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Histoire de la Bretagne (B.Merdrignac)

histoire bretagneDu Paléolithique jusqu'à l'époque contemporaine, l' « Histoire de la Bretagne » nous fait traverser plusieurs siècles d'histoire à travers un ouvrage richement illustré et bien documenté. De quoi contenter les amateurs du genre, tout comme les simples curieux.

 

L'auteur

Bernard Merdrignac (1947-2013) était un historien médiéviste, spécialiste du fait religieux dans l'Occident médiéval. Longtemps professeur à l'université de Rennes 2 Haute Bretagne, il s'est particulièrement intéressé à l'histoire de la Bretagne. A ce titre, sous la direction d'André Chédeville, il a soutenu sa thèse en 1982 portant sur l'hagiographie armoricaine du VIIe au XVe siècle. Chercheur reconnu, il s'est également intéressé aux sources et techniques de l'histoire et de leur exploitation pour l'historien[i].

Des premiers hommes à l'empire romain

Gravures dolmen de Gravinis 3900-3700avTerre riche en histoire, la présence humaine est attestée dans ce qui deviendra la Bretagne vers 600 000 avant notre ère, dans la région de Saint-Malo-de-Phily. L'homme pouvait alors croiser la route d'éléphants, de lions des cavernes, d'aurochs ou de rhinocéros. C'est au Néolithique (7000 av.n.è environ) que l'homme édifie ces fameux menhirs ou dolmens, qu'on identifie aujourd'hui à des monuments funéraire, dont les gravures sont encore difficiles à exploiter. Vers 2000 av.n.è, l'île d'Ouessant sert de lieu de passage pour le bronze qui permet de forger des armes plus solides. Au VIe siècle av.n.è, l'Armorique se peuple de Celtes venus du nord qui se fondent alors dans les clans locaux. L'aristocratie, partagée en chefferie, semble prospérer. Plus tard, l'occupation romaine, en particulier dans la région de Vannes, se traduit par l'édification « d'oppidum », comme en témoigne la récente découverte sur le site de Saint-Symphorien en 2006. Sous le règne d'Auguste (31-14ap.), l'Armorique est intégrée à la Lyonnaise. Les divinités celtes sont intégrées au panthéon romain à travers le phénomène de l'interpretatio romana. La crise du IIIe siècle de notre ère se fait également ressentir en Armorique lors de raids de pirateries qui s'attaquent aux places fortes de Bret ou d'Alet.

Quand l'Armorique devient Bretagne

Le terme de Bretagne n'apparait qu'au VIe siècle sous la plume de Grégoire de Tours. Lors du règne de Clovis (481-511), les Bretons se rapprochent des Francs et participent même à des batailles qui ont marqué l'historiographie, comme celle de Vouillé en 507 face aux Wisigoths. Dans le même temps, la Bretagne se christianise progressivement à travers l'action de moines venus fonder des ermitages ou lann. Par la suite, les Carolingiens vont constituer la Marche de Bretagne composée des comtés de Vannes, Nantes et Rennes. Cette « zone-tampon » vise à contenir les assauts d'éventuels agresseurs venus de l'Ouest. En 851, au terme de luttes intestines, Erispoë se proclame et se fait reconnaître roi de Bretagne. Les invasions vikings du IXe et Xe siècle n'épargnent pas la Bretagne. Ces « hommes du Nord » s'installent, en 911, en Normandie avec l'accord du roi du royaume Franc. Certains aristocrates bretons fuient alors vers « l'Angleterre ». C'est le cas d'Alain dit Barbetorte qui, en 939, parvient à vaincre définitivement les vikings autour de Nantes. Les comtes de Bretagne sont alors puissants, certains n'hésitent pas à prendre le titre ducal et à frapper monnaie.

La Bretagne au Moyen Âge

Bataille-d-Auray-1364-ConvertImageD'un point de vue intellectuel et culturel, la Bretagne médiévale est un foyer de premier plan d'où sont originaires de nombreux copistes et enlumineurs qui font vivre l'Occident Chrétien. La culture littéraire est également dynamique avec les fameux lais, ou encore avec ce qui servira plus tard à l'élaboration de la culture chevaleresque à travers les aventures d'Arthur et la matière de Bretagne. D'autres grands personnages, comme Pierre Abélard ou Bertrand du Guesclin, sont originaires de Bretagne. Durant la guerre de Cent Ans (1337-1453), de nombreux troubles successoraux divisent la Bretagne qui penche tantôt du côté de l'Angleterre, tantôt du côté de la France. Finalement, sous Charles VII (1422-1461), les ducs de Bretagne rejoignent le camp français et participent même à la bataille de Castillon en 1453. Le duc Arthur III, bien que vassal simple du roi de France, ne manque pas de préciser que « le duché n'a jamais fait partie du royaume de France et qu'il n'en est pas un démembrement ». C'est au milieu du XVe que la cour ducale se fixe finalement à Nantes pour quelques temps.

