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L'âge totalitaire. Idées reçues sur le totalitarisme

agetotalitaireS’il est un terme dont on a bien du mal à donner une définition qui fasse l’unanimité, c’est le totalitarisme ! Notion fourre-tout servant régulièrement d’anathème, le totalitarisme est intimement lié au XXe siècle qui l’a vu naître. Ses différentes définitions ont d’ailleurs évolué selon le contexte politique de ce siècle. Le thème était donc idéal pour un tome de la collection « Idées reçues » des éditions Le Cavalier Bleu, et l’on doit ce volume à Bernard Bruneteau, spécialiste des théories politiques et des relations internationales du XXe siècle.

 

La collection « Idées reçues » et l’auteur

Editée par le Cavalier Bleu, la collection « Idées reçues » compte aujourd’hui plus de deux cents titres. Son ambition est « de démêler le vrai du faux dans tous les domaines : société, économie, environnement, santé, éducation, culture, sciences, etc », en s’adressant à un large public.

L’auteur, Bernard Bruneteau, est professeur à l’université de Rennes II, spécialiste de l’histoire des idées et des théories politiques du XXe siècle. Il a publié Le Totalitarisme. Origines d’un concept, genèse d’un débat, 1930-1942 (Cerf, 2010), ou encore Le siècle des génocides (A. Colin, 2004).

Définir le totalitarisme ?

Dans la partie consacrée habituellement à la définition du sujet étudié, l’auteur a la bonne idée de revenir rapidement sur l’histoire de l’adjectif « totalitaire » et de son substantif, « totalitarisme », montrant ainsi que le contexte politique et idéologique est indissociable des définitions données au concept et à la théorie qu’est devenu le totalitarisme, que ce soit à travers la politique ou la littérature (Orwell et Arendt, évidemment). Une notion le plus souvent instrumentalisée, ce qui fait dire à B. Bruneteau que « le totalitarisme ne saurait être exclu de son interprétation ».

Dans cette même partie, l’auteur inclut également une partie indispensable sur la distinction entre dictature, autoritarisme et totalitarisme.

Le totalitarisme, « objet polémique »

L’introduction permet à l’auteur de revenir sur les difficultés pour les historiens d’étudier un objet comme le totalitarisme, qui a inspiré une littérature abondante et souvent polémique. Il propose donc « une version modérée et ouverte du concept de totalitarisme », tout en consacrant sa dernière partie à « l’objet polémique ».

Le premier chapitre se présente toutefois comme une tentative de définition, puisqu’il s’intitule « Qu’est-ce que le totalitarisme ? ». Les thèmes abordés ne répondent pas vraiment à la question comme on pouvait s’en douter, mais l’auteur revient sur des idées reçues classiques et incontournables, comme « Le totalitarisme est une vieille tentation de l’humanité » ou « Le totalitarisme, c’est la dictature de l’Etat total ».

La seconde partie entre dans le cœur du sujet, avec la fameuse comparaison de ce que l’on considère le plus souvent comme les trois totalitarismes (malgré les réserves évoquées plus haut) : « Fascisme, nazisme et communisme ». Ici, B. Bruneteau  s’interroge sur l’idée reçue d’une « Italie fasciste [qui ne serait] pas vraiment totalitaire », ou sur l’importance de Staline dans le totalitarisme soviétique. L’article sur l’attrait – supposé -  des intellectuels pour le communisme plus que pour le fascisme et le nazisme est particulièrement intéressant.

Le chapitre suivant est consacré plus spécifiquement à l’idéologie totalitaire et à son fonctionnement, avec l’importance de l’ordre, la question de la résistance au totalitarisme ou encore la notion d’Homme nouveau.

Enfin, comme annoncé dans son introduction, B. Bruneteau consacre un chapitre entier au totalitarisme comme « objet polémique », chapitre qui s’avère le plus passionnant, peut-être parce qu’on y rencontre les idées reçues les plus courantes, parmi lesquelles « Les crimes du communisme valent bien ceux du nazisme », « Nazisme et communisme ont des idéologies trop différentes pour pouvoir être comparés », ou, thème d’actualité, « Le libéralisme globalisé est une autre forme de totalitarisme ».

L’historien conclut en rappelant les évolutions du « contenu totalitarisme » selon les mouvements de l’histoire, puis sur l’actualité persistante d’un terme qui « n’est pas prêt de disparaître », puisqu’il est par exemple utilisé aujourd’hui pour parler de l’islamisme radical (ce que B. Bruneteau critique d’ailleurs).

L’avis d’Histoire pour tous

Faire un ouvrage simple et facile d’accès sur un sujet aussi complexe était une gageure, et B. Bruneteau ne le réussit qu’en partie. En effet, le livre n’est pas aussi abordable que d’autres volumes de la collection, mais l’auteur n’en est pas vraiment responsable tant le totalitarisme reste une notion difficile à appréhender. Son ouvrage est malgré tout passionnant si l’on prend la peine de s’accrocher un peu, et il bénéficie des bonnes idées de la collection « Idées reçues », comme les petits articles sur des sujets comme « Platon totalitaire », « Hannah Arendt et les Origines du totalitarisme » ou « La pensée Mao Zedong ». Mais on saluera aussi nombre d’autres documents, comme des articles de journaux, des affiches, une chronologie ou des tableaux d’effectifs (du Parti National Fasciste). Les annexes ne sont pas en reste avec un glossaire, et une bibliographie permettant de se plonger plus avant dans ce sujet dense mais passionnant.

 

- B. Bruneteau, L’âge totalitaire. Idées reçues sur le totalitarisme, Le Cavalier Bleu (coll. Idées reçues), 2011, 180 p.

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