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La Fabrique des parfums, naissance d'une industrie de luxe

fabrique des parfumsAu Siècle des Lumières, vers 1750, les hommes cherchent de nouvelles odeurs et senteurs, plus fines, plus légères qu'auparavant ; on découvre de nouvelles plantes et les manuels du bien vivre regorgent de conseils sur le choix des fleurs. Le commerce de la parfumerie naissait, comme nous l'explique Eugénie Briot dans « La Fabrique des parfums – Naissance d'une industrie de luxe ».

 

Les mythes et légendes

Dans les temps anciens, l'homme associait très souvent « parfum et poison ». On disait bien que « Cléopâtre respirait le parfum des fleurs et se donna la mort ! » et souvenons-nous des gants parfumés et imbibés de poison à la Renaissance...

Au XVII è siècle, on s'aspergeait d'eaux et parfums divers pour masquer et combattre les mauvaises odeurs, vecteurs de maladie. Le parfum et les produits associés comme les sels, l'ammoniaque, les vinaigres, sont devenus peu à peu des objets d'utilité et de santé publique. La fleur n'est plus un danger, bien au contraire.

En période de Restauration, il est de bon ton de se promener un bouquet à la main. Les marchés aux fleurs apparaissent, les salons se parent de fleurs et plantes, jusqu'à la fin du XIX è siècle où l'achat de fleurs n'est plus réservé à l'aristocratie ni à la bourgeoisie : la ménagère décore son intérieur de fleurs.

Les dictionnaires floraux apparaissent, une signification précise est attribuée à chaque fleur, le langage des fleurs est né. Le «manuel des dames ou l'art de l'élégance» est bien utile pour le choix des plantes et la composition des bouquets.

De la production de fleur à la vente du parfum

L'élégance parisienne lutte pour le raffinement et cela commence par l'utilisation des articles de parfumerie : extraits d'odeurs, vinaigre de toilette, pommades, poudre de riz, sachets dans les armoires.

Entre 1810 et 1912, c'est vraiment le boum de la production et de la vente de ces produits. Mais établir un chiffre d'affaires est quasi impossible, le marché de la parfumerie englobant les parfums, les cosmétiques, les savons et parfois les gants, les brosses et autres articles. On peut quand même dire que la vente est passée de 2 millions de francs en 1810 à 80 millions de francs en 1900 ! Les exportations augmentent de 400% entre 1837 et 1912 : la suprématie française de la Parfumerie est reconnue dans le monde entier !
La Chambre syndicale de la parfumerie française est fondée en 1890, comportant 70 adhérents pour s'organiser dans une meilleure production et un meilleur réseau de vente ainsi que pour lutter contre les taxes et les contrefaçons.

Les temps changent, la chimie est nécessaire car à côté des « vraies fleurs », on s'oriente vers des odeurs aux origines synthétiques marquant ainsi la naissance de la parfumerie moderne.

Les évolutions importantes

Dans la seconde moitié du XIX è siècle, il y a peu d'évolution au niveau du parfum lui-même, car les fleurs existent déjà et aucune nouvelle n'apparait.

Les procédés de distillation changent avec la machine à vapeur et de nouveaux outils.

Les recherches portent aussi sur les produits artificiels comme les huiles essentielles et les essences artificielles, pour faire face aux ventes sans cesse croissantes de certains parfums et notamment la fleur de violette qui vient à manquer. On rajoute un stabilisant afin que l'odeur perdure et on diminue la quantité de corps gras dans la composition des produits.

La production et la vente de savons parfumés augmentent ; il en est de même pour les eaux de toilette (eau de Cologne) ; vers 1880 apparait le « schampooing » ainsi que les sachets parfumés à mettre dans les armoires mais aussi dans les ourlets des jupons...
La vente moderne fait son apparition lorsque les produits de parfumerie sont vendus dans les Grands Magasins avec présentoirs, emballages et flacons différents de ceux réservés aux parfumeries traditionnelles.

Les manuels du savoir-vivre sont édités en grand nombre avec tous les conseils nécessaires pour réaliser de bons achats, pour bien choisir les essences et pour bien les utiliser. Les prospectus et les catalogues sont distribués pour attirer la clientèle vers les grands magasins, alors que les parfumeries traditionnelles font plutôt paraitre des annonces dans les journaux ; la carte parfumée est distribuée à la fin du XIX è siècle ; l'échantillon naitra au début du XX è siècle et le véritable essor aura lieu dans les années 1920 avec la réalisation d'une réplique miniature du flacon original ; les parfumeries traditionnelles transforment leurs devantures et leurs intérieurs afin d'offrir plus de confort pour rivaliser avec les grands magasins. Cependant les grandes manifestations comme les Expositions Universelles sont presque incontournables pour la promotion des produits de parfumerie.

Paris est devenue la capitale de la parfumerie française, mais ne serait rien sans Grasse pour la production des plantes à parfum, ni Marseille pour sa production de savon.

L'ouvrage est intéressant, le lecteur y apprend beaucoup de choses mais presque tous les paragraphes sont ponctués de passage de livres ; cela ressemble plus à une thèse avec la multitude de détails scientifiques. On pourrait dire qu'il est plus destiné aux spécialistes de la parfumerie, qu'à des lecteurs « courants »...

La fabrique des parfums : Naissance d'une industrie de luxe, d' Eugénie Briot. Vendémiaire, août 2015.

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