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Fief : Guerre et Trahison au Moyen-âge

FIEF_BoiteC’est en 1981 que la rédaction du fameux magazine Jeux & Stratégie décerne le Pion d’Or à Philippe Moucheboeuf pour son jeu, qui deviendra un classique, Fief. Dans Fief, vous allez prendre en main la destinée d’une famille noble au moyen-âge, il vous faudra construire des forteresses, lever des armées, nouer des alliances avec vos voisins ou leur faire la guerre. Vous n’avez qu’un objectif : la Gloire au détriment des autres joueurs !

 

Le début des années 80, c’est  l’âge d’or du jeu de stratégie austère reproduisant les engagements militaires de l’Histoire avec une précision extrême. On ne compte plus les simulations de Waterloo, de Rocroi   ou de Marignan, toujours sur une carte à hexagone, toujours avec des centaines de pions où l’illustration est fidèle jusqu’à la couleur des boutons de manchette de la vieille garde de l’Empereur mais noyée sous un flot d’informations allant de la capacité de combat d’un Tercio espagnol en milieu aqueux par temps clair, jusqu’au temps de rechargement d’un canon de 6 livres en fonction du nombre de servants. En bref, ce sont des jeux passionnants mais que les détails et la complexité abandonnent à un publique de spécialistes.

Fief tranche avec cette tradition. Grâce à un thème fort, des règles intelligentes et une grande interaction entre les joueurs, Fief s’ouvre les portes d’un publique élargi voir familial ! Une première édition voit le jour en 1984 chez les italiens d’International Team, puis une seconde édition révisée en 1989 chez Eurogames (société de l’éditeur Français Descartes) enfin une nouvelle mouture entièrement remaniée en 2011.

Un contexte historique fort mais imprécis

L’action se situe au Moyen-âge quelque part entre la fin du XIVème siècle et le début du XVème. Il n’y a pas d’autre indication sur l’époque, autre que ce que l’on peut en déduire au regard des illustrations. Le plateau de jeu représente une région inconnue avec des champs, des rivières, des routes, des villages et des villes aux noms qui fleurent bon le Moyen-âge comme Beaujeu, Villeneuve, Les Essarts, Châteauneuf ou Belleville. Cette carte est divisée en six fiefs potentiels et quatre évêchés. Les joueurs vont pouvoir construire des châteaux, des moulins, lever des troupes et construire des engins de siège. Les armées sont commandées par des nobles (homme ou femme) eux même aux patronymes d’époques. Vos incarnations sur le plateau de jeu se nomment alors Jean, Charles, Henri ou bien Aliénor, Guenièvre et Marie pour ces Dames. Ces quelques éléments ajoutés à un système de règle qui se veut proche d’une certaine réalité historique installent une ambiance autour de la table qui n’a rien à envier à celle des Rois Maudits !

Le système féodal à l’épreuve du jeu de plateau

Plateau du jeu Fief

Chaque joueur commence la partie avec un noble sans titre, sa suite composée de quelques sergents et chevaliers et d’un unique village. Le jeu est prévu pour trois à six joueurs, mais là aussi plus il y a de participant plus les parties seront passionnantes. Pour revendiquer la victoire il faut avoir 3 points de victoire en individuel, ou 4 en passant une alliance matrimoniale, à la fin d’un tour de jeu. On obtient des points de victoire de trois manières différentes : 1 point par Fief constitué (Baronnie, Comtés, Duchés), 1 point si un membre de la famille du joueur est nommé Pape, 1 point pour celui qui a été élu Roi.

Pour obtenir ces points, il va vous falloir batailler ferme ! Dans un premier temps tous les joueurs vont se précipiter sur les moulins, disponible en nombre limités, pour s’assurer de confortable revenus. Une fois le stock de moulins épuisé, il va devenir nécessaire de les protéger de la convoitise des autres joueurs et étendre son territoire. Pour cela, vous aller recruter des troupes et pourquoi pas (si vous êtes dans la catégorie des joueurs agressifs) des engins de siège. Votre Ost formée, vous allez pouvoir conquérir et consolider vos terres et ainsi en réclamer le titre (l’acheter en réalité !). Pour obtenir un titre, il faut occuper tous les villages du Fief que vous convoitez et acheter le titre en question. Vous voilà donc Baron ou Duc. Un noble titré apporte des avantages certains, il peut lever la taille, participer aux élections avec un poids supplémentaire et prétendre au Trône !

Les aléas de la météo

Jusque là, cela ne semble pas bien compliqué, mais vous vous doutez bien que vos adversaire vont tout faire pour freiner vos ambitions, d’autant plus qu’ils les partagent ! Au début de chaque tour de jeu, vous allez piocher des cartes qui vont permettre d’une part d’ajouter des nobles pour agrandir votre famille mais aussi de faire pleuvoir des calamités sur la tête de vos concurrents. Il y a des cartes comme le souterrain qui favorise vos troupes lors des sièges mais aussi des catastrophes naturelles. Celle-ci frappe le plateau de jeu au hasard, les Tempêtes peuvent paralyser les troupes, la Famine peut frapper vos terres et vous ruiner, les paysans peuvent se révolter contre leurs seigneurs et plus grave encore, la Peste peut décimer les troupes et faire périr vos nobles ! Pour chaque calamité, il existe une carte qui vous en délivrera (sauf la Peste naturellement !), alors… pas de panique !

Elections, alliance et trahison !

Noblefief1

Dans Fief, on vote souvent. On vote pour élire un Evêque, on vote pour le Pape et pour le Roi ! Le système de vote est plutôt  réaliste. Chaque joueur peut présenter un candidat et voter, pour cela il possède trois jetons représentant une bille blanche pour un vote favorable, une bille noire pour un vote défavorable  et un jeton représentant les deux billes pour un vote nul. Un joueur ne pouvant voter qu’une fois, c’est là qu’il devient indispensable de composer pour obtenir le soutien indispensable à votre réussite. Le jeu en vaut la chandelle : un Evêque peut prélever la Dime, devenir Cardinal (un super Evêque en termes de jeu) et couronner un Roi. Le Pape rapporte un point de victoire, peut nommer des cardinaux et prononcer des excommunications. Le Roi rapporte un point de victoire, peut se servir directement dans le trésor royal et récompenser sa famille et ses alliés avec des titres.

L’élection est toujours le bon moment pour conclure une alliance ou s’engager sur la voie de la trahison. Pour faciliter cela, chaque joueur possède en début de partie trois pions « ambassade » qui lui donne la possibilité de s’isoler pour un tête à tête de trois minutes avec un autre joueur. Une alliance peut se concrétiser par un soutien lors d’un vote, un appui militaire voir même un mariage ! Le mariage est la grande nouveauté de cette édition, désormais il est possible d’unir deux nobles (homme et femme évidement !) et de cumuler les points pour une victoire commune à quatre points ! Un mariage ne peut être annulé que par le Pape … ou la disparition d’un des deux conjoints ! On imagine facilement que le danger représenté par une telle alliance en fera la cible de tous les complots !

En conclusion, Fief est un jeu aux règles certes touffues, mais tout de même facile d’abord. Le système est d’une telle richesse qu’il garantit le renouvellement et offre des possibilités qui n’ont de limites que votre fourberie ! N’est-il pas délicieux de se faire élire Pape et d’annuler le mariage qui vous lie à un autre joueur pour remporter la victoire tout seul ?

Pour aller plus loin

- Le site de l’éditeur

- Le blog de l’auteur

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