Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Livres Biographies Agnès Sorel la colombe de Charles VII (M. Lesage)

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Agnès Sorel la colombe de Charles VII (M. Lesage)

sorel lesageCet ouvrage de Mireille Lesage retrace l'aventure extraordinaire de cette jeune et très belle femme qui croise la vie de Charles VII alors qu'il a 40 ans déjà. C'est vers 1422 que naît Agnès Sorel. Demoiselle d'honneur de la duchesse d'Anjou, elle est présentée à 16 ans au roi Charles VII qui en tombera follement amoureux. Agnès deviendra sa maîtresse, sa confidente et sa conseillère, protégée par le sénéchal de Brézé et Jacques Cœur, grand commerçant voyageur. Égérie du souverain, arbitre des élégances, elle deviendra une femme puissante, trop aux dires de ses ennemis...

 

Agnès devient la maîtresse du Roi

Après une période de doutes, Agnès accepte enfin de recevoir Charles et celui-ci, éperdu d'amour et ne sachant pas se dominer se précipite sur la jeune femme, il la force sauvagement et, comprenant son erreur s'en excuse auprès de sa bien-aimée qui se trouvera, (après cette nuit décevante) hissée au fait de la faveur royale, avec tous les avantages d'une telle situation. Elle usera de ses charmes avec finesse et fera du roi un amant attentif et délicat.

Cet amour transforme complètement Charles VII qui, d'ordinaire effacé et morose, affiche un entrain d'adolescent lui redonnant vigueur, secouant son inertie coutumière, stimulant son esprit de décision et d'entreprise. C'est un homme nouveau qui signe la grande ordonnance de Saumur à l'automne 1443, tandis que différentes dispositions sont prises pour relancer le commerce dans un pays vivant au ralenti, des privilèges furent accordés aux grandes foires de Lyon et de Champagne, des métiers à tisser la soie furent créés.. Chacun put identifier l'initiateur de pareilles décisions, favorables à la libre circulation des marchands, au commerce et à la transaction : il s'agissait de Jacques Cœur de plus en plus influent auprès du roi.

Enceinte pour la première fois, Agnès se retrouve entourée de sa mère Catherine Sorel et de son frère André, au manoir charmant de Beaulieu, grâce au roi qui lui rend visite et la comble de cadeaux. A la naissance de sa fille Marie, il lui offre surtout un des plus beaux châteaux d'île-de-France construit sur les bord de la Marne : le Manoir de Beauté. Elle prend le titre d'Agnès Sorel noble dame de beauté.
Isabelle d'Anjou a enfin réussi à fiancer sa fille Marguerite à Henri VI d'Angleterre ce qui avait créé une trêve de deux ans au pays de France, et permit au pays de se relever et aux pauvres gens des campagnes de rebâtir leurs villages. Mais que faire des terribles écorcheurs, gens sans foi ni loi, pour la plupart des brutes ravageuses ? La solution fut trouvée : l'empereur d'Allemagne et le duc d'Autriche, alliés de la France réclamaient l'aide de Charles VII et celui-ci envoya la horde redoutable de plusieurs milliers d'hommes à la rescousse avec le dauphin Louis à leur tête.

Agnès à la cour de France

La situation d'Agnès évolue : elle entre au service de la reine Marie en qualité de demoiselle d'honneur. Installée dans un appartement privé à deux pas de la chambre de Charles elle est traitée comme une princesse : on trouve chez elle les plus beaux meubles et tapisseries, le linge le plus fin, des robes et des bijoux dont elle change d'un jour à l'autre. La reine, moins bien logée, n'en possède pas d'aussi précieux, et ouvrant les yeux sur son infortune, s'aperçoit que le roi lui impose sa maîtresse, jeune et jolie rivale.

A Nancy, Agnès commença à porter des traînes de plus en plus longues (privilège réservé aux femmes de haut rang) à arborer des décolletés plongeants à la limite de l'indécence, à se vêtir de fourrures de prix, à se coiffer de hennins vertigineux ou de hautes cornes rembourrées de velours qui évoquaient quelque audacieuse démone, le haut de son front soigneusement épilé allongeait l'ovale de son visage, le fin tracé des sourcils agrandissait ses yeux immenses , tout cela faisait chavirer les sens du roi : une diablesse aux traits de madone !
Multipliant les dons aux couvents et aux églises, les aumônes aux pauvres gens, assidue aux messes,
Agnès, depuis la naissance de sa fille a trouvé une forme d'équilibre intérieur mais ne peut oublier son amour inaltérable pour Pierre de Brézé, qu'elle aime sans espoir, et qui maintenant a épousé Jeanne.

Sa rencontre avec le dauphin Louis à l'aube du mariage de Marguerite et d' Henri VI d'Angleterre se solde par un échec : elle envoie le cadeau qu'il lui offre à la collégiale de Loches ! Louis est un homme qui déteste les plaisirs de la cour, s'efforce d'être obligeant, mais jalouse instantanément son père et cette femme, trop belle, dont il se jure de se venger.

