Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Livres Romans Cadix, ou la diagonale du fou (A. Pérez-Reverte)

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Cadix, ou la diagonale du fou (A. Pérez-Reverte)

Cadix_ou_la_diagonale_du_fouRenouant avec la période napoléonienne déjà contée avec brio il y a une trentaine d’année dans l’haletant Hussard, Arturo Pérez-Reverte nous plonge avec Cadix, ou la diagonale du fou dans un passionnant polar historique qui n’est pas sans rappeler également la série des Capitaine Alatriste. Mais plus qu’un roman policier et d’aventures, l’auteur nous livre une grande fresque où se multiplient les intrigues les plus diverses dans une Espagne et surtout dans une ville en plein bouleversement, témoignage d’une époque révolue.coup-de-coeur

 

Cadix, la ville blanche

1811. Afin de gagner son indépendance, l’Espagne tente tant bien que mal de combattre les armées napoléoniennes et son nouveau roi Joseph Bonaparte, couronné en 1808. Les Cortès, sorte de gouvernement provisoire, ont trouvé refuge à l’extrême pointe sud de l’Andalousie dans l’une des dernières villes résistant à l’occupant français, une ville où les assiégés ravitaillés par la mer vivent mieux que les assiégeants dans une impasse totale et durable. Il s’agit de Cadix la ville blanche, connue pour être la plaque centrale du commerce maritime ibérique vers les Amériques mais également la ville la plus éclairée et libérale d’un pays où la monarchie et le clergé apparaissent en pleine décadence. Les Cortès sont à ce propos occupés à rédiger et promulguer la première Constitution espagnole. Et pour beaucoup, la vie dans Cadix semble suivre normalement son cours en dépit du long siège et de la guerre. Certains ont d’ailleurs bien d’autres préoccupations comme le commissaire Rogelio Tizón se retrouvant avec les cadavres de deux jeunes filles sauvagement assassinées et pas l’ombre d’une piste à part une vague et étrange sensation, imperceptible et inexplicable mais qui semble liée aux bombardements de l’artillerie napoléonienne sur la ville. Débute alors une obscure et angoissante partie d’échecs avec Cadix comme invisible et troublant échiquier.

Un roman universel

Qualifier Cadix, ou la diagonale du fou de simple roman historique serait un grave raccourci, ce n’est pas non plus un polar ou un roman de guerre voire même un roman d’amour, c’est un peu tout cela et aussi un roman géo-politico-historique où s’affrontent les idées nouvelles des Lumières venant bouleverser l’ordre établi des sacro-saintes aristocratie et Église espagnoles. Arturo Pérez-Reverte multiplie avec talent les intrigues parallèles. Le lecteur pourra ainsi suivre outre l’enquête du cruel et corrompu Tizón, les faits de guerre d'un simple et courageux saunier, l’art d’un taxidermiste devenu espion et ouvert aux philosophes des Lumières, les pointilleux calculs d’un atypique artilleur français ou entre autre, les problèmes d'argent et d'amour de Lolita Palma, héritière d’une grande compagnie de commerce maritime et qui n’a d’autre choix pour subsister que d’équiper un navire corsaire ayant pour commandant le solitaire et énigmatique Pepe Lobo.

Plan_de_Cadiz_1888Parfois un peu trop bavard, tellement précis et prolixe dans ces descriptions pouvant tant les faire apparaître d’une aveuglante limpidité ou d’une obscure confusion, parfois un peu trop savant lorsqu’il s’aventure sur le vocabulaire de la navigation lors des batailles navales ou des mécanismes de l’artillerie, Arturo Pérez-Reverte n’a cependant pas son pareil pour faire vivre avec passion ses personnages et exprimer leurs sentiments :

« Tout d’un coup, le saunier a peur. Pas la peur ordinaire quand les balles sifflent tout près et qu’il sent se nouer ses muscles et ses tendons dans l’attente de la putain de balle qui le fera tomber les quatre fers en l’air. Il ne s’agit pas non plus du long frisson du moment interminable qui précède le combat imminent – la pire de toutes les peurs –, quand le paysage proche, y compris en plein soleil, semble prendre la grisaille des aubes sales, que monte en soi une étrange angoisse, des poumons jusqu’à la bouche et jusqu’aux yeux, irrésistible, qui oblige à respirer très profondément et très lentement. La peur de maintenant est différente : sordide, misérable. Égoïste. Il a honte d’éprouver cette trouble appréhension qui donne un goût amer à la fumée du cigare entre ses dents et le pousse à se lever de toute urgence pour sortir, courir chez lui et embrasser sa femmes et ses filles afin de se sentir entier. Vivant. »

L'avis d'Histoire-pour-tous

Avec un formidable sens du récit, imbriquant les différentes histoires avec une rare fluidité, Arturo Pérez-Reverte gratifie le lecteur d’un roman universel qui se déguste sans concession. Souvent considéré comme l’Alexandre Dumas espagnol, avec Cadix, ou la diagonale du fou, il s’impose plus que jamais comme un auteur incontournable du roman historique et de la littérature espagnole contemporaine.

 

Arturo Pérez-Reverte, Cadix, ou la diagonale du fou, Seuil, 2011.

Les autres articles sur ce thème



  La bataille de Trafalgar (1805)

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire