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Les femmes de paris à l’époque des lumières

femmes_paris_lumieresDans son ouvrage « les Femmes de Paris à l’époque des Lumières » Sabine Melchior-Bonnet a réussi une remarquable compilation de l’œuvre de Louis Sébastien Mercier « Tableau de Paris 1781-1788 ». En parcourant plus particulièrement les quartiers populaires qu’il affectionne, Mercier a rencontré toutes sortes de dames et fait part de ses réflexions avec émotion et sensibilité. Il s’est attaché à ces femmes de classes modestes et basses, souvent oubliées dans les écrits de ses contemporains.

 

Toutes sortes de Femmes

Au sommet de la hiérarchie féminine parisienne, on trouve les femmes de qualité, celles appartenant à « la robe » et au monde de la finance fréquentant le grand monde. Celles-ci ne pensent qu’à leur minceur, leur parure ; elles sont frivoles, fières et artificielles « à vouloir changer leur meuble tous les six ans et à marcher sur des tapis de 30 000 livres qui autrefois servaient de marche pied aux autels des cathédrales »…. Elles s’ennuient et deviennent vite blasées « ne font rien et n’ont rien à faire, ni le corps ni l’esprit ne se fatigue ».

A leur côté, on peut rajouter «les femmes penseuses et femmes-auteurs » qui se retrouvent dans des bureaux d’esprit (les anciens salons du Grand Siècle), qui veulent publier des ouvrages mais ont contre elles une bonne partie des autres femmes et presque tous les hommes car « l’homme aime toujours mieux la beauté d’une femme que son esprit »…

La jeune fille de bourgeoisie moyenne sort du couvent pour se marier, il faut se montrer et être vue, l’on se promène alors aux Tuileries ou au Palais Royal et l’on côtoie aussi bien les duchesses que les courtisanes et les filles publiques, au grand dam des mères…Les demoiselles une fois mariées, imitent les femmes de qualité, entrainant ainsi des dépenses supplémentaires (celles pour la mode deviennent plus élevées que celles de la table) et la jalousie du mari. Lorsque les choses vont moins bien, on prend un amant ou on se sépare « la plainte est pour le fat, le bruit est pour le sot, l’honnête homme trompé s’éloigne et ne dit mot » !

On rencontre ensuite les filles et femmes de marchands, tenant correctement leur maison, aimables, représentant l’âme de la boutique à part égal avec leurs maris « les boutiques de Paris recèlent donc les femmes les plus gaies, les mieux portantes et les moins bégueules » …

Enfin, les filles et femmes du peuple, les ouvrières, les grisettes…elles aussi voulant « copier » les belles dames, obligées de travailler comme lingères, couseuses, mais qui sont indépendantes, peut être plus heureuses que les filles de bourgeois. Malheureusement, recherchant le luxe par tous les moyens, elles tombent dans la galanterie et sont souvent corrompues. Que ce soit la courtisane, la fille d’opéra ou la fille publique, qu’elles portent des diamants ou qu’elles reçoivent une piécette, elles font le même métier ; ni l’une ni l’autre n’est à l’abri : leur charme passé, elles se retrouvent dans le besoin, et pour certaines à devoir régler leurs dettes en ayant tout juste de quoi payer leur « rouge » !

N’oublions pas toutes les religieuses, les sœurs, les abbesses, celles qui sont vraiment pieuses, qui ont la foi et refusent de sortir des couvents, celles qui visitent les malades et aident les médecins…

Notre avis

Sabine Melchior-Bonnet a vraiment réussi un bel ouvrage, intéressant, piquant, se lisant facilement, tant il est vivant. A l’aide d’exemples précis, une très riche description des caractères, des situations parfois amusantes, souvent désolantes et bien tristes, on plonge dans la condition féminine du XVIII è siècle parisien, bien trop méconnue. Face à l’étalage de richesse des unes, Mercier, dans ses critiques acerbes, s’insurge et s’indigne pour les autres en constatant que Paris n’est finalement pas une ville gaie. Ne parlons pas de la provinciale « fagotée dans une mode vielle de 25 ans » débarquant dans la capitale, avec des yeux ronds et étonnés…qui elle aussi va vouloir imiter toutes les autres Parisiennes !

Les femmes de Paris : A l'époque des Lumières, de Louis-Sébastien Mercier. tallandier, mars 2012.

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