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Accueil Histoire de France Les ducs de Normandie (2) : Guillaume Longue Epée

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Les ducs de Normandie (2) : Guillaume Longue Epée

guillaumelongueepeeGuillaume Longue Epée est le second duc de Normandie ou second Jarl des Normands de la Seine. Il succède à son père Rollon vers 927. Il est le fils naturel de Rollon et de Poppa, sa concubine, épouse à la mode danoise du Viking.

 

La jeune femme donne deux enfants à Rollon :
- Une fille de nom scandinave Gerloc, qui prend le nom chrétien d'Adèle lorsqu'elle épouse Guillaume Tête d'Etoupe, comte de Poitiers ;
- Un fils Guillaume, qui succède à son père comme duc de Normandie et est né « outremer » tel que le stipule « la complainte sur l'assassinat de Guillaume Longue Epée », un poème anonyme du Xème siècle.

Guillaume Longue-Epée, un seigneur chrétien intégré chez les Francs

Le duc Rollon s'étant enfin affranchi du fardeau de la chair, Guillaume son fils, gouvernant avec sagesse tout le duché de Normandie, faisait tous ses efforts pour conserver en son cœur une fidélité inaltérable au Christ, son roi. « Il était d'une taille élevée et beau de visage ; ses yeux étaient étincelans. Il se montrait plein de douceur pour les hommes de bonne volonté, terrible comme un lion pour ses ennemis, fort comme un géant dans les combats, et ne cessait d'étendre tout autour de lui les limites de son duché Ces entreprises et ces preuves de son courage excitèrent contre lui la haine et la jalousie des grands seigneurs de France. .(Guillaume de Jumièges, Histoire des Normands, livre III, chapitre I, traduction remacle.org)

Baptisé dès sa naissance et élevé par sa mère dans la religion chrétienne, c'est un homme très pieux qui relève l'abbaye de Jumièges de ses ruines et y installe douze moines de Saint-Cyprien, envoyée par sa sœur Adèle, devenue comtesse de Poitou.

Vers le même temps, il arriva que deux moines, savoir Baudouin et Gondouin, revinrent à Jumiège du pays de Cambrai, et du domaine qui est appelé Hespère. Etant entrés dans ce vaste désert, ils se donnèrent beaucoup de mal pour en arracher les arbres, travaillèrent non sans peine à aplanir le terrain aussi bien qu'il leur fut possible, et couvrirent de sueur leurs fronts et leurs mains. Or le duc Guillaume étant venu vers ce lieu pour chasser, et les y ayant rencontrés, se mit à leur demander de quel rivage ils arrivaient, et quels étaient les travaux importants qu'ils entreprenaient. Alors les serviteurs de Dieu lui racontèrent tous les détails de cette affaire, et lui offrirent le pain d'orge et l'eau de charité. Ayant dédaigné d'accepter ce pain trop grossier et cette eau, le duc entra dans la forêt, y rencontra un énorme sanglier, et se jeta aussitôt à sa poursuite. Les chiens dogues s'étant aussi lancés après lui, le sanglier revint tout à coup sur ses pas, brisa la lance de l'épieu dirigé contre lui, se jeta rudement sur le duc, le renversa et le secoua violemment. Bientôt cependant le duc, reprenant peu à peu ses sens et sa raison, retourna auprès des moines, reçut d'eux la charité qu'il avait imprudemment dédaignée, et leur promit de restaurer ces lieux. Il y envoya donc des ouvriers, fit d'abord enlever les arbres et les ronces, et réparant le monastère de Saint- Pierre, qui était depuis quelque temps tombé en ruine, il le fit recouvrir convenablement. Ensuite il restaura le couvent et toutes les cellules, et les faisant un peu rapetisser, il les rendit habitables. (Guillaume de Jumièges, Histoire des Normands, livre III, chapitre VII, traduction remacle.org)

A cette occasion, il exprime la volonté de se faire moine en ce lieu, mais l'abbé l'en dissuade.

Cependant le duc envoya des députés, en Poitou, à sa sœur avec laquelle le comte Guillaume s'était uni en mariage, lui demandant de lui donner des moines qu'il pût établir dans le lieu susdit. Or sa sœur accueillant cette demande avec contentement de cœur, pourvut aux frais du voyage, et envoya à son frère douze moines avec leur abbé, nommé Martin, tous pris dans le monastère de Saint-Cyprien. Le duc, comblé de joie par leur arrivée, les reçut à Rouen avec de grands témoignages d'allégresse, et leur rendant toutes sortes d'honneurs, entouré de plusieurs compagnies de chevaliers, il les conduisit à Jumiège, livra à l'abbé ce lieu et toute la terre, qu'il racheta à prix d'or de ceux qui la possédaient en alleu, et s'engagea par un vœu à se faire moine en ce même lieu : il eût même accompli son vœu, si l'abbé n'eût résisté à son empressement, attendu que son fils Richard était encore tout jeune enfant, et qu'il y avait à craindre qu'à raison de son extrême faiblesse il ne fût expulsé de sa patrie par les entreprises de certains méchants. Cependant le duc trouva moyen d'enlever à l'abbé un capuchon et une étamine, les emporta avec lui, les déposa dans un petit coffre, et suspendit à sa ceinture une clef d'argent. .(Guillaume de Jumièges, Histoire des Normands, livre III, chapitre VIII, traduction remacle.org)

Généalogie guillaumelongueepee

S'il est chrétien, il n'en renie cependant pas ses origines. Il parle norrois, langue pratiquée par les peuples scandinaves, reçoit des anciens compatriotes dans son duché et épouse à la mode danoise, Sprota, une jeune fille bretonne, peut-être fille du comte de Bretagne Judicaël.

Mais il est aussi très bien intégré dans l'empire franc et il est en relation avec les plus grands seigneurs de celui-ci. Il épouse ainsi chrétiennement Liégarde, fille d'Herbert II, comte de Vermandois. Mais, cette union est sans descendance. Sprota, sa concubine, lui donne un fils prénommé Richard qui lui succède en 943.

Sa sœur Gerloc épouse Guillaume Tête d'Etoupe, comte de Poitiers. Leur fille Adélaïde épouse Hugues Capet.

A la mort de Guillaume, Sprota est remariée avec un dénommé Esperleng, fermier des moulins de Vaudreuil. De cette union naissent plusieurs filles et un fils, Raoul d'Ivry qui protégera le duc Richard I, encore mineur à la mort de son père.
Liégarde, fille du comte de Vermandois, se remarie et épouse Thibaud Ier le Tricheur, auquel elle donne quatre enfants, Thibaud, Hugues archevêque de Bourges, Eudes comte de Blois, et Emma.

Les principaux événements de son principat

Selon la chronique que le chanoine Dudon de Saint-Quentin (960, †1043) rédigea au XIe siècle à la demande du duc Richard Ier, « Des mœurs et des actes des premiers ducs de Normandie », Rollon associe son fils à son gouvernement lors des dernières années de sa vie, à la demande des chefs normands, de 927 à 931.

La lutte contre les Bretons

Vers le même temps à peu près, les Bretons Alain et Béranger, renonçant au serment de fidélité par lequel ils s'étaient engagés envers lui, osèrent dans leur témérité se soustraire à sa suzeraineté, et se disposèrent à servir désormais en chevaliers pour le roi des Francs. (Guillaume de Jumièges, Histoire des Normands, livre III, chapitre I, traduction remacle.org)

teeritoireconcédés
Fidèle à sa promesse envers le roi Charles le Simple (879, †929), Rollon défend l'accès des terres qu'il a reçues par le Traité de Saint-Clair-sur-Epte à ses compatriotes. Les mercenaires vikings dirigent alors leurs raids sur la Bretagne qui suite aux disparitions successives des rois Alain le Grand (†907) et de Gourmaëlon (†913), est sans défense. La Bretagne est pillée et dévastée ; les élites religieuses fuient. Alain Barbetorte (900, †952), petit-fils et héritier légitime d'Alain le Grand, s'exile vers 920 auprès de son parrain, le roi anglais Athelstan (894, †939). En 921, l'homme fort de Bretagne est Rögnvaldr qui occupe Nantes. Le duc Robert, frère du roi de Francie Occidentale Eudes, assiège cette ville, mais au bout de cinq mois, il capitule et la Bretagne est concédée au Viking, dans le même sens que les territoires normands l'avaient été à Rollon, dix ans plus tôt. Mais, Rögnvaldr décède en 927 sans être parvenu à former un réel état. Incon lui succède en 931.

