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Le siècle de Périclès (dir.Claude Weill)

pericles_weilRégime que d'aucuns ont pu qualifier, suivant Churchill, du « pire à l'exception de tous les autres », la démocratie n'a pas toujours fait florès, comme nous le rappelle « Le siècle de Périclès », compilation d'articles de quelques pages d'auteurs reconnus, parmi lesquels François Hartog. Démarche salvatrice de retour aux sources en ces temps où se confondent des notions distinctes telles que « démocratie » et « république ».


 

Ainsi en France a-t-on pris la fâcheuse habitude, dans les médias ou au sein des différents gouvernements, de confondre ces deux notions, la France, surtout après le consensus républicain des années 1900-1930 étudié par Serge Berstein, voyant en la république la forme gouvernementale la plus démocratique qui soit. Pourtant, toute république n'est pas nécessairement démocratique (en témoigne le cas de la Chine qui n'a de démocratique que le nom).

La démocratie contemporaine, une utopie

Régime politique se fondant sur la souveraineté – directe ou indirecte – de l'ensemble des citoyens, la démocratie concernerait de nombreux pays dans le monde. Du moins tout aussi pléthoriques sont les chefs d'État rattachant leur pays à l'étiquette de la démocratie. Que l'on apprenne cependant à se méfier des faits reconnus et évidents. La démocratie partage ce point commun avec le communisme, celui de n'avoir jamais existé (« il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais », dixit Rousseau, chapitre IV, livre III, Du Contrat Social). Toutefois n'est-il pas aisé de conclure aussi rapidement. De facto, les acceptions du mot « démocratie » faussent le jeu, la démocratie athénienne ne ressemblant guère à la démocratie dans le sens contemporain du mot. Ce livre se veut une invitation à replonger dans le laboratoire athénien du Vème siècle av. J.-C, siècle et lieu symbolisés par Périclès, qui fut un de ceux qui consacrèrent Athènes comme capitale intellectuelle et artistique, d'où le titre de l'ouvrage.

La démocratie originelle: Athènes comme laboratoire d'idées

La démocratie (étymologiquement « le pouvoir au peuple ») athénienne était plus limitée et plus radicale que la nôtre, laquelle y a de surcroît ajouté le principe des droits de l'Homme. Réservée aux seuls hommes libres – approximativement 40 000 personnes –, la démocratie excluait les esclaves, les métèques et les femmes de toute citoyenneté. Seuls quelques milliers de citoyens, organisés en l'Assemblée (ekklèsia), qui se réunissait quarante fois dans l'année et pouvait voter les lois (la Boulè, conseil de cinq cents membres, préparait ces lois), déclarer la guerre et proclamer la paix, exerçaient par conséquent directement le pouvoir.

Les citoyens élisaient voire tiraient au sort les magistrats qui avaient une responsabilité dans la cité pendant un an. Un tribunal populaire avait été instauré, l'Héliée, qui était fondé sur l'isonomie, c'est-à-dire l'égalité entre tous les citoyens, et qui avait pour dessein de régler les litiges dans la société athénienne. Les affaires plus graves, telles que les affaires criminelles, étaient du ressort de l'Aréopage, autre tribunal composé d'anciens archontes. A Athènes, la démocratie, régime alors singulier, qui s'était peu à peu mise en place, notamment sous l'action de Clisthène (508), ne créa pas un consensus et fut, on le sait, fortement éreintée par un Platon qui la tenait pour mère de la tyrannie: n'avait-elle pas en effet condamné à mort son maître Socrate ?

En somme, si la démocratie athénienne a pu paraître imparfaite, toutefois faut-il être vigilant et ne pas conclure qu'elle « est » ou qu'elle « n'est pas » une démocratie car telle ou telle caractéristique de la démocratie contemporaine ne s'y appliquait pas: ainsi se doit-on par exemple d'exclure tout propos moralisateur sur la place de la femme dans la société athénienne.

Une approche synthétique

L'on eût pu reprocher à ce livre, s'il n'avait contenu 165 pages, son manque d'exhaustivité. Cependant constitue-t-il au contraire une approche séduisante, somme toute synthétique, de la question démocratique à Athènes au Vème siècle av. J.-C. Bonne idée que d'avoir traité de celle-ci en une vingtaine de courts articles, qui permettent d'appréhender facilement un nombre important d'aspects de ce régime, mais aussi de la vie quotidienne des Athéniens à l'époque de Socrate. Toutefois cette peinture d'Athènes est aussi un inconvénient, le lecteur cherchant parfois le rapport avec la démocratie (première partie surtout). Il reste que, malgré cette esquisse de toile de fond, « Le siècle de Périclès », a le mérite de clarifier une notion dont l'origine reste sinon méconnue, du moins très floue, non seulement chez le grand public mais aussi dans les milieux politiques et journalistiques.

Le Siècle de Périclès, collectif. CNRS Editions, 2010.

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