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Histoire du Japon (2) : L'Age d'or de l'empire

Pagode ancienneNée durant le Ve siècle, la cour de Yamato va, durant les six siècles qui suivront, devenir progressivement la cour impériale japonaise, puissante, respectée par ses voisins, et incontestée sur son propre territoire. Cela commence avec les vagues de réformes successives du VI e et VIIe siècles, qui vont révolutionner la manière de gouverner le pays. Pendant cette période impériale, les arts, les traditions culturelles et spirituelles, et même le système d'écriture se développent, tandis que les conflits restent marginaux, sporadiques, et de faible ampleur. Sans hésitation, ces six siècles sont l'Âge d'or de l'Empire du Soleil Levant, qui gagnera d'ailleurs durant cette période, le nom de Japon (Nihon). Mais un Empire aussi puissant n'aurait pu se maintenir sans une vague de réformes, qui marquent la transition entre l'ascension de l'empereur et la consolidation de son pouvoir.

 

Les réformes de Shotoku Taishi (587-628)

La cour de Yamato est, au début du VI e siècle, le théâtre d'intenses intrigues politiques. Peu à peu, le clan Soga, grâce au mariage avec la famille impériale, parvient à s'imposer, écartant les clans Katsuraki, Heguri et Koze, et surtout au détriment des clans Mononobe et Nakatomi, qui contestaient l'implantation du bouddhisme. Mais nous y reviendrons. Le clan Soga, en 587, est suffisamment puissant pour permettre à son chef, Soga no Umako, d'installer son neveu sur le trône, et de régner à travers cet homme (enfant plutôt) de paille, avec l'aide du prince régent Shotoku Taishi (574-622). Par la suite, l'empereur, montrant trop de velléités d'indépendance, est assassiné et remplacé par l'impératrice Suiko (593-628). C'est Shotoku Taishi qui, le premier, introduit une réforme.

Bouddhiste pieux, et grand connaisseur de la littérature chinoise, il va s'inspirer des principes confucéens qui régissent le gouvernement de l'Empire du Milieu, pour les appliquer à la réalité japonaise. Le concept de Mandat du Ciel, selon lequel l'Empereur tient son pouvoir de droit divin, et règne selon la volonté des cieux, est introduit par Shotoku Taishi. Par ailleurs, il rédige une constitution de dix-sept articles, mettant notamment en avant la valeur de l'harmonie, de l'enseignement du Bouddha, l'absolue priorité des ordres impériaux sur tout autre considération, et louant les vertus confucéenne de dévouement et d'obéissance. Cette « constitution », terme qui fait débat étant donné qu'elle ne pose pas véritablement les bases institutionnelles de l'Etat, mais plutôt ses principes directeur, en termes moraux et spirituels, est accompagnée d'une révolution dans le système des rangs et de l'étiquette, qui, aussi risible que cela semble vu de l'extérieur, a une importance majeure dans un système politique très ritualisé.

Shotoku TaishiPour parachever la « sinisation » du Japon, des temples bouddhistes sont construits, le calendrier chinois adopté, et une nouvelle unité administrative s'inspirant du modèle chinois entre en vigueur, le Gokishichido (5 cités, 7 routes)(est-ce que c'est trop lour d'expliquer un peu plus, parce que là je reste sur ma faim, à moins d'aller voir ailleurs). Des étudiants, et des missions diplomatiques sont envoyés en Chine, alors sous la domination de la dynastie Tang. Cependant, bien que les relations soient plus suivies et intenses, notamment sur le plan culturel, que pendant la période Kofûn, c'est aussi à cette époque que la rivalité entre la Chine et le Japon se développe. En effet, les messages de l'Empereur du Soleil Levant à l'Empereur du Milieu sont désormais adressés d'égal à égal, le Japon ne se considérant plus vassal de son voisin chinois.
Lorsque Shotoku Taishi et Soga no Umako meurent, laissant le clan Soga tirer les ficelles d'un Empire, la culture chinoise a imprégné les usages et la politique japonaise. Considérée avec méfiance par le peuple, en particulier les rites bouddhistes, ces traditions venues d'ailleurs allaient néanmoins devenir une part importante de la culture unique développée par le Japon au cours des siècles qui suivent.

Les réformes Taika

Le clan Soga malgré sa période de succès, ne survécu pas longtemps à la mort de Shotoku Taishi. En l'an 645, les intrigues de palais aboutissent à un coup d'Etat destiné à mettre fin à la mainmise des Soga sur le pouvoir. Menée par Naka no Oe et Nakatomi no Kamatari (Clan qui deviendra à cet occasion le clan Fujiwara), cette révolte dénommée l'incident d'Isshi, marque le début des réformes Taika, qui signifie « Grand Changement ».

Tout d'abord, les terres sont confisquées par le pouvoir central, dans la mesure où leur contrôle n'est plus héréditaire. A chaque génération, les terres sont remises à l'administration impériale, qui se charge de les redistribuer. Bien sûr, cela signifie qu'une famille perdant la faveur impériale peut être réduite à néant d'un claquement de doigt. De la même manière, les titres héréditaires des chefs de clans sont eux aussi privés de la transmission héréditaire. Ensuite, des taxes sur les récoltes, la soie, les tissus, le coton sont levées pour financer l'extension de l'administration tandis qu'une corvée permettant la création d'une milice et la construction d'édifices publics est mise en place. Enfin, la division en Gokishichido est abolie, le pays est divisé en provinces, dirigées par des gouverneurs ne répondant qu'à l'administration impériale. Des districts et des cantons sont créés, de manière à disposer d'un contrôle encore plus approfondis sur l'administration du pays.

Par ailleurs, l'Empereur et ceux qui le soutiennent, au premier rang desquels les Kamatari, s'attèlent à l'établissement du ritsuryo. Il s'agit d'un ensemble de règles pénales et administratives. Le ritsuryo a été écrit en plusieurs étapes : le code Ômi, la première version, a été completé en 668, le code Asuka Kiyomihara en 689, et la version la plus récente, le code Taihô, achevé en 701, et resté en application, à quelques détails près, jusqu'en 1868. Le code pénal se rapproche d'un code Confucéen, préférant des punitions légères aux peines lourdes. Le code administratif établit le Jingi-kan, un organe dédié aux rituels de cour et aux traditions Shinto, et le Daijo-kan, crée les huit ministères des administrations centrales, des cérémonies, de la maison impériale, des affaires civiles, de la justice, de l'armée, des affaires du peuple, et du trésor. Cette outil très efficace renforce la capacité de la maison impériale à diriger le pays, participant à la stabilisation de son pouvoir.

Le bouleversement du spirituel

Bouddha japonaisLe bouddhisme a probablement été introduit au Japon via l'immigration depuis la péninsule coréenne. Durant le VI e siècle, les relations entre la cour de Yamato et les royaumes coréens sont étroites, notamment après l'intervention japonaise pour soutenir le royaume de Baekje contre les envahisseurs mandchous. En 538, la première délégation est envoyée sur le sol japonais pour répandre la foi bouddhique. Rapidement adoptée par le clan Soga, et par conséquent transmise à toute l'aristocratie, le bouddhisme fut d'abord rejeté par le peuple, soutenu par les clans Nakatomi et Mononobe.

Cependant, alors que les traditions bouddhistes se font une place, les traditions shinto reculent. Les sépultures nommées « kofûn », sortes de tumulus en forme de serrure, sont interdits par décret impérial. La consommation de viande comme le cheval, les oiseaux, ou encore les chiens, est également interdite.
Par ailleurs, le bouddhisme n'a pas été la seule philosophie à se frayer un chemin jusqu'à l'archipel. Au milieu du VIIe siècle, le premier monastère taoïste japonais est bâtie sur le Mont Tonomine. Certaines sépultures impériales reprendront la forme octogonale, qui symbolise l'ordre universel selon le taoïsme, preuve de la solidité de cette implantation.

Alors que la période Asuka s'achève, l'empire est solidement établi, les clans comme le peuple lui sont attachés, la scène politique est calme, et nul conflit ne déchire l'archipel. Cette prospérité est telle que l'Empire Japonais se considère comme l'égal de l'Empire du milieu. Un véritable fleurissement culturel est sur le point de ce produire dans ce qui est désormais connu comme l'Empire du Soleil Levant.

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