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Louis-Philippe et Versailles

Louis Philippe VersaillesEntre la Révolution et l'arrivée au pouvoir du Roi-citoyen Louis-Philippe, le château de Versailles n'a pas été vraiment habité. L'Empereur avait réalisé des travaux de sauvegarde, Louis XVIII avait rénové les salles de prestige et les pièces privées. Les versaillais comptaient sur le nouveau roi pour redonner toute sa splendeur au château. Ils savaient que Louis-Philippe ne s'y installerait pas, mais ils espéraient qu'il l'utiliserait pour loger des souverains étrangers, y donner de grandes fêtes et transformer une partie en un espace culturel qui ferait de Versailles « une ville de science et des beaux-arts, qui attireraient des plus en plus les étrangers et les étudiants ».

 

Les différents projets

Reprenant l'idée des années 1790 où des institutions avaient déjà été installées au château, le préfet de Seine et Oise présente au roi un projet en 1831 avec installation d'un musée d'histoire et des arts et métiers ; salles de réunions pour des sociétés d'érudits ; bibliothèque de 45 000 volumes. L'historien François Guizot, ministre de l'intérieur en 1830, opte pour un musée consacré à la mémoire collective de la nation. Certains députés préfèrent la réouverture de l'asile des invalides militaires que Bonaparte avait installé dans l'appartement de Louis XV.

Louis Philippe ne sait trop quoi faire, mais doit agir. Dans un premier temps, il fait voter une loi en mars 1832, afin que le château de Versailles appartienne à la Couronne, donc pour en user librement. Un an après, il reprend le projet du préfet en le modifiant « pour recevoir une suite raisonnée de tableaux, de statues, et de livres, de manière à obtenir un musée d'art, une bibliothèque et plusieurs collections », tout en gardant la possibilité de créer un appartement pour accueillir les souverains étrangers ou les princes de la famille royale.

frederic nepveu architecteAinsi, il ordonne à l'architecte Frédéric Nepveu de présenter un projet après sa visite complète en juin 1833. Le 26 juillet, pour une dépense de 225 000 francs Nepveu propose comme on peut le voir sur le plan, le rez-de-chaussée de l'aile du Midi transformé en musée de la sculpture et peinture ; le premier étage en musée de la peinture avec une suite de tableaux de batailles et faits militaires ; des salles de dépôts et collections au second étage avec démolition des planchers des entresols. Peu de travaux dans le corps central et les appartements du premier étage car ils ont été restaurés en 1816 et 1820. Une bibliothèque au rez-de-chaussée de l'aile du Nord, une collection d'objets rares et curieux à l'étage, ainsi que l'appartement prévu pour recevoir un invité de marque.

Les nouvelles idées de Louis-Philippe

Entre temps, le roi avait d'autres idées...pour lui, Versailles pourrait être un instrument utile à son ambition de régner sur la France et donc un musée d'histoire où « Toutes les Gloires de la France » du V è au XIX è siècle seraient présentées sous forme de tableaux et de statues. Tous les régimes successifs seraient ainsi reconnus à égalité. Et début septembre 1833, il annonce par voie de presse que l'enfilade des appartements du premier étage de l'aile du Midi deviendrait une immense galerie voûtée : la « Galerie des Batailles ». Côté Orangerie, la galerie se terminerait par une salle dite « de Juillet 1830 » consacrée à son accession au trône et au premier étage du corps central, une autre salle dite « salle du Sacre », à la gloire de l'Empire.

Nepveu refait son budget, passant de 225 000 francs à 730 000 francs. Puis en août 1834, après de nouvelles instructions, le montant passe à 1 500 000 francs comprenant 400 000 francs pour l'aile du Nord au cas où. Mais il ne s'imaginait pas que le chantier reviendrait à 15 000 000 francs en 1848.

Le chantier de 1833 à 1837

Louis-PhilippeLe roi, très intéressé par son chantier, le visite régulièrement ; en fait 398 fois entre le début soit le 12/09/1833 et la fin au 24/12/1847. Chaque visite est rapportée en détail par l'architecte ; et chaque visite donne l'occasion au roi de s'en prendre à l'architecte. Louis Philippe a un défaut, il ne peut imaginer le musée et les travaux sur plans, il lui faut voir les réalisations pour donner son avis et bien souvent, il fait recommencer : soit cela ne lui plait pas soit il a de nouvelles idées.

Les travaux débutent à partir de fin août 1833 dans le corps central pour la transformation de la « salle du Sacre » ; en même temps, les cloisons et entresols du rez-de-chaussée de l'aile du Midi sont supprimées et rangées pour réorganiser les 14 salles tout le long de l'aile, consacrées aux campagnes militaires de 1796 à 1810.

