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De la drôle de guerre à la victoire (J. Gaspin)

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Les objets ont-ils une âme ? Une chose est certaine, il on une histoire. L’histoire de leur propriétaire, l’histoire d’une époque. Ils sont parfois les derniers témoins d’événements épiques, émouvants, dramatiques. Jordan Gaspin, chargé d’étude documentaire au Musée de l’Armée, donne la parole à ces objets pour redécouvrir la seconde guerre mondiale à travers ce prisme original.

 

 

 

Une collection exceptionnelle

Les objets présentés sont pour leur immense majorité issue du Musée de l’Armée, aux Invalides. Une collection d’une richesse exceptionnelle, complétée entre autre par quelques photographies fournies par la fondation de la France Libre, le Musée de l’Ordre de la Libération, le Service Historique de la Défense, le Musée des Andelys, l’Association nationale pour la mémoire des résistants et patriotes emprisonnés, et divers particuliers.

Les objets présentés sont des plus varié, du canon de 37mm à l’écusson d’épaule, du casque au miroir de signalisation : cet ouvrage est l’occasion de prendre le temps de redécouvrir posément des objets devant lesquels vous êtes certainement passé trop vite lors de votre dernière visite.

La force d’évocation de ces témoins muets

C’est à juste titre que dans sa préface le général Robert Bresse (directeur du Musée de l’Armée) souligne la force d’évocation de ces témoins muets. Nul doute que beaucoup de visiteurs, peut-être peu intéressés jusqu’à présent par cette histoire à la fois proche et ancienne, soient frappé à la vue du casque perforé du chef d’escadron Robert de Neuchèze, mort pour la France libre. De même, comment ne pas s’émouvoir devant le portefeuille du lieutenant Yves Lamy, abattu par la Flak après avoir bombardé les transformateurs de la centrale électrique de Chevilly-Larue.

Très vite, grâce à Jordan Gaspin, les objets nous parlent, nous prennent aux trippes pour raconter les derniers instants de jeunes hommes mort pour nous.

Une boite de comprimés, quelques pièces de monnaies, deux ou trois billets, un chronomètre de navigation… C’est ce qui a été trouvé auprès des trois corps d’aviateurs français découverts près de leur appareil en 1957 sur le plateau saharien de l’Erdi Fochini. L’appareil avait disparu en 1941 lors d’une mission de bombardement sur Koufra. Ayant réussi à se poser les trois membres d’équipage, pris au piège par le désert, agonisent lentement durant un mois. Au jour le jour le sergent-chef Fernand Devin tient son agenda :

23 février 18éme j.

Dernier jour de vivres mangeables

24 février 19éme j.our

Poulet

A midi notre provision d'eau est terminée

25 février 20ème jour

Plus d'eau

Attendons fin

26 février

Encore en VIE

27 février

Encore VIVANT

28 février

ENCORE EN VIE

1er mars

JOUR ANNIVERSAIRE FRERE ROBERT Même pas 1 goutt... pour l'ar...

On retrouve aussi auprès du corps cette lettre poignante lettre d’adieux :

« Mes chers Parents,

Je n’ai plus que quelques heures à vivres. Je vais mourir de soif. […]. Aujourd’hui la provision d’eau est épuisée et nous attendons la mort. J’avais éspéré revenir en France et vous procurer une vieillesse heureuse après tous les vains sacrifices faits pour moi. Robert peut-être me remplacera, le destin est cruel. Ma dernière pensée est pour vous, Robert, ainsi que ma chère Myrtle qui supporte un dur calvaire. Je laisse un peu d’argent qui je l’espère vous sera remis ou à Myrtle. Je pense que l’Etat vous fera quand même une petite pension pour votre vieillesse.

Derniers baisers.

Fernand. »

Point final d’une lettre, d’une vie.

Mais tous les objets qui nous sont présentés ne sont pas si déchirants, l’auteur à pris soin de jouer avec nos sentiments et de faire preuve d’une étonnante diversité. Vous découvrirez donc le casque de Jean Izard, 2 fois atteint par une balle sans toucher le propriétaire, la guitare d’Anna Marly qui fit résonner pour la première fois la mélodie du Chant des Partisans… Autant d’objets hétéroclites au milieu des bottes, des révolvers, des fanions, des képis, des drapeaux,  des uniformes, des sacs, des jumelles…

En conclusion nous ne pouvons que saluer l’excellent travail de Jordan Gardin qui a su avec brillo mettre en valeur les collections du Musée de l’Armée et, en l’amenant chez le visiteur au travers de cet ouvrage, à apporté sa pierre au travail mémoriel pour que la seconde guerre mondiale soit à jamais un sujet de réflexion pour les générations futures.

De la drôle de guerre à la victoire de Jordan Gaspin. Editions Ouest-France, mars 2010.