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Eugénie, les larmes aux yeux (Ni. Descours)

eugénie les larmes aux yeuxDans son ouvrage « Eugénie, les larmes aux yeux », Nicole Descours nous conte l'histoire de Napoléon III, premier Président de la Deuxième République et Eugénie de Montijo, Première Dame déjà bien dans ses fonctions. Nous découvrons un Président très européen et une First lady très attentive à l'éducation et aux œuvres diverses... Le temps passe, mais les traditions persistent..

 

Le Président Louis Napoléon

Napoléon III, élevé à suivre les traces de son oncle Bonaparte, est assez dissipé dans sa jeunesse ; séducteur dès l'âge de 12 ans, il suit l'école militaire en Suisse, reçoit une éducation européenne et veut aider l'Italie à retrouver sa liberté. A la mort de son frère et de son cousin, il est le seul à pouvoir restaurer l'Empire. Capitaine et citoyen suisse à 26 ans, il ne réussit pas à s'imposer en Alsace, son premier coup de force est manqué. Pendant ses quatre années d'exil en Amérique, il est fasciné par l'évolution de ce grand pays et sa rencontre avec de grands personnages.

Peu avant la mort de sa mère Hortense en 1837, il rentre en Europe, mais ne la verra plus, les Bonaparte sont interdits en France. Installé à Londres, ses connaissances le poussent à débarquer à Boulogne pour un coup de force, qui échoue encore une fois, malgré les moyens financiers mis en œuvre.

Emprisonné au fort de Ham dans la Somme, c'est un « homme à femmes », ses conquêtes sont nombreuses : une blanchisseuse qui accouchera à Paris chez une amie de Louis Napoléon ; Miss O'hara dont il aura un fils et qui sera adopté par un voisin de prison. A l'annonce de son père mourant, il prépare une évasion avec un ouvrier surnommé « Badinguet », ainsi qu'une amie qui lui offre le passeport de son époux. Il file vers la Belgique puis l'Angleterre. Alors que sa nouvelle conquête est la comédienne Rachel, la mauvaise situation économique française l'inquiète : faire son entrée en France comme le fit son oncle le tente énormément !

Louis Philippe exilé, Louis Napoléon fait campagne pour être élu à l'Assemblée législative, proposant des solutions pour diminuer le chômage « je suis le premier à vouloir donner du travail à chacun ; le désœuvrement est le pire ferment des agitations ». Elu en décembre 1848, il veut appliquer « ce qu'il y a de bon en Angleterre » ; il aide le Pape en Italie ; il pousse à la liberté d'enseignement ; il veut éviter les mouvements populaires, mais ne peut empêcher une grave crise économique et donc ne réussit pas à s'imposer, n'ayant pas l'appui des Républicains et peu soutenu par l'Assemblée.

Pour sa réélection, il part à travers la France, s'affrontant aux paysans et aux députés qui demandent une réforme de la Constitution. Les votes insuffisants le bloquent pour briguer un second mandat. Aidé par ses amies mettant leurs fortunes à sa disposition, il tente un nouveau coup de force et monte un dispositif pour prendre le pouvoir dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851 : gardes aux Tuileries, occupation des imprimeries, arrestation de militants, palais de justice occupé mais malheureusement des soldats manquant de sang-froid tirent sur la foule. Ne sachant pas si le reste de la France suit, il doit attendre fin décembre pour la confirmation de la prise de pouvoir. Un an plus tard, alors qu'il est sacré Empereur Napoléon III le 2 décembre 1852 à Saint Cloud, il s'en veut encore d'avoir forcé le peuple français, mais ce coup d'état était indispensable. Il lui faut aussi un héritier : Eugénie de Montijo, rencontrée à la veille de son premier coup d'état n'a toujours pas cédé ; il va attendre encore 2 ans... en se consolant ailleurs.

La "First Lady" Eugénie de Montijo

Eugénie a été éduquée pour épouser un aristocrate ; parfaite cavalière, très bonne à l'épée, nageuse presque professionnelle, catholique pratiquante et intransigeante, avec une vive intelligence, elle comprend vite son rôle une fois que le couple est uni civilement. Elle n'a pas de préférence pour une résidence (Tuileries, Saint-Cloud, Fontainebleau, Compiègne), mais elle adore Biarritz. Enceinte, elle perd son premier enfant à la suite d'une chute de cheval.

Le couple présidentiel

Mariés le 29 janvier 1853, le couple règle personnellement les frais de cérémonie, Napoléon propose 3 000 grâces à des prisonniers et Eugénie refuse la parure de diamants offerte par la Ville de Paris, qu'elle destine à la construction d'un orphelinat. Napoléon III gouverne avec des fidèles, mais pour contrer le tsar Nicolas Ier, il souhaite s'allier à l'Angleterre. Grâce à la reine Victoria, Eugénie met enfin au monde un héritier le 16 mars 1856, pendant que son époux reprend ses habitudes de Don Juan, surtout lorsque l'Italie envoie une belle créature pour demander l'aide de la France.