La deuxième grossesse d'Agnès la ramène à Loches avec frère et mère ou naît la petite Charlotte ce qui occasionne de nouveaux cadeaux somptueux du roi ! Au bout de deux mois, la petite fille rejoint sa sœur tandis qu'Agnès retrouvant avec joie la cour et tous ses privilèges, réalise qu'elle n'était pas faite pour le rôle de mère.

Mais la reine, à la suite d'une onzième grossesse donne enfin un fils au roi et cela provoque une grande joie qui lors du fastueux baptême de l'enfant fit comprendre à son fils aîné Louis qu'il n'avait plus grande importance ! Quelques jours après celui-ci croise Agnès et provoque une dispute tant sa haine est forte, il la gifle et s'enfuit en Dauphiné, animé de vengeance.

Louis met en place une fois de plus, une affaire de coup d'état, car pour atteindre Charles il fallait d'abord éliminer le sénéchal Pierre de Brézé en le discréditant publiquement grâce à un homme payé par lui : le Notaire royal Guillaume Mariette. Celui-ci accuse entre autre Pierre de Brézé de tromper le roi et de coucher avec sa favorite ! Agnès est très inquiète d'autant qu'elle se doit de s'éloigner de la cour en raison d'une nouvelle grossesse bien cachée presque jusqu'à terme (comme les autres) . Elle se réfugier sur ses terres du manoir de beauté. C'est là qu'elle mettra au monde sa troisième fille, Jeanne.

Pierre de Brézé ayant demandé à se présenter de lui-même à un tribunal afin de prouver son innocence, Agnès se rend à Paris pour l'assister et l'aider. Il se fera acquitter de tout soupçons et retrouvant Agnès il décide de partager une nuit avec elle, qui sera sans doute la seule nuit leur appartenant, dans un amour si haut et si pur qu'elle ne peut en ressentir de regret à l'égard de Jeanne de Brézé. Elle retrouve le roi à Paris et reprend avec lui une vie mondaine car elle est l'unique et incontestable souveraine !! Jamais son aura, son prestige et son influence n'ont été si grands qu'en cette année 1448 !! ...

Alors que Charles repart en guerre avec une énergie surprenante pour reconquérir les villes prises par les Anglais qui tombent une à une (Verneuil, Lisieux,Nantes, Pont-l'Evèque, Pont- Audemer)
Agnès est envoyée au manoir de Beaulieu ou elle se morfond, fatiguée par une quatrième grossesse
et se posant des questions sur la fidélité du roi, elle décide, quelques mois après, de le rejoindre. Elle fait un voyage harassant en plein mois de janvier 1450 au terme duquel enfin elle retrouve son amant royal qui la voyant si touchante, lui ouvre les bras. Elle se montre enthousiaste, coquette et aimable en sa présence mais cette grossesse la fatigue : être la fée sans égal d'un monarque exigeant la mine.

Les derniers jours d'Agnès

Charles à peine parti pour le siège de Honfleur, Agnès ressent une violente douleur. Le lendemain au terme d'un accouchement précoce et laborieux naît une petite fille trop faible pour vivre plus de quelques heures, mais les médecins ont bon espoir de la voir se rétablir.
Elle a chaud, elle suffoque, éprouve toujours des douleurs, révulsée d'être encore infestée de vers dont elle ne parvient pas à se défaire. Après une nuit de cauchemars elle retrouve un peu de couleurs et boit un potage, se jurant de se rétablir vite. Pourtant, les douleurs la reprennent intenses, dépassant tout ce qu'elle avait enduré, elle n'est plus que mal et souffrance. Pour les médecins aucun doute : « c'est le flux de ventre » le mal des accouchées. Tout espoir de sauver la jeune femme s'évanouit !

Son corps naguère splendide, qu'elle avait tant aimé choyer, fait pour le raffinement, les plaisirs et l'amour n'est plus qu'un repoussant tas de chair rongé de vermine. Était-ce possible ? Dans la sueur, les déjections, les vomissures et les spasmes qui déformaient ses traits, ne demeuraient de beaux et purs que ses yeux.
« C'est peu de chose et orde et fétide que notre fragilité » murmure-t-elle.

Ainsi Agnès va mourir. Elle réclame un notaire pour restituer à Charles VII tous les biens dont il l'avait gratifiée, fait son testament pour ensuite communier. A l'heure des complies, Agnès Sorel demoiselle de beauté, aveugle à tout ce qui l'entoure, meurt sur un cri strident le 9 février 1450.

Cet ouvrage, fort bien écrit, est riche de détail sur la vie moyenâgeuse de cette époque et très vivant ! La date de la rencontre d'Agnès Sorel avec le roi est controversée par d'autres auteurs : ici elle se situe à 16 ans, pour d'autres à 20ans.

Agnès Sorel la colombe de Charles VII, de Mireille Lesage. Ed télémaque, mai 2016.

acheter-sur-amazon

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire