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Accueil Histoire de France Les ducs de Normandie (7) : Guillaume le Conquérant (1ere partie)

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Les ducs de Normandie (7) : Guillaume le Conquérant (1ere partie)

Bayeux Tapestry WilliamGuillaume le Conquérant voit le jour en 1027 à Falaise. Il est le fils du duc Robert le Magnifique et de sa concubine Herleue. Le jeune aristoccrate normand issue d'une liaison illégitime devra déjouer bien des pièges avant d'accéder à la postérité.

 

En 1034, le duc Robert part en pèlerinage à Jérusalem. Avant de partir, il réunit à Fécamp tous les grands seigneurs normands et il leur demande de reconnaître Guillaume, son seul fils, comme son héritier. 

« Seigneurs, dit-il, vous dites vrai, mais je n'ai pas d'enfant, ni d'héritier, si ce n'est un petit garçon. Si vous le voulez bien, c'est lui que je vous offrirai, sur le conseil du roi de France dont la puissance lui servira de garantie. Il est petit, mais il grandira ; s'il plait à Dieu, il prendra des forces. Je le connais bien et je le reconnais comme mien. Recevez-le, vous ferez bien. Et si Dieu veut y consentir, je peux encore revenir. Cet enfant est de votre race : vous agirez selon l'honneur et la nature si vous l'aimez loyalement. Je vous le laisse à ma place. » (Roman de Rou, Wace)

Le duc Robert parvient jusqu'à Jérusalem, mais il tombe malade sur le chemin du retour et meurt en juillet 1035 à Nicée. Guillaume devient alors duc de Normandie. Il est seulement âgé de 7 ou 8 ans.

L'anarchie gagne le duché

C'est sans doute l'archevêque de Rouen Robert le Danois, l'oncle du duc, qui assure le gouvernement de la Normandie en l'absence de Robert le Magnifique, puis devient tuteur du jeune Guillaume à la mort de son père. Il est assisté dans cette tâche notamment par le sénéchal Osbern de Crépon dont le père Herfast était le frère de Gunnor, la concubine du duc Richard Ier et par Gilbert de Brionne, petit-fils de Richard Ier. L'archevêque décède le 1 mars 1937 ; Mauger, fils du duc Richard II et de sa concubine Papia, lui succède. Mais, il n'a pas l'autorité de son prédécesseur et très vite, les rivalités entre les grands seigneurs de Normandie se manifestent avec vigueur.

GuillaumedeJumiegesCeux-ci, comtes, vicomtes et plus petits seigneurs, tenus d'une main de fer notamment par les duc Richard Ier et Richard II, profitent aussitôt de la vacance de l'autorité seigneuriale pour laisser libre cours à leur désir de puissance et rejeter les liens de féodalité qu'ils ont du mal à accepter. Les rivalités et les antagonismes entre les seigneurs normands, dont les statuts et les provenances sont assez hétéroclites (aux Scandinaves d'origine se sont joints au fil du temps des hommes émanant de toutes les régions, notamment des Bretons et des Angevins), éclatent en plein jour et l'absence de châtiment augmente rapidement leur audace. Chacun érige des mottes castrales, pour asseoir sa puissance et faciliter l'attaque de ses voisins.

Ainsi donc ce duc, privé de son père dès les années de son enfance, était élevé dans toutes sortes de bons sentimens, par la sage sollicitude de ses tuteurs. Mais dès le commencement de sa vie, un grand nombre de Normands, renonçant à leur fidélité, élevèrent dans plusieurs lieux des retranchemens, et se bâtirent des forteresses très-solides. Tandis que, dans leur audace, ils se confiaient en ces fortifications, il s'éleva bientôt entre eux toutes sortes de querelles et de dissensions, et la patrie fut de toutes parts livrée à de cruelles agitations. (Guillaume de Jumièges, Gesta Normannorum Ducum, Histoire des Normands, traduction remacle.org)

Gilbert de Brionne est assassiné alors qu'il se promène à cheval avec un ami ; l'instigateur du meurtre n'est autre que Raoul de Gacé, fils de l'archevêque Robert le Danois, qui se nomme aussitôt tuteur du jeune duc. Puis, c'est le précepteur du jeune Guillaume qui est tué. Le sénéchal Osbern est égorgé par Guillaume de Montgommery, dans la chambre même du duc qu'il partageait avec celui-ci pour mieux le protéger. Mais ce dernier meurtre est aussitôt vengé : le prévôt du sénéchal pénètre les armes à la main dans la demeure de Guillaume de Montgommery et il le tue.

