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Accueil Jeux Stratégie Total War : Rome II

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Total War : Rome II

r2Presque dix ans après la sortie du légendaire « Rome Total War » les fans du jeu de stratégie découvrent ce « Rome II » qu'on leur annonçait des plus prometteurs : graphismes exceptionnels, nouveautés tactiques et stratégiques, large choix de factions, diplomatie affinée... Histoire Pour Tous a testé pour vous ce qui a toutes les chances d'être LE jeu de l'année.coup-de-coeur

 Contrairement à Rome I qui vous contraignait à finir la campagne romaine pour jouer d'autres factions, vous pouvez avec Rome II jouer directement Carthage, les Parthes, le Pont, les Icènes, les Arvernes, la Macédoine, l'Égypte ou les Suèves (Athènes, Sparte et le royaume d'Épire nécessitant un téléchargement payant). Pour changer des critiques que vous trouverez partout ailleurs, et par chauvinisme français mal placé, notre critique abordera prioritairement ce jeu non pas à travers sa faction phare, Rome, mais à travers la faction phare de la Gaule : les Arvernes. Si vous aviez prévu votre toge, il est encore temps d'enfiler des braies.

Graphisme

Le premier point qui saute aux yeux avec ce nouvel opus de la saga Total War, c'est ça beauté ! Avant toute chose Rome II est un jeu graphiquement beau, avec des unités, une architecture et une carte de campagne très détaillés. Certes, il faudra une machine récente pour profiter au mieux des capacités du jeu, mais la bonne nouvelle c'est que même des machines ayant quelques années sont en mesure de faire tourner le jeu, moyennant quelques concessions graphiques bien entendu. Nous vous conseillons néanmoins de vérifier les configurations de votre ordinateur avant l'achat car il n'y a hélas aucune démo disponible pour tester la compatibilité.

Historiquement tout n'est certes pas parfait, il y a par exemple un décalage entre la réussite de la modélisation de la ville aux sept collines, et au contraire sa rivale punique architecturalement trop hellénisée. Au niveau des unités il n'y a bien entendu aucune comparaison possible avec Rome I. Pour les amateurs de mod il conviendrait plus de comparer avec Europa Barbarorum II: elles sont variées, généralement bien attestées historiquement et bien détaillées (cottes de mailles, cimiers de casques, expression des visages, épées anthropomorphes...). Alors certes tout ne peut pas être historiquement parfait (ne serait-ce que par l'impossibilité d'une parfaite individualisation des guerriers dans des troupes hétéroclites comme l'était les Gaulois), mais un jeu historiquement parfait serait-il parfaitement un jeu ? Il faut garder un peu de simplicité et une place à l'uchronie. Il n'empêche qu'à l'heure actuelle Rome II apparait comme un des meilleurs jeux (LE meilleur ?) sur l'Antiquité pour qui veut à la fois un peu de stratégie / tactique et de beaux graphismes. À l'avenir, des packs téléchargeables, et peut-être des mods, devraient venir peaufiner le jeu et peut-être son historicité. 

tradiLes Fils de Mars

Rome II est, comme tout opus de la saga, très orienté sur la guerre entre les différentes factions. Tout se déroule selon un judicieux mélange de tour par tour pour la stratégie (déplacement des troupes sur la carte de campagne, gestion des villes...) et de temps réel pour la tactique (vous pouvez, si vous le désirez, prendre vous-même la direction des troupes durant la bataille).

La carte de campagne est plus complexe que dans les opus précédents (voir la carte de campagne interractive). Sous Rome I nous avions une ville par région. Avec Empire et Napoléon il y avait pour chaque région une capitale dont le contrôle était essentiel, et des petites villes où la production de bâtiments était délocalisée. Dans Rome II il y a un double découpage géographique en provinces et en régions. Chaque province comporte deux à quatre régions. Par exemple en tant qu'Arverne je commence à Nemosos dans l'Aquitania, mais je partage cette province avec les Vivisques qui sont installés autour de Burdigala, et avec mes alliés les Pictones qui ont comme capitale Lemonun. Si une faction parvient à contrôler une province dans son intégralité elle peut alors la gérer globalement avec des décrets provinciaux générant des bonus de gestion. Revers de la médaille, le nombre important de factions entraine des temps de chargement de tour assez longs (comparables à ceux des mods Total Faction, pour ceux qui ont essayé). Toutefois, si vous êtes du genre impatient, n'oubliez pas que David Gibbins publie une série de livres sous licence Total War dont le premier tome « Détruire Carthage » vient de paraitre ! Comme ça vous ne sortez pas de Total War Rome II et vous reposez vos yeux en passant de l'écran au livre...