A chaque incartade, Eugénie est mise au courant : c'en est une de trop, elle se refuse à lui ; mais pour la France, elle se tient au courant des idées et des projets politiques, estimant que l'Empereur est indispensable au pays. Parmi les projets, Napoléon fait beaucoup pour l'Eglise, poussé et aidé par Eugénie. Lui, aspire à rendre la vie plus confortable pour les ouvriers et accorde un droit de coalition pour leurs représentants où les syndicats doivent être pris en compte. Il a aussi une idée de l'Europe moderne et nouvelle avec la Belgique, la Pologne, la Grèce, il est présent à presque tous les conflits, il veut être l'arbitre de l'Europe, sans rien gagner sauf le prestige ; mais sa santé décline, il a des faiblesses physiques et doit faire face aux attentats.

Eugénie poursuit son rôle de First Lady, elle créé un pensionnat de jeunes filles de la Légion d'Honneur, encourage de hauts niveaux d'éducation pour les filles à la Sorbonne et assume son rôle d'Impératrice compétente lorsque son époux part en Italie en 1859 afin de rendre l'indépendance à ce pays. Mais la guerre se déclare avec toutes ses horreurs, servant au moins à la création d'un service de secours aux blessés et le développement des sociétés de secours mutuel.

Une fois que la paix se maintient en Europe, le prochain grand chantier est l'aménagement de Paris pour devenir la plus belle ville : agrandissement des rues, création de grands axes, rénovation des bâtiments, magasins de grande superficie, l'Hôtel Dieu conservé, relogement du peuple dont les maisons sont démolies, création de parcs avec 30 000 arbres plantés, édification de l'Opéra par Charles Garnier, le tout sous la houlette d'Haussmann. Napoléon III s'attache également à créer une caisse de retraite pour fonctionnaires, à constituer une assemblée de Prud'hommes, à augmenter le commerce maritime et les voies ferrées afin que les trains desservent toutes les grandes villes françaises, à installer le télégraphe électrique et à lancer des banques tels le Crédit mobilier, le CIC ou encore le Crédit Lyonnais.

Eugénie s'attache à la création d'écoles pour les filles, instaure un certificat d'études, lance la construction de magasins comme la Samaritaine, décore les appartements du Louvre et des Tuileries et organise des réceptions prouvant que Paris est le centre du savoir-faire en diverses matières ; elle aide son cousin à faire accepter la construction du canal de Suez ; elle pousse à la mise en valeur de certaines régions comme la Sologne, les Landes, la Champagne et la Provence. Et en 1870, les lois sociales françaises seront en avance sur les pays européens.

La fin de l'Empire

Mais la maladie de la pierre est déclarée chez l'Empereur en 1865 et les élections lui seront fatales en 1869. Entre temps, Eugénie demande à Napoléon III d'aider le Mexique, qui finalement tournera à la catastrophe et qui provoquera le désamour d'Eugénie surnommée « l'Espagnole ». En plus, elle le découvre avec une certaine Marguerite ! L'Impératrice change de tactique, ne fait plus de crises de jalousie et se prépare sérieusement à la régence en raison de la maladie aggravée de son époux et des clameurs grondantes des rues. La presse n'est pas tendre, les journaux satiriques de gauche ont un énorme succès, la Prusse bouge trop, l'Empereur ne veut pas abdiquer et déclare la guerre en juillet 1870 alors qu'il aurait préféré réunir un congrès européen pour discuter.

Après la débâcle de Sedan, Napoléon III prisonnier et exilé vers l'Allemagne, doit signer les conditions d'abdication et de paix pendant que le peuple parisien envahit le Palais Bourbon ; l'Empire est mort, la République est proclamée ; Eugénie quitte Paris pour l'Angleterre où elle y retrouve son fils.

La fin de Napoléon III et les actions d'Eugénie

Elle constitue rapidement une petite cour de fidèles, envoie des courriers pour demander un peu plus d'humanité pour son époux et lui organise sa vie de manière un peu plus agréable. Lors de pourparlers de paix, elle fait des propositions jusqu'à la signature du traité de Francfort en mai 1871, comportant l'annexion de deux provinces françaises. Pendant ce temps, Napoléon III est déchu de ses droits en janvier 1871 puis libéré, il se rend en Angleterre en mars 1871. Avant que sa santé ne se dégrade complètement, il ébauche un retour en France...comme son oncle...mais malgré l'opération des calculs, il rend l'âme en janvier 1873.

Ce fut un homme aux idées trop modernes, à la pointe du progrès qui avait soutenu Louis Pasteur dans ses inventions et expériences et instaurateur de droits des ouvriers.

Eugénie perd ensuite son fils en Afrique et avant la fin de sa vie, elle entame des voyages : pays basques, Italie, Cap Martin, Marseille où elle offre à la ville le palais du Pharo qui lui appartenait, Compiègne, croisière en Adriatique ; mais la guerre de 1914 se déclare. Elle essaye de négocier avec l'empereur d'Autriche pour la paix : peine perdue. Persona non grata en France, sous des noms d'emprunt, elle organise un hôpital militaire qu'elle transmet à la Croix Rouge et offre son yacht à la Royal Navy.

A la fin de la guerre, de passage à Madrid elle est décorée chevalier de l'Empire Britannique. Presque aveugle, elle meurt en juillet 1920 en recevant les honneurs anglais alors que l'ambassade de France les lui refuse. En Angleterre, l'église abbatiale accueille désormais les trois sépultures de cette famille : Napoléon III à gauche, le Prince héritier à droite, Eugénie au milieu. La crypte est ouverte et visitable le samedi, peu d'anglais s'y recueillent, encore moins des français !

Eugénie, les larmes aux yeux, de Nicole Descours Editions Michel de Maule, juin 2016.

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