Au temps des ducs Richard, ces violations de domicile à main armée (qui dans la loi scandinave s'appellent « Hamfara ») étaient aussitôt punies par le duc qui possédait l'exclusivité de la justice pour les atteintes graves à l'ordre public. Là, aucune punition n'émane du duc. En toute impunité, les vengeances succèdent aux vengeances.

L'épisode le plus fameux de ces vendettas est sans doute celui concernant Guillaume Talvas, seigneur de Bellême et Guillaume Giroie, seigneur implanté dans le pays d'Ouche. Guillaume II Talvas est le fils de Guillaume Ier Talvas de Bellême. Ce dernier est entré en rébellion contre le duc Robert le magnifique au sujet du château d'Alençon qu'il détient. Le duc l'assiège et le soumet. Mais, pour gagner la clémence de son seigneur, Guillaume Talvas est obligé de venir au duc en portant une selle de cheval sur son dos. Dans le même temps, deux de ses fils Robert et Foulques mènent des pillages dans la région. Le duc les attaque ; Foulques est tué et Robert est emprisonné. Ce dernier meurt a priori massacré à la hache par ses gardiens et Guillaume II Talvas, le cadet, devient seigneur de Bellême. Ce dernier est décrit comme un homme cruel, et qui « ne s'écarte nullement des exemples que lui avaient donnés ses criminels parens. »(Guillaume de Jumièges). Il fait assassiner sa femme par deux bandits alors qu'elle se rend à l'église, puis il se fiance avec la fille de Raoul, vicomte de Beaumont. Les noces sont préparées et Guillaume Talvas convie de nombreux voisins dont Guillaume Giroie.

Tandis donc qu'il ne redoutait aucun mal, mais plutôt se réjouissait, selon l'usage, des noces de son ami, sans qu'il y eût donné aucune occasion, Talvas se saisit bientôt de lui comme d'un méchant traître, et ordonna à ses vassaux de le garder soigneusement: il partit ensuite pour la chasse avec ses convives. Alors ses satellites, auxquels il avait donné ses ordres en secret, conduisirent Guillaume au dehors, et au milieu des pleurs de tous ceux qui virent ce spectacle, ô douleur! ils lui crevèrent les yeux et le mutilèrent honteusement, en lui coupant le bout du nez et les oreilles. (Guillaume de Jumièges, Gesta Normannorum Ducum, Histoire des Normands, traduction remacle.org)

Falaise chateau guillaume conquerant 2
Guillaume Giroie survit à son supplice. Il fait un pèlerinage en Terre Sainte et, à son retour, il prend l'habit religieux au Bec. L'indiscipline peut tourner rapidement également à la rébellion, en témoigne l'action de Turstin Goz, vicomte d'Hiemois qui, en 1042, s'empare du château de Falaise. Aussitôt, Raoul de Gacé réunit une armée et vient assiéger Falaise. Il est accompagné du jeune duc, âgé de 14 ans, qui participe sans doute à sa première campagne militaire. Une brèche est ouverte dans les murailles bombardées de projectiles par les engins de siège déployés. Turstin se rend. Il est exilé.

La conspiration

En ces années 1042, le jeune duc Guillaume atteint ses quinze ans. La rébellion se meut alors en conspiration, visant à atteindre directement le jeune garçon et, pour la première fois, des griefs de bâtardise sont mentionnés. Jusqu'à présent, aucun des seigneurs proches de Guillaume n'avait relevé ce fait, les plus grands étant tous ou presque fils de frilla, ils ne pouvaient guère s'émouvoir outre mesure du fait qu'Herleue n'ait jamais été l'épouse chrétienne du duc Robert.

La conspiration est savamment ourdie et elle vise à remplacer le duc par Guy de Bourgogne ou de Brionne, petit-fils de par sa mère Adélaïde du duc Richard II. Fils du comte Renaud de Bourgogne, c'est un familier du duc Guillaume et il a été élevé avec lui. Après la mort de Gilbert de Brionne, il a reçu de Guillaume, les importants châteaux de Brionne et Vernon. Parmi les conjurés figurent également Raoul II Taisson, seigneur de Cinglais, un autre familier du duc, Grimout de Plessis qui est à la tête d'un domaine de 10 000 ha, Hamon de Creully dit le Dentu et les vicomtes Renouf de Bricquessart et Néel de Saint-Sauveur. Les hommes prêtent serment de « férir Guillaume ».

Wace illustration Roman de Rou 1824Ce que nous savons de ces événements provient essentiellement du Roman de Rou, écrit vers 1170, par Wace. Guillaume de Jumièges reste plus évasif, car lorsqu'il écrit en 1070, la plupart des instigateurs de ce complot sont rentrés en grâce auprès du duc. « Je les signalerais par leurs noms dans cet écrit, si je ne voulais prendre soin d'échapper à leur haine inexorable. Toutefois, je vous le dis à l'oreille, vous tous qui m'environnez, ce furent précisément ces mêmes hommes qui maintenant font profession d'être les plus fidèles, et que le duc a comblés des plus grands honneurs », écrit Guillaume de Jumièges.

