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Maquillage et cosmétiques sous l'Ancien Régime

femme à sa toiletteLes dames de qualité doivent avoir le teint frais, blanc de préférence, rehaussé de rouge et de mouches, sans oublier de poudrer leurs cheveux et perruques, car la vue s'impose face à l'odorat et au toucher. Peu à peu pourtant, elles s'adonnent tous les matins à une toilette de propreté, puis une d'apparat. Le soir, elles utilisent des lotions à base de vinaigre à la lavande, à la bergamote ou la fleur de capucine pour tonifier la peau, tout en assainissant l'air intérieur avec l'eau de la reine de Hongrie ou celle des Carmes.

 Le blanc de céruse

Le blanc de céruse ou blanc de plomb, existant déjà depuis l'Antiquité, apparait à la cour au temps de Catherine de Médicis ; peu à peu, il se démocratise pour être adopté par la bourgeoisie de Paris. La France devient experte dans le domaine du maquillage, mais n'en produit pas en quantité suffisante. Pour subvenir à ses besoins, elle en importe en Angleterre, en Hollande, mais le meilleur provient de Venise. Bien qu'il n'existe pas de législation ni de corporation, il est vendu d'abord par les apothicaires sous la forme de pains enveloppés de papier bleu, puis les « marchands de fard » le commercialisent et la corporation des parfumeurs veut s'emparer du marché.

Aux XVI è et XVII è siècles, mélangé à des graisses et de la cire, souvent associé à des produits minéraux ou métalliques comme le vif-argent, le sel de tartre, l'alun, le soufre, le camphre, il est appliqué en couches épaisses. Ses vertus sont astringentes car il gomme les imperfections et les aspérités de la peau, mais il est aussi corrosif et fait alors disparaitre les tâches, les rougeurs, les « rousseurs » et les rides. Par la suite, au XVIII è siècle, il est mélangé à des produits végétaux, des eaux de fleurs, des vinaigres pour obtenir des lotions légères.

kirsten dunst marie antoinetteEn appliquant du blanc, le rouge et les mouches ressortent mieux. Mais les conséquences et les effets néfastes sont dénoncés par la médecine. J. Savary des Brûlons explique en 1748 que « ce poison est dangereux quand il opère au-dedans et il fait même sentir au-dehors sa malignité puisqu'il gâte la vue et les dents et fait venir des rides plus tôt qu'on en aurait ». En 1760, le Docteur Deshais-Gendron s'inquiète de certaines maladies des yeux dont souffrent les femmes utilisant des fards. Il mentionne la salivation, la sécheresse de la bouche et l'inflammation des gencives, des maladies de poitrine, de poumons et s'exprime durement « vous ne trouverez dans leur composition que poisons, que corrosifs, que dessicatifs, qu'astringents ». Le blanc de céruse commence donc à être remplacé par de la poudre d'amidon ou du talc, mais continuera d'être utilisé jusqu'à la Révolution.

Le rouge

Exigé par l'étiquette à la Cour, il est très utilisé chez les dames de qualité aux XVII è et XVIII è siècles. Venu d'Italie, il est fabriqué en France avec de la craie de Briançon et du rouge carmin. Sous Louis XV, on trouve une dizaine de tons de rouge différents ayant chacun un usage particulier : celui pour les spectacles, celui pour les promenades en ville, celui pour la nuit, celui pour l'hiver... Produit de grande consommation, on estime la vente à 2 000 000 de pots par an vers 1780. Utilisé pour rehausser les pommettes, il est posé très haut près de la paupière pour aviver l'éclat des yeux.

Dans les années 1760, la médecine le déclare nocif pour la peau et la vue, car certaines préparations contiennent du minium ou du cinabre. Mais peu de dames se préoccupent de ces effets néfastes et suivent les directives du livre de la mode de 1759 prescrivant aux élégantes de « prendre soin de peindre comme des roues de carrosse et d'imiter sur leurs joues la rougeole ».

