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La Palatine (B. Cortequisse)

palatine_cortequisseLa Palatine qui se décrit ainsi « j’ai le corps et les cuisses courts : somme totale : je suis un petit laideron. Si je n’avais bon cœur, on ne me supporterait nulle part… j’ai pris le parti de rire la première de ma laideur : cela m’a très bien réussi, et j’ai souvent trouvé de quoi rire» fut l’un des caractères les plus attachants, les plus naturels, les plus authentiques du Grand Siècle. Elle mena une vie de décence, de religion, d’humanité, dotée d’une noble franchise.


 

Femme vertueuse, elle tenait ses amis pour le bien le plus précieux de la terre. Toujours droite, elle usait de sa franchise lorsqu’elle écrivait en avril 1719 « la très cordialement détestée » vient à mourir et Madame ne voulait pas se mêler de politique « laissons cela aux hommes, car depuis longtemps la France fut gouvernée par une femme… on voit le résultat ».

La Vie de Madame La Palatine

Elisabeth Charlotte de Bavière, surnommée Madame ou La Palatine, arrive à la Cour peu au fait des usages, mais son beau-frère Louis XIV la prend en amitié et l’aide dans les présentations « chaque fois que je devais me lever pour un duc ou un prince, le roi me donnait discrètement un petit coup dans les côtes ».

L’ouvrage est tantôt émouvant lorsque la petite infante d’Espagne, une charmante enfant spontanée et pleine d’esprit arrivée en France pour épouser Louis XV, s’attache à Madame ; tantôt il est plein d’humour lorsque Madame raconte qu’un sermon prêché la fait s’endormir en pleine messe et ne voit donc pas l’intérêt d’être présente à l’église ou lorsqu’elle est amenée à poser « les premières pierres » où elle rit de cette cérémonie tout en étant réaliste car elle pense « qu’il importe peu à Dieu que la première pierre soit posée par un maçon ou un prince, car nous sommes tous poussière et cendre devant Dieu » ; elle passe par des moments de profonde tristesse quand elle doit faire face aux complots fomentés par les mignons de son époux et son mal être se transforme peu à peu en haine et en rage ou lorsque sa tante Sophie « ma presque mère » meurt car Madame lui écrivait deux fois par semaine de quinze à vingt pages chaque fois et la réponse la remettait de bonne humeur ; puis on assiste à des moments de désabusement face aux mœurs de la Régence « il y a quelque chose dans l’air qui rend la jeunesse d’à présent si fainéante…je pense que le monde a été mis à l’envers…pas une laveuse de Versailles qui ne se figure avoir assez d’esprit pour gouverner tout le royaume », la décadence de la cour la désole : il n’y a plus de respect, plus de préséance, que de l’impolitesse et des intrigues.

Près de la fin, ses derniers mots sont pour son fils en larmes « Vous pleurez mon fils. Avez-vous cru que j’étais immortelle ?  Ne savez vous pas que le chrétien ne doit souhaiter de vivre que pour apprendre à mourir ? »

Notre avis

C’est ainsi que Bruno Cortequisse retrace la vie de la Palatine en piochant dans « le monument littéraire du Grand Siècle » qu’était les 60 000 lettres écrites par Madame ainsi que dans les Mémoires de ses contemporains comme Mme de Sévigné, Mme de Motteville, Saint Simon, Sainte-Beuve sans oublier le Journal de Dangeau. On découvre l’envers des fastes de Versailles, les vrais visages de la cour, les complots, les médisances, les jeux et d’après Madame « si l’on ne joue pas, on est bon à rien ! Point de causerie, point d’esprit chez les courtisans ».

C’est un réel plaisir de se plonger dans cet ouvrage au ton enlevé, net et sans fioritures, notamment les descriptions concernant les maladies du Grand Roi ou du Dauphin, ressemblant énormément à un journal de médecin, criant de réalisme et de vérité…comme l’était La Palatine.

La Palatine, de Bruno Cortequisse. France-Empire, juin 2012.

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