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Violences souveraines au Moyen Age (collectif)

violencesLe Moyen Age est souvent ramené de façon abusive à une période noire où la violence jouerait un rôle central. La sortie de « Violences souveraines au Moyen Age » est l’occasion de jeter un nouveau regard sur ce sujet, en particulier parce qu’il est issu des travaux des anciens étudiants de la grande médiéviste Claude Gauvard, spécialiste de la violence comme objet historique.

En hommage à Claude Gauvard

L’ouvrage se veut le premier volet d’un triptyque en hommage à la médiéviste Claude Gauvard. La tradition universitaire veut que soient offerts à un professeur qui part à la retraite des « Mélanges », des contributions de collègues et d’anciens étudiants pour saluer son départ et surtout son travail de chercheur et d’enseignant. En ce qui concerne Claude Gauvard, les « Mélanges » sont le deuxième volet de ce triptyque, sortis au PUF sous le titre « Un Moyen Age pour aujourd’hui ». La démarche du présent ouvrage est donc originale car, si elle s’inscrit dans cet hommage à la médiéviste, c’est par le biais de contributions uniquement de ses anciens élèves, d’où le sous-titre « Travaux d’une école historique ».

L’historienne Claude Gauvard a enseigné à Paris I Sorbonne, dont elle est aujourd’hui Professeur émérite. Sa spécialité porte sur l’étude de la criminalité, la justice et le conflit dans les liens sociaux à la fin du Moyen Age. Sa thèse d’Etat de 1991, « « De grace especial ». Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge », vient d’être rééditée aux Publications de la Sorbonne.

L’ouvrage

Nous avons donc ici un recueil de contributions qui, pour rendre hommage à la médiéviste qui les a inspirées, se veut une sorte de bilan des travaux qu’elle a menés avec ses étudiants, et qu’ils ont continué en devenant eux-mêmes chercheurs. L’ouvrage est donc présenté dans l’introduction de François Foronda comme un « dernier séminaire de recherche » sur le rôle sociopolitique de la violence à la fin du Moyen Age. On peut aussi noter une présentation de chacun des auteurs, et l’intitulé de leur thèse, toutes se situant entre 1996 et 2006.

Les articles sont classés en trois thèmes : d’abord Procédures et gouvernement judiciaire, qui traite du droit, de la justice, et de la concurrence entre juridictions et pouvoirs ; on peut citer parmi ces articles « Pugio malignitatis. Violence du procès et prudence de la procédure » (Yves Mausen) ou « L’application de la peine de mort par les justices municipales : l’affaire Berthe du Jardin au Parlement de Paris (1369-1398) » (Sébastien Hamel).

Le second axe s’intitule La part du négatif et il choisit d’élargir le champ des sources, adoptant un point de vue que l’on pourrait qualifier de plus « anthropologique », insistant sur la question des comportements ; on peut citer ici principalement « De quelques cris publics qui ont mal tourné. La proclamation comme épreuve de réalité à la fin du Moyen Âge » (Nicolas Offenstadt).

Enfin, l’ouvrage s’attaque au rôle du prince dans la partie Le choc souverain, comment il prend à son compte le règlement de la violence, y compris de façon conflictuelle. Parmi les articles à noter : « Charles V face à ses nobles : une affaire-test pour l’imposition de la majesté (1371-1373) » (Michelle Bubenicek) et « Procès politique et confiscation : le sort de la bibliothèque de Jacques d’Armagnac » (Emilie Cottereau-Gabillet).

On le voit, « Violences souveraines au Moyen Age » est un recueil d’articles particulièrement précis et pointus, un véritable travail scientifique et universitaire, qui peut s’avérer passionnant pour le connaisseur mais un peu ardu pour le néophyte. On ne peut donc le conseiller comme simple ouvrage de « vulgarisation » pour un public qui s’intéresserait à ce sujet de la violence à la fin du Moyen Age.

Néanmoins, tout amateur de cette période et évidemment de Claude Gauvard se doit de le connaître et de l’aborder avec les connaissances de base nécessaires.

Violences souveraines au Moyen Age (travaux d’une école historique), sous la direction de F. FORONDA, C. BARRALIS et B. SERE, Paris, PUF (Le nœud gordien), 2010, 284 p.

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