Les mouches

mouchesCes petits morceaux de velours ou de taffetas collés sur la peau, apparaissent pour cacher les imperfections de la peau et notamment les boutons de la petite variole. Peu à peu, la mouche devient un accessoire esthétique, un symbole de la parure, permettant de faire ressortir la blancheur et l'éclat du teint. Très prisée des dames de qualité, elle est indispensable à la mise en beauté, la mode et la galanterie au XVII è siècle.

boites à moucheInstrument de séduction, les galantes les conservent dans une boite en nacre spéciale qu'elles ont toujours à portée de main et en usent à outrance, souvent jusqu'à plus de quinze. Habituellement rondes, elles peuvent être taillées en cœur, en lune, en croissant, en étoile et sont parfois entourées de brillants et de grenats. Se posant partout, elles ont chacune un nom différent et évocateur selon l'endroit du visage, permettant de connaitre le tempérament de la dame.

La poudre

D'après certains, la poudre blanche n'apparait qu'au XVII è siècle. Pourtant, Brantôme mentionne que « Marguerite de Valois, qui était fâchée d'avoir les cheveux très noirs, recourait à toutes sortes d'artifices pour en adoucir la couleur ». Pierre de l'Estoile, dans son Journal sous l'an 1593, rapporte « que l'on vit à Paris trois religieuses se promener dans les rues, frisées et poudrées ». La poudre devient peu à peu à la mode, utilisée aussi bien par les hommes, les dames et les ecclésiastiques.

Poudre à cheveux
Pour répandre la poudre sur les cheveux et perruques, ils doivent être préalablement enduits de pommade. Après s'être protégé le corps par un drap, la poudre est lancée vers le plafond afin qu'elle retombe sur la tête. Cette opération se pratique de préférence sur un palier. Habituellement blanche et fine, la poudre couleur d'or et violette est réservée aux excentriques ; alors que la poudre de Chypre est entêtante, la poudre blanche est souvent parfumée à l'iris, à la coriandre, à la fleur de girofle, au souchet comme celle dite « à la maréchale » créée par la maréchale d'Aumont.

Aucune corporation n'existe, car la poudre utilisée est de la farine. Interdite vers 1740 lors de la famine, les gantiers-parfumeurs détiennent maintenant le monopole de la vente, utilisant de la poudre de riz ou d'amidon. Avec la Révolution et la mode des cheveux courts, l'usage de la poudre disparait.

Les parfums

brule parfumLa fabrication du parfum est ancienne et remonte aux Croisés qui ont rapporté les techniques de distillations lors de leur passage chez les Arabes. Dès 1530, des traités scientifiques approuvent l'usage de produits odorants. Avec l'ordonnance de 1673, Colbert développe la parfumerie comme industrie nationale et les gantiers reçoivent les lettres patentes afin de vendre les parfums.

Au XVII è siècle, les parfums sont à base de musc, d'ambre gris et de civette. Au XVIII è siècle, le nombre de parfum augmente et se diversifie, car on change de parfum tous les jours à la cour. Les senteurs sont allégées et ce sont des « bouquets d'odeurs », des eaux florales (eau de rose, de violettes, eau d'ange), des eaux de senteur et l'eau de Cologne créée par un chimiste italien depuis 1709. La bergamote, les vinaigres parfumés et les sels à base d'ammoniaque sont réservés aux hommes.

pomandresLa vente de parfum se fait surtout dans la capitale, mais la production vient du Sud, de Montpellier, puis de Grasse où la première corporation de parfumeurs est fondée. Dès le XVI è siècle, les verriers de Murano inventent les flacons en verre soufflé, puis en cristal de plomb. Deux siècles plus tard, les contenants se diversifient : la « pomandre », sorte de boule d'or, d'argent ou de vermeil transporte le parfum ; la boite à senteur renferme une éponge imbibée d'eau ou de vinaigre aromatisé ; le brûle parfum en pierres dures, en faïence ou en porcelaine dont la mèche peut être imbibée d'huile d'olive parfumée ; le pot pourri et enfin en 1750 la fontaine à parfum jusqu'à la Révolution où beaucoup d'objet ne seront plus utilisés. Il faut attendre les Merveilleuses et les Incroyables du Directoire pour que les parfums soient à nouveau utilisés à profusion.

Pour aller plus loin

Marc Favreau – Marie Lécrivain, l'Ancienne France au quotidien, sous la direction de Michel Figeac. Armand Colin, 2014.

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