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Petite histoire du ticket de métro parisien

ticket_metroLe petit ticket de métro âgé de 110 ans arrive en fin de vie, mais est digne de figurer au patrimoine français, peut être même mondial. Indissociable de ce moyen de transport qu’est le Métropolitain, il nous a rendu bien des services soit pour noter un rendez-vous, un n° de téléphone, une date, servant de marque-page ou de bulletin de retard (sorte d’excuse pour son employeur ou pour le lycée). Rendez-vous compte qu’avec ce seul petit bout de carton, nous pouvons voyager toute la journée, traverser Paris en long et en large, tout en restant au chaud ! Alors… rendons lui hommage et conservons un exemplaire avant qu’il ne disparaisse totalement !coup-de-coeur


 

L’aventure du petit ticket et du métro

Né un beau jour de 1900, en même temps que la 1ère ligne de métro (la n° 1) reliant la porte de Maillot à la porte de Vincennes, à l’occasion de l’Exposition Universelle, il a été vendu à 30 000 exemplaires le premier jour et fait voyager en cette même année 17 millions de personnes. Le poinçonneur vous autorisait à entrer sur le quai, après avoir fait « le petit trou » comme le chantait Gainsbourg dans son fameux « Poinçonneur des Lilas » ou Bourvil en 1965 qui incarnait ce personnage.

Dans les tons beige-brun au départ, il adoptera le violet, le jaune, le vert, puis de nos jours le blanc. De 15 cts en 1900 pour la 2è classe, il atteindra 30 francs en 1958 et 1.20 euro aujourd’hui. Mais les plus grands changements ont lieu après la guerre : la RATP est fondée, les stations de métro prennent le nom de martyrs de la Résistance, des néons sont installés, les banquettes sont rembourrées et les rames sont dotées de nouveaux pneumatiques.

Le système actuel des tourniquets date de 1973, le ticket de métro possède maintenant une bande magnétique et le poinçonneur est en voie de disparition en 1975.

A l’heure actuelle, les 160 millions de voyageurs annuels circulent sur 211 kms et achètent 1500 tickets chaque minute ! Mais malheureusement dans un avenir proche, ce symbolique petit ticket va disparaitre pour être remplacé par un système intégré sur nos portables !!!

Notre avis

Cet ouvrage, de couleur jaune avec sa bande transversale marron, clin d’œil au « ticket chic – ticket choc », nous raconte l’aventure du petit ticket de métro. L’auteur Grégoire Thonnat, au terme d’une recherche minutieuse, a réussi à regrouper les 1ers tickets de métro, des photos anciennes d’accès au métropolitain en noir et blanc des années 30/40, des dessins, ainsi que d’anciens plans du métro.

Tout au long de cette chronologie, les textes sont courts, parfaitement clairs et précis, agrémentés d’extraits de poèmes ou de jolies histoires comme celle de Juliette Greco qui a pu – grâce au métro - se réfugier à Saint Germain des Prés pendant la guerre ou Michèle Morgan qui aime l’odeur du métro ou encore le ticket métro porte-bonheur dans le célèbre film « le salaire de la peur » sans oublier l’histoire de l’un de nos présidents de la République surpris empruntant le métro pour aller du Louvre à la Mairie de Vincennes.

L’auteur nous montre également que ce petit bout de carton est un formidable moyen de publicité (imprimé à 50 millions d’exemplaires pour des évènements tels la commémoration du bicentenaire de la Révolution Française en 1989) ; il a inspiré des couvertures de livres ; une galerie de portraits peints de tous ces visages croisés dans le métro ; certains artistes l’ont « trituré » pour le transformer en avion !

Très beau cadeau à offrir à tous les utilisateurs du métro, aux inconditionnels de ce transport en commun, c’est avec une grande nostalgie que nous refermons ce petit carnet jaune et brun, mais rendons un dernier hommage au métro avec ce poème de Raymond Queneau extrait des « entrailles de la terre » de 1967 :

« La bonne et douce chaleur du métro
Dehors il pleut il vente il neige
Il y a du verglas il y a de la boue
Il y a des ouatures qui veulent vous mordre
Et puis voilà le métro qui vous attend la bouche ouverte
Oh ! la bonne douce haleine
On descend gaiement l’escalier
Il fait de plus en plus chaud
On oublie la pluie le vent la neige
Le verglas la boue les ouatures
Une femme charmante ou un bon noir
Fait un petit trou bien rond
Dans votre rectangle de carton
Et vous voilà bien au chaud
Dans la bonne et douce chaleur du métro ».

Petite Histoire du Ticket de métro parisien par Grégoire Thonnat. Editions Telemaque, 2010.

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