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Napoléon : Total War - Jeu vidéo PC

napoleon-total-warDepuis 2000 et la parution de Shogun, la célèbre série Total War n’en finit pas de combler les attentes à la fois des amateurs de jeux d’histoire, de jeux de stratégie et de jeux de guerre. Six opus plus tard, le concept est resté le même : permettre au joueur d’agir à la fois au niveau stratégique (au tour par tour), et à l’échelon tactique (en temps réel). Une combinaison de deux tableaux que l’équipe de The Creative Assembly a réussie avec bonheur, contrairement à d’autres titres. Dix ans après ses débuts, l’aventure se poursuit début 2010 avec la sortie d’un nouvel épisode, Napoléon : Total War.

Un jeu de stratégie raffiné

Force est de constater que le moteur de jeu y atteint un degré de raffinement considérable. Déjà, au niveau stratégique : là où le joueur de Shogun Total War se contentait de déplacer des pions de province à province sur une carte abstraite, celui de Napoléon Total War déplace ses armées à n’importe quel point d’une province, sur une représentation 3D du terrain. Cette gestion du niveau opérationnel n’est pas nouvelle, mais elle prend une saveur particulière dans le contexte des guerres de la Révolution et de l’Empire, où la manœuvre des armées en campagne était une des meilleures armes de Napoléon Ier.

ntwstratCette immersion est encore renforcée par la possibilité pour plusieurs armées de s’épauler si elles sont suffisamment proches – permettant ainsi de marcher séparément pour frapper ensemble – ou par la nouvelle échelle chronologique. Chaque tour de jeu stratégique équivaut à deux semaines ; changement nécessité par des campagnes de seulement quelques années (là où celles des précédents opus durant des décennies, voire des siècles), mais qui s’avère parfaitement adapté. Toujours dans l’optique de permettre des campagnes militaires plus vivantes, on peut désormais exiger la reddition des villes faiblement défendues sans être obligé de les assiéger. Ainsi, plusieurs provinces peuvent être conquises en un seul tour… à charge pour le vainqueur d’en assurer la défense ensuite !

La contrepartie est un temps de formation des unités devenu peut-être un peu court par rapport à la réalité, mais ce n’est ni handicapant ni flagrant et globalement, le plaisir de la gestion stratégique demeure. Il est même renforcé car, dans la lignée de Empire Total War, celle-ci a gagné en finesse sans pour autant perdre en facilité. Finies, les stratégies « gros bill » qui consistaient à construire autant de bâtiments que possible dans chaque province, et à empiler des unités militaires jusqu’à saturation. Chaque ville n’a qu’un nombre limité d’espaces de construction, et il vous faudra choisir avec soin quels seront les bâtiments à construire. De même, les revenus ne seront pas inépuisables, et recruter trop de troupes pourrait vous mettre très vite en difficulté, d’autant plus que les populations des régions conquises auront tendance à s’agiter rapidement si elles sont trop pressurées.

Des batailles qui tiennent leurs promesses

Raffinement est aussi le mot qui caractérise les batailles tactiques. On n’insistera pas sur la qualité graphique, pleinement configurable en fonction de l’ordinateur de chacun, et pour laquelle The Creative Assembly n’a plus rien à prouver : le détail des uniformes et des visages de chaque soldat sont là pour le démontrer. S’il est plus facile de commander l’armée vue d’en haut, on peut tout aussi bien zoomer pour la diriger au ras du sol, au coeur de l'action : c’est là, sans vue d’ensemble sur la bataille en cours, qu’on réalise à quel point l’exercice est difficile ! C’est à déconseiller contre l’IA, qui n’a pas ce genre de contingences, mais l’expérience doit être plaisante à tenter en mode multijoueurs. Sur ce point, le jeu fait un pas dans la bonne direction, puisqu’une option « bataille impromptue » permet de laisser à un ami le commandement de l’armée adverse durant une bataille livrée dans le cadre d’une campagne solo. Seul bémol graphique à mon goût (mais c’est peut-être parce que je n’ai pas correctement configuré les graphismes), les champs de bataille manquent singulièrement de… fumée.

bataillentw1Bien évidemment, les batailles terrestres sont livrées avec un certain degré d’abstraction que les habitués de la série Total War connaissent bien, mais qui pourrait dérouter les puristes. Pour d’évidentes raisons liées au moteur de jeu, il n’est pas possible de simuler telles quelles les armées de dizaines, voire de centaines de milliers de combattants, caractéristiques des guerres napoléoniennes. De fait, vous n’en aurez pas plus de quelques milliers (ce qui n’est déjà pas si mal, vu le degré de réalisme graphique obtenu en contrepartie !). Cela peut sembler un peu anémique à première vue, aussi est-il vivement recommandé de choisir l’option « ultra » pour la taille des unités, quitte à réduire la qualité des autres options graphiques sur les machines les plus anciennes.

Dans cette configuration, avec des batteries de quatre canons, des bataillons de 180 soldats, et des escadrons de cavalerie de 60 lames, ça a déjà davantage de « gueule », comme on dit. Rien à redire quant à la diversité des unités disponibles : il en existe une large palette, différentes pour chaque nation, et dont l’apparence varie avec l’époque (le lignard de 1796 en Italie n’a pas le même uniforme que celui de 1798 en Égypte). Chacune a sa propre utilisation tactique : les dragons pourront mettre pied à terre pour utiliser leurs carabines, les chasseurs à pied se disperseront en tirailleurs…

Simplicité et réalisme : le compromis idéal ?

Tout ceci dans le respect des principes de simplicité ayant présidé aux précédents opus. L’interface de bataille demeure facile d’utilisation et intuitive, avec un nombre réduit d’options qui permettra même aux joueurs n’ayant aucune connaissance des tactiques de l’époque de s’immerger dans le jeu. On pourra regretter quelques manques, comme par exemple l’impossibilité de faire exécuter de véritables feux de salves par l’infanterie, ou de capturer les canons ennemis pour les retourner contre lui ; rien, toutefois, qui ne puisse être corrigé par un patch ou une extension ultérieure – peu de travail pour un enrichissement certain du plaisir de jeu.

Au final, la simulation tactique est excellente. L’efficacité de l’artillerie est bien rendue : faible à longue distance (à moins de l’employer en nombre et d’en concentrer les feux), elle devient dévastatrice à bout portant, lorsqu’elle tire de la mitraille. Concernant la cavalerie, on emploiera avec bonheur la tactique de l’époque : charge, retrait, nouvelle charge, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ennemi cède. Tout au plus peut-on regretter que l’infanterie ait tendance à trop utiliser le feu au détriment du choc, contrairement à ce qui se pratiquait alors. Autre petit bémol, la différence entre les tués et les blessés n’est plus prise en compte, alors qu’elle l’était dans Medieval II Total War.

ntwnavalAyant peu testé les batailles navales, je ne saurais trop en dire, si ce n’est que les graphismes sont évidemment magnifiques. Leur interface est simple (on appréciera la possibilité de tirer par salves) et là encore, le réalisme est au rendez-vous, avec la possibilité d’aborder l’adversaire pour le capturer, ou le choix entre différentes munitions pour le couler, le démâter, ou décimer son équipage. En revanche, il semble que la gestion du vent, a priori présente dans Empire Total War, ait disparu. Cela peut se comprendre, du reste, car si elles sont faciles à gérer tant qu’on n’a qu’un seul navire, les batailles navales de Napoléon Total War tendent à se compliquer grandement quand on en a davantage.

