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Catherine II, Impératrice de toutes les Russies (P. Mourousy)

couverture catherineIISouveraine éclairée, Catherine II est une des tsarines les plus connues de l'histoire de la Russie impériale. C'est au travers d'un ouvrage à cheval entre le roman et la biographie historique que Paul Mourousy nous dépeint l'enfance et le règne de ce monarque hors du commun.

 

L'enfance prussienne

Sophie Frédérique Augusta d'Anhalt Zerbst est née le 27 avril 1729 à Settin, en Poméranie (selon ses mémoires). Elle est la fille du prince Christian Auguste de Zerbst-Dornburg et de la princesse Jeanne-Elisabeth de Holstein. Elle reçoit très tôt une éducation protestante, austère, rigide et reçoit peu d'affection de sa mère. C'est Babette Cardel, une huguenote française, qui est chargée de son instruction et reçoit l'affection de la petite Sophie. Elle lui enseigne également la langue française et lui fait découvrir la littérature de son époque. D'un caractère espiègle et un peu garçon manqué, sa mère l'introduit dans les plus hautes cours d'Allemagne où elle se fait remarquer par son charisme.

L'impératrice Elisabeth Petrovna veut faire de Sophie l'épouse du futur Pierre III, son neveu, et elle convie Sophie et sa mère en Russie en janvier 1744. L'impératrice sait que Pierre III a un prestige faible et veut éviter les complications diplomatiques ou revendications extravagantes et ne voit aucun danger en la personne de Sophie qui, du haut de ses 14 ans, comprend pourtant très bien ce qui se joue. D'abord hésitante, elle accepte le mariage et se prend de passion pour le peuple et la langue russe qu'elle prend soin d'apprendre lors de son voyage qui la mène en grande procession jusqu'à Moscou où elle rencontre l'impératrice et son neveu. L'ascension vers le statut de grande-duchesse se fait sans heurt, elle est également dans les bonnes grâces de l'impératrice et lors de sa conversion à la religion orthodoxe le 28 juin 1744 elle s'exprime en russe devant le peuple qui l'adopte bientôt et prend alors officiellement le nom de Catherine Alexeïvena. Le lendemain, les fiançailles avec Pierre sont célébrées. Le futur empereur contracte cependant une pleurésie et une attaque de petite vérole. Défiguré par sa maladie, il est également pris de violents moments de folie pendant lesquels il exprime à sa fiancée tout le dégout qu'il a pour elle.

Le mariage est néanmoins célébré le 21 aout 1745, Catherine passe sa nuit de noce seule.

L'ascension au trône

Voilà plusieurs années que Catherine et Pierre sont mariés et toujours aucun enfant en vue. Le mariage n'a en effet pas été consommé et l'impératrice Elisabeth se désespère d'avoir un petit neveu qui consolidera durablement sa succession. Les déboires de Pierre mettent d'ailleurs la monarchie en grand danger et on le reconnait incapable de remplir son rôle. On recommande donc à Catherine de se tourner vers d'autres hommes afin de concevoir un enfant le plus rapidement possible. Elle tombe follement amoureuse de Serge Saltykoff, Pierre revient également à ce moment-là dans sa vie et un enfant est conçu. Il sera considéré comme celui de Pierre même si aujourd'hui encore des doutes subsistent sur la paternité de l'enfant. Le 20 septembre 1754, après neuf ans de mariage, Catherine accouche d'un fils, Paul, qui lui est aussitôt « volé » par l'impératrice. Catherine ne s'entend plus avec l'impératrice, qui fait tout pour lui rendre la vie la plus dure possible. D'autres enfants et d'autres amants viendront ensuite mais c'est aussi le temps des complots. L'impératrice Elisabeth décède finalement en janvier 1762. Pierre III est fou de joie de lui succéder, il n'attend plus que de pouvoir répudier sa femme et épouser la demoiselle Woronstoff. Il fait également de la Prusse, l'ancienne ennemie de la Russie, sa plus grande alliée, ce qui ne plait pas à tout le monde.

Le 28 juin 1762, une révolution commandée par Catherine, détrône Pierre III. Elle est réalisée sans encombre tant ce tsar est détesté par son armée et le peuple russe. Catherine utilise son amant Grigori Orlov pour soulever la garde impériale. L'empereur est jeté en prison (sans doute pour l'exiler par la suite) et assassiné, probablement étranglé par Alexeï Orlov. Assassinat prémédité ou non, Catherine fait publier aux chancelleries des pays étrangers que l'empereur a succombé à une colique hémorroïdale. Elle règne alors sous le nom de Catherine II d'une manière exclusive.

Le règne et la chute

Souveraine éclairée, Catherine II permet le développement des arts, des Lumières et de l'urbanisme en Russie. Connaisseuse des grands philosophes des Lumières, elle en invite régulièrement à sa cour. Elle fait également aménager l'Ermitage en musée, créée une Académie Russe et vit différents amour dont celui avec Potemkine (dont la figure est plus longuement présentée dans un autre ouvrage de Paul Mourousy). Elle fait épouser à son fils Paul, qui ne lui a pas pardonné l'assassinat de son père, Natalie de Hesse-Darmsadt dont il tombe follement amoureux mais qui le trompera et mourra finalement en couche en avril 1776. Paul tombe dans un grand désespoir et Catherine le remarie à Sophie de Wurtemberg et l'impératrice vole leur premier fils, né en 1777, Alexandre, qu'elle chérie comme s'il était son propre fils. Plusieurs enfants du couple viendront ensuite et seront également « donnés » à Catherine II.

Le 16 novembre 1796 Catherine s'effondre dans sa garde-robe en proie à une attaque d'apoplexie. Elle agonise pendant plusieurs jours et s'éteint à l'âge de 67 ans après avoir régné plus de trente ans sur la Russie.

La tsarine avait prévu de déshériter son fils Paul au profit de son petit fils Alexandre mais Paul met la main sur son testament et le brule. Devenu tsar, il décide d'ouvrir le tombeau de son père et de couronner son squelette avant d'enterrer ses parents côte à côte dans la cathédrale Pierre et Paul à Saint Pétersbourg.

Notre avis

Il est important de souligner les liens forts de la famille Mourousy avec l'histoire de la Russie ce qui ne rend pas ce livre totalement impassible et certains passages « enjolivés » ou hypothétiques le sont toujours au profit de l'impératrice. Il est également important de noter que l'ouvrage se base aussi majoritairement sur les Mémoires de Catherine II, sans critiques et ne laissant là encore pas de place pour l'impassibilité lorsqu'on sait que l'histoire amoureuse de la grande Catherine a été assez controversé et parfois enjolivée mais l'intérêt de l'ouvrage réside aussi dans le fait qu'on a le point de vue de la principale intéressée.

Malgré tout, le livre de Paul Mourousy se lit avec énormément de plaisir. L'aspect romanesque nous aide à rentrer plus facilement dans l'intime de cette grande impératrice. L'écriture est belle, les sources demeurent intéressantes et c'est un ouvrage qui ravira les curieux de la grande Catherine.

Catherine II Impératrice de toutes les russies, de Paul Mourousy. Editions France Empire, 2015.

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