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La berline, le retour de Varennes (récit d'Histoire)

berlineLe 25 juin 1791, la berline transportant la famille royale ainsi que les commissaires de l'Assemblée nationale est de retour aux portes de Paris, après son arrestation à Varennes. A l'intérieur, six adultes et deux enfants sont entassés, serrés, confinés, dans une chaleur étouffante pour un extraordinaire huis clos.... C'est le cadre choisi pour l'un des premiers "récits d'Histoire" de la nouvelle maison d'édition La Bisquine.

 

L'atmosphère dans la berline du 20 au 25 juin 1791

Dans cette voiture, chacun est perdu dans ses pensées et se souvient : le départ le 20 juin, la fuite en pleine nuit, le passage dans certains couloirs, les relais de poste, les soldats étrangers accompagnant la berline, le plan de fuite plusieurs fois retardé puis remis à jour, la réorganisation difficile et compliquée, le retard de plus de trois heures jusqu'à Varennes, l'absence des cavaliers assurant la protection du roi, les erreurs de Choiseul, le peu de discrétion de la berline, le roi qui veut marcher et qui parle aux gens , puis qui est reconnu ! A Paris, on découvre la fuite le 21 juin, un ancien de la cavalerie est lancé à la poursuite du roi, les relais de poste sont prévenus jusqu'à Varennes : il est 23h20, les patriotes bloquent la ville et la berline, le contrôle approfondi des papiers, les milices des villages voisins qui se regroupent, un courrier officiel arrive décrétant qu'il faut ramener les fugitifs à Paris. Tout est fini !

Tout le long du retour, l'avancée est mouvementée, la foule est en folie, des coups de feu, une chaleur lourde, la poussière salit tout, des hordes de paysans hurlent, des agressions, des mots horribles. Dans la berline, on pense, on réfléchit, des souvenirs reviennent comme le mariage de la reine, la première chasse du roi, les études, on pense aux futurs projets comme construire de très grands vaisseaux pour faire le tour du monde, les premiers pas de la reine à la cour, les accouchements successifs, les enfants... A Epernay, la foule est déchainée, les occupants de la berline doivent rejoindre l'auberge à pied et la reine panique comme lors de la journée du 6 octobre 1789 où ses appartements furent envahis par des gens assoiffés de sang et spécialement haineux.

Le 23 juin 1791, les commissaires désignés par l'Assemblée nationale font la jonction avec la berline royale pour ramener les fugitifs sous bonne escorte. C'est comme un soulagement, même si ces personnages ne sont pas en accord avec la famille royale, au moins il y a des gens responsables face à cette populace excitée. Bien rapidement, l'atmosphère se dégrade malgré la bonne volonté de tous, Pétion est raide et imbu de sa personne, Barnave est sous le charme de la reine. Tout le monde s'observe, s'analyse, on essaye pourtant de comprendre son voisin et le bien fondé de cette Révolution.

Le 24 juin, à la sortie de Meaux, la populace est plus tranquille sur le reste du trajet, malgré les nouvelles alarmantes venant de Paris : le peuple veut détrôner le roi et le condamner à mort. On discute, le roi veut mieux connaitre et comprendre Barnave et Robespierre, quelles sont leurs aspirations, mais la haine est derrière chaque réflexion, le dialogue est pratiquement impossible. Seul Barnave est le « plus fréquentable », on peut s'adresser à lui, il tente de s'expliquer et souhaite établir le dialogue avec le roi, il veut aider la reine, il croit en la monarchie, il voudrait que le roi accepte une constitution définissant un équilibre entre le pouvoir du roi et celui du peuple.

Le 25 juin, on arrive aux portes de Paris. La foule est toujours plus importante, toujours plus bruyante, toujours plus haineuse. A la barrière de Clichy, La Fayette accueille la berline ; aux jardins des Tuileries, le peuple gronde, on ne voit plus que des poings levés et des baïonnettes. Au premier étage des Tuileries, tout le monde est regroupé, presque physiquement indemne, mais moralement très secoué.

Barnave va se battre pour la reine et contre la demande de déchéance du roi ; mais il se rendra compte plus tard que la reine mène un double jeu : elle l'écoute, lui demande de l'aide mais lutte avec acharnement contre la Révolution ! Il a aimé la Reine.
Il est arrêté le 19 août 1792 pour concertation avec le couple royal et comme beaucoup sera décapité.

Notre avis

Cette partie de l'histoire de la Révolution intéresse peu les historiens, et l'auteur souligne que l'on n'est pas au courant de ce qu'il s'est passé précisément et exactement entre le départ et le retour du roi, entre le 20/06 et le 25/06/1791. Mais grâce aux ordres des commissaires, aux décrets de l'Assemblée, aux registres des villes parcourues, aux comptes rendus, aux lettres, aux délibérations diverses, aux mémoires de chacun, il a pu reconstituer cette petite semaine, tout en restant plausible et vraisemblable dans ce huis clos. Il nous offre un formidable récit-histoire sur la réalité psychologique des personnages, le côté humain de ces personnages, exprimant des sentiments opposés ou se rejoignant à certains moments.

L'ambiance pesante dans cette voiture, les paroles de tous les occupants, les réactions des enfants royaux concourent à un texte vivant et réaliste. On est assis parmi ces personnages, on participe à leur humeur, leur discussion, on ressent surtout leurs émotions, c'est parfois éprouvant mais absolument émouvant !

Fondée sur l'idée simple de favoriser la connaissance d'une époque à travers l'histoire de personnes, célèbres ou non, Les Editions de la Bisquine veulent parler d'Histoire à hauteur d'homme et de femme. Jamais de personnage fictif ou d'intrigue imaginaire, mais il arrive que l'auteur mette en scène les protagonistes pour faire un « récit d'Histoire ».

La berline :  le retour de Varennes, de Gildard Guillaume. Editions de la Bisquine, septembre 2014.

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