Une durée de vie appréciable

Le jeu offre un choix assez large de campagnes. La principale vous met à la place de Napoléon Bonaparte lui-même – vous jouez donc la France. Après un didacticiel centré sur les jeunes années du futur empereur, la campagne d’Italie de 1796-97 constitue une excellente mise en bouche, alors que celle d’Égypte permet de mieux appréhender toute l’étendue des options stratégiques. Ce n’est pas de trop pour préparer la campagne principale, qui se déroule sur toute l’Europe de 1805 à 1812. L’aventure s’achève ensuite (si toutefois vous n'avez pas soumis l'Europe entre temps !) comme l’épopée napoléonienne, par un dernier baroud d’honneur à Waterloo.

Les campagnes françaises sont ponctuées de cinématiques qui ne sont pas toujours d’un réalisme très poussé (Bonaparte troque ainsi son uniforme de général révolutionnaire pour la redingote grise et le bicorne de Napoléon dès la campagne d’Italie), mais pour le reste, le cadre historique est respecté, par le biais d’événements de jeu obligeant le joueur à adapter sa stratégie au déroulement de l’histoire afin d’y faire face. Ainsi, l’instauration des « républiques sœurs » en Italie lui permettra d’assurer ses arrières, alors que la révolte de la Basse-Égypte l’obligera au contraire à les protéger.

ntwnapoLes autres factions jouables (Angleterre, Autriche, Prusse, Russie) n’ont accès qu’à la campagne de 1805-1812. Toutefois, plusieurs autres nations sont accessibles en multijoueurs, ainsi que dans les batailles ponctuelles. Ces dernières sont elles aussi jouables de façon linéaire, l’une après l’autre, et regroupent les principaux engagements de la période napoléonienne, du pont de Lodi à Waterloo. Bref, un jeu à la durée de vie considérable. Au final, le plus gros inconvénient du jeu reste la nécessité, pour y jouer, d’avoir une connexion à Internet afin de s’inscrire sur la plate-forme de jeu en ligne Steam pour pouvoir l’installer et y jouer. Les temps changent et le marché du jeu vidéo évolue, certes, mais il demeure regrettable qu’on ne puisse lancer le jeu si, pour une raison ou une autre, on ne parvient pas à se connecter à Steam !

Une série parvenue à maturité

En définitive, abstraction faite des petits défauts (assez mineurs pour la plupart, il faut bien le reconnaître) évoqués plus haut, Napoléon : Total War s’avère être un excellent jeu. S’il n’est peut-être pas le meilleur de la série (appréciation très subjective, qui dépend de la période traitée et des goûts de chaque joueur), il est très probablement le plus abouti, aussi bien sur le plan technique qu’en matière historique, ou encore au niveau du gameplay. On ne peut que le recommander à son public de prédilection, tel que décrit dans le paragraphe d’introduction de ce test : les amateurs de jeux de stratégie, d’histoire, et de guerre. Tous y trouveront au moins un motif de satisfaction et peu, à mon avis, regretteront leur achat.

À sa sortie l’an passé, Empire Total War avait essuyé des critiques, portant notamment sur le degré de finition du jeu, jugé très insuffisant. Napoléon Total War constitue la réponse de The Creative Assembly : avec ce volet, le moteur de jeu des Total War est parvenu à maturité. Le moteur de combat, notamment, gère à présent aussi bien le feu que le choc, lui permettant, avec seulement des aménagements mineurs, de simuler les batailles de n’importe quelle époque jusqu'au XIXème siècle – guerre de Trente Ans ou guerre de Sécession, par exemple. Oui, chers lecteurs, cher distributeur de la série (Sega) et cher studio (The Creative Assembly), ceci est un appel du pied, alors qu’on commémorera dans un an les 150 ans du déclenchement de la guerre de Sécession. Face à un marché états-unien toujours friand de produits en lien avec « sa » guerre civile, le moteur de jeu Total War serait mûr, en l’état, pour reproduire ce conflit – pour le plus grand bonheur de millions de fans à travers le monde, à commencer par moi. Alors, à quand un Sécession : Total War ?
Napoleon Total War, de Creative Assembly, édité par Sega France.

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