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Deux ouvrages sur le Débarquement (B. Rondeau)

pathfindersDans le sillage des commémorations du soixante-dixième anniversaire du débarquement en Normandie, les très actives éditions Ouest-France ont fait paraître en juin deux nouveaux livres, accroissant encore une collection déjà très étoffée. Tous deux sont signés Benoît Rondeau. Le premier aborde la question sous un angle inédit : Les divisions du Débarquement traite en effet le Jour J et la campagne qui s'ensuivit par le biais de l'histoire des unités militaires qui y ont pris part. Plus classique, Opérations aéroportées du Débarquement se concentre pour sa part sur l'opération Neptune : l'action des parachutistes alliés le 6 juin 1944.

 Les divisions du Débarquement

Apparue au XVIIIème siècle, formalisée par les armées révolutionnaires françaises, puis devenue au cours du siècle suivant un élément organique de la plupart des armées, la division s'est muée pendant la Première guerre mondiale en unité de base de la guerre moderne. Fréquemment citée mais trop rarement expliquée, la division est généralement le plus petit échelon d'une armée dans lequel sont combinés des éléments de toutes les armes (infanterie, artillerie, blindés, génie, transmissions, etc.). Elle est donc l'outil par excellence des généraux qui livrent la Seconde guerre mondiale. Certaines sont « généralistes » (les divisions d'infanterie) tandis que d'autres se voient conçues et employées pour des missions spécifiques (blindés, parachutistes...).

L'histoire des divisions en tant que telles et de leur évolution est à ce point cantonnée à des publications hautement spécialisées qu'elle aurait mérité, sans doute, un peu plus que les quatre pages de présentation qu'en fait B. Rondeau en introduction de son ouvrage. Reconnaissons tout de même que ce n'était point là son objectif premier, et que ce thème dépassait largement le sujet de son ouvrage. L'introduction est donc suffisante, même si un petit diagramme aurait été le bienvenu pour comprendre l'organisation d'une division « type » dans, par exemple, les armées américaine, britannique et allemande.

rondeau1Cinquante unités font l'objet d'un bref chapitre chacune, de trois à quatre pages en moyenne. C'est suffisant pour présenter la formation concernée, décrire son parcours pendant la bataille de Normandie et jusqu'à la fin de la guerre, le tout abondamment illustré de photographies d'archives ou d'objets préservés jusqu'à nos nos jours – les collections de Tanguy Le Sant, déjà auteur d'un Soldats allemands de la bataille de Normandie chez le même éditeur, montrant à cette occasion leur richesse. Les troupes de toutes les nations sont représentées : Américains, Britanniques et Allemands, bien sûr, mais également Canadiens, Français et Polonais.

Le lecteur pourra ainsi se familiariser avec les grandes unités de la bataille de Normandie, divisions blindées, de parachutistes ou d'infanterie. Toutes les unités abordées ne sont pas des divisions, du reste. Certaines, trop spécialisées par rapport aux formations interarmes que sont les divisions, sont suffisamment intéressantes pour faire l'objet de leurs propres chapitres : commandos britanniques, Rangers américains, bataillons de chars lourds de la Waffen SS ou encore corps de l'artillerie anti-aérienne allemande. Chaque chapitre comprend un petit encadré abordant plus en détail une anecdote ou un combat particulièrement marquant ayant impliqué l'unité concernée.

Globalement bien fait, Les Divisions du Débarquement se lit facilement et bénéficie d'une iconographie pléthorique. Il n'est toutefois pas exempt de défauts, certainement liés, pour beaucoup, à des contraintes de place et à une parution peut-être un peu accélérée pour mieux « coller » à l'actualité. Les légendes de quelques photos ont ainsi été interverties. Une annexe supplémentaire résumant la bataille de Normandie, sous forme de chronologie, aurait été très utile : le lecteur peu familier de cette campagne et de son déroulement aura parfois un peu de mal à s'y retrouver. L'utilisation excessive de termes – grades ou noms d'unités – dans leur langue d'origine sera également de nature à déconcerter le néophyte. Traduire le grade allemand Oberst par son équivalent français « colonel », par exemple, n'aurait en rien diminué la qualité de l'ouvrage. 

Opérations aéroportées du Débarquement

Les explications détaillées qui manquaient à Les divisions du Débarquement, Benoît Rondeau les donne dans son autre livre. Trois grandes unités parachutistes alliées sont engagées le 6 juin 1944 : la 6ème division aéroportée britannique, qui comprend également un bataillon canadien, et les 82ème et 101ème divisions aéroportées américaines. Leur mission, baptisée Neptune, consiste à sécuriser les flancs de la future tête de pont, afin d'empêcher les Allemands de monter des contre-attaques tout en facilitant le passage des troupes alliées débarquées sur les plages vers l'intérieur des terres. Parachutés en masse durant la nuit du 5 au 6 juin, les soldats alliés sont ensuite rejoints par des planeurs qui leur apportent renforts et matériel lourd.

rondeau2L'action des troupes aéroportées est peut-être l'aspect du Débarquement le mieux connu du grand public, par le biais de productions cinématographiques ou télévisuelles comme Le Jour le plus long ou Band of Brothers. L'auteur nous livre ici le récit factuel de ces opérations, au travers d'un ouvrage encore richement illustré – même s'il reprend en partie l'iconographie du précédent. Une longue introduction plante le décor, détaillant la planification de l'opération Neptune, le choix des objectifs, l'entraînement des troupes, la sélection des unités et les moyens matériels. Témoignages et anecdotes de « paras » permettent de réaliser ce que fut l'engagement de ces combattants, suspendus à un parachute ou entassés dans de fragiles planeurs sous le feu ennemi.

Après un chapitre consacré à la « veillée d'armes » du 5 juin, forcément tendue pour les parachutistes, l'invasion ayant été ajournée, on entre dans le vif du sujet avec le récit des opérations. Chacune des trois divisions fait l'objet de son propre chapitre, dans lequel les faits d'armes célèbres (la prise du pont de Bénouville dit Pegasus Bridge, la libération de Sainte-Mère-Église) se mêlent à d'autres moins connus. Benoît Rondeau nous livre le récit d'une journée marquée par la confusion des largages initiaux, et la capacité d'adaptation des parachutistes alliés, capables d'accomplir une grande partie de leurs missions au sein d'unités pourtant égarées, dispersées et entremêlées.

La contribution des parachutistes au succès du Débarquement aura donc été importante, comme peut le noter l'auteur dans sa conclusion. Celle-ci est suivie de quelques annexes intéressantes, comprenant notamment l'organisation détaillée de chacune des trois divisions. On retrouve dans Opérations aéroportées du Débarquement les menus défauts de l'auteur, en premier lieu son utilisation systématique des abréviations et termes anglo-saxons. Mais c'est également le cas de ses qualités : à la clarté du texte s'ajoute une bibliographie courte, mais dense, comme l'est celle de Les divisions du Débarquement. On est donc en présence, globalement, de deux ouvrages de bonne facture, dont l'iconographie compensera un propos parfois un peu « technique » pour le profane.

 

- Benoît RONDEAU, Les divisions du Débarquement, Éditions Ouest-France, 2014.

- Benoît RONDEAU, Opérations aéroportées du Débarquement, Rennes, Éditions Ouest-France, 2014.

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