Lors des solennités de la fête de Saint-Michel (29 septembre), les Bretons de Cornouailles se révoltent et massacrent les occupants scandinaves ainsi que leur chef. La révolte semble menée par Alain Barbetorte revenu d'exil et le comte Bérenger de Rennes.

Guillaume Longue Epée lève alors une armée, pénètre en Bretagne et, secondé du chef viking Incon, réprime la révolte. Le comte Bérenger est pardonné, mais Alain doit fuir et il retourne chez son parrain. Il semble que ce soit à cette occasion que Guillaume fait de Sprota, sa concubine. La Bretonne est peut-être « un gain » de la campagne de Bretagne.

En 933, alors qu'il renouvelle son hommage pour les terres tenues au roi Raoul (890, †936), Guillaume reçoit en plus les terres conquises à l'ouest lors de cette expédition, l'Avranchin et le Cotentin Le duc fait alors frapper des pièces de monnaie à son nom portant le titre de « duc des Bretons ».

La révolte de Rioulf

Ces ennemis ainsi vaincus, le diable mit en agitation un grand nombre de méchans ; et de nouvelles tentatives furent faites contre le duc dans l'intérieur de son pays. Un certain Rioulf(e), embrasé d'une fureur perfide et le cœur infecté du poison de la discorde, prit les armes et voulut entreprendre de chasser à jamais le duc de ses Etats. (Guillaume de Jumièges, Histoire des Normands, livre III, chapitre II, traduction remacle.org)

En 934, Guillaume Longue Epée doit faire face à un soulèvement d'une partie des chefs scandinaves installés en Normandie, révolte menée par un certain Rioulf. Il semble que cette révolte rassemble des chefs restés fidèles à leurs anciennes croyances qui refusent la puissance croissante de leur jarl et sa coopération avec les Francs. Rioulf et ses compagnons réclament la session du Bessin et du Cotentin jusqu'à la Risle, territoires qu'ils occupent sans doute. Les révoltés, n'obtenant pas satisfaction, se dirigent sur Rouen et assiègent le duc dans cette ville.

Entre alors en scène Bernard le Danois, ancien compagnon de Rollon, à l'origine de deux grandes familles anglo-normandes, les Beaumont et les Harcourt. Alors que le duc songe à fuir, celui-ci l'en dissuade. Le duc réunit trois cents hommes et il attaque par surprise les conjurés dans un pré nommé depuis lors « pré de la bataille ». Rioulf est fait prisonnier et le duc ordonne qu'on lui crève les yeux.

C'est peut-être à cette occasion que Guillaume aurait gagné son surnom, car aucun ennemi ne résistait à son épée.

Le retour du roi Louis d'Outremer

Or Elstan, roi des Anglais, apprenant la très-grande réputation de cet illustre duc, lui envoya des députés chargés pour lui de riches présens, le priant de travailler à rétablir dans le royaume de ses pères Louis, son petit-fils et fils du roi Charles, et de vouloir bien, pour l'amour de lui, pardonner à Alain le Breton, son ennemi, les fautes dont il était coupable. (Guillaume de Jumièges, Histoire des Normands, livre III, chapitre IV, traduction remacle.org)

En juin 922, les grands de Francie Occidentale prononcent la déchéance du roi Charles le Simple et élisent Robert, frère du comte de Paris et roi Eudes (860, †888). Le 15 juin 923, non loin de Soissons, les troupes de Charles affrontent celles de Robert. Ce dernier est tué ; Charles prend la fuite et c'est Raoul de Bourgogne, le beau-frère du duc Hugues le Grand, qui est choisi pour roi. Au cours de l'été, Charles le Simple est capturé par Herbert II de Vermandois (880, †943) ; il meurt à Péronnes le 7 octobre 929. Dès son emprisonnement, son épouse Edwige s'enfuit avec son fils Louis et trouve refuge dans le Wessex auprès de son père Edouard l'Ancien, roi d'Angleterre, puis de son frère Althestan qui lui succède.

