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Atlas des Empires maritimes (CNRS)

atlas_empires_maritimesHeureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… Cyrille Poirier-Coutansais nous parle de ces voyages et des empires qui se sont succédés sur les mers et sur les océans dans son Atlas des empires maritimes publié aux éditions du CNRS. L’auteur, conseiller juridique à l’état-major de la Marine, est un spécialiste des questions maritimes et géopolitiques. Il a publié l’an dernier aux éditions Ellipses Géopolitique des Océans, l'Eldorado maritime. Ce dernier nous propose dans cet ouvrage un voyage dans le temps et dans l’espace et démontre ainsi que les mers ont joué un rôle capital dans l’histoire du monde.


 

Une histoire globale et impériale

Bien que très différents sur le fond et sur la forme, il est intéressant pour mieux comprendre ce livre de le comparer à un livre brillant qui traitait lui aussi de la question impériale (et pas seulement des empires maritimes) Empires, De la Chine ancienne à nos jours de Jane Burbank et Frederick Cooper paru aux éditions Payot. Les empires sélectionnés sont radicalement différents dans les deux ouvrages. Si, dans celui de Burbank et Cooper, ils sont peu nombreux mais analysés en profondeur, c’est l’inverse dans celui de Poirier-Coutansais qui en développe plus d’une vingtaine en une dizaine de pages chacun. Il ne faut cependant pas conclure que l’Atlas des empires maritimes n’aborde que superficiellement la question car le propos de l’auteur est différent : il ne s’agit pas d’une description ou d’une analyse approfondie des structures impériales mais d’explications sur l’avènement de ces puissances, sur les moyens par lesquels ils ont accédé à ce statut privilégié et sur les enjeux géopolitiques et économiques auxquels ils ont dû faire face. En somme, il s’agit d’une analyse géopolitique plutôt que structuraliste. Pour autant, la succession des empires, parfois très éphémères, renforce finalement la continuité de ceux-ci qui se succèdent les uns aux autres. Le contrôle de l’océan Indien par les différents empires est à cet égard particulièrement éclairant : l’auteur, au fil des chapitres, démontre que la question du contrôle des relations entre l’Asie et l’Europe via les océans a été capitale pour des raisons économiques. L’intégration des empires vikings, génois, vénitiens, de Sriwijaya ou d’Oman dans ces successions est alors d’autant plus justifiée qu’elle permet au lecteur de découvrir des espaces et des puissances très méconnus qui partagent certains objectifs communs. Le livre se clôt sur des perspectives contemporaines : quelle sera la place des mers au XXIe siècle et quel pays aura le contrôle des relations Asie-Europe ?

Un livre clair et accessible non exempt de défauts

Comme nous l’avons dit précédemment, une dizaine de pages est consacrée à chaque empire. Le propos est clair et synthétique et permet aussi bien au lecteur éclairé qu’au néophyte d’y trouver son compte. La langue est très accessible et permet au lecteur de dévorer cet ouvrage comme un roman. Cependant, il n’est pas nécessaire de lire ce livre d’un bout à l’autre : le lecteur peut aisément choisir de ne pas lire tel ou tel chapitre ou de les lire dans le désordre car chacun d’entre eux est suffisamment indépendant pour que l’on ne soit pas perdu par la suite. Les illustrations et les cartes, nombreuses variées, agrémentent la lecture.

Pour autant, l'ouvrage n'est pas exempt de défauts. On peut déceler ici ou là des erreurs mineures dans le texte de l'auteur. Certains choix du cartographe peuvent aussi laisser penser que les empires étaient plus unifiés et homogènes qu’ils ne l’étaient. Ceci peut être particulièrement problématique lorsque la carte sous-entend une domination sur certains espaces qui ne l’étaient pas. Par exemple, à la fin du chapitre sur Rome, l’auteur aborde la question du commerce avec le monde indien via la mer rouge. Une carte sur les « positions romaines » au Ier siècle ap. J.-C. p. 62 mentionne différents lieux avec des emblèmes de la République romaine. Or sur cette carte Alexandrie, capitale et important port de commerce de la Méditerranée orientale est mis sur le même plan qu’Ocelis, un port connu et utilisé par les Romains mais qui n’a jamais été contrôlé par ces derniers (bien qu’on ait pu retrouver des traces des légions bien au-delà du limes). Plus grave encore, l'absence de bibliographie et de notes de bas de page est plus problématique encore. Le lecteur se retrouve dans l'incapacité de pouvoir approfondir tel ou tel aspect de sa lecture alors que certains passages du texte sont particulièrement intéressants et peu traiter dans des ouvrages plus classiques.

Malgré ces réserves, l’Atlas des Empires maritimes invite le lecteur au voyage et à la découverte de ces empires maritimes. Il est certainement moins exhaustif que les atlas des éditions Autrement mais il s’adresse à un public plus large. Ce livre n’est pas véritablement un atlas dans le sens où le texte prime sur les cartes et que certaines d’entre-elles ne sont pas assez détaillées car trop petites. Cet ouvrage est cependant une bonne introduction sur le sujet, un album sur les empires que l’on parcourt et une invitation à approfondir la connaissance de ces puissances maritimes passées, européennes ou extra-européennes, qui ont dominé cet espace de tous les possibles qu’est la mer.

Atlas des empires maritimes, de Cyrille P. Coutansais. CNRS Editions, mai 2013.

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