De l'époque moderne à la Révolution

Les-Chouans-Charles-Fortin--1853-ConvertImageAprès des relations tendues entre le duché et le royaume, Henri II réunit en 1547 les deux entités et supprime le titre ducal, tout en reconnaissant certaines institutions come les « Etats de Bretagne ». La Bretagne, durant l'époque moderne, est relativement épargnée par l'impôt par rapport au reste du royaume. En 1561, le Parlement s'installe finalement à Rennes pour des raisons de logistique. La fin du XVIe siècle est marquée par de nombreuses révoltes qui ensanglantent le territoire, particulièrement après l'assassinat du duc de Guise en 1588. C'est à Nantes qu'Henri IV viendra proclamer son célèbre édit en 1598. D'un point de vue économique, du XVIe au XVIIe, la Bretagne sait profiter de ses ports pour commercer avec le reste du monde. La production de toiles est particulièrement lucrative. Les difficultés économiques se feront ressentir au XVIIIe, lorsque les ports anglais et ceux des Provinces-Unies viendront prendre le relais. Certains marchands bretons se tournent alors vers le commerce triangulaire et s'enrichissent de manière considérable. Certains bretons seront très actifs durant la Révolution, se réunissant à Paris dans le fameux « Club Breton ». La révolte des chouans sera particulièrement désastreuse pour le territoire.

De la Bretagne pittoresque à la Bretagne du XXIe siècle

C'est en 1815 que la Traite Négrière est interdite. La Bretagne n'a alors plus d'existence officielle. Elle est à présent divisée en cinq départements. L'économie se développe tout au long du XIXe siècle avec des innovations majeures comme la mise en place d'un réseau de voie ferrées qui relie Paris-Nantes dès 1851. L'industrie textile d'autrefois doit alors laisser la place aux chantiers navals, à la métallurgie, aux industries chimiques puis alimentaires. Les conserveries de sardines permettent à certaines marques d'émerger, comme Cassegrain en 1861 ou Saupiquet en 1877, et de placer la Bretagne au rang du premier producteur mondial de conserves. De nombreux artistes sont également attirés par les paysages bretons et y font alors leur "pèlerinage artistique". Ainsi, Balzac, Hugo ou Mérimée viennent méditer le long des côtes et plonger leur regard vers l'océan du haut des falaises abruptes. L'entrée dans le XXe siècle se fait de façon fracassante. Près de 120 000 jeunes gens sont tués lors de la Première Guerre Mondiale. Durant l'entre deux guerres, la Bretagne se reconstitue lentement. L'essentiel de la population reste rurale. L'agriculture, en 1936, emploie encore 77% de la population (contre 48% au niveau national). Progressivement, l'exode rural détourne certains jeunes vers des villes de la vallée de la Seine ou encore jusqu'aux Etats-Unis. La Seconde Guerre Mondiale viendra à nouveau apporter une série de difficultés avant que la Bretagne n'entre définitivement dans la "modernité".

Au final, l'ouvrage de Bernard Merdrignac vient, en une centaine de pages, brosser le paysage d'une histoire pluriséculaire de manière toujours pertinente. L'angle de vue a le mérite de ne pas être exclusivement centré sur la Bretagne. Au contraire, l'auteur s'efforce d'englober une histoire locale – dont il est un des meilleurs connaisseurs - dans un cadre plus vaste afin de renforcer l'intérêt que l'on peut porter à ce genre d'ouvrage. Le tout est abondamment illustré, rendant la lecture facile et agréable. On ne peut que conseiller cette « Histoire de la Bretagne ».

Bernard MERDRIGNAC, Histoire de la Bretagne, Editions Ouest-France, 2015

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[i] André CHEDEVILLE et Bernard MERDRIGNAC, Les sciences annexes en histoire du Moyen Âge, Rennes, Presses Universitaires Rennes, coll. Histoire, 1998

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