Début 936, le roi Raoul succombe à la maladie. Hugues le Grand, fils du roi Robert, choisit de ne pas briguer la couronne et préfère rappeler le jeune Louis maintenant âgé de 15 ans. Il fait ce choix autant pour éviter d'affronter ses deux grands rivaux, Herbert II de Vermandois et Hugues le Noir, le frère du roi Raoul, qui n'auraient pas accepté cette élection que par « peur » de la vengeance divine. Ainsi, Richer de Reims lui prête ces propos :

« Le roi Charles est mort misérablement. Si mon père et nous, nous avons blessé la majesté divine par certains de nos actes, il nous faut employer tous nos efforts pour effacer la trace. Discutons d'un commun accord du choix d'un prince. Bien que créé roi autrefois par votre volonté unanime mon père a commis un grand crime en régnant, puisque vivait encore celui qui seul avait le droit de régner et que vivant, il a été enfermé en prison. Cela croyez-moi, Dieu ne l'a pas accepté. Aussi n'est-il pas question que je prenne la place de mon père. » (Richer, Histoire en quatre livres)

Couronnement de Louis IVUne ambassade est dépêchée par Hugues le Grand auprès du roi Althestan, qui exige des serments et des otages afin de garantir la sûreté de son neveu, Louis d'Outremer. Il est également possible que le roi anglais adresse des envoyés au duc Guillaume afin de lui demander son soutien. Il en profite alors pour demander le pardon d'Alain Barbetorte que Guillaume accorde, permettant ainsi à ce dernier de revenir en Bretagne.

Louis d'Outremer embarque et il est accueilli par Hugues le Grand et d'autres grands seigneurs parmi lesquels figure le duc Guillaume au port de Boulogne lors du printemps 936. Les grands lui prêtent hommage et le roi Louis est couronné le 19 juin 936 par l'archevêque Artaud de Reims, sans doute à l'abbaye Notre-Dame et Saint-Jean de Laon.

Dans les faits, Hugues le Grand se fait reconnaître comme tuteur du jeune prince et commence à gouverner à sa place. Mais, dès 937, Louis tente de s'affranchir de cette tutelle, ce qui se révèle peu aisée car dans les faits Louis n'exerce un pouvoir direct que sur une petite portion du territoire de Francie, d'anciens domaines carolingiens (Compiègne, Quierzy, Verberie), quelques abbayes et la province de Reims. Pour contrecarrer les projets du roi, Hugues le Grand fait la paix avec Herbert de Vermandois et s'allie avec lui. Ce dernier prend Château-Thierry ; Louis, en représailles, soumet Laon. D'autres tensions surgissent avec Otton Ier (912, †973) qui règne sur la Francie Orientale, car Louis souhaite récupérer la Lotharingie de ses ancêtres.

Otton Ier le GrandAu sein de ce tumulte qui oppose le roi à Herbert de Vermandois, Hugues le Grand et Otton Ier, Guillaume Longue Epée se démarque et reste fidèle à Louis. En 940, il rencontre le roi dans l'Amiémois et il lui rend hommage, l'assurant de sa volonté de le rétablir dans la plénitude de sa puissance. Le roi lui demande d'être le parrain de son fils Lothaire, né en 941.

L'assassinat du duc

Cependant Arnoul de Flandre, portant en son perfide cœur un affreux venin, et s'affligeant dans son âme féroce de la perte de ce château, commença à méditer en lui-même, et avec beaucoup de princes des Francs, sur les moyens de donner la mort au duc. Ces hommes donc, corrompus par les artificieux sophismes de cet homme inhumain, de ce scélérat homicide, complotèrent la mort de cet excellent prince, et s'engagèrent par serment à commettre cet horrible crime. (Guillaume de Jumièges, Histoire des Normands, livre III, chapitre XI, traduction remacle.org)

Arnoul de Flandres et Guillaume Longue-Épée

Le 17 décembre 942, Guillaume Longue Epée est assassiné, à Picquigny (Somme) lors d'un guet-apens qui est manigancé par le comte Arnoul de Flandre. Deux faits sont avancés pour expliquer la mise en place de ce guet-apens.

