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Marie-Louise, femme de Napoléon Ier (J. Bertaut)

marie_louiseLes éditions France-Empire viennent de rééditer les travaux de Jules Bertaut sur Marie-Louise, impératrice, femme de Napoléon Ier. Celle que la légende dorée de l’empire n’a pas épargnée s’en retrouve quelque peu réhabilitée. Ne s’arrêtant pas à l’habituelle dénonciation faite à son encontre de mauvaise mère et de mauvaise épouse, ne se contentant pas d’une comparaison caricaturale avec sa tante Marie-Antoinette,Jules Bertaut dresse un portrait profondément humain et compatissant d’une douce Viennoise malmenée par des intérêts qui la dépassaient.Lire la suite...

 

Marie-Louise : l’étrangère mal aimée de l’histoire impériale ?

Marie-Louise de Habsbourg, fille de l’empereur d’Autriche, est la seconde femme de Napoléon. Après avoir répudié Joséphine à cause de sa stérilité, Napoléon espère de son hymen avec Marie-Louise un héritier mâle pour la dynastie et une alliance étroite avec son beau père François Ier d’Autriche. Elle lui donna cet héritier tant attendu, ce fut l’Aiglon, mais l’alliance autrichienne ne fut qu’un leurre qui se brisa en 1813, entrainant la chute du Premier Empire. Marie-Louise, l’étrangère, fut rapidement comparée à sa tante Marie-Antoinette : deux souveraines venues d’Autriche, deux femmes distantes à la cour, deux femmes à la réputation dévergondée, deux femmes dont la Patrie s’est retournée contre la France, deux femmes qui ont entrainé la chute de leur mari… Son comportement après la chute de l’Empire ne fut pas non plus pour redorer son blason : tandis que son époux agonisait à Sainte-Hélène, et que son fils atteint de phtisie était abandonné dans sa prison dorée de Schönbrunn, Marie-Louise se prélassait entre les bras du général Neipperg. Dans les années qui suivirent la fin de l’Empire, les grognards brodèrent la légende dorée de Napoléon, amplifiée par la résistance d’un Bonapartisme politique qui ne cessa de monter en puissance jusqu’à l’avènement du Second Empire. Et dans cette légende dorée qui caricatura les protagonistes, Marie-Louise eut forcément le mauvais rôle : mauvaise épouse, mauvaise mère, ce que les biographes pardonnaient à Joséphine, ils ne le lui pardonnaient pas. Car Marie-Louise c’était aussi l’Autriche, et dans cette première moitié du XIXème siècle où se brodait la légende : l’Autriche restait l’ennemi.

Une double réhabilitation

Cette réédition de l’œuvre de Jules Bertaut est une double réhabilitation. Premièrement une réhabilitation de Marie-Louise que l’auteur refuse de vouer aux gémonies. Il souligne, à juste titre, à quel point la légende dorée de Napoléon l’a accablé alors qu’elle se montrait plus indulgente avec le dévergondage de Joséphine, mais aussi des sœurs Bonaparte Pauline et Caroline, ou avec les multiples trahisons de l’entourage de l’Empereur. Jules Bertaut fait habilement remarquer qu’on a héroïsé Napoléon, qu’on en a fait un quasi-égale des archétypes antiques, et qu’on a reporté sur Marie-Louise des attentes fantasmées de femme parfaite, hors-norme, pour un époux hors-norme. Or il ne faut pas juger Marie-Louise pour l’écart entre la réalité et les attentes qu’on avait d’elle, mais il faut se contenter de regarder les vicissitudes d’une femme ordinaire qui n’était pas faite pour supporter le poids de ces attentes. Ardente à aimer un homme tant qu’il est proche d’elle, manipulée par sa famille qui fit tout pour la faire changer de couche et oublier son passé français, l’auteur nous invite à la regarder comme une malheureuse créature humaine, ni plus ni moins héroïque que le commun des mortels. Un regard plein d’humanité et de compassion, loin du surjeu exalté de la légende dorée impériale, mais qui ne cherche pas non plus à faire de Marie-Louise une sainte.

Mais cette réédition est aussi une réhabilitation de l’auteur lui-même : Jules Bertaut (1877 – 1959). Cet historien français, critique littéraire, était un bon connaisseur de la Monarchie de Juillet et de la ville de Paris, mais également un excellent balzacien. On lui doit entre autres des études du Père Goriot, des livres sur la capitale, La jeune fille dans la littérature, et bien entendu des synthèses historiques sur la période 1815 – 1848 et sur la période 1848 – seconde République. Cependant, lors de sa candidature à l’Académie française, Jules Bertaud n’obtient aucune voix : un rejet que Jean Tulard considère aujourd’hui comme aussi brutal qu’injuste. La réédition de ses travaux sur Marie-Louise tend donc à réhabiliter ce personnage qui mérite toute notre intention, quoi qu’en aient pensé les Immortels…

 

BERTAUT Jules, Marie-Louise, femme de Napoléon Ier, France Empire, 2012.

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