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Pierre de Brantôme, courtisan et chroniqueur du XVIe

bourdeillePierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme est surtout connu comme écrivain avec ses textes « légers ». Pourtant, il fut d'abord abbé, puis soldat, courtisan et bon chroniqueur du XVI è siècle, racontant sa vie et celles de grands personnages de son époque, mais il fut surtout un Amoureux des Femmes.

 Ses origines

Pierre de Bourdeille nait en 1540 dans le Périgord, dans un environnement militaire du côté de son père et de courtisans et d'écrivains du côté de sa mère. Alors que sa grand-mère était dame d'honneur de Marguerite d'Angoulême sœur de François 1er, sa mère appartient au groupe ayant rédigé l'Heptaméron, son père a combattu aux côtés de Bayard pendant les campagnes d'Italie et l'une de ses sœurs fait partie de l'escadron volant de Catherine de Médicis, ces nobles demoiselles utilisant leurs charmes à des fins diplomatiques...

Après avoir passé son enfance à la cour de Marguerite, il monte à Paris pour apprendre le latin et l'italien puis termine ses études à Poitiers en 1555. Pour la mort de son frère tué au combat, Henri II le remercie en lui octroyant l'Abbaye de Brantôme ; Pierre de Bourdeille prend ainsi le nom de Seigneur de Brantôme.

Sa vie de soldat et courtisan

Après sa visite de l'Italie et ses « honnêtes » courtisanes, il s'attache aux Guise et fait partie de la garde qui accompagne en 1561 Marie Stuart en Ecosse après la mort de François II. De retour en France un an plus tard, il reçoit une pension en qualité de gentilhomme de la Chambre du Roi de Charles IX, tout en participant aux premières guerres de religion. Entre deux guerres, il séjourne à Malte car il est très attiré par la vie des Chevaliers.

Sous Henri III, il est de toutes les guerres, sans pourtant réussir à s'illustrer et obtenir les honneurs. Il décide alors de mettre fin à sa carrière militaire en 1574. A la Cour, il cherche un bon parti, mais n'a pas plus de chance. Il se contente de la suivre, d'enregistrer dans sa mémoire toutes les intrigues, les rivalités et les manières de son temps.

En 1582, alors qu'Henri III ne tient pas sa promesse de lui donner la charge de Sénéchal du Périgord, Brantôme se fâche et le quitte pour rejoindre son frère François d'Alençon. Deux ans plus tard, à la mort du duc d'Anjou son maître, il est prêt à trahir la France en se donnant à l'Espagne, mais il fait une grosse chute de cheval. Il est contraint à rester immobile dans sa propriété pendant deux ans.

Brantôme amoureux des Femmes

vie des dames galantesA partir de cette date, reclus dans ses propriétés de Brantôme et de Richemont pendant les trente dernières années de sa vie, il met en forme ses mémoires sous forme de récits de guerre et de voyage ainsi que de chroniques du XVI è siècle, en dictant plus de 4000 pages à son secrétaire.

Courtisan, il a recueilli les faits et gestes du quotidien, a réalisé des portraits très flatteurs et a su conter de façon très leste la geste amoureuse de ses contemporaines. Ayant fait partie de la cour rapprochée du roi, il est entré dans l'intimité des princes, il a connu les grandes dames de son époque, comme la Reine Margot ou Catherine de Médicis, qu'il a bien décrites dans ses biographies et qu'il a surtout aimées.

Amoureux de la femme, il a été un vrai fétichiste des jolies jambes en racontant que « nombre de gentilshommes avant de porter leurs bas de soie, suppliaient leurs dames de les porter pendant huit jours » ou « une belle jambe et un beau pied ont une grande faveur et pouvoir à l'empire d'amour ». Il y eut alors des disputes à la Cour, à savoir si une jambe est plus belle nue que couverte. « La jambe nue ne pouvait être montrée qu'au lit ; si elle était montrée en marchant, la dame manquait de décence et il fallait au moins qu'elle fût chaussée d'un escarpin ou de mule en velours. Les chausses (les bas) devaient être tendues et attachées à une jolie jarretière ». C'était donc une gloire à la Cour de France d'avoir de belles jambes ; et Catherine de Médicis « soignera » la beauté de ses jambes, elle ne les cachait ni sous sa jupe, ni sous son cotillon. Elle portera ainsi des caleçons de toile d'or et d'argent.

Bien qu'il soit considéré comme écrivain « léger », son plus fameux recueil est « la Vie des Dames Galantes », le terme « galantes » signifiant « plaisantes, honnêtes, de qualité, de bonne compagnie, de belle humeur » où il écrivait « les dames affolées de plaisir, asservies au caprice des gentilshommes se livraient sans vergogne à toutes les libertés ». Brantôme admettait que les dames se laissent courtiser « ce ne sont pas des victimes passives et résignées, elles éprouvent le désir, elles se donnent volontiers mais attendent d'être comblées. Gare à l'amant défaillant ! On le chasse s'il fait moins qu'il ne promet ». Il rajoute qu'au XVI è siècle, les femmes sont « beaucoup plus ardentes aux effets de l'amour que les hommes » et répertorie ainsi les manières d'épanouir une sexualité heureuse qui doit être sans contrainte, s'exerçant donc habituellement dans des liaisons illégitimes « si tous les cocus et leurs femmes qui les font se tenoyent tous par la main et qu'il s'en pust faire un cerne, je croy qu'il seroit assez bastant pour entourer et circuire la moitié de la terre ».

Il passe à la postérité

Il meurt en 1614 dans son château de Richemont, mais ce n'est qu'en 1655 que ses écrits seront édités pour la première fois ; il faut encore attendre le XVIII è siècle pour que sa réputation se fasse, bien que certains considèrent les écrits de Brantôme comme une « collection d'anecdotes douteuses et légères ». On peut dire pourtant que Tallemant-de-Réaux et Bussy-Rabutin sont ses descendants.

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