Le premier est directement lié au comte de Flandre. Dans la période troublée qui oppose le roi Louis d'Outremer à Hugues le Grand prend place un affrontement particulier lié à la place de Montreuil. La place est tenue par le comte Erluin. En 939, le comte Arnoul de Flandre s'en empare par ruse. Le comte Erluin parvient à s'enfuir, mais Arnoul s'empare de son trésor, de sa femme et de ses enfants. Il semble qu'Erluin sollicite l'aide d'Hugues le Grand, mais celui-ci le repousse, car il ne souhaite pas entrer en conflit avec le comte de Flandre. Erluin se rend alors auprès du duc Guillaume Longue Epée. Celui-ci l'écoute et, compatissant à son malheur, il lui donne des troupes pour reprendre sa ville. Erluin parvient à reprendre Montreuil au comte Arnoul. Celui-ci en garde un vif ressentiment envers le duc normand.

Le second est lié à Otton Ier. Richer rapporte les faits suivants : le roi Louis, Otton, le comte Arnoul, Hugues le Grand, Herbert de Vermandois et Guillaume Longue Epée s'étant réconciliés, une conférence est organisée à Attigny. A un certain moment, les princes s'installent et Louis se trouve installé sur un lit, à l'extrémité la plus basse tandis qu'Otton occupe l'extrémité la plus haute. Guillaume en conçoit un vif courroux. « Roi, dit-il, lève-toi un instant. Le roi se lève, il s'assoit lui-même, et dit qu'il est indécent que le roi paraisse dans une place inférieure, et que qui que ce soit s'élève au-dessus de lui ; qu'il faut, par conséquent, qu'Otton quitte sa place, et que le roi la prenne. Otton se leva confus de honte, et céda sa place au roi. » Otton en conçoit évidemment une vive humiliation ; il se plaint à Hugues et Arnoul, lesquels « délibèrent entre eux sur la conduite qu'ils devaient tenir à l'égard de Guillaume ; ils pensaient qu'en le tuant, ils rendraient faciles tous leurs projets... »

gisantguillaumelongueepeeLe complot est donc organisé. Arnoul envoie des messagers au duc Guillaume afin de le convier à une conférence, en vue de sceller la paix entre eux. Le site de l'île de Picquigny dans la Somme est choisi. Arnoul s'y rend par voie de terre et Guillaume vient en barque. Les deux hommes se rencontrent, se promettent amitié et fidélité. Puis, deux hommes se séparent. Le comte Arnoul s'en va tandis que Guillaume reprend place dans la barque qui l'a amené. Alors qu'il s'éloigne, des hommes du comte Arnoul le rappellent, disant qu'ils ont avec eux une chose précieuse que le comte a oublié de lui remettre. Le duc fait faire demi-tour à la barque et alors qu'elle accoste, les hommes du comte Arnoul se jette sur le duc et le tue de plusieurs coups d'épée. Ils blessent également les hommes accompagnant le duc et le pilote de la barque.

Le corps du duc est ramené en Normandie et il est inhumé dans la cathédrale Notre Dame de Rouen, face au tombeau de son père Rollon. Lors de la toilette du corps, on trouva une clé suspendue à son cou. Elle ouvrait un coffre, renfermant une bure de moine.

Guillaume laisse un fils, Richard, fils de sa concubine Sprota, âgé d'une dizaine d'années.

Bibliographie

- Jean Renaud, les Vikings et la Normandie, éditions Ouest France
-  Annie Fettu, Les premiers ducs de Normandie, Orep Editions
- François Neveux, L'aventure des Normands, éditions Perrin
- Jean Renaud, Les Vikings en France, Editions Ouest France
- Lair Jules, Paris Gaston. Complainte sur l'assassinat de Guillaume Longue-Epée, duc de Normandie, poème inédit du Xe siècle.. In : Bibliothèque de l'école des chartes. 1870, tome 31. pp. 389-406.

Sources

- Guillaume de Jumièges, Gesta Normannorum Ducum, Histoire des Normands, traduction remacle.org
- Dudon de Saint-Quentin, De moribus et actis primorum Normanniae ducum, Éd. Jules Lair, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1865
- Richer, Histoire en quatre livres, publiée par l'académie impériale de Reims, traduction A.M. Poinsignon, source Gallica.

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