou vert, bien qu’en campagne les mamelouks s’équipèrent régulièrement avec l’équipement standard de la cavalerie française.

Revers de la médaille à cet uniforme chamarré : Napoléon décida qu’ils ne devaient pas revenir plus chers que des Chasseurs à cheval. Ce qui devait avoir des répercussions sur la solde. Dans les faits l’unité de mamelouk couta toujours plus cher que des Chasseurs. Car non seulement les cavaliers recevaient une solde, mais l’État payait également leurs familles. À 16 ans les fils de mamelouks pouvaient à leur tour entrer dans l’unité.

En 1813 l’unité recevant de nombreuses recrues totalement françaises, un uniforme français leur est distribué. : Habit indigo, pelisse indigo, gilet écarlate, culotte indigo…

Enseignes

On sait qu’ils reçoivent une Aigle après s’être illustrés à Austerlitz et que le lieutenant en second Pierre Mérat devient porte-étendard. En avril 1806 un décret ajoute au porte-étendard quatre porte-queue faisant fonction de gardes de l’Aigle. Ces hommes portent des toug, ornés de queue de cheval : deux noires, une blanche et une rouge. En 1807 le préfet de la Seine offre à l’Aigle des mamelouks une des 19 couronnes votées par la municipalité pour commémorer Austerlitz. En 1813 les mamelouks reçoivent un nouvel étendard avec les trois couleurs positionnées verticalement (le drapeau français tel que nous le connaissons aujourd’hui est en effet un héritage du Premier Empire) avec le nom des batailles d’Ulm, d’Austerlitz, de Iéna, d’Eylau, de Friedland, d’Eckmühl, d’Essling, de Wagram, de Smolensk, de la Moskova et des capitales Vienne, Berlin, Madrid, Moscou.

 

tromblon

Armement

L’armement des mamelouks est un savant mélange de style oriental et de fabrication française. En armes à feu, les mamelouks disposent de deux pistolets d’arçon rangés dans des fontes (que l’on appelle koubour) et d’un tromblon. Ce tromblon, unique dans l’armée napoléonienne, ne fut produit qu’à 73 exemplaires par la manufacture d’armes de Versailles de 1801 à 1813. Vu le peu de tromblons produit, les autres mamelouks disposaient d’un mousqueton de cavalerie modèle An IX porté à la bretelle ou avec un cordonnet de soie tressée. Mais ce qui avait fait la gloire des mamelouks en Égypte, et c’est certainement là que le style oriental est le mieux préservé, ce sont les armes blanches. Les mamelouks sont équipés de sabre « à la turque » avec poignée et garnitures du fourreau en laiton. Ils portaient également des poignards avec des manches en laiton, des armes parfois richement ornées. Enfin, essentiellement pour la parade, les mamelouks s’affichaient avec des haches (25 furent fabriquées en 1808) et des masses d’armes à six ailettes (même quantité produite).

Goya_-_Second_of_May_1808
Les Mamelouks impériaux au combat

Intégrés à la cavalerie française les Mamelouks adoptent les techniques de combat occidentales. Ils ne doivent garder d’Oriental que la tenue, le style de l’équipement, et leur fougue légendaire.

Les mamelouks participent à la campagne de 1805 où ils s’illustrent à la bataille d’Austerlitz. Il participe ensuite à celle de Prusse en 1806-7, ils entrent à Berlin et sont notamment engagés dans la bataille de Pułtusk le jour de Noël contre la cavalerie russe. En 1808 ils sont engagés dans la péninsule ibérique où leur aspect mauresque participe à la fureur de la foule lors des émeutes du 2 mai. Ils sont déployés en Autriche pour la campagne de 1809 et participent à Wagram et à Eylau avant de retourner en Espagne. En 1812 les mamelouks prennent part à la campagne de Russie, ils sont gardés en réserve avec le reste de la Garde lors de la bataille de la Moskova. Durant la retraite, ils sauvent l’Empereur des cosaques à Gorodnya. À Insterburg il ne reste plus que 260 des 800 cavaliers, la majorité étant portée disparue. Bien entendu, les mamelouks prennent également part à la défense de l’Allemagne et de la France en 1813 et 1814 notamment à Leipzig. Certains d’entre eux comme Petros Roudjieri (de Tinos) et Michel Malati (Grec du Caire) suivirent Napoléon sur l’île d’Elbe et combattirent pour lui à Waterloo suite à le reformation de l'unité.

