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Nous, Anastasia R. (Cothias et Ordas)

Nous_AnastasiaEt si la grande duchesse Anastasia, fille du dernier tsar de Russie Nicolas II, n’était pas morte comme le reste de sa famille, exécutée par les bolchéviques une nuit d’été 1918 ? De ce postulat uchronique, Nous, Anastasia R., écrit à quatre mains par Patrick Cothias et Patrice Ordas, nous entraine avec passion dans l’Europe agitée des années 1920.

 

Présentation du livre

Le roman historique, Nous, Anastasia R., est divisé est trois parties, représentant chacune trois époques chronologiquement distinctes. Il est par ailleurs présenté sous la forme originale de journaux intimes. Ainsi, c’est à travers les écrits – presque des chroniques – des trois personnages principaux que l’histoire nous est relatée. Et cette histoire part d’une hypothèse qui fut en son temps réellement plausible : si l’un des membres de la famille impériale avait survécu à son exécution dans une sombre et crasseuse cave par les révolutionnaires bolchéviques ? En effet, le déroulement de cette exécution a longtemps intrigué les historiens soumis à la controverse face à l’absence des dépouilles, les rouges ayant tout fait pour les faire disparaître. Si la mort de Nicolas II n’a été que très rarement mise en doute, il n’en a pas été de même pour les autres membres de sa famille, tout particulièrement pour sa femme et ses quatre filles, les grandes duchesses. Ce n’est que très récemment avec la découverte en 2007 et l’identification en 2008 des deux derniers corps manquant de la famille Romanov que l’affaire s’est définitivement conclue. Autant dire que les théories et hypothèses les plus diverses ont pu régner en maître pendant de longues années.

De la révolution bolchévique au devoir d’histoire

La première partie – la première époque – du roman nous plonge en pleine révolution bolchévique, dans la ville d’Ekaterinbourg de l’été 1918. Nous y découvrons la vie quotidienne du tsar, de sa famille et de ses quelques serviteurs fidèles ainsi que de celle de leurs geôliers bolchéviques dans leur prison : la villa Ipatiev. L’ambiance apparaît très bien rendue avec un réel souci du détail historique en particulier sur les différents personnages de la famille impériale alors que petit à petit s’approche l’inévitable : leur exécution qu’eux ignorent mais que nous, lecteurs, voyons progressivement se mettre en place. Mais voilà, l’une des filles du tsar en réchappe, secourue par Félix Volodine, officier loyal et espion infiltré éperdument amoureux.

Le roman peut alors changer de registre dans la deuxième partie avec la fuite et la nouvelle vie de la jeune et impétueuse Anastasia à travers un périlleux voyage de l’Oural au Paris des années 20 en passant par Berlin. La grande duchesse doit se faire passer pour morte car les espions de la Tcheka rôdent et feront tout pour la faire disparaître. Une nouvelle fois, Patrick Cothias et Patrice Ordas réussissent parfaitement à restituer l’ambiance de ces années alors que nous nous laissons petit à petit emporter par la belle histoire d’amour entre Anastasia et son sauveur, Félix, qui pour la protéger crée une doublure qui a réellement existé en la personne d’Anna Anderson.

La troisième et dernière partie du roman nous ramène dans un passé plus proche, quelque soixante ans après événements de 1918. Si a priori, nous pouvons douter de son intérêt notamment avec son final d’un mysticisme tout raspoutinien – on appréciera ou pas –, les auteurs en profitent pour aborder un très intéressant sujet historique, presque même historiographique. Il s’agit en effet de la question de l’écriture de l’histoire et du négationnisme. Et il est très appréciable de voir un sujet si sensible abordé – mais à très juste raison – dans ce roman.

Pour conclure

Ainsi, si nous sommes une bonne partie du récit en pleine uchronie, nous ne sommes paradoxalement jamais très loin de la réalité historique comme en témoigne la très intéressante et vraiment utile annexe faisant le point sur la véritable histoire d’Anastasia. Les auteurs, Patrick Cothias et Patrice Ordas ont réussi la difficile synthèse entre fiction et histoire pour nous livrer un immersif et intéressant roman.

Patrick Cothias et Patrice Ordas, Nous, Anastasia R., Éditions Grand Angle, 2011.

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