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Ces animaux qui ont marqué la France

ces_animaux_qui_ont_marqu_la_FranceCertains animaux ont, volontairement ou le plus souvent à leur insu, joué un rôle original et étonnant dans l'histoire de notre pays. Dépoussiérant les archives, l'auteur Pascal Assemat a regroupé dans son ouvrage des récits peu connus du grand public. Ils nous emportent avec délice sur le dos de compagnons attachants, de bêtes extraordinaires...De l'âne Boronali peintre malgré lui, aux courageux ''petits pionniers'' de l'aviation française, de l'ours Masco attendri par un jeune savoyard au perroquet contre-révolutionnaire du marquis de Viefville, voici quelques péripéties de ces animaux de légende.

 

L'âne Boronali, artiste de renom

''Le lapin agile'' est un cabaret comme il en existe des dizaines dans le Paris de la belle époque. En cette année 1910, Frédéric Gérard le patron du cabaret dit « Frédé » est l'un des instigateurs d'une supercherie artistique qui fera grand bruit en France. Casquette de breton vissée au front, pipe au bec et barbe blanche, ce personnage truculent, véritable icône du lieu, attire des artistes en tout genre. On y rencontre peintres, écrivains et poètes de Paris : Picasso, Modigliani, Utrillo, Apollinaire, Caran d'Arche, Braque...auxquels le père Fédé fait souvent crédit (parfois la note est payée en tableaux).

Mais le journaliste et écrivain Roland Dorgelès n'apprécie pas du tout le style de Picasso qu'il juge trop ''avant-gardiste''et trop innovant à son goût c'est pourquoi, aidé de quelques compères, il échafaude un vaste canular.

Dans la cour du cabaret entouré d'une foule d'habitués et d'un huissier de justice, il installe Lolo l'âne de Frédé devant un tas de foin, dispose des pots de peintures, place une toile derrière l'animal et lui attache un pinceau sur la queue trempée tour à tour dans de différentes couleurs. Au gré des balancements de la dite queue, un tableau se dessine sur la toile !

La croûte obtenue est baptisée « Et le soleil s'endormit sur l'adriatique » signée Joachim Raphaël Boronali, artiste de Gênes. Exposée au Salon des Indépendants, l’œuvre connaît un succès considérable et trouve acquéreur pour vingt louis d'or. Les comparses révèlent alors la supercherie dans la presse, constat d'huissier à l'appui, ce qui fera rire la France entière !

Les petits pionniers de l'aviation française

Nombreux sont les animaux envoyés dans des fusées-sondes (rats chats et guenons) afin d'étudier l'adaptation du système cardio-vasculaire et du système nerveux à l’apesanteur. En septembre 1783 les frères Montgolfier offrent à Versailles, en l'honneur de Louis XVI, une démonstration d'un bien étrange objet volant devant une foule de curieux assistant à l’événement.

Montgolfiere_1783Haut comme une maison de six étages, un ballon de toile bleu et jaune appelé Montgolfière (du nom de ses inventeurs) présente une forme dont la partie moyenne est un prisme, son sommet une pyramide et sa partie inférieure un cône tronqué. Le roi s'en fait expliquer le fonctionnement : le feu de paille qui alimente le réchaud permet à l'enveloppe de s'élever dans les airs. Les frères Montgolfier fixent un panier d'osier sous le ballon dans lequel il installent... un mouton, un coq et un canard ! La machine s'élève à six cents mètres d'altitude pour se poser tant bien que mal huit minutes plus tard dans la forêt de Vaucresson. Les spectateurs s'y précipitent pour constater que le panier s'est ouvert mais les animaux sont saufs. Le roi et la cour sont enchantés.

En 1797, Joseph Montgolfier retente l'expérience dans le Vaucluse. A une sorte de parasol géant demi sphérique sont attachées douze cordes reliées au panier dans lequel on fait entrer un mouton.

Quatre vessies de porc remplies d'air sont censées amortir le choc. La suite s'avère rocambolesque.

Lâchés du haut des tours d'Avignon, mouton, parachute et nacelle sont mis en pelote et jetés hors des murs. La chute est très rapide puis, miracle ! Le parachute s'ouvre ! Parvenu au sol, le mouton sans doute étonné d'être en vie, sort du panier et s'enfuit à toutes pattes en bêlant sans demander son reste . Fi de la célébrité !

Masco et le petit savoyard

Le conte René de Vandemont passionné d'animaux, possède une propriété en Lorraine. Il fait construire en 1709 une fosse pour recueillir et maintenir en captivité des ours, en abondance dans cette région des Vosges. Il a capturé un gros mâle qu'il surnomme Masco. Au cours du terrible hiver qui suit, un pauvre enfant originaire de Savoie parcourt la campagne en ramonant les cheminées. Epuisé, transi de froid, il pénètre dans la cage de l'ours Masco.

Pour quelles raisons l'animal réputé féroce ne s'attaque-t-il pas au garçonnet ? Mystère ! Loin de le maltraiter, il l'invite à se blottir contre son épaisse fourrure. Le lendemain matin, Masco laisse partir l'enfant qui revient le soir même retrouver son sauveteur.

De caresses en signes d'affection, une véritable complicité se tisse entre les deux. Bien vite, c'est tous les soirs que le petit ramoneur vient retrouver son compère auprès duquel il trouve refuge et partage son repas. Un soir le gardien chargé de la pitance de l'ours étant en retard, celui-ci dont les yeux brillants dans l'ombre trahissent le mécontentement reste immobile pour ne pas déranger l'enfant qui dort contre lui. Délicate attention de la part d'un animal aussi sauvage !

Cette surprenante histoire d'amour aurait pu durer longtemps si l'ours ne s'était pas éteint prématurément d'une cause que l'on déclara inconnue. Alfred Brehm célèbre naturaliste et zoologiste allemand du XIX e siècle, immortalisera le fait peu commun dans un recueil de dessins.

Le perroquet de la Viefville

l-epervier_perroquetLors d'un affaire judiciaire qui se déroule à Arras en 1794, le commissaire du gouvernement révolutionnaire affûte ses arguments à charge en vue de la plaidoirie à venir. Il est interrompu par des cris perçants venant de la rue. Un bavard impénitent ânonne à tue tête des slogans royalistes au balcon de la chambre de l'hôtel de Béthune ! C'est Jacquot, le perroquet du marquis de la Viefville qui harangue les passants de virulents « vive le roi ! Vivent les prêtres ! Vivent le nobles ! ». Mais en ces années post-révolutionnaires, il ne fait pas bon troubler l'ordre public surtout dans le fief de Robespierre !

Dès sa nomination en 1793 le commissaire Joseph le Bon sévit férocement contre les partisans de la royauté. On arrête le marquis de Viefville et sa fille plus deux servantes, tandis qu'un perquisition est ordonnée à son domicile et l'on embarque le brave Jacquot pour le prendre en flagrant délit. Toute une population se déplace pour assister au procès hors du commun qui en découle. Le juge inculpe le vieux père, sa fille et leurs servantes auxquels il est reproché d'avoir éduqué ''l'infâme perroquet réactionnaire''.

Le témoignage à charge de l'oiseau étant une des pièces maîtresses de l'inculpation, on amène Jacquot à la barre sur son perchoir pour l'interroger et le sommer de réitérer ses propos contre-révolutionnaires. A chaque question le volatile répond par un sifflement strident sans cesser de se balancer et de dodeliner de la tête ce qui amuse beaucoup l'auditoire. Au grand dam du procureur, il se refuse à répéter les propos impies qui lui sont reprochés !

Malgré cette absence de preuves, le marquis, sa fille et l'une des servantes sont condamnés et exécutés le soir même. Et le perroquet ? Fut-il confié au soins de madame Le Bon pour lui apprendre à crier « vive la nation ! »?

Il semble que non. Certaines sources mentionnent qu'il serait monté aussi sur un échafaud spécialement conçu pour lui !... La politique est interdite aux perroquets !'

Ces animaux qui ont marqué la France, de Pascal Assemat. Editions  ''Le Papillon Rouge'', 2012.

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