Quelques grandes figures de l’unité

Parmi les grandes figures des mamelouks impériaux on compte le sous –lieutenant Abdallah d’Asbonne, né en 1776 à Bethléem il étudiait à Rome quand Napoléon le recruta pour son expédition en Égypte comme interprète. Il se battit à Héliopolis et rentra avec l’armée française. En 1804 il reçoit la Légion d’honneur. Après Austerlitz il est promu lieutenant. En 1811 il est instructeur et en 1813 il prend le commandement de la seconde compagnie. Après la Restauration il entre dans les Lanciers et reçoit l’Ordre de Saint Louis. Sa carrière militaire pris fin après son soutient à Napoléon durant les Cent Jours... Du moins jusqu’en 1828 où il reprend du service et partira sur le front algérien !

De la même trempe, Chahim’, un Caucasien né en 1776 qui entre au service des Français 6 jours après la bataille des Pyramides. Il sert Kléber à Héliopolis et s’illustre à Austerlitz où il sauve le général Rapp, capture un canon et reçoit trois coups de baïonnette ce qui lui vaut d’être fait chevalier de la Légion d’honneur. Après son action à Eylau, où il reçoit une balle dans la poitrine et son cheval tué sous lui, il est fait Officier de la Légion d’honneur. Il est à nouveau blessé en mai 1808 par les insurgés madrilènes. En 1813 il est fait capitaine. À la fin des guerres napoléoniennes, il comptabilise 40 blessures et a eu 5 chevaux tués sous lui. En 1815 il rejoint le camp napoléonien, mais trop tard pour participer à Waterloo.

Après l’Empire…
Mamelouk_4

Les mamelouks ne se tirent pas trop mal de la Première Restauration de 1814, certains d’entre eux rejoignent même les Chasseurs à Cheval de France et défilent en 1815 avec le Duc d’Orléans, futur roi Louis-Philippe.

Les choses tournèrent mal cependant lors de la Seconde Restauration en 1815, après le retour de Napoléon et sa défaite à Waterloo. Les mamelouks sont alors regroupés à Melun et à Marseille, dans des petites communautés de réfugiés égyptiens. Louis XVIII décide de les faire interner sur l’ile Sainte Marguerite, au large de Cannes. Dans les faits 40 mamelouks de Melun sont envoyés au pénitencier, on ne connait pas les chiffres de ceux de Marseille. Pour échapper à cette répression française une cinquantaine de membres de la communauté partirent en 1817 pour l’Égypte où ils subirent la répression des Turcs pour leur soutient à la France. Ils furent contraints de retourner à Marseille, vivant dans la pauvreté, et n’ayant qu’une maigre pension pour les officiers. Les officiers avec qui ils s’étaient illustrés, comme Rapp ou Colbert, firent leur possible pour faire augmenter ces pensions. Pour l’anecdote, c’est dans cette communauté marseillaise qu’en 1827 Geoffroy Saint-Hilaire recrute son interprète lors du voyage de la girafe Zarafa destinée à Charles X !

En 1830 quelques vétérans rejoignent l’armée française pour passer en Algérie en servant d’interprètes.

 

Sources

- BARTHORP Michael & EMBLETON G.A. , Napoleon’s Egyptian Campaigns 1798-1801, Osprey n°79 , 1978. (en anglais)

- BUKHARI Emir & McBride Angus, Napoleon’s Guard Cavalery, Osprey n°83 , 1978. (en anglais)

- PAWLY Ronald & COURCELLE Patrice, Napoleon’s Mamelukes, Osprey n°429 , 2006. (en anglais)

- PIGEARD Alain, Dictionnaire de la Grande Armée, Editions Tallandier, 2002.