Wace présente son ouvrage le Roman de Rou au roi Henri II, Illustration from Notice sur la vie et les écrits de Robert Wace by Frédéric Pluquet, 1824. Engraving by C. E. Lambert.

Les conspirateurs ont pour projet de s'emparer de la personne du duc et de le tuer. En 1046, le duc, alors âgé de 19 ans, séjourne dans son château de Valognes et s'adonne à la chasse. Un soir, alors que le duc et ses proches sont couchés, Golet, le fou du duc, déboule dans la chambre de son maître. Il a entendu les conjurés annoncer qu'ils s'apprêtaient à s'en prendre à lui. Le duc, effrayé, se lève d'un bond. Sans prendre le temps de se chausser, il jette seulement sur lui une chape et il s'enfuit à cheval. Les conjurés de lancent à sa poursuite.

guillaume1friseDans sa fuite, Guillaume suit la route du grand Vey ; il passe par Montebourg, Turqueville et entre dans la baie de Veys de nuit à Brucheville alors que la mer est basse et les gués praticables. A Saint-Clément, après avoir franchi « dans une grande peur et une grande colère de nuit les gués de la Vire (Roman de Rou) », il entre dans l'église, se recueille et prie Dieu de lui permettre d'aller sain et sauf. Puis, il reprend sa chevauchée, se dirigeant vers le nord, suivant un chemin à mi-distance entre la mer et Bayeux qu'il évite. Au matin, il parvient au village de Ryes. Il est fourbu ; son cheval est en sueur. Le seigneur Hubert de Ryes conduit le duc à son manoir, il donne un nouveau cheval à celui-ci et il ordonne à ses trois fils de l'escorter jusqu'à Falaise. Les quatre hommes s'élancent et Hubert se charge d'envoyer les poursuivants sur une fausse route.

La bataille de Val –ès-Dunes

Le duc Guillaume est parvenu saint et sauf en son château de Falaise. Il décide alors de faire appel à l'aide de son suzerain, le roi Henri Ier (1008, †1060). Le roi Henri n'est pas intervenu en faveur du duc lors des troubles qui ont secoué la Normandie ; il a même recueilli à sa cour quelques-uns des seigneurs normands chassés pour leur perfidie. Peut-être poussé par ceux-ci, il entreprend vers 1040 de récupérer à son compte le château de Tillières-sur-Avre qui fait peser une forte menace sur le domaine capétien. Ce château a été édifié par le roi Richard II sur la frontière de son état pour se protéger du comte de Blois. Puis le comte de Blois a cédé Dreux et son territoire au roi et ainsi, le château de Tillières est devenu voisin du territoire capétien. Le roi, donc, lève des troupes, se présente devant le château et réclama au châtelain Gilbert Crespin de lui remettre la forteresse. Crespin, proche de Robert le Magnifique, familier de la cour ducale, refuse. Mais Raoul Gacé et le duc Guillaume, ayant obtenu du roi la promesse qu'il détruirait la forteresse et ne la ferait pas reconstruire pour son compte, lui somment d'obéir. Gilbert cède ; le roi incendie le château, puis il entre en Normandie, pille Argentan, revient à Tillières. Là, il fait restaurer le château et malgré sa promesse, y installe une garnison.

Néanmoins, en 1047, Henri ne refuse pas son soutien. Sans doute n'a-t-il aucun intérêt à un affaiblissement de la Normandie qui pourrait jouer en faveur des comtes de Blois et de Chartres dont les domaines prennent en tenaille les terres capétiennes.

A l'été 1047, les troupes du roi Henri Ier parviennent aux alentours de Caen, au bord de la rivière la Muance. Le roi assiste à la messe célébrée dans l'église Saint-Brice de Valmeray. Ce même matin, les troupes du duc Guillaume rejoignent celles du roi. Les rebelles, quant à eux, sont réunis à une lieue de là.

guillaume2friseLes troupes s'avancent de part et d'autre et se rencontrent à mi-chemin de leur départ respectif, aux environs du village de Billy, dans un lieu alors nommé Val-ès-Dunes. Parmi, les conjurés, Raoul II Taisson hésite. Ses chevaliers l'incitent à revenir sur sa parole de « férir le duc Guillaume » et à ne pas aller plus avant dans la trahison. Alors que le combat va commencer, il ordonne à ses hommes de ne pas bouger et galope jusqu'au duc. Arrivé près de lui, il le frappe de son gant et s'écrie en riant: « Je m'acquitte de ce que j'ai juré. J'ai juré que je vous frapperais dès que je vous trouverais. C'est pour m'acquitter de mon serment dont je ne veux pas me parjurer, que je vous ai frappé. Mais ne vous inquiétez pas : je n'agis pas ainsi poussé par la félonie ! (Roman de Rou) ». Le duc le remercie ; Raoul Taisson rejoint ses hommes et ses troupes se retirent.

Le combat s'engage. Le roi Henri Ier est désarçonné par un fantassin de Néel de Saint-Sauveur et il ne doit sa vie qu'à la qualité de son haubert qui empêche la lance de le transpercer1. Hamon Dentu est tué ; le duc Guillaume réalise des prouesses de bravoure. Alors, le combat tourne à son avantage. Renouf de Briquessart s'enfuit ; les rebelles tournent bride et nombre se noient en traversant l'Orne au gué d'Athis tant la bousculade est grande.

Le rétablissement de la paix dans le duché

La victoire du duc arrête bientôt la vague d'insubordination qui secouait le duché depuis de longues années. L'autorité du duc n'est plus contestée. Les rebelles sont châtiés. Ainsi, Grimoult de Plessis est arrêté avant d'avoir pu rejoindre sa forteresse ; il est emprisonné à Rouen, les fers aux pieds, et est retrouvé mort le jour même. Néel de Saint-Sauveur est privé de ses fiefs ; banni, il se réfugie en Bretagne. Quant à Guy de Bourgogne, il parvient à s'enfermer dans son château de Brionne. Le duc Guillaume vient l'assiéger, sans chercher à prendre la forteresse qui est inexpugnable. Trois années passent ; Guy se rend alors que le duc lui offre son pardon en échange de la destruction du château. Mais Guy de Brionne préfère quitter la Normandie et retourner dans sa Bourgogne natale.

guillaume3friseEn 1047, le duc, épaulé par ses proches parents l'archevêque Mauger et Nicolas abbé de Saint-Ouen, convoque un concile de la Paix et de la Trêve de Dieu, dans la ville nouvelle de Caen, à deux lieux tout au plus du champ de bataille de Val-ès-Dunes. L'assemblée réunit des évêques, des clercs et des moines ainsi que les seigneurs de Normandie. Toute violence est interdite du mercredi soir au lundi matin ainsi que durant les grandes fêtes religieuses. Seul le duc peut lever son armée durant ces périodes. L'excommunication et l'exil sont les châtiments encourus en cas de non-respect de cette trêve. Les « inermes », c'est-à-dire les personnes sans défense, femmes clercs et enfants, sont déclarés hors d'atteinte. Les vassaux de Guillaume jurent sur les reliques de saint Ouen apportées pour l'occasion depuis Rouen de respecter la Paix de Dieu. Ainsi, le duc peut-il espérer contrôler les désordres liés aux guerres privées et, en imposant la Paix de Dieu, lutter contre les coutumes encore tenaces de « hamfara » et de vengeances privées.

Cependant, des désordres persistent. Ainsi, en 1048, Yves de Bellême, seigneur de Bellême et évêque de Sées, combat des ennemis de sa famille qui se retranche dans sa propre cathédrale. Nullement impressionné, Yves de Bellême met le feu à sa propre église afin de les déloger ! En 1049, Guillaume reçoit l'hommage de l'ensemble de ses seigneurs. Il est désormais secondé par son demi-frère Odon à qui il a donné le siège épiscopal de Bayeux...

Bibliographie

- Michel Hourquet, Gilles Pivard, Jean-François Sehier, Sur les chemins de l'histoire, Guillaume le Conquérant, Orep Editions.
- François Neveux, L'aventure des Normands, éditions Perrin.
- François Neveux, Claire Ruelle, Guillaume le Conquérant, le bâtard qui s'empara de l'Angleterre, Editions Ouest France.
- Michel de Boüard, Guillaume le Conquérant, Fayard.
- Guillaume le duc, Guillaume le roi, extraits du roman de Rou de Wace, centre de publications de l'université de Caen.
- Crédits Image : "Dessin(s) : Gilles Pivard", Telle une Tapisserie.

Sources

- Guillaume de Jumièges, Gesta Normannorum Ducum, Histoire des Normands, traduction remacle.org
- Dudon de Saint-Quentin, De moribus et actis primorum Normanniae ducum, Éd. Jules Lair, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1865
- Richer, Histoire en quatre livres, publiée par l'académie impériale de Reims, traduction A.M. Poinsignon.
- Orderic Vital, Histoire de Normandie, traduction remacle.org
- Le Roman de Rou de Wace, Éd. A. J. Holden, Paris, A. & J. Picard, 1970

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