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Louis XV Le roi pacifique (A. Maral)

louisXV_roi_pacifiqueLouis XV (1710-1774), arrière petit-fils de Louis XIV, fut un roi timide. Bien que surnommé le « Bien-aimé », l’historiographie l’a bien souvent traité « d’esclave de ses plaisirs ». Pourtant, ce roi aura œuvré pour la paix, l’équilibre des puissances européennes et la prospérité dans le royaume, en favorisant notamment l’artisanat français. C’est ce que nous démontre Alexandre Maral dans sa biographie « Louis XV le Roi pacifique » que l’on peut considérer comme un beau livre.

 

L’auteur décompose de façon méthodique la vie de cet homme et associe à chaque période plusieurs œuvres d’art, soit des tableaux, soit du mobilier, soit des sculptures.

On fait connaissance de la famille du roi : Hyacinthe Rigaud ou Jean Baptiste Santerre représentent ses parents, la reine Marie Leszczynska lors de son mariage qui ressemble fortement à la duchesse de Bourgogne, mère du roi ; ses maîtresses seront peintes par Boucher ou Van Loo ; on admire ses filles sur des toiles de Jean Marc Nattier ; on découvre que le roi avait un goût prononcé pour les expériences scientifiques (il fait fabriquer un baromètre qui ne fut livré qu’en 1776), la cartographie, l’astronomie, mais surtout une grande soif d’apprendre.

Louis XV, le roi pacifique

De 1722 à 1743, le roi acquiert sa popularité avec l’aide du cardinal de Fleury, son précepteur. Sans jamais devenir Premier ministre, celui-ci apporte son savoir afin que la France prospère, que les villes embellissent et que le royaume s’agrandisse. Populaire, le roi accorde le cordon de l’ordre de Saint Esprit lors de la plus grande et plus fastueuse cérémonie en 1724, peinte par Van Loo et Jacques Rigaud.

A la mort du cardinal, le roi gouverne seul à partir de 1743. Surnommé le Bien-aimé, il va pourtant prendre des décisions critiquées par la Cour (nouvel impôt permanent, fronde parlementaire, choix non judicieux de ses maîtresses). Mais il aura constitué le fameux « Secret du roi » et fut un grand homme de guerre en s’alliant à la Prusse contre l’Angleterre puis l’Autriche, avec l’aide du maréchal de Saxe « le bouclier de la France » si bien peint par Maurice Quentin de La Tour.

Enfin, à partir de l’attentat de Damiens en 1757 jusqu’à la mort du roi en 1774, c’est une période d’impopularité, de faiblesse de l’autorité royale, de renversement d’alliance en faveur de l’Autriche d’où découle la Guerre de Sept Ans, de combat entre le parlement et la Compagnie de Jésus appréciée par le roi mais qu’il doit dissoudre, et une période de suppression de tous les parlements. Apparaissent de nouveaux ministres, comme le duc de Choiseul impliqué dans le Traité de Paris en 1763, magnifiquement représenté par Van Loo ; le chancelier Maupeou sur une œuvre de Pierre Lacour et l’abbé Ternay peint par Alexandre Roslin font partie de la nouvelle équipe gouvernementale en 1771.

Même si Louis XV réside peu à Versailles, il fait embellir le château qui fut le cadre de fêtes somptueuses comme le peint Charles Nicolas Cochin dit le Jeune pour le mariage de Madame Première en 1739 ou celui du Dauphin en 1747 ou encore Jean Michel Moreau qui dessine le Festin du mariage du Dauphin et de Marie Antoinette en mai 1770 dans la nouvelle salle de l’Opéra Royal. Louis XV se créé des endroits plus intimes comme le Cabinet de la Pendule ou l’Arrière Cabinet servant de bureau au Secret du roi, y instaure les soupers des petits appartements en comité restreint qui deviennent des moments de convivialité resserrant les liens entre le roi et la noblesse. Il reprend les habitudes de Louis XIV et fait des séjours à Marly, puis Meudon, au château de Bellevue, de la Muette tous représentés par Pierre Denis Martin.

Même si Louis XV a une préférence pour les sciences, avec ses ministres et conseillers il va créer une collection officielle de textes législatifs ; promouvoir l’artisanat français en reconstituant la Vaisselle d’Or de son arrière grand père ; transformer la Manufacture de Sèvres en manufacture royale, favoriser les soieries de Lyon ; faire appel aux peintres pour de nouvelles œuvres d’Histoire comme le Repas chez Simon le Pharisien par Véronèse ; achever les ornements du bassin de Neptune ; avec l’aide de Madame de pompadour, les Bâtiments du Roi vont prendre de l’essor et réaménager les salons, la nouvelle aile Gabriel, le Petit Trianon, l’Opéra Royal ; puis réaliser des monuments dans Versailles, ou dans Paris comme le Panthéon (belle œuvre de Pierre Antoine Demachy), ou encore l’école militaire et l’hôtel du Garde Meuble (devenu ministère de la Marine) d’Ange Jacques Gabriel. N’oublions pas le style Louis XV : synonyme d’élégance et de raffinement de l’art de vivre à la Française grâce au sculpteur Jacques Verberckt.

Notre avis

Par ce nouveau style de biographie, Alexandre Maral rend le personnage très intéressant. Chaque étape importante de la vie du roi est agrémentée d’œuvres d’art, de très belles reproductions de tableaux, dont les textes sont bien détaillés. C’est une belle biographie, adaptée à Tous qui change vraiment de l’habitude des textes longs et difficiles ! Un bel ouvrage !

L’auteur

Alexandre Maral, diplômé de l’Ecole du Louvre, y enseignant l’histoire de l’art des XVIIè et XVIIIè siècles, est conservateur en chef au château de Versailles, chargé des collections de sculpture. Plusieurs fois commissaire d’exposition au château, il a déjà publié « La Chapelle Royale de Versailles sous Louis XIV. Cérémonial, liturgie et musique » en 2002, « La Chapelle Royale de Versailles. Le dernier grand chantier de Louis XIV » publié en 2011 et une biographie « Madame de Maintenon. A l’ombre du Roi-Soleil » en 2011.

Louis XV, le roi pacifique, par Alexandre Maral. Editions Ouest-France, février 2012.

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