Sur la carte de campagne, on remarque plusieurs nouveautés tactiques. D'abord, une armée ne peut plus se déplacer sans général et le nombre d'armées est limité. Comme avant, le général peut développer des caractéristiques propres, des traits de caractère, selon un système proche de celui de Shogun II (certaines caractéristiques sont aléatoires, d'autres sont choisies par le joueur quand le personnage a rempli sa jauge d'expérience). La grande nouveauté est que les armées peuvent acquérir elles aussi de l'expérience. Avant, seules les unités obtenaient à titre individuel des bonus liés à l'expérience. Maintenant l'armée (la légion pour Rome) est une unité bien individualisée : le joueur peut choisir son nom, son insigne et elle acquiert de l'expérience (bonus en corps à corps, en tir...) qui profiteront à toute unité présente dans l'armée : il s'agit de traditions militaires propres à cette armée et dont bénéficient toutes les recrues. D'ailleurs, les recrues ne sont plus formées dans les villes, mais recrutées par les généraux eux-mêmes, selon les disponibilités de la province. Le recrutement de mercenaires ne change pas. Ces armées une fois lancées en territoire ennemi peuvent avoir différents comportements : vous pouvez leur ordonner de se fortifier (rien de nouveau, c'était déjà le cas dans Romeagents
I), de s'embusquer (il faut l'ordonner, ce n'est plus automatique comme avec Napoléon) , de faire un raid c'est-à-dire que mon armée « Les épées de Ségomon » peut piller le territoire des Vivisques, ce qui augmente le moral des troupes et limite les frais d'entretien, mais a de multiples effets négatifs notamment sur la vitesse de déplacement de mon armée ou sur mes relations diplomatiques avec le propriétaire de la province pillée... Si à contrario vous souhaitez allez vite vous pouvez ordonner des marches forcées, au risque de tomber dans une embuscade. Une fois le siège terminé, vous pouvez comme à l'habitude occuper la ville, voir la libérer si le peuple souche était déjà occupé par la faction que vous venez de vaincre. Mais la nouveauté est que vous pouvez vous contenter de piller la ville sans l'occuper ! Cette technique est très utile quand vous menez des raids loin du cœur de votre empire et que vous ne voulez pas vous embarrasser avec une région éloignée et difficilement gérable qui serait rapidement un boulet à trainer pour votre administration. Ce choix est parfois d'autant plus judicieux qu'il est hélas toujours impossible, comme dans Shogun II, d'effectuer des échanges de régions entre factions.
Autre nouveauté, vous n'avez plus besoin de fabriquer de bateaux pour prendre la mer : il vous suffit d'approcher votre armée du rivage pour qu'elle trouve à embarquer selon un principe très similaire à celui des derniers Civilization. Toutefois, vous pourrez quand même construire des navires de guerre pour protéger votre armée et ses navires de transport.

Outre les armées, la carte de campagne est toujours parcourue par des agents comme les espions, experts en assassinats et sabotage, mais aussi par de jeunes guerrières ou des seigneurs de la guerre. Ces derniers peuvent mener des actions de guérillas en territoire ennemi pour démoraliser la population. Ils peuvent aussi tenter de tuer ou de rallier un agent étranger. Ainsi, mon seigneur de la guerre ayant trouvé une jeune guerrière ennemie aura le choix de tenter de l'éliminer (en l'attaquant violemment, en lui tendant une embuscade ou en la défiant en duel) ou de la rallier à ma noble cause arverne (en jouant sur son bon sens, sa vanité ou en lui faisant peur).

Tactiquement, sur la carte de bataille en temps réel, les joueurs habitués à la saga ne seront pas désorientés. Il suffit juste de se mettre au point sur les formations et capacités spéciales propres à chaque unité, sinon rien n'est changé dans l'ensemble si ce n'est le champ de vision. En effet, fini le temps où vous pouviez voir tous les déplacements ennemis dès le commencement de la bataille. À présent le relief à un impact direct sur votre vision et il vous faudra envoyer des éclaireurs sur une colline pour voir ce qui se trame de l'autre côté. Mais ce nouveau concept sera aussi très utile à vos fiers Gaulois qui pourront progresser furtivement dans les fourrés pour tomber comme la foudre sur une colonne romaine ! L'autre grande nouveauté tactique concerne les batailles littorales : dès à présent vos troupes au sol pourront être appuyées par les navires ! Et ces forces supplémentaires ne seront peut-être pas de trop pour vous emparer des différents points de contrôle nécessaires pour faire tomber une ville (un peu comme dans Cossacks II) : fini le bon temps où il suffisait de se ruer sur la place principale pour gagner la ville !

Petit plus tactique également : la possibilité en cours de bataille de consulter une carte plane où sont reportées les troupes. Cela devrait permettre une meilleure vue d'ensemble.

carte

La diplomatie

La diplomatie prend une place croissante dans les Total War. Avec le nombre important de peuples aujourd'hui représentés elle devient tout simplement cruciale. Plus besoin d'envoyer un diplomate comme dans Rome I, vous pouvez ouvrir à tout instant des négociations avec les peuples connus (un bon acquis des derniers opus). Il parait évident que pour un chef arverne qui commence avec une seule région (et donc une seule ville), il devient primordial de nouer des liens avec ses voisins (sauf les Éduens, bien entendu, avec qui l'on ne négocie qu'à la pointe de l'épée !...). Il vous faudra donc, pour couvrir vos arrières, établir des pactes de non-agressions avec vos voisins, durement négociés autour d'une corne d'hydromel. Le commerce est aussi indispensable si vous voulez développer une économie viable, notamment en négociant avec Massilia pour vous approvisionner en vin. Chose plus difficile encore, vous pourrez tenter de réunir d'autres peuples gaulois derrière vous au sein d'une grande confédération qui pourrait être en mesure de tenir tête aux légions romaines.

Mais, à notre avis, le plus gros point positif en diplomatie est la possibilité de désigner des objectifs militaires. En effet, dans les opus précédents les joueurs avaient coutume de se plaindre de l'inutilité des alliés. Le jour où vous partiez en guerre, vos soi-disant alliés restaient tranquillement chez eux pendant que vous vous faisiez étriper en première ligne. À présent, si je suis en guerre contre les Carnutes et les Éduens je pourrai demander à mes alliés Pictonnes d'attaquer Cenabum pendant que je marche sur Bibracte.

campagne

L'administration

Bien qu'il faille un temps certain de prise en main (le Prologue est pour cette raison plus que conseillé), la gestion des villes reste, dans les grandes lignes, proche de celle des opus précédents : dans chaque ville vous construisez des bâtiments qui sont débloqués au fil de vos avancés technologiques, et ces nouveaux bâtiments ont un impact sur la production, les ressources alimentaires, l'ordre public, le type d'unités militaires pouvant être recrutées... La nouveauté est la prise en compte démographique clairement visible. Nous disons « clairement visible » car en fait la démographie était déjà prise en compte dans les précédents opus, les villes devant passer un seuil pour construire certains bâtiments. Mais ici dès qu'une ville a un gain de population suffisant (avec donc un impact de l'attractivité de la ville) le joueur peut choisir de l'agrandir. Une fois la ville agrandie il peut construire un nouveau bâtiment. Sinon il ne fera qu'améliorer les bâtiments déjà présents. Autre nouveauté graphique, l'agrandissement des villes est directement visible sur la carte de campagne, ce qu'on n'était pas habitué à voir pour un Total War mais qui rappelle également Civilization.

Un rôle particulier était donné aux révoltes. Les révoltes populaires ou les trahisons d'agents étaient habituelles, les révolutions pouvant renverser le pouvoir en place étaient connues depuis Empire, mais la nouveauté consiste en luttes intestines entre élites. En effet toute faction est divisée entre divers partis qui jouent de leur influence pour prendre le pouvoir. Pour certaines grandes factions, comme Rome ou Carthage, vous choisissez votre parti en début de campagne, mais pour de plus petites factions comme les Suèves ou les Icènes vous représentez d'emblé le parti le plus influent. Pour éviter que votre parti ne perde le pouvoir, vous pouvez être amené à détruire la réputation de membres de votre propre faction voir, dans le pire des cas, à les faire assassiner. Même un modeste chef gaulois au fin fond de la Celtique ne sera pas dispensé de garder un œil inquiet sur les ambitions des autres aristocrates de son propre peuple.

bataille

Conclusion

Nul doute que Rome II va largement satisfaire les fans du genre, qui risquent de passer de longues heures pour remplir les objectifs de campagnes généralement très ambitieux. Il est vrai que le téléchargement par Steam peut être lassant (ce que la plateforme tente de contre balancer par un système de « succès » à débloquer, qui ne servent à rien si ce n'est satisfaire votre ego), que pour l'instant il y a peu de batailles historiques à jouer (quatre), que l'on peut pester contre les packs d'unités payants... Nonobstant, les multiples campagnes que vous allez vivre avec une multitude de factions dans un environnement beau, riche, complexe et immersif, devraient rapidement vous séduire et vous tenir de nombreuses nuits devant votre écran !

À noter que les joueurs du premier jour ont rencontré quelques problèmes de plantage que rapportent les forums spécialisés, toutefois des mises à jour automatiques (c'est le seul véritable avantage de Steam) ont visiblement déjà réglé ces problèmes et nous n'avons pas rencontré de soucis techniques.


Au final, Total War Rome II : un INDISPENSABLE pour les fans de jeux de stratégie !

 

Le jeu

- Total War Rome II

- Total War Rome II, Edition collector 

Le livre

GIBBINS David, Total War Rome "Détruire Carthage", Les Escales Noires, 2013.

La vidéo

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