A partir de février 1834, les appartements de Louis XV puis ceux de Louis XVI reçoivent des tableaux au sujet militaire ; dans les Grands Appartements, les cheminées, glaces et lambris sont remplacés par d'immenses tableaux illustrant le règne de Louis XIV. Dans les appartements des filles de Louis XV, on démonte toutes les merveilles du XVIII è siècle.
Côté Cour de Marbre, les appartements de Marie Antoinette sont dévastés et deviennent la salle des portraits des Rois de France. L'entrée de la Cour royale voit les fondations d'un piédestal pour y accueillir une immense statue équestre de Louis XIV, pendant que dans la cour des Ministres, débute la pose de 16 grandes statues de pierre représentant de grands hommes.

Dans l'aile du Nord, le grand escalier central est démoli pour laisser la place à un résumé de l'histoire de France de Clovis à Louis XVI dans les 11 salles du rez-de-chaussée et la suite de l'histoire jusqu'en 1836 dans les 10 salles à l'étage, sans oublier la remise en état de la salle de l'Opéra de couleur rouge !
En même temps, l'architecte présente un nouveau projet en juin 1835 pour la galerie des Batailles, dont les fenêtres sont cachées par une cloison, ce nouveau mur servant aux scènes historiques et la voute remplacée par une verrière. Quinze mois plus tard, la salle de 120 m de long munie de sa verrière est prête à recevoir les trente trois grands tableaux de batailles, dix sept à gauche, quatorze à droite et deux aux extrémités.

Les tableaux sont installés au fur et à mesure, de manière fixe en les encastrant dans les lambris. Devant le nombre insuffisant, on part à la chasse des œuvres authentiques, puis des peintres qui vont faire des toiles en un temps record...sans valeur artistique ni historique.

L'inauguration en juin 1837

inauguration 1837Louis-Philippe veut aller vite, très vite, pour inaugurer le musée le 10 juin 1837. Il organise une visite magnifique où tous les invités s'exclament sur la beauté des salles et des ornements, suivie d'un banquet royal dans la Galerie des Glaces et le Grand Appartement de Louis XIV, d'une représentation dans la salle d'Opéra et enfin une visite du musée illuminé par des flambeaux. Le lendemain vers 10h, le roi reçoit cette fois les personnalités de la ville et du département ; l'après midi le musée est ouvert au public qui peut admirer le feu d'artifice tiré sur le canal. Mais ce sont surtout des Versaillais, les liaisons entre Paris et le château ne vont être améliorées qu'entre 1839 et 1840 avec deux lignes de chemin de fer.

Les autres travaux voulus par Louis-Philippe

Pendant les dix années qui suivent, Louis Philippe veut d'autres travaux. En démolissant beaucoup d'appartements, il installe cinq « salles des Croisades » au rez-de-chaussée de l'aile du Nord et trois salles sur les sept de l'étage consacrées aux exploits de son règne. Un monumental escalier voit le jour en 1838 dans le corps central à l'emplacement de l'escalier des Ambassadeurs de Louis XIV, détruisant celui de Louis XV, endommageant la salle de Billard de Louis XVI ainsi que certaines mansardes.

salle des croisades
L'attique au dessus du Grand Appartement de la Reine est transformé en 1840, donnant quatre grandes salles qui resteront fermées au public, faute de moyens pour les décorer. Quant à celui au dessus du Grand Appartement du roi, il est dévasté. Auparavant, il regroupait les appartements des ducs d'Ayen, de Maillé et de Richelieu. Le premier est récupéré in extremis, les deux autres complètement anéantis, puisque les travaux avaient débuté par la démolition des plâtres au plafond, mais ils n'ont jamais été achevés. L'attique resta ainsi jusqu'au début du XXI è siècle. En 1848, avant que le roi ne parte en exil, les travaux de l'aile du Midi prévoyant des salles pour exalter « la Gloire Politique et les Vertus civiles », n'ont pas vu le jour.

Après Louis-Philippe

Le Second Empire et la III è République s'attachèrent à compléter les collections du musée. Mais les visiteurs venaient de moins en moins nombreux, ils ne voulaient pas une leçon d'histoire, mais désiraient s'éblouir des fastes de Louis XIV. Actuellement, dans le corps central, les appartements royaux ont été reconstitués et il ne reste plus que la « salle du Sacre » et l'escalier de 1838. Les ailes du Midi et du Nord ont conservé les salles voulues par Louis Philippe, mais la plupart sont fermées au public ou utilisées pour des expositions temporaires.

 

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