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La Baraka - La guerre d'Algérie (Jacky Alaux)

labaraka

"Pourquoi, en ouvrant la boîte aux lettres ce matin, avais-je trouvé un tract du FLN dans lequel il était écrit : « Pour vous, Européens, un seul choix : la valise ou le cercueil. » ? Je n’avais pas de réponse à toutes ces questions, mais j’avais fait un choix : […] celui de me battre pour que l’Algérie demeure à jamais française. "

Ce livre vous invite à suivre Jacky Alaux, alias « La Baraka » (« Le chanceux » en arabe), jeune pied noir engagé dans les chasseurs parachutistes pour protéger les siens et vivre en paix sur la terre de ses ancêtres, sa terre, sa patrie, l’Algérie française.


L’auteur excuse ses piètres talents littéraires, on y verrait presque de la fausse modestie tant le style est fluide, entrainant, envoutant ! Court (205 pages), bien découpé, ce livre est à la portée de tous (le moindre terme technique ou jargon militaire est expliqué pour les néophytes). A une époque où la plaie ouverte par la guerre d’Algérie ne s’est pas encore refermée, et alors que sort dans nos salles de cinéma le film « Hors-la-loi », il peut être bon de se plonger dans cette autre vision du conflit où aucun des sujets sensibles n’est omis : massacre d’européens, répression, torture, « trahison », De Gaulle, Harkis, exil des pieds noirs, OAS…

Du malaise de l’historien...

« La Baraka » est un livre pour lequel l’historien a un étrange sentiment d’attirance et de répulsion. Pourquoi cela ?

Ce livre entre dans la grande tradition des mémoires de guerre, et à ce titre l’historien reste sceptique. En effet, notre mémoire humaine ne peut tout retenir, et quand on lit les dialogues rapportés, on se dit immédiatement que cette histoire individuelle a été romancée. Et il ne peut en être autrement, tout mémoire est la retranscription d’événements réels à travers le regard d’un individu non neutre lors des événements (puisque acteur) et non désintéressé sur l’image diffusée (puisqu’il s’agit avant tout de l’image que lui laissera dans l’Histoire). Ainsi, de façon volontaire ou inconsciente, l’individu tend à retracer les faits à sa manière, il ne nous écrit pas l’Histoire, il fixe sa mémoire personnelle sur le papier.

Le doute envers la véracité totale des faits retranscrits est accentué par la présentation même de cet ouvrage. On nous présente un « témoignage bouleversant, d’une vérité crue », et en même temps on nous annonce « roman » en couverture… Comme pour éclairer le lecteur il est précisé que les événements décrits sont fondés sur des faits réels mais que les noms des personnages et le numéro de l’unité parachutiste ont été modifiés.

Ce livre est donc difficilement exploitable par l’historien qui devra vraiment le prendre avec des pincettes s’il vient l’utiliser, d’une manière ou d’une autre, comme document source.

...Au soulagement du citoyen

« La Baraka » doit-il pour autant être relégué au rang des romans, sans intérêt historique ? Non ! Ce livre permet à chacun d’avoir accès à une parcelle de mémoire individuelle, comme si votre père, votre grand-père, vous racontait SA guerre. Et l’intérêt est sans limite.

Premièrement ces « anciens », qui ont combattu pour la France, nous quitterons un jour, et nous n’aurons que leurs témoignages, gravés sur différents supports pour nous faire une idée de leur vision de cette guerre.

Ensuite, si l’exactitude sera remise en cause par certains, le livre offre au lecteur une ambiance, celle du Pied Noir engagé dans les paras pour sauver son Algérie, son département. Et cette ambiance, indispensable à la compréhension de la période, comment le jeune historien pourrait-il s’en faire une idée ? Dans les manuels des bibliothèques écrits par des gens qui n’ont pas fait cette guerre ? Certainement pas. Pensez que la majorité des étudiants n’ont pas, et n’auront certainement jamais, d’expérience militaire. Comment peuvent-ils comprendre les liens étroits qui reliaient ces hommes engagés dans une lutte à mort contre le FLN ?

Les mémoires comme celui-ci sont donc un complément indispensable pour tout historien qui veut comprendre un temps soit peu la guerre d’Algérie.

De plus le jeune homme dont on suit le parcours a un destin assez atypique, il est membre d’un commando de chasse, une unité envoyée en avant pour des actions violentes contre les rebelles, les « hors-la-loi » comme on dit alors. Il est donc au plus proche des combats, des atrocités… Comment réagir face à l’ennemi quand vous avez peu avant retrouvé des camarades tués, torturés, le corps exposé sur la route, le ventre ouvert et remplis de pierres, les yeux arrachés et les parties génitales coupées ? Comment pouvait-il réagir ? Comment auriez-vous réagi ?

Sous prétexte d’un pseudo politiquement correct certains renierons peut être les mémoires d’un commando de chasse, qui plus est membre de l’OAS par la suite. Mais ce serait une réaction bien puérile. L’homme éclairé accueillera avec enthousiasme cet ouvrage qui lui offre une vision de la guerre d’Algérie autre que celle véhiculée en ce moment par les médias. Cet homme éclairé sera heureux de pouvoir ainsi confronter les témoignages, de tenter de comprendre les aspirations, les motivations de chacun.

Car l’homme éclairé n’est pas de ceux qui jettent nos anciens soldats en pâture à une pseudo-histoire basée sur l’auto-flagellation, il refuse de se faire le valet du gouvernement algérien en acceptant sans broncher l’histoire officielle du FLN.

Alors réjouissons-nous que malgré un climat défavorable certains hommes, comme l’avait fait Bigeard, n’hésitent pas à jeter un pavé dans la marre ! Lisons leur témoignage avec attention, et tentons de comprendre la guerre qu’on mené ces hommes, volontaires ou appelés, pour défendre un territoire qu’on leur disait français.

La Baraka : La guerre d'Algérie de Jacky Alaux. France-Empire, mai 2010.

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