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Constantin, Le premier empereur chrétien (V. Puech)

constantin_puechL'heure semble être à la floraison de publications ou de réédition sur l'empereur Constantin. La chronologie n'est pas étrangère à cela puisque nous sommes en ce moment même tout proche du basculement de l'empereur vers le christianisme, avec les conséquences que nous savons pour l'avenir de l'Occident. Ainsi, l'ouvrage de Vincent Puech se trouve placé dans un véritable mouvement d'ensemble dans l'historiographie de l'empereur ce qui, pour reprendre une terminologie finalement très actuelle, le met en concurrence directe avec d'autres publications. Nous allons donc essayer d'en savoir un peu plus sur cet ouvrage et surtout à qui il peut s'adresser.

 

Trame pédagogique

Ce qui saute aux yeux rapidement avec ce livre c'est la construction assez « scolaire » de la table des matières. Pour qui a suivit des études supérieurs en Histoire ou dans d'autres matières des Sciences Humaines, ce plan apparaît comme un modèle classique du genre. La chronologie, si elle n'est pas inexistante reste en quelque sorte inféodée à des thèmes précis, classiques là encore, qui jalonnent l'Histoire de l'empereur. Un empereur, acteur du monde dans lequel il vit mais aussi un homme de son temps, loin du simple révolutionnaire que l'on présente parfois de façon simplificatrice. Les thèmes habituels donc sont abordés, comme celui de la fameuse conversion. Mais on rencontre également un point sur les rapports des cités et de l'empereur ce qui est intéressant dans le sens où, en cette époque tardive, le sort des cités est parfois un peu rapidement évacué pour axer sur le renforcement de la centralisation du pouvoir. Du coup cela nous évite un lieu commun tout en précisant un aspect de la continuité dans cet Empire ; la rupture n'est pas universelle et c'est d'ailleurs ce que précise magistralement l'ouvrage de Jean-Michel Carrié et Aline Rousselle sous le titre explicite ; l'Empire romain en mutation. Outre cette construction logique claire et efficace on remarque avec intérêt que la chronologie a été assurée sur le revers de la couverture ce qui permet de s'y reporter rapidement pour ne pas perdre le fil des évènements dans les chapitres thématiques.

Un glossaire très complet de sept pages complète cette dimension pédagogique de l'ouvrage évitant que le « non-initié » ne se perde dans des désinences parfois obscures puisque certains éléments changent beaucoup depuis le Haut Empire, généralement mieux connu du public, notamment dans l'administration impériale, plus fournie et plus tortueuse.

La mise en page, bien aérée sur des pages d'une taille importante de près de 24 cm de hauteur assure en tout cas un grand confort de lecture.

L'ensemble nous semble donc équilibré et à vocation nettement pédagogique.

Contenu

Dans ce domaine, la comparaison semble presque une évidence au milieu de la densité des productions sur l'empereur. Les biographies sont presque sans nombre et abordent souvent l'existence de Constantin avant tout par son biais religieux. L'ouvrage, en ne se contentant pas de ce seul thème trouve donc une place légitime. Néanmoins il faut bien avoir en tête qu'il ne s'agit pas d'un ouvrage de recherche mais d'un manuel, surtout destiné à des étudiants ou des passionnés souhaitant découvrir Constantin et son temps. L'aspect didactique, sur lequel nous avons insisté, se comprend parfaitement à la lecture du livre. Il n'y a pas de réels point historiographiques des questions abordées et l'analyse générale est très dépendante des publications majeures sur le sujet. H

eureusement elles s'y retrouvent pour une bonne part ce qui évite que l'ouvrage soit d'emblée victime de l'évolution de la recherche. Cette bibliographie est d'ailleurs importante pour qui souhaite aller plus loin ; les études importantes y sont référencées, éludant le risque de se disperser dans les méandres des productions parfois d'une qualité inégale. Par contre il est intéressant de voir apparaître assez souvent des citations d'auteurs antiques. Dans ce type de production ce n'est malheureusement pas une norme et pourtant il est fondamental de fournir le matériel scientifique permettant aux historiens de « faire » l'Histoire. Les illustrations participent au même office. Nous avons par ailleurs beaucoup aimé les plans de bâtiments constantiniens réalisés en élévation ce qui facilite leur compréhension par le lecteur ; il n'est pas toujours évident de réaliser une projection en trois dimension dans son esprit d'un simple plan des fondation. D'un point de vue architectural c'est tout à fait pertinent.

Limites

Les limites de l'ouvrage sont inhérentes à son orientation didactique. Les éléments abordés le sont parfois de façon un peu trop catégorique alors que ce sont des points en discussion, ce qui est d'autant plus dommage qu'il ne s'agit pas d'un travail de recherche à proprement parler. Ainsi le risque est d'avoir une trop grande confiance certaines idées qui ne reposent pas sur grand chose. Par exemple à la page 58 l'auteur insiste à raison sur l'aspect héréditaire de l'Empire romain, mais en oubliant un peu trop la question de l'acclamation de l'armée parfaitement centrale et qui est toujours là pour rappeler que l'Empire n'est pas une simple monarchie mais toujours dirigé par un magistrat viager détenant son pouvoir du peuple romain.

En guise de conclusion

En tout cas l'ouvrage tire tout de même son épingle du jeu par un chapitre très intéressant mais malheureusement beaucoup trop court ; celui sur la légende de Constantin. En temps que byzantiniste, l'auteur apporte ici un élément rarement abordé dans les publications sur le premier empereur question et qui a trait à sa postérité. On a insisté à loisir sur la révolution engendrée par son acte mais les suites futures restent en général lettre morte. L'auteur avait l'opportunité de nous replacer dans cette chronologie, mais il le fait trop brièvement. Le livre demeure donc un bon manuel qui néanmoins ne dépassera pas les bornes de la découverte.

Constantin, Le premier empereur chrétien, de Vincent Puech. Ellipses, 2011.

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