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Béziers, 1209 (Jean d'Aillon)

Beziers 1209 Jean dAillonDans Béziers, 1209, Jean d'Aillon nous offre un nouvel épisode du chevalier troubadour, Guilhem d'Ussel. Mais gare au titre ! Une bonne partie du roman se déroule dans la moitié nord du royaume de France et antérieurement à 1209, date du fameux sac de Béziers. Jean d'Aillon s'intéresse au contexte débouchant sur la croisade contre les Albigeois. Rien d'étonnant donc à ce que l'action se déroule parfois loin du pays cathare et tant mieux, car l'auteur donne ainsi à lire de nombreuses autres facettes de cette période historique.

 

Résumé

1208, Guilhem d'Ussel est devenu le prévôt de l'Hôtel du roi de France, Philippe Auguste. Il fait régner l'ordre à Paris et conseille son souverain. Le meurtre d'une jeune prostituée égorgée et retrouvée sur l'autel d'une église amène Guilhem à mener une enquête bien plus importante qu'il n'y paraît. Soupçonnant une mise en scène destinée à accuser les hérétiques, démasquer les meurtriers lui permettrait de protéger ses proches restés dans son fief de Lamaguère, dans le sud de la France. Il pourrait ainsi placer son roi en position de force face à ses barons et au pape Innocent III l'exhortant à lancer une croisade contre les hérétiques cathares.

Une plongée dans la France médiévale

Jean d'Aillon excelle à plus d'un titre dans le roman historique. En premier lieu avec ses intrigues toujours passionnantes où il fait voyager ses protagonistes et nous avec. Enquêtes, complots, trahisons, duels, etc., nous entrainent au cœur de la France du XIIIe siècle d'autant plus facilement que l'auteur fait preuve d'une véritable rigueur documentaire. Le simple fait d'aborder la théologie médiévale avec le courant des millénaristes de Joachim de Flore par exemple donne une réelle profondeur à son récit et ne fait que renforcer l'immersion.
Et au travers de ce travail de recherche plus que palpable, Jean d'Aillon conserve dans son roman une certaine sobriété et une fluidité d'écriture. Le détail est là mais jamais il ne devient trop présent, jamais il ne perd le lecteur. L'auteur n'a parfois pas besoin d'exprimer les pensées des différents personnages, nous ne les comprenons que trop bien. Il réunit ainsi parfaitement la fiction et l'histoire pour accoucher d'une captivante épopée tout de même très sombre.

« Le vrai, le faux et la fin de l'histoire »

À la fin de son roman, juste avant une bienvenue bibliographie quoique parfois vieillissante, Jean d'Aillon nous donne brièvement quelques précisions historiques. Il aborde notamment les suites de la croisade contre les Albigeois et il en profite également pour expliquer certains choix narratifs. Nous ne pouvons que nous féliciter de la présence de ces pages toujours utiles pour remettre en perspective un roman vis-à-vis de la véracité historique. Néanmoins, il nous faut aussi émettre quelques réserves, tout particulièrement au sujet du sac de Béziers.

Si l'auteur précise très justement que toute la ville ne fut pas détruite, il se limite à évoquer entre 20 000 et 60 000 morts d'après les sources de l'époque alors qu'il en annonce 100 000 au cours de la narration. Il est dommage que Jean d'Aillon n'aille pas plus loin dans le « vrai » historique. En effet, les historiens médiévistes, comme Michel Roquebert justement présent dans la bibliographie du roman, ont depuis longtemps pris leur distance avec ce funeste bilan. Il ne s'agit nullement de minimiser les faits de la « Grande Boucherie » mais de remarquer que Jean d'Aillon livre dans ces ultimes pages non fictionnelles une vision clichée et manquant d'objectivité. Pourquoi faire une note de bas de page pour simplement préciser que 7 000 personnes – nombre très exagéré – moururent et comment elles moururent dans la cathédrale Sainte Madeleine, sans donner d'autres explications ? On pourrait croire à une volonté délibérée et gratuite de noircir cette période alors que paradoxalement, nous l'avons dit, l'auteur fait preuve d'une remarquable rigueur historique dans la partie fictionnelle de son ouvrage. Mais tout ceci relève au final plus du détail puisque nous n'avons qu'une seule envie à la fin : découvrir la suite des aventures de Guilhem d'Ussel.

Jean d'Aillon, Béziers, 1209, Flammarion, Paris, 2016.

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