Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Livres Essais Derniers jours à la prison du temple, journal de la fille de Louis XVI

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Derniers jours à la prison du temple, journal de la fille de Louis XVI

derniers_joursMarie Thérèse Charlotte de France, surnommée Madame Royale, est une petite fille de quatorze ans lorsqu’elle commence à écrire en 1793 son Journal des Derniers Jours à la Prison du Temple, derniers jours pour chacun des membres de sa famille, peu avant la disparition de son père le roi Louis XVI, puis de sa mère Marie-Antoinette, sa tante Madame Elisabeth et son frère Louis. Ces écrits poignants sont la preuve d’une grande force de caractère face aux tourments de cette période qu’est la Révolution.

Le récit

Le journal de ses années de captivité, préfacé par le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou est décomposé en trois parties.

Ses écrits débutent par cette journée du 5 octobre 1789 lorsque toute sa famille doit quitter Versailles pour être installée de force aux Tuileries. En utilisant un vocabulaire simple mais d’un grand réalisme, avec des détails en grand nombre et pour certains heure par heure, la petite Marie Thérèse mentionne tous les faits marquants de son emprisonnement, comme ce 24 février 1791 correspondant à l’arrestation de ses deux tantes Mesdames Adélaïde et Victoire…le 28 février de la même année étant la journée des Chevaliers du poignard…cette fameuse journée du 20 juin où ses deux parents ont pris la décision de fuir…les tourments du retour lorsqu’un gentilhomme s’approchant du roi fut tué et sa dépouille brandit sur des piques…ne rien dire…ne pas pleurer…subir les crachats, les insultes…les massacres du 20 juin 1792 où toute la populace monte les escaliers des Tuileries, armée de piques et d’armes, menaçant la famille royale…le 9 août 1792 lorsque le roi constate que les gardes nationales ne lui sont plus fidèles, que ses Suisses sont massacrés, la cour du château n’étant plus qu’une marre de sang !

Sa vie bascule lors de l’emprisonnement au Temple le 10 août 1792…Marie Thérèse poursuit ses Mémoires jusqu’à la mort de son frère le 9 juin 1795 et l’on ressent le changement dans ses discours plus « secs », plus courts, plus « adultes ». Elle a déjà vécu tant de bouleversements pour une enfant ! La vie continue pourtant, malgré l’insolence des gardes, les vérifications continues, les hurlements sous les fenêtres le 3 septembre 1792 lorsque l’on découvre la tête de Madame de Lamballe promenée sur une pique ! Vient le temps des restrictions et de la surveillance constante…de l’éloignement de son père…puis sa mort… toutes ces fouilles de vingt deux heures à quatre heures du matin…la séparation d’avec sa mère sans savoir ce qu’il en est advenu…sans oublier toutes ces questions, tous ces harcèlements, toutes ces injures, toutes ces calomnies…son petit frère Louis laissé seul, enfermé dans sa chambre, le lit rempli de punaises…voir disparaitre sa tante le 9 mai 1794…poser des questions sans jamais obtenir de réponses…constater les maltraitances faites à son frère…voir un nouveau commissaire de la convention s’occuper de lui…reprendre espoir grâce à la gentillesse de quelques gardiens…jusqu’à l’agonie de Louis…et ne l’apprendre que bien plus tard !

Dans l’épilogue, nous apprenons qu’elle est libérée en décembre 1795, envoyée à Vienne, qu’elle deviendra duchesse d’Angoulême puis Reine de France et de Navarre en novembre 1836. Elle disparait le 19 octobre 1851 à Frohsdorf près de Vienne.

Notre avis

Des écrits simples, émouvants, poignants pour une enfant sur lequel s’acharne le sort, car assister, tout en étant impuissante et innocente, à la disparition de tous les membres de sa famille, l’un après l’autre, n’est pas facile. Marie Thérèse a été courageuse, elle a fait preuve d’une force de caractère comme sa tante Madame Elisabeth, son modèle qu’elle a tant admirée. Comme elle, Marie Thérèse est restée calme, gardant toujours espoir dans les moments les plus difficiles, croyant toujours en quelque chose, surtout en la religion…même si c’est le rôle d’une fille de France…

Derniers jours à la prison du temple journal de la fille de Louis XVI, de Marie-Thérèse Charlotte de France. Editions Jacob-Duvernet, janvier 2011.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire